Le Figaro par   Mathilde Siraud Mis à jour le 29/08/2016 à 18:10
       Publié

le 29/08/2016 à 11:04

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉO – L’ancien ministre va prendre la tête de la Fondation pour l’islam de France, malgré ses propos controversés après avoir conseillé la «discrétion» aux musulmans. L’ex-socialiste maintient ses propos et affiche la même fermeté sur le burkini.

Ses premières déclarations avait provoqué un tollé. Jean-Pierre Chevènement, l’ancien ministre de l’Intérieur qui va diriger la Fondation pour l’islam de France, avait conseillé début août aux musulmans de rester discrets dans l’espace public. «Tous les citoyens doivent faire l’effort de recourir à la ‘raison naturelle’», avait-il dit.
Bernard Cazeneuve a confirmé ce lundi matin dans La Croix sa nomination à la tête de cette institution longtemps restée en échec. «Il connaît bien le monde musulman et son attachement à la laïcité est incontestable», écrit le ministre au sujet de son prédecesseur, qu’il considère comme «un grand républicain».

Interrogé sur France Inter, l’ancien président du Mouvement républicain et citoyen a clarifié sa vision sur l’islam. «L’islam de France doit être autonome dans ses sources de financement et dans sa pensée», a-t-il dit. «Il y a 1,4 million de musulmans en France, pour la plupart français, il faut faire France à nouveau, créer les conditions qui font qu’ils se reconnaîtront pleinement dans la communauté nationale.» Ainsi, la polémique suscitée par ses propos sur la «discrétion» des musulmans était pour lui injustifiée. «Ce conseil s’adresse dans mon esprit à toutes les religions en vertu de la laïcité», a appuyé Jean-Pierre Chevènement.

Sur la question du burkini, qui divise les politiques y compris au sein même du gouvernement, l’ancien sénateur du Territoire de Belfort estime qu’il y a une «confusion».«On parle d’un problème de laïcité là où il n’y en a pas vraiment. La plage est un espace public. Tout ce que la loi n’interdit pas est permis, les moeurs sont libres», a-t-il d’abord minimisé. Avant d’ajouter: «Mais il y a un problème qui est celui de l’intégration. Toutes les vagues successives de l’immigration ont fait un effort pour coïncider avec les us et coutumes du pays d’accueil». «Je ne suis pas pour le communautarisme, je veux des principes communs, je suis pour le combat d’idées, l’égalité hommes-femmes.»

Jean-Pierre Chevènement a ainsi estimé que le burkini posait problème, défendant une laïcité stricte comme Manuel Valls. «Il vise à définir une place de la femme subordonnée à celle des hommes dans la société. On peut le tolérer mais on peut ne pas l’approuver», a commenté le futur président de la Fondation pour l’islam de France, pointant du doigt «la montée du fondamentalisme religieux».» L’immense majorité des femmes ne peuvent plus sortir dans la rue sans être voilée. Il est de mon devoir de rappeler qu’une certaine discrétion est souhaitable.»