P1030266Telle serait l’œuvre de Macron selon le président Hollande qui dénonce ainsi son ministre (1). Un constat terrible qui place le président en bien mauvaise posture. Une frange de son électorat potentiel pourrait bien glisser sur le nom de cet amateur qui profita de ses fonctions à l’Elysée puis au gouvernement pour valoriser sa trajectoire dans une finalité électorale toute personnelle. En marche vers l’Elysée, sans troupe et sans expérience, le personnage ferait bien de se raviser à temps.

Si Montebourg représente un risque de destruction pour Hollande, Macron constitue une obstruction. Un comble pour ce président qui a fait la carrière politique de Macron! Ce dernier semble occuper une place auprès d’un électorat libéral, plutôt âgé et de droite. Celui qui se tournait, jadis, vers Bayrou. Macron pourrait ainsi piquer quelques « parts de marché de cette offre politique » à un Juppé, voir à un Beyrou dans l’hypothèse ou Sarkosy triompherait de la primaire à droite. Mais alors quel serait le départage de l’électorat captif des Beyrou et Macron sur l’un ou l’autre de ces mêmes protagonistes?

En attendant ces hypothétiques scénarios, le premier ministre n’est-il pas le gagnant de ce basculement au sein de son camp? Eliminé du paysage gouvernemental, Macron laisse le champ libre à Valls sur ce terreau libéral-sécuritaire. Un Valls récemment fragilisé par ses ministres Vallaud-Belkacem et Touraine qui n’ont guère caché leur opposition à l’approche du dossier des arrêtés anti-burkini. Avec en final un ministre de l’intérieur renforcé par sa posture équilibrée sur la question des rapports entre l’islam et la république, aidé en ce sens par l’émergence de son ami Jean-Pierre Chevènement qui l’a précédé dans cette fonction ministérielle sous le gouvernement Jospin de la « gauche plurielle ».

Après les candidatures Hamon, Duflot et Montebourg, l’espace d’un président-candidat se réduit comme peau de chagrin. Cette situation ne conviendrait-elle pas à un premier ministre qui affiche à l’envi son loyalisme et qui ne saurait disputer la place à une candidature  Hollande? Levée l’hypothèse d’une présentation à la primaire de l’ancien premier secrétaire du PS et actuel président pour un nouveau mandat, Valls aurait les mains libres. Si ce n’est une réelle difficulté à convaincre la base du parti, certes très étiolée et plutôt élitaire, et celle, plus large, des sympathisants socialistes, à désigner celui qui ne fit que 5% des voix aux précédentes primaires.

On n’en finirait pas d’épiloguer sur ces terribles projections qui débouchent in fine sur des impasses. Comme me le confiait hier, en aparté, un ami socialiste de toujours, la droite du parti pourrait bien trouver dans la sécession la réponse à ces questions. Le pire n’est jamais sûr dit-on. Mais au point où nous en sommes, une telle clarification ne ferait-elle pas l’affaire de Montebourg? Ce républicain socialiste aux accents gaulliens qui ne sont pas pour nous déplaire…

Xavier DUMOULIN

(1) « Il m’a trahi avec méthode! »