En ce jour de rentrée sociale, avec la grève des enseignants qui n’ont pas renoncé à combattre une réforme contestée et l’annonce d’une reprise des actions contre la loi « travail », le président Hollande devrait prononcer un grand discours sur la démocratie face au terrorisme devant la fondation Jean Jaurès.

La découverte, hier, à proximité de Notre-Dame, d’un véhicule suspect contenant des bouteilles de gaz et des bidons de gazoil, réveille cette angoisse latente face au risque terroriste par temps de paix. La conjuration de ce risque n’est-elle pas aujourd’hui une des tâches les plus importantes du président qui doit par ailleurs relever les défis sur tous les fronts?

Celui de l’emploi notamment qui se conjugue avec ceux de l’économie et du social. Sans oublier de muscler la république dans cette période paradoxale qui voit s’effriter les valeurs démocratiques avec une attaque décomplexée, de la part de certains candidats, contre l’Etat de droit. Le monde judiciaire a pu ainsi réagir aux propositions outrancièrement sécuritaires de placement systématique en détention préventive des personnes inscrites au fichier S, en violation flagrante de la constitution. Dans ce contexte d’état d’urgence prolongé, c’est à dire d’abaissement temporel des procédures protectrices des libertés publiques, certains se croient autorisés à s’exonérer des références fondamentales et font même de la surenchère sécuritaire.

C’est dire l’importance du discours attendu de la part du président garant du respect de la constitution. On appréciera ainsi sa vision des équilibres en la matière et de la méthode de résolution de cette situation d’exacerbation des actions terroristes sur notre sol.

C’est dans cet exercice, du niveau des hautes charges présidentielles, que s’évaluent les véritables dons d’un chef d’Etat. Intelligence des situations, sang froid, éthique de la responsabilité, attachement aux valeurs républicaines et capacité à agir pour éradiquer les sources du terrorisme, autant qu’il est possible et de concert avec une diplomatie cohérente.

On reconnaîtra dans ce discours la capacité présidentielle à assurer le présent tout en préservant l’avenir. Dans cette conjoncture de préparation des primaires, avec des sondages qui traduisent un certain rejet de la politique gouvernementale et une impopularité au sommet de l’Etat, le président Hollande doit persévérer dans ses missions régaliennes sans  se laisser enfermer dans une vision politicienne et en écartant tout électoralisme. Il y a assez à faire pour assumer les grandes difficultés des temps présents. Quand certains voudraient voir des signes d’engagement du président dans la prochaine bataille des présidentielles, cette posture de « force tranquille » serait assurément la plus sage et la plus élevée. Y aller ou pas? Ce n’est vraiment pas la question du jour quand il faut rester aux commandes du bateau France.

Xavier Dumoulin