« Le tract mal inspiré du PS » titre Le Figaro dans une rubrique de Laura Prat de Seabra qui dénonce les fautes d’orthographe et l’utilisation de promesses de la campagne 2012 pour discréditer le candidat Sarkosy dont le nom est « écorché », entendez amputé de son prénom.

A l’examen du texte on reste sur sa faim car le propos et les considérations d’usage ne dénotent pas en la matière. De quoi s’agit-il? « Siglé » (sic) du logo Les Républicains et intitulé «Les Réactionnaires: les propositions d’une droite qui déraille», ce dépliant d’une quinzaine de pages a été diffusé auprès des parlementaires lors du séminaire de rentrée du groupe PS à l’Assemblée nationale. Il est illustré de photographies des candidats de la droite à la primaire, accompagnées de citations ou propositions formulées par ces derniers. Parmi les griefs évoqués, «le chômeur – qui a perdu son accent circonflexe sur le dépliant – tenu d’accepter la première offre d’emploi», est en réalité une proposition appartenant au programme du candidat Sarkozy de 2012 et qui ne figure plus aujourd’hui dans ses propositions. Une erreur manifestement assumée, puisqu’à l’intérieur du dépliant la mesure est détaillée en citant le Figaro Magazine de février 2012, en convient bien, in fine, la journaliste. La critique demeure ensuite un peu courte car « Cinq ans plus tard, Nicolas Sarkozy propose une dégressivité des allocations chômage, assorti d’un retrait des subventions pour les demandeurs ayant refusé plus de deux offres d’emploi ou de formation » précise Laura Prat de Seabra reprenant le commentaire du dépliant. Et alors? Autre observation critique : « Le candidat LR Jean-Frédéric Poisson, dont la photo figure bien en couverture, ne voit apparaître ni son nom ni aucune de ses propositions. Un oubli surprenant de la part du PS à l’encontre du plus fervent opposant au mariage pour tous chez les candidats à la primaire. » Soit! Et la journaliste de conclure « Invité à réagir, le groupe socialiste à l’Assemblée, visiblement agacé par la polémique, n’a pas souhaité commenter. » Un non évènement donc.

Tout comme ce billet écrit entre le thé et le café matinal par un blogueur qui eut préféré avoir le temps de revenir sur le dossier Alstom quand Arnaud Montebourg, hier en déplacement à Belfort, reproche au gouvernement son manque de réactivité, voire son inaction, dans la période précédente de baisses de commandes publiques. Avec cette dénonciation de l’opposition, qui, preuves à l’appui, saisissait le président et le gouvernement en début d’année 2016. Mais alors peut-on regretter un certain attentisme de l’État quand on récuse dans le même temps toute proposition permettant de sortir du carcan de cette « concurrence libre et non faussée » qui lessive notre tissu industriel et ses emplois? Certes, en la matière, on peut légitimement questionner le ministre des transports sur la non renouvellement des bons de commande dans un marché qui a dû changer de fournisseurs. Et on devrait considérer avec moins de dérision les propositions de patriotisme économique de l’ancien ministre de l’industrie, Arnaud Montebourg , qui suggère de privilégier la cohérence dans le choix des fournisseurs en matière de commandes publiques. Quitte à payer l’amende en l’état de la législation européenne sur la concurrence. En examinant les propositions des candidats de la droite et de la gauche on se questionnera utilement pour savoir qui déraille en la matière!

Xavier Dumoulin