Primaires! Le mot revient en boucle dans les éditoriaux et les titres. Une revue de presse n’y suffirait pas s’il fallait décortiquer ces postures et jeux de rôle avec mille arrière-pensées et autres supercheries qui mettent aux prises les rivaux. Les bien nommées primaires  n’excitent pourtant pas la multitude, indifférente à ces turpitudes de nos bêtes de scène qui tentent pourtant l’ultime séduction sous le regard froid du chaland.

Ce dernier ne s’en laisse plus conter. Loin de l’ambiance sulfureuse du pré carré des supporters et des dévots, le lampiste éclairé observe avec amusement tout ce tohu-bohu. Mais à quoi bon se presser à démêler le vrai du faux, le bon grain de l’ivraie dans ces harangues absconses qui alternent avec ces petits mots jetés à la figure du concurrent.

Sans compter ces renégats qui rivalisent de taquineries ingrates sinon d’injures envers leur leader historique. Ces tontons flingueurs s’agitent pour ne rien dire sinon défaire la réputation de celui qu’ils vouent aux gémonies. Ce faisant ils prennent l’opinion à témoin de leur versatilité quand ils s’apprêtent, dans la foulée de la primaire, à revenir à leur mouton oubliant tout de go, on l’imagine bien, lui avoir tondu la laine sur le dos.

Allez comprendre. L’un soutient à sa droite celui qui ferait obstacle à l’autre dont on sait qu’il s’opposera dans l’hypothèse de son élection. Mais à quoi bon la primaire qui postule la cohérence jusqu’au bout dans ce processus de présélection au sein des camps de la droite et de la gauche de gouvernement. L’autre hésite encore à figurer dans la compétition, à gauche,  en raison même de  cette équation difficile à résoudre entre la volonté d’en découdre avec le président sortant et sa possible récupération dans une évincement qui, selon la règle du jeu des primaires, aboutit à un ralliement de facto au gagnant. Quant au président sortant on ne voit vraiment pas comment il pourrait finir sa présidence s’il devait perdre la primaire. Autant sauter cette procédure débilitante qui ne sied nullement à la fonction présidentielle aux yeux d’un chef d’État tenté par un renouvellement de mandat.

Le suffrage universel, in fine, fera la part des choses et pourrait bien réserver des surprises qui n’en seront que pour ces agités qui n’ont, face aux menaces et aux périls, pas plus de jugeote que de sentiment d’abnégation, les deux pourtant bien nécessaires à la fonction régalienne. A force de laisser pourrir la politique dans ce spectacle nauséabond, il se pourrait qu’une désertion massive des urnes ne laisse la place aux plus démagogues. C’est du reste la calcul cynique d’un ex-président qui ne tient ses chances de salut que d’une abstention massive des sympathisants de la droite tentés dans leur majorité par un vote moins décalé.

En attendant, les affres des affaires et de la politique alimentent à tort ou à raison une presse avide de scandales qui se déversent au jour le jour dans les canaux médiatiques. Et, dans le clan Le Pen, on joue en famille une partition bien plus sordide encore dans ce grand déballage, quand s’offre enfin un horizon bouché par des rancœurs intestines mal digérées. Mais ici n’est-ce point la loi du genre? Travail, Famille…Tout fout le camp!

Ces gauloiseries primaires de nos animaux politiques prennent un drôle de tour. Après la Primaire de la droite on serait bien avisé de se raviser pour rivaliser sur un terrain propice au vrai débat d’idées. On se plairait à penser la réalité autrement qu’à travers des poncifes éculés! La posture politique pour la conquête du pouvoir est faite de duplicité, ça va de soi. Certes mais alors pour quoi en faire ou, plutôt  pourquoi faire?

Xavier Dumoulin