Aucune surprise dans le niveau de participation d’un électorat de cette gauche introuvable qui a voté avec ses jambes quand il n’a pas exprimé, dans les urnes, cette motion de censure des gouvernements sociaux-libéraux du quinquennat.

Est-ce l’idée d’un revenu universel, – déjà questionnée dans les années 80 avant même l’émergence d’un revenu minimum d’insertion en 1988 -, ou bien le glissement vers les théories de la décroissance – qui pourraient n’être qu’une théorisation de l’impuissance économique et sociale de la gauche européenne à relever les défis de la croissance et de l’emploi – qui a fait de leur héraut, Benoît Hamon, le roi de la primaire au soir du premier tour? Est-ce sur ces même bases que le chantre de la démondialisation et du made in France, Arnaud Montebourg, rallie la candidature Hamon pour le second tour?

Quand ce dernier retourne à cette vision malthusienne néo-rocardiste sans en épouser cette perspective de lucidité et de réalisme dans cette fuite en avant vers un revenu universel avec une impasse sur son financement, force est bien de s’interroger sur les limites d’une possible dynamique autour d’un axe anti Valls.

L’ancien locataire de Matignon peut bien exciper de ses capacités à maîtriser les leviers du pouvoir et d’une gestion rigoureuse dans un contexte de menaces sur la sécurité, mais il peine à offrir une perspective concrète d’un projet progressiste et républicain, porteur d’une autre dynamique économique et sociale.

Le résultat du premier tour ne dissipe pas le risque d’impasse électorale du parti socialiste à la présidentielle. Les candidats ex-socialistes, prétendument hors système, peuvent se réjouir à bon compte. Mais ils devront à leur tour faire la démonstration que leurs perspectives respectives ne sont pas de vains discours mais offrent à l’appui une vraie sortie des vieilles politiques de chimères ou de renoncements.

Xavier Dumoulin