Cuadrilla, quadras et quadrature du cercle : d’une arène à l’autre …

Créé par le 22 juil 2007 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin

EXTRAITS

« Belle cuadrilla ces Boutil, Gorce, Hamon, Montebourg et autres Valls  en mal de célébrité, grandis pourtant dans les écuries, entrés dans la carrière quand leurs aînés  y étaient encore tous, ces aînés qui désertent aujourd’hui la place comme pour éviter la lidia sous la bronca de la base militante et sympathisante. Ceux-là aussi ne veulent  pas donner dans les jeux d’arènes et proclament haut et fort leur volonté de rompre avec les luttes de clans dans un parti en butte aux ambitions personnelles. La jeune garde du PS veut boucler le cycle d’Epinay. C’est la quadrature du cercle. « Nous souffrons d’un problème d’enfermement. L’appareil est trop tourné vers lui-même », a affirmé Montebourg, qui souhaite « la fin du nombrilisme » au PS. « Il faut peut-être tourner la page de l’organisation d’Épinay », ajoute le député de Saône-et-Loire, en souhaitant que le parti redevienne « une grande organisation politique capable de proposer un projet en accord avec les attentes de la société ». L’ancien porte-parole de Ségolène Royal a rendu hommage à la présidente de la région Poitou-Charentes « qui a fait faire des pas de géant au projet du PS », notamment sur les institutions et l’autorité républicaine. Pour sa part Gaetan Gorce entend aussi rénover de fond en comble. « Nous voulons sortir du langage gestionnaire pour aborder les sujets de manière transversale. Le monde change, pourquoi la gauche ne changerait-elle pas ? Les socialistes sont toujours dans l’hésitation et le compromis, il nous faut regarder la société en face. Dans sa campagne, Ségolène Royal a été dans l’intuition et la réflexion sur de nouveaux sujets de société qui étaient jusqu’alors les thèmes de prédilection de la droite. Il nous faut désormais aller au-delà. Et, cela ne veut pas dire « droitiser » le parti, au contraire, je crois que l’avenir du PS se joue à gauche. »

Seront-ils vraiment les leviers de cette rénovation bien différente d’une simple affaire générationnelle ? On peut craindre pour eux quelques bandérilles et autres estocades dans ces arènes tumultueuses et on leur souhaite beaucoup de bravoure dans leur combat. Mais sait–on vraiment ce qui se joue derrière ce retour de la bravitude ? S’agit-il vraiment de cette énergie virile, de cette virtù dont nous parlions hier dans notre billet, évoquant Machiavel et le Prince moderne ? »

Une position centriste radicale et républicaine par refus des vieilles politiques de chimères ou de renoncements

Créé par le 08 juil 2007 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin, Débats autour de la refondation de la gauche |

EXTRAITS

« Dans ces temps présents de nouveaux questionnements de toute la gauche après la victoire idéologique et politique de la droite à la présidentielle de 2007, la position « centriste » originale et originelle  - sur laquelle nous reviendrons plus loin – peut nous éviter un double écueil :

-  Celui de l’abandon par la gauche de l’essentiel de ses valeurs et principes au prétexte d’un prétendu  caractère indépassable de l’économie de marché dominée par le néolibéralisme.

- Celui du refuge dans la tradition séculaire néo-guesdiste – incarnée jadis par Guy Mollet –  du maximalisme verbal par des dirigeants enclins à plus de liberté de parole dans une cure prolongée d’opposition.

Pour sortir de ces impasses, la posture centriste pourrait se définir comme une ouverture aux réflexions des courants critiques de « la  gauche de gauche » et de  l’altermondialisme tout en assumant pleinement les réalités et évolutions historiques de la gauche. Inscrite définitivement dans la tradition républicaine du socialisme français – qui porte  haut l’exigence démocratique avec la visée laïque et citoyenne -, la gauche reste le creuset d’une perspective sociale audacieuse. Le néolibéralisme – qui n’est rien d’autre qu’une victoire du capitalisme financier sur le monde du travail –  doit donc être combattu avec détermination et réalisme. Il appartient ainsi aux forces de gauche d’entamer et de contester sa légitimité.

La question de la refondation de la gauche se pose dans cette problématique  »centriste » à la recherche de l’ambition du réalisme pour sortir des impasses ; celle d’une gauche de la gauche anti-libérale, cantonnée dans un rôle protestataire et celle d’un républicanisme sans visée affirmée de transformation sociale. D’où notre posture résolument éclectique, fondée sur la critique radicale du néolibéralisme mais profondément ancrée dans les fondamentaux républicains. Rompant avec des réflexes idéologiques pavloviens, ce nouveau  »centrisme » a besoin d’être expliqué pour devenir un nouveau point d’équilibre à gauche entre différentes sensibilités. C’est un défi encore loin d’être relevé ! »

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