Entretien de Jean-Pierre Chevènement à l’hebdomadaire Le Point, propos recueillis par Jean-Paul Enthoven et Saïd Mahrane, jeudi 29 juin 2017.

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Chevènement. En Marche © Dusault pour "Le Point"

Chevènement. En Marche © Dusault pour « Le Point »
Le Point: Quand vous considérez l’ensemble de votre vie, quelle a été la saison de votre plus grand bonheur ?
Jean-Pierre Chevènement:
Les années 1970 ont été enthousiasmantes, car ce que j’avais anticipé en créant le Céres à mon retour de la guerre d’Algérie – l’union de la gauche, la recréation d’un grand Parti socialiste, l’alternance – s’est réalisé. J’avais adhéré au Parti socialiste, en 1964, d’une certaine manière pour le subvertir. C’est ce qui a été fait en 1971 avec le congrès d’Épinay, dans l’issue duquel j’ai pris une forte responsabilité. Dix ans après, l’alternance se produisait. Je n’avais pas deviné que cela pourrait se passer dans la vie comme je l’avais imaginé dans ma tête. La suite a été différente… J’ai été moins heureux, même si j’ai connu dans l’action des moments de plénitude.
Quel livre trouve-t-on sur votre table de chevet ?
Actuellement, je relis les Lettres persanes, de Montesquieu. J’y vois ce que pouvait être le dialogue des cultures au début du XVIIIe siècle. Lisez-vous des romans ou des essais ?
Je lis surtout des livres d’histoire, ainsi que des essais ou des romans comme Vie et destin, de Vassili Grossman. Actuellement, je me consacre beaucoup à l’histoire des religions, à l’islam et aux monothéismes, en raison des fonctions que j’exerce à la tête de la Fondation pour l’islam de France. En littérature, vous êtes plutôt stendhalien ou balzacien ?
J’ai été passionnément stendhalien. J’ai été d’ailleurs à l’origine du nom de la promotion de l’Ena à laquelle j’appartiens (Stendhal, 1965). Avec Alain Gomez, j’ai défendu Stendhal contre Turgot, qui avait, si je me souviens bien, la faveur d’Ernest-Antoine Seillière. Ce débat a sérieusement partagé notre promotion. Il dessinait les lignes d’une droite et d’une gauche en gestation. Stendhal est une figure rarement invoquée par la gauche…
Son œuvre est pourtant une bonne description de la société bourgeoise de la Restauration. Stendhal m’inspire également la difficulté d’un jeune homme parti de peu, originaire du haut Doubs et dont le père avait une scierie à la frontière de la Suisse. Ne confondez-vous pas Stendhal et Julien Sorel ?
Évidemment, c’est de Julien Sorel que je parle, dans Le Rouge et le Noir. D’autres héros de Stendhal faisaient rêver le jeune homme que j’étais. Ainsi, Lucien Leuwen, qui rencontre à Nancy une figure républicaine qui le fascine. Stendhal, avec son œil décapant, aurait aimé faire bouger les choses. C’est cela, la gauche…
 

 

Il dit cependant que son programme est de parler aux happy few, au petit nombre…
Il écrit aussi qu’il sera un écrivain très connu cent vingt ans après sa mort. Il ne s’est pas trompé. Stendhal est précisément l’écrivain du bonheur. Or on perçoit chez vous davantage la mélancolie…
Je ne crois pas être mélancolique, je reste extrêmement actif. Ma vie n’a pas été et n’est pas ennuyeuse. Je m’occupe de mille manières que je crois utiles. Certes, depuis 2002, je mène surtout un combat d’idées, mais le combat politique a toujours été pour moi un combat d’idées. Ma candidature à la présidentielle visait d’abord à donner du sens à l’action politique à travers le paradigme républicain : « Au-dessus de la gauche et de la droite telles qu’elles sont devenues, il y a la République ! » J’ai dessiné les contours d’un projet alternatif dont je ne renie rien aujourd’hui. Si je ne renie rien sur l’essentiel, cela ne veut pas dire que je n’ai pas évolué… Sur quel point, en particulier ?
Prenons un exemple, très ancien : l’Ena, le sujet d’un petit pamphlet coécrit en 1967 avec Didier Motchane et Alain Gomez, intitulé L’Énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise. Mon diagnostic concernant l’Ena est resté le même : il s’agit de deux concours assez difficiles, l’un à l’entrée, l’autre à la sortie, mais entre les deux il n’y a rien et à la sortie il y a toujours les « grands corps ». Sauf que je pense aujourd’hui qu’il ne faut pas réformer cette école, mais la supprimer. Donc, j’ai un peu évolué… [Sourire.]. Nous vivons ce qu’il convient d’appeler la fin du cycle d’Épinay. Quel souvenir gardez-vous de cette aventure ?
François Mitterrand m’avait fait venir rue Guynemer quelques mois avant le congrès d’Épinay : « Vous êtes, me dit-il, avec vos amis du Céres, comme un corps franc à l’arrière des lignes adverses. » Les corps francs étaient ceux que l’on envoyait derrière les lignes allemandes, en Sarre, notamment, quand Mitterrand était soldat en 1939-1940. « Si vous réussissez, nous gagnons. Sinon, vous serez fusillés ! » Nous réussîmes le jour du congrès à peser 8,5 % des mandats. C’était ce qu’il fallait pour faire pencher la balance entre Guy Mollet et Mitterrand, qui pesaient chacun un peu plus de 45 %. C’est comme cela que nous avons fait sur notre ligne, c’est-à-dire sur l’objectif d’un programme commun avec les communistes, un grand Parti socialiste qui couvrait l’éventail de toutes les sensibilités, de Chevènement à Defferre et Chandernagor. C’était un formidable accomplissement pour le Céres par rapport à ce que nous étions quelques années auparavant. Avec quelques copains de l’Ena, Georges Sarre et des polytechniciens rencontrés en chemin, nous formions une petite bande avec un état d’esprit qui n’était pas celui du militant socialiste moyen. Nous avions été forgés par la guerre d’Algérie. Auriez-vous pu défendre l’idée d’une Algérie française ?
L’idée de l’intégration en soi ne m’aurait pas gêné, mais j’étais assez réaliste pour comprendre que la chose n’était plus possible, si tant est qu’elle l’eût jamais été. Le peuple algérien était une réalité. J’étais mendésiste depuis 1954, mais, quand de Gaulle est arrivé au pouvoir en 1958, j’ai vite compris que lui seul pouvait trancher le nœud gordien. Le Général disait : « Si l’Algérie doit devenir indépendante, mieux vaut qu’elle le soit avec la France que contre elle. » C’était mon état d’esprit et ce fut mon choix quand, après la dissolution des SAS, j’ai rejoint la préfecture d’Oran. Pouvez-vous nous donner un souvenir de François Mitterrand ?
Nous avions une relation spéciale. D’une certaine manière, j’avais fait Mitterrand à Épinay, mais je savais que je ne pouvais rien faire sans lui. Et lui me passait beaucoup de choses. Une anecdote ? Nous étions dans ma voiture pour nous rendre à un congrès du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) à Suresnes, en 1974. Mitterrand – qui aimait toujours se faire conduire – a soudain mis la main sur ma cuisse. Il me dit : « J’ai beaucoup d’affection pour vous » et poursuit : « Je vous le dis en tout bien tout honneur, naturellement. Nous avons vingt-trois ans de différence d’âge. Alors… vous pourriez être un peu moins impatient. » Ce qui signifiait : « Relâchez un peu la pression que vous et vos amis du Céres exercez sur moi. » Saviez-vous son rôle au ministère de la Justice durant la guerre d’Algérie ?
Non, je l’ignorais, comme je ne croyais pas à l’histoire de la francisque. C’est un de mes maîtres de conférences à l’Ena, Pierre Soudet, conseiller d’État et ancien normalien, qui m’a présenté à Mitterrand en 1965. François Mitterrand s’était pris d’affection pour les auteurs de L’Énarchie, livre qui l’avait beaucoup amusé. Mitterrand n’aimait pas beaucoup les énarques, un mot que nous avions d’ailleurs forgé comme un sobriquet de dérision. Il désignait des gens qui fondaient sur trois lettres leur prétention à gouverner.

Avez-vous aimé, admiré ou détesté Mitterrand ?
Les trois, à différents moments. J’étais très sensible à son charme, sauf au moment de la guerre du Golfe (janvier 1991). Après Épinay, il savait ce qu’il me devait et il l’a toujours manifesté, car il avait un grand sens de la fidélité. J’ai beaucoup appris à son contact, même si je n’étais pas de son école. J’étais plus proche de Mendès France par la conception de l’action politique, même si, à l’époque, on me classait parmi les marxistes – à tort, car je n’ai jamais partagé le messianisme marxiste. J’ai quand même lu Le Capital à 18 ans, il est vrai dans une édition abrégée qui devait quand même bien faire 400 pages, aux éditions Borchardt.

Qui vous a fait découvrir les grands penseurs ?
Mon professeur de philosophie, qui avait beaucoup d’influence sur moi.

Qui était-ce ?
André Vergez, normalien, professeur au lycée Victor-Hugo de Besançon. Il m’a fait connaître Descartes, Kant, Hegel, Marx et surtout Nietzsche.

Chevènement-Rocard, n’était-ce pas là le vrai duel ? On a beaucoup insisté sur la rivalité Mitterrand-Rocard, qui était en réalité une opposition plus politique qu’idéologique…
Je n’ai jamais cherché à mettre en scène cette rivalité essentiellement idéologique, contrairement à Rocard, qui, en fait, ne s’en prenait à moi que pour mettre en cause Mitterrand. Rocard voulait devenir président de la République, ce qui n’était pas mon cas. Je n’ai jamais ambitionné de l’être à la place de Mitterrand.

Pourquoi ?
J’avais conscience de l’expérience immense de Mitterrand et du fait qu’il pouvait être élu président. Si j’avais vraiment voulu l’être, l’accession de la gauche au pouvoir eût été retardée de plusieurs années, voire n’aurait jamais été possible.

Vous n’avez jamais deviné l’homme de droite qu’il était ?
Il fallait un homme venu de la droite pour unifier la gauche. François Mitterrand a vécu tous les épisodes de Vichy à la Résistance. Il a ensuite appartenu à plusieurs gouvernements de la IVe République. Il fallait cette expérience de la société et de la politique françaises pour réunir des gens aussi divers que Chevènement, Defferre, Mauroy, Poperen et même Savary… Tous ont fini par plier devant lui de plus ou moins bonne grâce.

À partir de la « parenthèse libérale » de 1983, la classe ouvrière se détourne du PS. Partagez-vous l’idée selon laquelle Mitterrand a souhaité une nouvelle coalition électorale en concentrant son discours à l’endroit des minorités ethniques, religieuses et sexuelles ?
La gauche abdique son dessein de transformation sociale et se tourne vers le néolibéralisme. À l’automne 1983, Mitterrand affirme qu’il n’a « rien contre le profit dès lors qu’il est acquis par le travail et par l’épargne », ce qui est exactement la phrase de Guizot : « Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne. » Aux européennes, six mois plus tard, Jean-Marie Le Pen fait 10 %. Le choix politique dont vous parlez, au départ, n’était pas conscient, mais le surgissement de Le Pen va être durant ses deux septennats une carte dans la main de Mitterrand, qui pour autant n’a jamais cessé d’en appeler au rassemblement de la gauche. SOS Racisme se crée en 1984 avec Harlem Désir à sa tête et Julien Dray en appui. L’immigré remplace peu à peu le prolétaire comme figure rédemptrice de la société… François Mitterrand n’a jamais fait sienne la stratégie de Terra Nova, où l’addition des minorités est censée faire la majorité.

Qu’est-ce qui vous a interdit de rejoindre les gaullistes de droite pour former un front durable ?
Je vous rappelle que je suis le seul homme politique à avoir lancé un appel aux républicains des deux rives. En 2002, j’ai proposé un rassemblement autour d’un pôle républicain, avec des hommes et des femmes issus de toute la gauche et de la droite gaulliste.

Certes, mais vous n’avez jamais réellement rompu avec le PS. Un accord législatif vous liait à lui…
Philippe Séguin n’est jamais parti du RPR. Avec le Céres, devenu Socialisme et République, j’ai quitté le PS en 1993 pour créer le Mouvement des citoyens. J’ai essayé d’infléchir la trajectoire du PS de l’intérieur puis de l’extérieur. En 2002, le PS, plutôt que de corriger sa trajectoire, a préféré faire de moi le bouc émissaire de la défaite de son candidat. Et, en 2008, j’ai été élu au Sénat contre à la fois un candidat du PS et un candidat de l’UMP.

Personne n’est responsable de sa progéniture, mais beaucoup d’individus font de vous la source de leurs engagements…
Beaucoup de gens très honorables se réclament de moi. Marie-Françoise Bechtel, élue députée de l’Aisne en 2012, par exemple, ou Christian Hutin, député du Nord. Il est vrai qu’ils sont très divers et répartis sur tout l’échiquier politique, plutôt à gauche quand même. Mais ce sont des républicains. Si vous faites allusion à Florian Philippot, les médias prétendent qu’il a été dans l’un de mes comités de soutien. C’est possible. Je ne l’ai jamais rencontré. Je ne vais pas passer mon temps à distribuer des brevets de chevènementisme. Les idées n’appartiennent à personne.

Qu’est-ce que le chevènementisme, sinon Fillon en politique étrangère, Montebourg s’agissant de la politique industrielle et Valls pour la fidélité aux valeurs républicaines ?
Beaucoup n’ont pas compris ce que j’ai proposé à partir de 1983, qui est la date de la fondation du club République moderne. J’ai prôné une conversion de la gauche à un modèle républicain exigeant. Claude Nicolet l’a exprimé au même moment dans un livre intitulé L’Idée républicaine en France. Beaucoup d’hommes de gauche ne comprennent pas ce qu’est le dêmos : l’ensemble des citoyens en corps. Or on ne naît pas citoyen, on le devient. C’est le rôle de l’école de former ce citoyen, de construire le civisme. Très peu, à gauche, et pas seulement Rocard, ont eu l’idée de ce qu’est le peuple français dans l’Histoire et de ce qu’est la souveraineté. Presque tous pèchent par « économicisme ». Très peu comprennent ce qu’est un peuple auquel on parle comme savait le faire Mendès France dans ses « causeries au coin du feu ». De ce point de vue, Macron est remarquable. Il a heureusement un sens pédagogique très développé, car les difficultés devant nous sont immenses. J’attends peut-être beaucoup trop d’un homme – fût-il président de la République –, mais je pense qu’il peut trouver les bons équilibres et renouer en maints domaines avec des cercles vertueux. Emmanuel Macron a une nette majorité parlementaire, mais il sait que les difficultés viendront. Je crains surtout le manque de flexibilité de nos partenaires européens. La Ve République vient de montrer sa force avec l’élection d’un président de 39 ans qui a oublié d’être bête. Cela peut favoriser le rebond de la France.

Y a-t-il du Chevènement chez Macron, qui, rappelons-le, a voté pour vous en 2002 ?
Je ne sais pas s’il a voté pour moi en 2002. Il a milité dans le 11e arrondissement avec Georges Sarre et Jean-Yves Autexier, deux de mes amis. C’était peut-être à l’époque du Pôle républicain. Emmanuel Macron a réussi là où j’ai échoué, en faisant émerger quelque chose de neuf entre une droite et une gauche traditionnelles également usées (plus, sans doute, aujourd’hui qu’en 2002). Emmanuel Macron a fait turbuler le système. Sa majorité LREM a juste la taille qu’il faut. À elle de faire vivre l’idée républicaine en son sein et sur cette base, de fédérer d’autres groupes s’ils s’y reconnaissent : MoDem, Républicains constructifs, socialistes de gouvernement… La méthode d’Emmanuel Macron a jusqu’ici fait ses preuves, encore que le « en même temps » ne suffise pas, car ce qui compte, en définitive, c’est la dynamique. Reste que je trouve rafraîchissante cette capacité à lier la réflexion et l’action. Je fais confiance à Emmanuel Macron pour faire bouger les lignes.

On vous appelle « le Che », ce n’est pas innocent. Il y a dans cette désignation une dimension antiaméricaine et de l’insurrection tiers-mondiste…
Je ne sais pas qui a eu l’idée de m’appeler ainsi. On peut cependant difficilement déplorer d’être comparé à une légende. Quand Régis Debray, au milieu des années 1960, a rejoint Che Guevara en Bolivie, j’adhérais pour ma part à la SFIO. C’est un parcours assez différent, car, selon un principe plus authentiquement marxiste, je voulais la transformation à partir même des sociétés capitalistes. Je pensais que l’union de la gauche permettrait, en Europe, un changement d’équilibre et de civilisation. C’était mon rêve de jeunesse. Ce chemin m’a conduit là où je n’avais pas prévu d’aller. J’ai été ministre cinq fois sans pourtant l’avoir jamais demandé… Finalement, le monde aujourd’hui ne ressemble ni à celui dont j’avais rêvé ni à celui des années 1960. C’est cela qu’il faut comprendre pour reconstruire.

Pour finir, vous avez traversé un épisode de santé très préoccupant en 1998. Est-ce que cela vous a changé ou a donné une autre vision de la vie ?
Je suis un laïque…

Voulez-vous dire que vous êtes athée ?
Non, ma sensibilité est chrétienne. Je suis un laïque, comme l’étaient mes amis réunis dans mon bureau après l’épisode que vous venez d’évoquer. Ils se sont dressés autour de moi et m’ont dit : « Alors, qu’est-ce que tu as vu ? » Je les ai regardés avec surprise et leur ai répondu : « Rien du tout. Asseyez-vous, remettez-vous au travail. Faites comme avant. » Je leur ai rappelé la pensée du philosophe grec Épicure : « Tant que je suis, la mort n’est pas là. Et quand la mort est là, je ne suis plus. » Au-delà de cette anecdote, cet accident thérapeutique (qui n’était pas un accident de santé) m’a rendu non pas plus authentique, mais plus soucieux de ma liberté et plus déterminé à bien user du temps qui me reste. Je n’aurais peut-être pas été candidat à la présidentielle de 2002 sans cet accident, sans doute parce qu’il fallait beaucoup de force pour l’être.

Croyez-vous aux forces de l’esprit ?
Je pense qu’il y a une transcendance laïque et une mystique républicaine.

Des oxymores…
Je ne le crois pas. Péguy disait : « La mystique républicaine, c’est quand on meurt pour la République. » Mais il y a pour cela plusieurs façons de faire.

Source : Le Point