« Je ne suis pas un surhomme » : Edouart Philippe sèche face à Jean jacques Bourdin sur RMC/BFMV titre Arthur Berdah dans son papier du Figaro. La vidéo disponible sur le scan politique du journal en ligne montre en effet un chef du gouvernement dans un total embarras quand il est « soumis à la question » par Jean-Jacques Bourdin. 

Ce dernier trimballe notre locataire de Matignon avec ses interrogations pourtant basiques : questionné sur la baisse des cotisations sur les pensions d’invalidité, Philippe répond sur un ton crispé : «Alors pour les pensions d’invalidité, s’agissant des pensions, je vous ai dit que… euh… donc des pensions… les pensions d’invalidité, pardon, je pensais aux pensions de retraite pendant que vous me posiez la question. Euh… Si vous m’autorisez à vérifier ça pendant la pause, je vous répondrai après la pause», avouant «bien humblement» que certains chiffres pouvaient «parfois» lui «échapper».

.Quant à la question sur la date à laquelle les pensions de retraite seraient revalorisées,  elle laisse un premier ministre s’enliser avant une mauvaise esquive. «Euh… Il y aura… Un processus de revalorisation… euh… des pensions de retraites, comme c’est le cas… Euh… Je ne sais pas si ce sera le 1er octobre ou le 1er janvier, là aussi je vais revenir exactement vers vous», Avant que son interlocuteur ne lui souffle la réponse d’un ton quelque peu méprisant : «Théoriquement c’est le 1er octobre». «Ben ça sera le 1er octobre», approuve alors le chef de l’exécutif à la façon d’un potage trimballé par un jury de concours!

Après l’intermède, le chef d’orchestre de la politique gouvernementale a pu vérifier quelques éléments majeurs et revient plus assuré. «Tout à l’heure vous m’avez posé deux questions précises, elles étaient parfaitement légitimes, il se trouve que je n’ai pas toujours (tout) en tête (…) mais quand je ne sais pas je vérifie», s’est-il félicité – interrompu par un mot de bon sens du journaliste, « remarquez, il vaut mieux! » – avant de poursuivre : «Les pensions de retraite augmenteront le 1er octobre à hauteur de l’inflation, donc il n’y a pas de sujet là-dessus», ajoutant ensuite que la question des pensions d’invalidité «n’est pas encore tranchée (mais) est encore en discussion».

Quelques minutes plus tard, le locataire de Matignon se fait à nouveau coincer par Bourdin. Après l’annonce de l’augmentation de l’allocation adulte handicapé promise pour 2018, « conformément aux engagements qui ont été pris», le premier ministre  affirme que «le minimum vieillesse augmentera également (…)». Il n’a en revanche pas su dire quand. «À partir de… Ah… Bon… Allez, encore une fois vous me laissez vérifier pour ne pas vous dire d’inexactitude», a-t-il balbutié.

Pour sa défense Edouart Philippe  qui accuse le coup réplique avec un accent se voulant stoïque : «Je n’ai aucune feuille devant moi, je n’ai pas tous les chiffres en tête, je ne suis pas un surhomme. Moi je suis un gars sérieux, j’essaie de faire les choses sérieusement. Quand je sais, je dis. Quand je ne sais pas, je vérifie».

Le journaliste du Figaro, Arthur Berdah, conclue son papier autour des réactions du député-maire PS d’Alfortville (Val-de-Marne), Luc Carvounas, sur BFMTV. Ce dernier fait part de son étonnement d’avoir «entendu le premier ministre de la 5e puissance du monde qui est incapable de répondre précisément à des questions qui sont attendues à quelques jours de la rentrée». «On l’interroge sur le chiffre du chômage aujourd’hui, il nous dit “je ne le sais pas”. On l’interroge sur l’impact de la CSG sur la pension d’invalidité, il dit “après la pause, je ne sais pas”. On l’interroge sur la date de revalorisation des retraites, il dit “après la pause, je ne sais pas”. Et puis après la pause, on l’entend sur les pensions d’invalidité nous dire “ce n’est pas tranché”. Mais attendez, il est premier ministre! Il ne sais pas dire face aux Français pour la rentrée politique si celles et ceux qui touchent une pension d’invalidité seront touchés par la CSG! ».

Chacun entend l’argument défensif du Premier ministre : « Je n’ai pas toujours tout en tête ». On peut néanmoins exiger de l’exécutif des réponses concrètes – et donc mieux préparées – sur ces sujets élémentaires qui constituent autant de questions que se posent légitimement des millions de compatriotes face à l’évolution de leur pouvoir d’achat (1)

Xavier DUMOULIN

(1) pour un éclairage plus précis sur quelques décisions gouvernementales

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2017/08/24/25001-20170824ARTFIG00088-je-ne-suis-pas-un-surhomme-edouard-philippe-seche-face-a-jean-jacques-bourdin.php