Scrutin après scrutin, portées par des crises multiples qui se répètent et par une manne financière et médiatique, les idées des extrêmes droites progressent partout dans le monde.

En Europe, en France, dans nos régions, dans nos communes et dans nos quartiers, elles vont jusqu’à fausser nos manières de penser. L’autre n’est pas, n’est plus, le début de la solution, il devient le problème. De sorte que nos forces politiques républicaines et démocratiques se retrouvent en position défensive, sans présenter un projet de société fondé sur l’égalité, la fraternité face aux défis qui se posent à l’ensemble des sociétés humaines.
L’approche historiquement portée par les extrêmes droites met au centre de toute politique la légitimité d’exclure certaines personnes de l’accès aux droits fondamentaux en fonction de certains critères « identitaires ». Sont concernées le plus souvent les personnes étrangères, jugées différentes, ne correspondant pas à une prétendue « culture nationale ».
Exclure certaines personnes d’un droit est présenté comme la condition pour que ce droit soit assuré au reste de la population qu’ils nomment « de souche ». Cette approche raciste ou xénophobe et discriminatoire est la négation absolue de l’universalité des droits telle que portée par le droit international.
Comme le démontrent ses votes au parlement européen et français, l’extrême droite rejette la redistribution comme outil premier pour répondre aux besoins sociaux, même au sein de la « communauté nationale » qu’elle dit pourtant vouloir protéger. De ce fait, elle conforte l’inégale répartition des richesses dans la société, allant ainsi, plus loin que la droite républicaine. Les discours sociaux de l’extrême droite ne sont que de fallacieux mensonges.
Ils ne trompent pas celles et ceux qui interrogent, et observent au fond, leurs programmes et leurs pratiques du pouvoir.
Les exemples dans l’histoire et au présent ne manquent pas pour illustrer les conséquences funestes pour les populations tombées sous le joug de ces régimes politiques fondés sur l’exclusion.
En France, l’annonce par le président de la République d’une dissolution de l’Assemblée Nationale ouvre l’éventualité d’une majorité d’extrême droite. Cette éventualité serait évidemment un désastre pour la République française et pour les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité que nous portons, qui n’ont jamais été aussi menacées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Hier, 7 700 000 électeurs ont apporté leur soutien à l’extrême droite, ils étaient 13 millions au second tour des présidentielles.
Le premier parti reste l’abstention ! Et ne cédons rien à ceux qui nous prédisent un premier ministre d’extrême droite. Ne nous laissons pas envahir par la stupeur ou le découragement.
Partant de ce que nous sommes, des militantes et des militants engagées pour les droits et les libertés, préoccupées principalement par le grand danger que représentent les idées et les thèses propagées par les extrêmes droites envers nos sociétés et les droits fondamentaux de tous les individus, la Fédération des Landes de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) – comme cela se réalise dans toute la France – appelle, en écho à la résolution adoptée lors de notre 92ème congrès national, à participer à l’émergence d’une nécessaire convergence.
La LDH appelle dès à présent l’ensemble des forces politiques progressistes à dialoguer, à mettre l’ensemble de leurs divergences de côté, à se mobiliser afin de proposer un front commun dans le champ électoral face à l’adversité.
Nous voulons une alternative politique démocratique, sociale et écologique. Les luttes sur les retraites, les questions écologiques, la défense des libertés publiques, le droit des femmes … nous montrent que cette alternative est attendue.
La Fédération des Landes appelle ses adhérents, sympathisants et tous les citoyens à réserver leur week-end des 15 et 16 juin, dans un premier temps, pour rejoindre les rassemblements qui seront organisés sur le département, pour la défaite de l’extrême droite et de ses idées dans les urnes.

Dax, 10 juin 2024
Pour la Fédération des Landes de la LDH,
le président, Roland Ramis