« Ma proposition, c’est que désormais, nous devrions prévoir à travers une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies – puisque le Conseil de sécurité est bloqué – un principe de réparation », a déclaré l’ex-Premier ministre, dimanche 8 mars, sur BFM Tv
« Tout pays qui s’engage dans une intervention illégitime, illégale, doit payer le prix de la reconstruction de ce qu’il a cassé. Tu détruis, tu répares »
« Je crois que nos démocraties doivent et peuvent agir. Il y a des sanctions économiques possibles, il y a des sanctions politiques possibles »
« Nous n’avons pas traduit en justice, et c’est une faiblesse des pays occidentaux,George W. Bush et Tony Blair, nous aurions dû. Parce que peut-être qu’aujourd’hui l’avertissement aurait été reçu »
« La France est en train de rater le coche, de rater l’histoire. D’abord, en ne regardant pas en face ce qui est en train de se passer et en ne disant pas aux États-Unis et à Israël la responsabilité qu’ils prennent. Deuxièmement, en ne se battant pas sur le front européen pour mobiliser l’ensemble des acteurs. En Europe, c’est Pedro Sanchez qui sauve l’honneur »
Vous êtes l’homme qui a dit non, vous l’avez rappelé tout à l’heure.
Qu’est-ce que c’est dire non aujourd’hui à Donald Trump en 2026 ?
Dire non, c’est dire non.
Un, nous n’accepterons en aucun cas de participer à cette guerre. Nous la condamnons dans toutes les instances internationales et nous en tirons les conséquences.
Nous sanctionnons. Nous sanctionnons Israël pour être en train aujourd’hui d’enclencher une situation humanitaire tragique au Moyen-Orient.
Nous pouvons prendre des mesures. Vous savez, on dit toujours, nous sommes dépendants. Oui, nous sommes dépendants pour les moyens de paiement. Nous sommes dépendants pour la guerre numérique. Mais les Américains sont très dépendants de nous aussi.
Ne sous-estimons pas nos capacités.
Et donc je crois que le simple fait d’avoir un Conseil exceptionnel des Européens réunis avec un discours martial disant aux États-Unis et disant à Donald Trump, Monsieur le Président des États-Unis, vous faites n’importe quoi. Aujourd’hui, vous nourrissez la guerre dans le monde. Aujourd’hui, vous déstabilisez l’Europe.Vous déstabilisez les régions du monde.
Et nous ne vous accompagnerons plus dans cette aventure. Et qu’on en tire les conclusions. Qu’on arrête d’acheter des F-35. Qu’on arrête d’imaginer que les États-Unis seront là pour nous aider en Ukraine. Ils ne sont pas sur la position que vous énoncez là. Mais c’est bien pour ça que je dis qu’on a besoin de la France. Je sais tout ça. Mais en 2003, ils n’étaient pas non plus dans leur immense majorité, les Européens, sur notre ligne. Mais les peuples du monde entier étaient avec nous. Et c’est en ça qu’il faut être capable de renforcer la légitimité de notre parole. Et comme la catastrophe va se dérouler, comme je suis en train de vous le dire, au bout du compte, les Européens, peut-être, ont une chance d’ouvrir les yeux et de cesser de se rendre dans le bureau ovale en priant Donald Trump de bien vouloir leur concéder ceci ou cela. Donc, dire clairement aux États-Unis que leur guerre est illégale, qu’elle est illégitime, qu’elle est inefficace et qu’elle est dangereuse, rien que ça, dans la bouche de M. Macron, eh bien, excusez-moi, ça ferait du bien aux Français, ça ferait du bien aux Européens, ça ferait du bien à tous les peuples du monde. Et en plus, ce serait vrai. Avertir ce que nous avons fait en 2003, les Américains, de ce qu’ils sont en train de semer le désordre, de semer le malheur partout où ils vont, eh bien, je crois que c’est un avertissement salutaire qu’un ami doit se permettre devant la situation que nous connaissons.
La géopolitique, la diplomatie, ce n’est pas un art de divination, c’est un art qui est fondé sur l’expérience. Or, on a cette expérience ou on ne l’a pas, et c’est fondé, deuxièmement, sur les principes. Certains responsables politiques veulent considérer que le droit international, désormais, ne sert à rien, parce que c’est la force qui domine. Mais ça veut dire quoi ? Que dans la loi de la jungle, désormais, on doit se soumettre aux exactions, aux actions illégales des uns et des autres. Mais nous sommes en train de rentrer dans un monde de la jungle, qui est un monde insécure pour tout le monde.Et demain, les assassinats ciblés que l’on utilise au Moyen-Orient, pourquoi est-ce qu’ils n’auraient pas lieu en Europe ou aux Etats-Unis ? Et que dirons-nous ? Vous avez la règle absolue du droit international. Pas de deux poids, deux mesures. Et donc il y a deux règles à défendre dans le monde. Respecter le droit, c’est l’intérêt de tous et c’est l’intérêt des peuples. Et deuxièmement, respecter le principe de justice. Ce qui a été fait à Gaza est inacceptable. Ce qui est fait en Cisjordanie est inacceptable. Ce qui est fait au Liban est inacceptable. Et le président français serait bien inspiré de le dire!
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