a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Articles archivés

Le ministre de l’Intérieur s’interroge sur le mécanisme comportemental de mimétisme dans la multiplication des assassinats avec un véhicule

Créé par le 23 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

« A peu près un tiers » des personnes signalées pour radicalisation « présentent des troubles psychologiques », selon la déclaration du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur RMC/BFMTV. D’où cette perspective d’impliquer le monde médical dans le dépistage des menaces terroristes. Les sources ministérielles sont extraites du FSPRT (fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation)  soit environ 17.400 personnes recensées dans le FSPRT, créé en 2015, selon un rapport sénatorial publié au printemps.

Faisant suite aux crimes de Seine et Marne du 14 août dernier – un homme fonçant sur une pizzéria avec son véhicule, tuant une adolescente et blessant douze personnes – et à celui du 21 août – du fait d’un chauffeur de camionnette, présentant, semble-t-il, des troubles psychiatriques et un passé délinquant -  causant la mort d’une personne et en blessant une seconde, le ministre entend mobiliser la psychiatrie « pour identifier les profils qui peuvent passer à l’acte ». « Il est clair que le secret médical c’est quelque chose de sacré mais en même temps, il faut trouver le moyen qu’un certain nombre d’individus, qui effectivement souffrent de troubles graves, ne puissent pas commettre des attentats » déclarait mardi matin Gérard Collomb car si « ce n’est pas du terrorisme (…) on a de l’imitation ».  « Un certain nombre d’esprits faibles peuvent se laisser entraîner à des actes de mimétisme ». « C’est ça qui est grave, c’est qu’un certain nombre d’esprits faibles qui voient ce qui s’est passé à Barcelone, qui voient ce qui s’est passé contre le dispositif Sentinelle, se disent ‘on va passer à l’acte comme ça’ », a-t-il ajouté. « C’est ce contre quoi il faut se prémunir, ce contre quoi nous voulons travailler avec ma collègue la ministre de la Santé mais également avec l’ordre des médecins, les psychiatres (…) Nous ne voulons pas faire cela dans notre coin », mais « trouver le juste équilibre », a-t-il conclu.

Ces propos rapportés par la rédaction d’Europe1.fr avec AFP poussent à la réflexion quant à leurs conclusions. Ces dernières présentent sans doute une part de vérité mais risquent d’hypothéquer la relation de confiance entre le malade et son thérapeute. On aura tôt fait, dans le grand public, d’assimiler  dangerosité et malades psychiatriques quand bien même ces derniers sont statistiquement plus souvent victimes qu’auteurs de violences. Cette tentation de focaliser sur la maladie psychiatrique est d’autant plus forte qu’une partie non négligeable des personnes détenues serait atteinte de troubles du comportement. Ce qui pose d’abord la question de l’accompagnement médical et psychologique des personnes présentant des troubles mentaux dans notre pays.
Entre une approche qui a toutes les apparences du pragmatisme, ciblant les personnes dépistée comme dangereuses, en situation pathologique, et le cloisonnement des thérapeutes dans leur art au nom de la déontologie médicale et professionnelle, comment trancher ce conflit d’intérêt?
L’assimilation d’un potentiel de dangerosité terroriste avec le risque de passage à l’acte par mimétisme, chez des personnes au profil psychologique fragilisé par une pathologie mentale, présente des limites évidentes au regard des symptômes et manifestations des troubles en question. Le combat contre la stigmatisation de la pathologie mentale constitue aujourd’hui un grand défi qui ne doit pas s’effacer derrière l’émotion suscitée par le déferlement d’attentats terroristes. Ceux-ci frappent partout dans le monde au nom d’un islamisme radical dégénéré qui fait naître des « fous de dieu » par milliers!
Xavier DUMOULIN

Madame Macron : une charte pourquoi faire?

Créé par le 22 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

La « charte de transparence relative au statut du conjoint de Chef de l’Etat » est en ligne sur le site de l’Elysée. Le rôle de l’épouse du chef de l’Etat est ainsi précisé :

Elle « assure la représentation de la France, aux côtés du Président de la République, lors des sommets et réunions internationales », »invitée comme tous les conjoints de chefs d’Etat ou de chefs de gouvernement. » Madame Macron « peut également prendre part à des actions nationales et internationales, mises en place avec d’autres conjoints de Chefs d’Etat, notamment pour lutter contre le changement climatique ou encore les violences faites aux femmes et aux enfants. »

Elle « répond aux sollicitations des Français et des personnalités françaises et étrangères qui souhaitent la rencontrer » et répond aux courriers qui lui sont adressés.

Elle  « supervise la tenue des manifestations et réceptions officielles au sein du Palais de l’Elysée. »

Elle « soutient, par son parrainage ou sa présence, des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement international de la France ».

Pour conduire ses missions, « l’épouse du Chef de l’Etat ne bénéficie d’aucune rémunération et ne dispose pas de frais de représentation » ni de « budget propre ».

« le cabinet du Président de la République. »reste à sa disposition avec notamment deux conseillers du Président de la République 

– Un conseiller spécial qui assure la fonction de directeur du cabinet de Brigitte Macron.
– Un conseiller qui exerce la fonction de chef de cabinet.- Un secrétariat est également mis à sa disposition

- La protection  de Madame Macron est assurée par le Groupement de sécurité de la Présidence de la République.

Tous « les coûts de fonctionnement associés au conjoint du Chef de l’Etat feront l’objet d’une présentation transparente dans la comptabilité analytique de l’Elysée, soumise au contrôle de la Cour des Comptes qui en rendra compte publiquement par un rapport spécifique. »

On observera la nouveauté du genre qui traduit cet esprit de transparence et de clarification au travers de cette formalisation. On passe de l’usage à la charte avec toutes les ambivalences du terme. Certes la mode est aux chartes, ces documents qui n’engagent que ceux qui les proclament. Et nous avions un peu oublié, malgré Carla Bruni-Sarkosy et le passage éphémère, en début de quinquennat, de la compagne de François Hollande, la place de la première dame de France à part entière.

Avec Madame Mitterrand et Madame Chirac, nous étions de plain pied dans une action soutenue qui perdure d’ailleurs au-delà du mandat de leur époux respectif. La fondation France-Libertés existe toujours après le décès de sa présidente et les célèbres opérations pièces jaunes continuent de venir en appui aux projets portés par les établissements sanitaires et médico-sociaux.

Pour avoir été l’un des présidents des comités relais de France-Libertés, je peux témoigner de la grande liberté de ton et d’action de la fondation qui trouvait dans son autonomie de réflexion et de développement de ses projets, une dynamique originale et un rayonnement certain en France et à l’étranger (1). En tant que « manager hospitalier », je mesure l’efficacité des aides aux projets par la fondation Bernadette Chirac-Hôpitaux de Paris.

Dans les deux cas ces actions vigoureuses et constantes se déploient, en toute autonomie politique, par le biais d’une fondation d’utilité publique reconnue et médiatisée. N’est-ce point là l’essentiel de la contribution féminine spécifique du couple présidentielle par delà les obligations mondaines ou de représentations que l’on retrouvent partout dans le monde? La personnalité de l’épouse constitue le principal vecteur de son action, laquelle bénéficie de la notoriété de ladite dame, avec, à l’évidence, le renfort d’opérations médiatiques. La charte participe de cette dynamique autour d’une Brigitte qui sait faire parler d’elle. Après le registre des considérations sur la psychologie du couple, vient le temps du statut de l’épouse du président à qui l’on souhaite de mener dans la continuité des exemples précédents sa mission au service des plus déshérités. Sans tomber ce faisant dans les travers de l’imagerie d’un conte de fée…

Xavier Dumoulin

(1) Cf la liberté d’expression et le caractère de Danielle Mitterrand qui nous accordait un entretien pour ce blog lors de la parution de sa dernière publication « le livre de ma mémoire »* :

Xavier Dumoulin  Alors, c’est ma dernière question : qu’est-ce qu’on peut faire aux côtés de votre fondation très concrètement pour ceux qui voudraient agir?

Danielle Mitterrand – Il faut tenir un discours qui entraîne les gens à résister au système actuel et puis pas seulement en mots mais en actions. Et aujourd’hui tous les jours il y a une possibilité de réagir contre ce système. Moi je ne spécule pas. Je n’ai pas une action (en bourse NDLR). Eh bien, que beaucoup de gens fassent comme moi et ils verront que ça finira par changer !

*Plus qu’un témoignage, « Le livre de ma mémoire » interpelle et ouvre des horizons, loin des conformismes et du prêt à penser… Danielle Mitterrand propose une alternative complète au néolibéralisme et appelle les citoyens à s’engager dans les combats majeurs. Elle puise dans la force de ses convictions sa capacité d’agir pour affirmer ses valeurs humanistes et œuvrer aux côtés des plus humbles pour l’avenir de l’Humanité.lelivredemammoire1.bmp

« Une vie violente », un film pédagogique sur la violence terroriste à voir sur le grand écran

Créé par le 18 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

une vie violente« Un film incandescent au cœur de la chaudière nationaliste corse » titrait Jacky Goldberg dans sa critique du 23 mai dernier pour les Inrockuptibles à l’occasion de la semaine de la critique 2017. Notre cher critique talentueux compare ce second long métrage de Thierry de Peretti à « une tragédie grecque, avec son héros romantique et fataliste qui fonce droit dans la gueule du loup (pour venger ses copains assassinés), avec ses pythies attablées annonçant la catastrophe (superbe scène), avec enfin son attention extrême portée aux mots, à leur poids, à leur poésie. »
 
En ce moment de tragédies terroristes qui touchent l’Espagne, avec son cortège de victimes à Barcelone et à Cambrils, on est d’autant plus enclin à dénoncer cette violence aveugle qui  frappe sous tous les faux prétextes et, au-delà des victimes et de leurs proches, meurtrissent les cœurs de toutes ces communautés de citoyens solidaires attachées aux valeurs démocratiques et au respect des droits humains les plus élémentaires. Cette Espagne qui a déjà payé un si lourd tribut dans son histoire avant la chute du franquisme et, dans les dernières décennies, notamment la première du siècle, est rattrapée à nouveau par cette peste noire du terrorisme aveugle. A présent au nom de Daesh, hier de Al-Quaida ou de  l’ETA.
 
« Une vie violente » rentre de plein fouet dans cette machination infernale du crime quand la confusion entre militantisme indépendantiste du FLNC et mafia trouve à s’exprimer dans les exécutions sommaires et les règlements de compte avec la lâche complicité d’élus conduisant ce double jeu envers les institutions démocratiques au sein desquelles le poids des indépendantistes fragilise la république.
Inspirée de la mort de Nicolas Montigny le réalisateur met en scène Stéphane (Jean Michelangeli ), jeune bastiai qui se livre au traffic des armes dans un engagement au sein d’un mouvement indépendantiste radical se prétendant révolutionnaire de gauche. Avec son groupe d’amis il se trouve embarqué dans une sale logique de vendetta meurtrière que les protagonistes de l’action violente paieront de leur propre vie. « Le film souligne notamment le jeu de dupes dont furent victimes bon nombre d’activistes, exécutant, parfois jusqu’à l’assassinat commandité, les consignes des têtes pensantes, qui jouaient double jeu avec certains représentants de l’Etat central » souligne Mathieu Macheret dans sa critique du Monde du 23 mai.
 
Ce film d’une qualité cinématographique vraiment intéressante et, depuis la semaine passée, diffusé en salle,  mérite d’être vu. Il renvoie aussi au traitement du dossier Corse dans les dernières années du siècle précédent sous la mandature de Lionel Jospin. Ce dernier cédait, sous la pression d’une fraction  des élus insulaires qui avaient l’oreille attentive de son chef de cabinet, à la facilité de l’octroi d’un statut ultra-marin, sous condition de référendum remis à une date ultérieure, dans l’île de beauté. Fort heureusement celui-ci exprima le rejet d’une dérive autonomiste en 2004 grâce à l’action vigoureuse des républicains rangés derrière Emile Zuccarelli, cet ancien ministre démissionnaire de Lionel Jospin du temps de la gauche plurielle. Cette période qui devait conduire Jean-Pierre Chevènement, Ministre de l’Intérieur, à démissionner à son tour dans un conflit houleux entre la place Beauvau et Matignon. Nous sommes juste après le meurtre du préfet Erignac et l’affaire dite des paillotes qui servit de prétexte à la destitution du préfet Bonnet, son successeur. 
Le locataire de Matignon oublie alors sa parole et finit par arbitrer au bénéfice des lobbies autonomistes, lâchant sur l’essentiel. Quand le ministre de l’Intérieur souhaitait renforcer le développement de l’île tout en faisant évoluer son statut dans le cadre constitutionnel de la France, le chef du gouvernement de cohabitation octroyait tout de go des compétences législatives à l’assemblée de Corse, négociant ainsi sans préalable d’arrêt des violences en cette période de redoublement criminel qui fait l’arrière plan du film de cette « vie de violence ».
 
On retrouvera tous ces éléments sur la politique insulaire dans les écrits de deux protagonistes aux postures opposées. Ceux d’Olivier Schrameck, le chef du cabinet du Premier ministre, inspirateur des accords de renoncements, ratifiés par Jospin, qui pousseront le ministre de l’Intérieur à la démission. Ce dernier livre dans ses ouvrages sa vérité sur ce dossier. Nous recommandons ainsi tout particulièrement deux lectures aux positions totalement opposées sur la gestion du dossier Corse: « Matignon Rive gauche 1997-2001″ (au Seuil octobre 2001) par O.Schrameck et « Défis républicains par Jean-Pierre Chevènement ( chez fayard, 2004);
Ces lectures offrent un complément substantiel pour une analyse factuelle par delà l’émotion générée par ce film recommandé d’une qualité esthétique et pédagogique certaine .
Xavier DUMOULIN

Djam de Tony Gatlif : Une surprise avec la saisissante Daphné Patakia, dans un film entre genre rebelle et odyssée musicale au son du Rebetiko

Créé par le 12 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Affiche du film à l’écran Djam affiche
Faut-il considérer comme Thomas Sotinel, dans sa critique du Monde du 9 août, qu’il manque « une charpente plus solide » au fragile scénario dans cette feuille de route  du film de Gatlif sortie mercredi dernier sur les écrans?
Djam vit sur l’île de Lesbos, avec Kakourgos, son oncle, restaurateur en proie aux banquiers grecs. Ne voulant pas quitter son établissement par peur des huissiers, il envoie Djam en Turquie, réparer la bielle de son bateau immobilisé par cette panne de moteur. Dans son périple, l’éblouissante jeune fille découvre Avril, jeune Française  partie pour travailler dans un centre de santé et soigner les migrants mais dépossédée de ses papiers d’identités et sans argent. Djam la prend sous sa protection.  Les deux femmes cheminent ensemble sur la route de la Grèce, à pieds, alternant scènes d’amitiés et  excès de colère dans une fraicheur spontanée décomplexée mais pudique…
« Le trait s’épure avec Djam, road movie – film routier -  aussi simple que son titre — prénom d’une jeune Grecque qui sourit à la vie, et parfois fait la grimace. Elle est un peu folle, Djam. Elle chante et danse ; elle se braque, toujours trop intense. Elle ressemble au passionné Gatlif, qui ne la quitte pas des yeux. »
Dans sa critique pour Télérama du 9 août, Frédéric Strauss est saisi par le dernier Gatlif et ce voyage de l’île de Lesbos à Istanbul. Les jeunes filles mettent leurs pas dans ceux des migrants, croisant des vies brisées par la crise. Sur fond de musique Rebetiko.
Une musique évoquée si joliment par le réalisateur : «Je l’ai découverte en 1983, quand je suis allé présenter mon film Les Princes en Turquie. Ça a été un choc parce que j’y ai retrouvé la même rage que dans le flamenco et le blues. C’est une musique née dans la communauté grecque de Turquie, quand les Grecs furent chassés, en 1922. Une musique de révoltés contre l’ordre imposé… et je l’ai retrouvée à Athènes, dans un cabaret du marché de Plaka. Les clients connaissaient tous les morceaux et chantaient avec les musiciens. Depuis, après le flamenco et la musique arabe, cela faisait partie de mes plans d’aborder le rebetiko.»
Cette musique, en complète adéquation avec le rythme du scénario, accompagne l’imaginaire poétique des deux héroïnes dans une esthétique ravageuse et sauvage en symbiose avec les éléments dans un décor de terrains vagues et de routes défoncées à l’instar de ces paysages qui portent les stigmates d’une violence passée et présente. La chaleur humaine des sentiments se marie à l’esthétique des danses de leurs corps dénudés et chasse cette hostilité qui accable pourtant les jeunes filles dans des épisodes de désespérance et de colère.
Comme dans la scène finale des retrouvailles de Djam avec son vieux loup de mer d’oncle, Kakourgos, victime de ses bourreaux de créanciers qui saisissent le mobilier de son restaurant quand Djam lui rapporte comme un trophée, cette bielle réparée et transportée depuis Istambul telle un saint Graal. Dans un jaillissement de bonheur retrouvé, le famille et les proches s’évadent de ce monde calamiteux d’exaspération pour respirer l’air marin dans un impossible exil…
Une sorte d’exorcisme ou de catharsis grâce au miracle du rêve et de la rage de vivre coûte que coûte! Plus forte que les violences faites aux migrants de l’Orient et au peuple grec, dans un mirage aussi éblouissant que la beauté de Djam, cette allégorie de notre présent mondialisé  sans avenir et figure d’espoir pour toutes ces révoltes partagées dans nos cœurs solidaires en rage.
Xavier et Michèle DUMOULINImage de prévisualisation YouTube
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Bella Ciao

Créé par le 05 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, Vive le blog citoyen

Bella Ciao

« Et voilà qu’à mon tour, je sacrifie à la mode de l’egocentrisme. Je ne vaux pas mieux que mes congénères, pire, je suis peut-être pire qu’eux puisque j’entreprends d’écrire sur moi, sur Max, enfin sur nous, sur notre désarroi. Je ne me pose pas la question de savoir si l’épreuve que nous traversons mérite d’intéresser quiconque. Écrire m’apparaît comme le seul moyen de résister, résister à ma manière, non pas à l’invasion des Allemands, mais à la maladie de l’homme que j’aime, un homme qui n’est plus celui que j’ai aimé. Moi non plus, je ne suis plus celle qu’il a aimée. J’ai pris conscience, il y a bien longtemps, qu’il existait plusieurs versions de soi-même. » 

Le rapport à la maladie de Parkinson, la vie de couple perturbée dans une relation d’amour qui n’endigue pas l’épuisement, générant parfois la colère, sont évoqués dans une totale sincérité et laissent place à l’interrogation sur la nature humaine.

Dès les premières pages de son récit de vie avec Max, Marielle soulève la question de la dualité de l’être – « il existe plusieurs versions de soi-même » qui peuvent être « concomitantes » – dans « une multiplicité de temps individuels, superposés mais discordants ». Tout est rassemblé en quelques phrases. Mais au fond cette problématique n’est elle pas beaucoup plus large?

La maladie exacerbe à l’évidence ce difficile rapport à l’Autre. Elle ne saurait résumer les contradictions de l’existence. Marielle évoque sa vie compliquée avec ses trois enfants issus de trois pères, constat d’une vraie difficulté dans la vie de couple. Avec cette situation rocambolesque des retrouvailles des époux Gallo dans la garçonnière de Max pour s’adonner aux jeux de l’amour, loin des risques de promiscuité avec leurs enfants respectifs qui pourraient faire irruption dans la chambre d’amour quand Julien, le fils de Max déjà trentenaire au moment de l’écriture du roman, avait fait élection de domicile chez son père, Max refusant la recomposition parentale sous un même toit.

Ses moments de tendres complicités, Marielle en parle avec pudeur et drôlerie évoquant  quand même ses tenues affriolantes et ses talons aiguilles avec sa garde robe, précieusement rangés dans leur nid d’amour. Lire la suite »

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