a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Articles archivés

Djam de Tony Gatlif : Une surprise avec la saisissante Daphné Patakia, dans un film entre genre rebelle et odyssée musicale au son du Rebetiko

Créé par le 12 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Affiche du film à l’écran Djam affiche
Faut-il considérer comme Thomas Sotinel, dans sa critique du Monde du 9 août, qu’il manque « une charpente plus solide » au fragile scénario dans cette feuille de route  du film de Gatlif sortie mercredi dernier sur les écrans?
Djam vit sur l’île de Lesbos, avec Kakourgos, son oncle, restaurateur en proie aux banquiers grecs. Ne voulant pas quitter son établissement par peur des huissiers, il envoie Djam en Turquie, réparer la bielle de son bateau immobilisé par cette panne de moteur. Dans son périple, l’éblouissante jeune fille découvre Avril, jeune Française  partie pour travailler dans un centre de santé et soigner les migrants mais dépossédée de ses papiers d’identités et sans argent. Djam la prend sous sa protection.  Les deux femmes cheminent ensemble sur la route de la Grèce, à pieds, alternant scènes d’amitiés et  excès de colère dans une fraicheur spontanée décomplexée mais pudique…
« Le trait s’épure avec Djam, road movie – film routier -  aussi simple que son titre — prénom d’une jeune Grecque qui sourit à la vie, et parfois fait la grimace. Elle est un peu folle, Djam. Elle chante et danse ; elle se braque, toujours trop intense. Elle ressemble au passionné Gatlif, qui ne la quitte pas des yeux. »
Dans sa critique pour Télérama du 9 août, Frédéric Strauss est saisi par le dernier Gatlif et ce voyage de l’île de Lesbos à Istanbul. Les jeunes filles mettent leurs pas dans ceux des migrants, croisant des vies brisées par la crise. Sur fond de musique Rebetiko.
Une musique évoquée si joliment par le réalisateur : «Je l’ai découverte en 1983, quand je suis allé présenter mon film Les Princes en Turquie. Ça a été un choc parce que j’y ai retrouvé la même rage que dans le flamenco et le blues. C’est une musique née dans la communauté grecque de Turquie, quand les Grecs furent chassés, en 1922. Une musique de révoltés contre l’ordre imposé… et je l’ai retrouvée à Athènes, dans un cabaret du marché de Plaka. Les clients connaissaient tous les morceaux et chantaient avec les musiciens. Depuis, après le flamenco et la musique arabe, cela faisait partie de mes plans d’aborder le rebetiko.»
Cette musique, en complète adéquation avec le rythme du scénario, accompagne l’imaginaire poétique des deux héroïnes dans une esthétique ravageuse et sauvage en symbiose avec les éléments dans un décor de terrains vagues et de routes défoncées à l’instar de ces paysages qui portent les stigmates d’une violence passée et présente. La chaleur humaine des sentiments se marie à l’esthétique des danses de leurs corps dénudés et chasse cette hostilité qui accable pourtant les jeunes filles dans des épisodes de désespérance et de colère.
Comme dans la scène finale des retrouvailles de Djam avec son vieux loup de mer d’oncle, Kakourgos, victime de ses bourreaux de créanciers qui saisissent le mobilier de son restaurant quand Djam lui rapporte comme un trophée, cette bielle réparée et transportée depuis Istambul telle un saint Graal. Dans un jaillissement de bonheur retrouvé, le famille et les proches s’évadent de ce monde calamiteux d’exaspération pour respirer l’air marin dans un impossible exil…
Une sorte d’exorcisme ou de catharsis grâce au miracle du rêve et de la rage de vivre coûte que coûte! Plus forte que les violences faites aux migrants de l’Orient et au peuple grec, dans un mirage aussi éblouissant que la beauté de Djam, cette allégorie de notre présent mondialisé  sans avenir et figure d’espoir pour toutes ces révoltes partagées dans nos cœurs solidaires en rage.
Xavier et Michèle DUMOULINImage de prévisualisation YouTube
Image de prévisualisation YouTube

Bella Ciao

Créé par le 05 août 2017 | Dans : a-articles privés accès autorisés, a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Voir aussi Actes du colloque de la Fondation Res Publica : « Max Gallo, la fierté d’être français »

Les actes du colloque du 21 novembre 2017 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

lBella Ciao

« Et voilà qu’à mon tour, je sacrifie à la mode de l’egocentrisme. Je ne vaux pas mieux que mes congénères, pire, je suis peut-être pire qu’eux puisque j’entreprends d’écrire sur moi, sur Max, enfin sur nous, sur notre désarroi. Je ne me pose pas la question de savoir si l’épreuve que nous traversons mérite d’intéresser quiconque. Écrire m’apparaît comme le seul moyen de résister, résister à ma manière, non pas à l’invasion des Allemands, mais à la maladie de l’homme que j’aime, un homme qui n’est plus celui que j’ai aimé. Moi non plus, je ne suis plus celle qu’il a aimée. J’ai pris conscience, il y a bien longtemps, qu’il existait plusieurs versions de soi-même. » 

Le rapport à la maladie de Parkinson, la vie de couple perturbée dans une relation d’amour qui n’endigue pas l’épuisement, générant parfois la colère, sont évoqués dans une totale sincérité et laissent place à l’interrogation sur la nature humaine.

Dès les premières pages de son récit de vie avec Max, Marielle soulève la question de la dualité de l’être – « il existe plusieurs versions de soi-même » qui peuvent être « concomitantes » – dans « une multiplicité de temps individuels, superposés mais discordants ». Tout est rassemblé en quelques phrases. Mais au fond cette problématique n’est elle pas beaucoup plus large?

La maladie exacerbe à l’évidence ce difficile rapport à l’Autre. Elle ne saurait résumer les contradictions de l’existence. Marielle évoque sa vie compliquée avec ses trois enfants issus de trois pères, constat d’une vraie difficulté dans la vie de couple. Avec cette situation rocambolesque des retrouvailles des époux Gallo dans la garçonnière de Max pour s’adonner aux jeux de l’amour, loin des risques de promiscuité avec leurs enfants respectifs qui pourraient faire irruption dans la chambre d’amour quand Julien, le fils de Max déjà trentenaire au moment de l’écriture du roman, avait fait élection de domicile chez son père, Max refusant la recomposition parentale sous un même toit.

Ses moments de tendres complicités, Marielle en parle avec pudeur et drôlerie évoquant  quand même ses tenues affriolantes et ses talons aiguilles avec sa garde robe, précieusement rangés dans leur nid d’amour. Lire la suite »

De l’écriture de l’histoire à l’accomplissement d’une oeuvre : hommage au citoyen et à l’intellectuel Max Gallo

Créé par le 22 juil 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Bien des années sont passées depuis son pamphlet à l’adresse des nouveaux muscadins (1). Max Gallo donnait alors sa voix pour s’insurger contre le révisionnisme en marche visant à liquider l’historiographie de la grande révolution française dans sa lettre ouverte à Maximilien Robespierre. Nous sommes à la veille de la commémoration du bicentenaire et depuis les années 70 le spectre du totalitarisme sert d’épouvantail et voudrait justifier l’assimilation de la révolution au Goulag. La liquidation d’une certaine vision du monde accompagne la chute de l’idée de progrès à la racine d’une perspective d’émancipation humaine. Précurseur, l’écrivain anticipait l’effondrement d’une pensée progressiste dans le basculement d’un monde. Ce faisant notre historien de la geste révolutionnaire ( Jules Vallès; Rosa Luxembourg; Le grand Jaurès…) savait entourer de critiques sévères ceux là même dont il faisait l’apologie de la pensée et de l’action à l’instar de « Robespierre: histoire d’une solitude ».

Cet intellectuel en politique – dont le premier diplôme fut celui de mécanicien ajusteur – trouva d’abord dans ses origines ouvrières et italiennes – son épouse, Marielle parle de son « italité » culturelle et comportementale – la capacité de propulsion dans le récit historique. De l’Italie mussolinienne, d’où n’est plus sa famille émigrée à Nice, à la fascination pour Napoléon dont il fut le énième biographe, quel fil conducteur trouver dans un parcours littéraire jalonné d’œuvres romanesques et de récits biographiques? Sans doute cet écrivain prolifique dont on connaissait les habitudes dans une stricte discipline d’écritures matinales, voulait-il ranimer l’âme de ses héros depuis la fenêtre du bureau de son immeuble donnant sur le Panthéon ou bien épouser l’épopée d’un peuple avec ses légendes et ses grands hommes au cœur de ses romans historiques à grand tirage dans la lignée de ses premiers succès littéraires. Entre le génie militaire de Bonaparte et la sensibilité d’un Victor Hugo, quoi de commun sinon cette farouche volonté de s’ancrer dans la réalité d’une histoire nationale qui de 93 à la réaction thermidorienne, au consulat puis à l’Empire donne place à ce récit national populaire. Lire la suite »

En pleine vague sondagière favorable, Macron s’échoue dans une mauvaise blague !

Créé par le 03 juin 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Notre communiquant surdoué qui trouve un puissant levier dans la marche en avant de son mouvement vers la conquête de l’Assemblée nationale,  à quelques jours de l’élection, aurait été mieux inspiré à plus de retenue dans des propos récents très décalés.

Lors d’une visite au Centre régional de surveillance et de sauvetage atlantique (Cross) d’Etel (Morbihan), un officiel évoque différents types d’embarcations: «Il y a des tapouilles et des kwassa-kwassa». «Ah non, c’est à Mayotte le kwassa-kwassa», relève alors Emmanuel Macron. «Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent», plaisante-t-il. Après un bref silence, il ajoute: «Les tapouilles, c’est les crevettiers».

Une vidéo diffusée vendredi soir sur TMC témoigne du propos. De fait, les kwassa-kwassa sont régulièrement utilisées par des migrants de l’archipel indépendant des Comores pour gagner Mayotte, sur ces frêles embarcations sources de décès suite à des naufrages.

Sans tomber dans un jugement moral étroit, cette petite phrase empreinte d’indécence trahit un manque certain de tact humain! Elle fait chavirer l’image présidentielle en  eau trouble et suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Xavier DUMOULIN

Si Sarkozy président avait prononcé cette phrase face caméra, le tollé aurait été gigantesque. « du » comorien. 12 000 morts. Et là… insensé https://twitter.com/le_Parisien/status/870899454265753600 …

 

Au cinéma à l’affiche « Monsieur et madame Adelman » : chronique de la vie conjugale

Créé par le 12 mar 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

 

Nicolas Bedos dans « Monsieur et madame Adelman ».

Le premier film de Nicolas Bedos serait gâché par « la grandiloquence et les clichés en série » selon Jacques Mandelbaum, dans son papier pour le monde du 7 mars dernier qui titre « Monsieur et madame Adelman » : chronique désinvolte de la vie conjugale.
« Après l’enterrement de son mari, la femme d’un écrivain célèbre fait à un journaliste la longue confession de leur vie commune. S’ensuit un long flash back qui ouvre les opérations en 1971, nouant sous le signe de la beuverie d’une nuit la rencontre improbable du jeune dandy pressé d’arriver et de l’étudiante en lettres sérieuse. »

L’avis du « Monde : «  On peut éviter », présente cette chronique, à ses yeux trop désinvolte, de la vie conjugale qui se déclinerait dès lors « en mobilisant laborieusement des paquets de clichés, sur les époques traversées (sociologie cosmétique), sur l’art et la manière de faire un film (sorte de « digest » mal assimilé), sur la voix off (« J’ai adoré cette décennie »), sur l’humour juif (parlé avec l’accent allemand), in fine sur le couple lui-même (dépourvu de la moindre vérité). »

Le critique reproche au fils de l’humoriste de gâcher la matière, « le thème de l’imposture qui court tout au long du film », par « la grandiloquence et le mauvais théâtre qui animerait ce type de cinéma » parlant même  « d’un ratage spectaculaire »!

Le sujet du film atteint pourtant son ambition! Avec ce récit de quarante cinq ans de vie conjugale de deux amoureux de littérature qui écrivent à deux plumes les succès de monsieur Adelman et qui met à nu le tragique enchevêtrement de ces destins croisés pour le meilleur et pour le pire dans des rôles de composition interprétés par le réalisateur lui-même, Bedos, monsieur Adelman et sa compagne,  Sarah, par Dora Tillier.

Loin du jugement hâtif et sans appel du chroniqueur du Monde, nous avons goûté avec jubilation ces séquences de flash-back réinterprétant réussites et échecs dans ces tranches de vies en commençant par cette drôlerie du fiasco total de leurs premiers ébats ou de l’entrée ratée de Sarah dans la famille de Richemond. Sans doute, les poncifs vont ils bon train dans cette histoire qui s’emballe. Autour de la façon d’être de la famille de Richemond campée dans ses préjugés de classe! Et dans cette distinction de façade qui ne résiste pas à la triviale réalité de ces figures aristocrates pathologiques déstabilisées par le monde comme il va dans la France devenue mitterrandienne… Sans oublier le pathétique écroulement du couple désintégré par la débilité d’une expérience parentale vécue comme un échec.

Pourtant le génie d’écrivain sauve tout!  L’histoire du lauréat du prix Goncourt, monsieur Adelman, sous le nom d’emprunt de son épouse, salué à ses obsèques par le ministre de la Culture, doit tout à sa femme Sarah.

Ce récit sur  les secrets de la vie conjugale se lit ainsi à livre ouvert dans un film débordant d’amour (vache) qui emporte dans ses lignes un couple épris d’écriture. Avec cette passion de l’art jusqu’à en travestir les destins d’un homme et d’une femme dans l’ombre et la lumière respective de l’Autre…

Xavier et Michèle

N.B : Film français de Nicolas Bedos. Avec Nicolas Bedos, Dora Tillier, Denis Podalydès. (2h00). Sur le web : www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/monsieur-madame-adelman/

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/03/07/monsieur-et-madame-adelman-chronique-desinvolte-de-la-vie-conjugale_5090426_3476.html#diD5pjZj5ZHJtB08.99

12345...37

Nouveau regard, nouvelle Ec... |
democratia |
Mers El-Kébir Franc-Tireur |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les emprunts russes
| mouvement de soutien "waaxu...
| HYPERDEMOCRACY