a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

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Derrière l’affiche, l’ombre du programme…

Créé par le 21 nov 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Les électeurs de la primaire de la droite ont définitivement réglé leur compte avec Sarkosy qui a parfaitement réussi sa dernière sortie dans la brutale surprise de la vindicte électorale.

La pugnacité de François Fillon a donné des gages aux électeurs de la droite qui se sont très largement mobilisés en faveur d’un renouveau apparent de la vie politique.

La qualification d’un Juppé pour le second tour se fait dans un surprenant déplacement des scores annoncés. Les deux anciens premiers ministres aux prises cette semaine vont offrir une joute électorale révélatrice des contradictions de la droite par delà l’image des deux rivaux.

L’un, septuagénaire et forgé dans le sillage de Chirac, avait retrouvé une certaine crédibilité faisant presque oublier son échec à Matignon à l’origine du profond conflit social de 1995 et de la dissolution de l’assemblée nationale en 1997 avant l’accession de la gauche plurielle au gouvernement…L’autre, plus jeune, prône une alternative musclée. avec des propositions économiques qui traduisent la nature très libérale du programme de l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkosy.

Sur le plan strictement sociétal, François Fillon, soutenu par Sens Commun, l’émanation politique du mouvement de la Manif pour tous au sein du parti Les Républicains, se montre très conservateur. Le débat autour des questions sociétales pourrait ainsi constituer la clé du résultat final.

François Fillon préconise par ailleurs le retour aux 39 heures dans la fonction publique, et le recul de l’âge de la retraite à 65 ans avec un alignement des régimes du public et du privé. Un vrai retournement chez cet ancien gaulliste social, seguiniste repenti, devenu thatchériste!

Pour créer un « choc de compétitivité », l’ancien Premier ministre s’engage sur un programme de 100 milliards d’euros d’économies en cinq ans sur les dépenses publiques. Il propose l’augmentation de 3,5 points du taux normal de TVA contre une baisse de 40 milliards de baisses des cotisations des entreprises et 10 milliards d’allégements sociaux et fiscaux pour les ménages.

La révolution conservatrice est bien à l’ordre du jour avec ces primaires de la droite dont l’issue ne laisse plus guère de doute. Avec la perspective d’une poussée lepéniste en arrière plan…

Cela confère à présent quelques responsabilités majeures à cette gauche éclatée et frileuse qui doute même à voix haute de sa présence au second tour de la présidentielle.

Xavier DUMOULIN

Dans le même temps de réactions s’indignant du résultat des élections américaines, Bernie Sanders se dit prêt à travailler avec Donald Trump pour « améliorer la vie des travailleurs »

Créé par le 10 nov 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Mais «s’il entend mener des politiques racistes, sexistes, xénophobes et contre l’environnement, nous nous opposerons vigoureusement à lui», a cependant averti le sénateur socialiste … car Bernie Sanders se dit prêt à travailler avec Donald Trump  à la seule condition qu’il compte vraiment « améliorer la vie des travailleurs ».

«Donald Trump a exploité la colère d’une classe moyenne en déclin qui n’en peut plus de l’establishment économique, de l’establishment politique et de l’establishment des médias» affirme ce candidat des primaires qui avait appelé à une révolution politique et crée la surprise en mobilisant fortement la jeunesse américaine.(1)

«Si Donald Trump entend vraiment mener des politiques visant à améliorer les vies des familles de travailleurs dans ce pays, moi ainsi que d’autre progressistes sommes prêts à travailler avec lui», a souligné le sénateur indépendant dans des propos équilibrés qui prennent au mot le prochain président.

«Les gens en ont marre de travailler plus pour gagner moins, de voir des emplois honorables partir en Chine et d’autres pays aux bas salaires, que les milliardaires ne payent pas leurs impôts fédéraux et de ne pas pouvoir payer l’éducation supérieure de leurs enfants, tout ça pour que les très riches deviennent encore plus riches», écrit-il. «Donald Trump a exploité la colère d’une classe moyenne en déclin qui n’en peut plus de l’establishment économique, de l’establishment politique et de l’establishment des médias», a indiqué Bernie Sanders dans un communiqué, au lendemain de la victoire de Trump..

A gauche, en France, Jean-Luc Mélenchon a le regretté l’absence du candidat démocrate face à Donald Trump. « Sanders aurait gagné. Les primaires ont fonctionné comme une machine à museler l’énergie populaire »… « Maintenant, vite descendre du train fou atlantiste », estime le candidat à la présidentielle de 2017.

Un avis partagé par  Aurélie Filippetti, soutien du candidat à la primaire de gauche Arnaud Montebourg. Elle estime que « la gauche américaine aurait dû être fidèle à Bernie Sanders plutôt qu’à Clinton, c’est sans doute lui qui avait raison, cette gauche-là doit revenir sur le devant de la scène ».

Sur les réseaux sociaux, la question « Et si Bernie Sanders avait été choisi, aurait-il pu gagner face à Donald Trump ? », s’interrogent des internautes. Selon des observateurs qualifiés, plusieurs médias ont également expliqué que Bernie Sanders aurait été un meilleur « challenger » et aurait probablement pu remporter l’élection.

Pour Jean-Pierre Chevènement, « la victoire de Donald Trump est à coup sûr une défaite de l’establishment. Venant après le Brexit, elle est une nouvelle pierre jetée dans le jardin de la globalisation néolibérale.

Elle devrait aussi inciter les Européens à penser l’avenir d’une Europe européenne, de l’Atlantique à la Russie, capable de se déterminer par elle-même, alliée des Etats-Unis mais non alignée sur eux.   »

Xavier DUMOULIN

(1) « Avocat tenace d’une «révolution politique», dénonçant le pouvoir de la finance et des élites, Bernie Sanders avait crée la surprise lors des primaires démocrates, compliquant pendant de longs mois la nomination de sa rivale Hillary Clinton. Il avait surtout été plébiscité par les jeunes, recueillant jusqu’à 80% de leurs voix dans certains Etats, en plaidant notamment pour une université publique gratuite et une assurance maladie universelle » (Cf 20 Minutes http://www.20minutes.fr/monde/1959227-20161110-etats-unis-bernie-sanders-pret-travailler-donald-trump-ameliorer-vie-travailleurs)

 

RÉPARER LES VIVANTS Bande Annonce (2016)

Créé par le 01 nov 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, Vive le blog citoyen

http://www.dailymotion.com/video/x4p1rgi

Le scénario du film de Katell Quillévéré traite d’un don exceptionnel et particulièrement élevé, celui des organes humains sur donneur mort, en l’espèce, du cœur, en retraçant ces parcours et tranches de vie des protagonistes en prise à la mort, pour les uns, et à une nouvelle vie pour le receveur et ses proches.

Simon, adolescent plein d’entrain, laisse sa petite amie en plein sommeil nocturne, pour rejoindre ses copains surfeurs et prendre la direction de la mer, près du Havre. Après une séquence éblouissante de glisses sur les vagues, les trois amis s’en retournent en co-voiturage au petit matin. Sur la route, une catastrophe accidentelle provoque un traumatisme crânien au seul passager non attaché. Simon transporté à l’hôpital est très vite déclaré en état de mort cérébrale. Commence alors la longue et tragique annonce auprès de parents séparés et totalement désemparés face au drame. Le temps de l’acceptation du don d’organe vient rapidement succéder au mouvement de désarroi et de révolte. La recherche d’une volonté supposée de la part de leur fils conduit ces parents, Marianne et Vincent, à accepter ce prélèvement dans une démarche psychologique difficile mais courageuse.

Puis nous pénétrons soudainement dans la vie de Claire, musicienne, mère de deux garçons et malade du cœur. Condamnée à court terme, sa cardiologue la convainc de la nécessité d’accepter de s’inscrire pour recevoir un cœur en vue d’une éventuelle transplantation.

La séquence autour du prélèvement, avec des équipes médicales et soignantes fortement motivées par leur art dans une technicité à la hauteur de ce défi humain, nous plonge dans un univers extraordinaire pour le commun des mortels… Depuis cette qualité psychologique du coordonnateur dans son dialogue avec les parents en passant par l’agence de biomédecine qui régule les activités autour des prélèvements et des transplantations pour nous conduire ensuite dans les blocs opératoires. Celui de l’hôpital du Havre, d’où s’organise le prélèvement jusqu’à celui de la Pitié-Salpêtrière dans lequel nous vivons avec émotion la transplantation de cet organe vital en partageant cette psychologie ambiante d’une équipe solidaire et rigoureuse au professionnalisme très développé.

Dans l’alternance de scènes d’émotions et d’art professionnel, le scénario parfois dur, nous révèle la face encore trop méconnue de la transplantation d’organe. Tout le génie du film se situe dans ce mariage entre drame et espérance, issue fatale et rédemption, au travers d’une mise en scène réaliste et sentimentale d’une épreuve partagée par ces hérauts d’une chaîne de solidarité. Au-delà du documentaire sur cette question sociétale dans une conjoncture de manque tragique d’organes disponibles pour de potentiels receveurs, ce film porte en lui un message d’espérance. Il touche le cœur d’un public mieux informé sur les enjeux de santé publique des dons et prélèvements d’organes.

Dans ces chaînes de générations, celle du jeune Simon à celle de Claire, cette mère de famille de grands adolescents,  et  ces expressions d’amour et de solidarité dans ce don du cœur, le scénario mélange avec bonheur quête anthropologique et expression sublime de l’humain, irréductible à cette image galvaudée du consommateur d’une société de marché.

Xavier DUMOULIN

 

A lire : Anne Revah-Levy Laurence Verneuil « Docteur, écoutez ! »

Créé par le 29 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Le livre d’Anne Revah-Levy, pédopsychiatre et de Laurence Verneuil, dermatologue et oncologue, arrive à point dans ce paysage hospitalier en proie à la déshumanisation. Véritable paradoxe des temps modernes, on n’aura jamais autant parlé de l’expertise de l’usager et de la nécessité de son écoute attentive quand de nombreux facteurs brouillent cette légitime exigence. Les contraintes ressenties, la culture du chiffre et peut être aussi l’habitus médical expliquent sans doute cette méprise. Car l’écoute de l’usager constitue bien une question essentielle. Qui connaît mieux que la personne malade les signes de sa pathologie et ses capacités de résilience, son intérêt pour se soigner d’une manière adaptée à son cadre de vie, à ses priorités, à son équilibre de vie?
Pourtant il n’est pas toujours simple de faire entendre sa voix le temps d’une consultation qui fait suite à des examens techniques ou cliniques. Le manque d’empathie ou la précipitation accentue cette asymétrie de relation entre le médecin et « son malade ». Une attente profonde se fait jour depuis l’expérience de mouvements et d’associations qui ont su s’emparer de cette question pour transformer la relation et la place du patient, notamment dans le cadre du traitement des maladies chroniques. Les commissions des usagers peuvent relayer les initiatives en ce sens pour promouvoir l’écoute de l’usager. Lequel doit aussi faire entendre sa voix dans la définition d’une stratégie thérapeutique efficace, efficiente et respectueuse de la personne dont le consentement aux soins doit être libre et éclairé.
Xavier Dumoulin
Docteur, écoutez !
 
23 secondes : c’est en moyenne le temps de parole du patient avant que le médecin ne l’interrompe pour diriger l’entretien.
Les médecins se plaignent d’être débordés par les contraintes et le manque de temps, et les patients de ne pas être écoutés. Pourtant, l’écoute est essentielle : elle est l’unité élémentaire du soin, elle détermine l’établissement du diagnostic, la qualité du suivi et l’efficacité du traitement.
 
En s’appuyant sur de nombreux exemples, Anne Révah-Lévy et Laurence Verneuil, professeurs de médecine et chefs de service hospitalier, dressent un tableau implacable du quotidien de l’hôpital. Elles démontrent les bénéfices de l’écoute pour le patient… mais aussi pour les médecins. Elles invitent les premiers à insister pour se faire entendre, donnent des pistes aux seconds pour écouter, exhortent les facultés à mieux former les médecins, et les politiques à entendre les deux camps… Afin de réhumaniser la médecine de demain et de soigner le système de soin. Cela ne coûte pas cher et tout le monde s’en portera mieux.

Anne Revah-Levy est pédopsychiatre, Professeur de pédopsychiatrie et chef de service à l’Hôpital d’Argenteuil. Attachée à une unité de recherche à l’hôpital Saint-Louis, elle fait de la recherche qualitative sur les expériences des patients. Elle a publié plusieurs romans au Mercure de France.

Laurence Verneuil est dermatologue et oncologue, Professeur de dermato-vénérologie et chef de service au CHU de Caen. Elle fait de la recherche fondamentale à l’Hôpital Saint-Louis. Parallèlement, elle s’intéresse aux approches complémentaires du soin, l’approche holistique du patient.

Au ciné à l’affiche : Le « Mal de pierres » d’une jeune provençale des années cinquante étouffée par son milieu et consumée par sa folie amoureuse…

Créé par le 26 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Mal de Pierres - la critique du filmSortie en salle le 19 octobre dernier, ce film met aux prises l’héroïne, jeune fille en mal d’amour, avec sa famille, ses amants et ses aventures fantasmées, et José (Àlex Brendemühl), travailleur agricole réfugié de la guerre d’Espagne, employé dans l’exploitation familiale, auquel elle sera mariée contre son gré.
La jeune femme, Gabrielle, sous les traits de Marion Cotillard, rêve d’un amour impossible avec son professeur de français qui ne répondra pas à ses avances et la désespère jusqu’à la folie. On la voit lécher amoureusement le nom de ce professeur sur la page de ce  livre du philosophe Alain « Propos sur le bonheur », prêté par l’homme de lettres.
Cette quête frénétique de bonheur se poursuivra durant tout le scénario qui plante le décor d’une passion dévorante entre l’amante malade et  frustrée, croyant découvrir pendant sa cure thermale, l’amour avec un soldat de retour d’Indochine. Elle  vit au plus profond d’elle même une passion pour cet amant fantasmé, par ailleurs musicien, qui excite en elle un vrai déchaînement de sentiments et d’extases charnelles…
En cours de guérison de ses calculs rénaux, Gabrielle devient mère d’un garçon qu’elle imagine le fruit de son amour premier.  Son fils, grandit dans le giron familial et devient un élève virtuose de piano. Rattrapée par son passé, Gabrielle s’échappe au décours d’un voyage familial à Lyon pour retrouver son amant qui n’a jamais daigné répondre à ses centaines de lettres amoureuses. Pendant son escapade son fils accompagné de son mari, José, présente le concours de musique, à l’origine du voyage, dont il remportera le second prix quand elle retourne désespérée auprès d’eux. Elle vient d’apprendre l’issue fatale de la maladie de son amant qui n’aura en fait jamais pu lire ses courriers. Cette révélation accompagne un renversement de psychologie à l’égard de José, cet homme qui fut en réalité, dans sa vraie vie, le seul véritable amant de cette jeune femme en mal de vivre…
Une sensualité débridée trouve à s’exprimer dans un contraste détonnant d’avec cette ambiance familiale très dure, reflet des mœurs   paysannes de la Provence du milieu du siècle dernier. La réussite cinématographique tient dans le double jeu de ce couple renversant qui se métamorphose en s’accomplissant dans la surgissement d’un passé exorcisé par le retour à la raison d’une épouse exaltée, étonnée et presque surprise par l’amour qui fait retour…Un vrai roman social au travers de ce film de Nicole Garcia, « cinéaste à l’ancienne ».
Xavier Dumoulin
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