a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

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Cuadrilla, quadras et quadrature du cercle : d’une arène à l’autre …

Créé par le 22 juil 2007 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin

Ma ville est en fête. Mont de Marsan, grande place taurine du Sud-Ouest, connue pour la qualité de ses férias, accueille pendant une semaine les festayres dansant au rythme des bandas sous les bodegas qui ne désemplissent jamais, jusqu’au petit matin. Dans le corral, les « toros » attendent le combat ultime. Ici on a l’aficion et le premier magistrat, Philippe Labeyrie, lancera tout à l’heure, du haut de la tribune des arènes, les clefs de sa ville à l’alguazil, devenu maître de la Plaza, le temps du combat. Alors, ici, on se prépare. Et on commentera pendant ces fêtes la qualité des « toros » et de la cuadrilla de la corrida du jour en espérant de belles faenas avant l’estocade finale. On peut bien sûr ne pas aimer ce spectacle poignant, mais c’est encore une autre histoire que celle des suertes et autres jeux d’arènes venus d’Espagne… histoire que l’on doit en partie, en France, il y a de cela quelques temps,  à l’engouement de l’impératrice Eugénie de Montijo. On en revient toujours à Napoléon le petit  dont l’évocation me permet - de façon tout à fait inélégante mais  commode –  de passer du coq à l’âne : du néo-bonapartisme à ses détracteurs, des taureaux de combat aux jeunes lions et aux cuadrillas de quadras et quinquas socialistes qui tiennent le haut du pavé médiatique en ce moment.

Belle cuadrilla ces Boutil, Gorce, Hamon, Montebourg et autres Vals  en mal de célébrité, grandis pourtant dans les écuries, entrés dans la carrière quand leurs aînés  y étaient encore tous, ces aînés qui désertent aujourd’hui la place comme pour éviter la lidia sous la bronca de la base militante et sympathisante. Ceux-là aussi ne veulent  pas donner dans les jeux d’arènes et proclament haut et fort leur volonté de rompre avec les luttes de clans dans un parti en butte aux ambitions personnelles. La jeune garde du PS veut boucler le cycle d’Epinay. C’est la quadrature du cercle. « Nous souffrons d’un problème d’enfermement. L’appareil est trop tourné vers lui-même », a affirmé Montebourg, qui souhaite « la fin du nombrilisme » au PS. « Il faut peut-être tourner la page de l’organisation d’Épinay », ajoute le député de Saône-et-Loire, en souhaitant que le parti redevienne « une grande organisation politique capable de proposer un projet en accord avec les attentes de la société ». L’ancien porte-parole de Ségolène Royal a rendu hommage à la présidente de la région Poitou-Charentes « qui a fait faire des pas de géant au projet du PS », notamment sur les institutions et l’autorité républicaine. Pour sa part Gaetan Gorce entend aussi rénover de fond en comble. « Nous voulons sortir du langage gestionnaire pour aborder les sujets de manière transversale. Le monde change, pourquoi la gauche ne changerait-elle pas ? Les socialistes sont toujours dans l’hésitation et le compromis, il nous faut regarder la société en face. Dans sa campagne, Ségolène Royal a été dans l’intuition et la réflexion sur de nouveaux sujets de société qui étaient jusqu’alors les thèmes de prédilection de la droite. Il nous faut désormais aller au-delà. Et, cela ne veut pas dire « droitiser » le parti, au contraire, je crois que l’avenir du PS se joue à gauche. »

Seront-ils vraiment les leviers de cette rénovation bien différente d’une simple affaire générationnelle ? On peut craindre pour eux quelques bandérilles et autres estocades dans ces arènes tumultueuses et on leur souhaite beaucoup de bravoure dans leur combat. Mais sait–on vraiment ce qui se joue derrière ce retour de la bravitude ? S’agit-il vraiment de cette énergie virile, de cette virtù dont nous parlions hier dans notre billet, évoquant Machiavel et le Prince moderne ?

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Du pouvoir des idées à l’idée du pouvoir

Créé par le 12 juil 2007 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin

L’émission télévisuelle sur France 2  »un jour, un destin » relatait les secrets de famille du président Mitterrand. J’en ai suivi juste les débuts avec beaucoup de désolation face à cette présentation sur un mode un peu exhibitionniste. Mais c’était là, sans doute, la nature même de l’émission.

Le charisme du président,  la fascination qu’il exerça sur ses plus grands rivaux , sa culture et son génie politique forcent toujours l’admiration. Je n’ai jamais été « tontonmaniaque » et plutôt agacé d’entendre autour de moi cette espèce de vénération trop souvent fondée sur une relation malsaine avec le pouvoir. Très jeune, j’ai pourtant souvent vibré en écoutant le grand orateur théoriser sur la rupture avec le capitalisme et le socialisme à la française avant de contester plus tard, en socialiste, quelques orientations majeures de ses deux septennats. 

Imposant d’habileté manoeuvrière dans les congrès socialistes et dans le gestion d’une première cohabitation difficile, le personnage eut des intuitions géniales qu’il ne réalisa que partiellement. L’idée même d’un espace stratégique européen reste d’une grande pertinence. C’est son dévoiement dans une mondialisation débridée qui entame la crédibilité de cette ambition. Libéral, le président Mitterrand sut promouvoir ces contre-pouvoirs qu’il appelait de ses voeux dans l’opposition. Homme de culture, il fut le  mécène de grandes oeuvres. Afficher ce respect n’interdit nullement la part de critiques. La plus dure était toute entière résumée dans cette boutade répandue dans les cercles militants dans la fin du second septennat : « Mitterrand est un type honnête; il nous rend le parti dans l’état où il l’a trouvé ! ».

Si j’avais eu un doute sur la nécessité de « la critique de gauche », Danielle Mitterrand me l’aurait vite enlevée. Elle ne ménagea pas sa peine pour faire part de quelques unes de ses désapprobations jusqu’à irriter au plus haut niveau le Quai d’Orsay tout en rendant grâce au président de sa conduite d’ensemble des affaires du monde. Dans les rencontres annuelles de sa fondation France-Libertés, auxquelles j’ai souvent assisté, il n’y avait aucun tabou à évoquer en toutes libertés tel aspect déplaisant du cours des choses. Venu écouter des historiens de l’institut d’histoire du temps présent,  à la Sorbonne dans un colloque sur le régime de Vichy organisé par la fondation, j’ai même entendu Danielle Mitterrand réagir en aparté sur un mode très vif à propos des développements du regretté René Rémond qui opérait, pensait-elle, de trop subtiles distinctions entre collaborateurs et collaborationnistes… Son courage éprouvé, sa liberté de ton et son ancrage dans les valeurs de la gauche m’inspirent toujours un très grand respect. Tout comme la trajectoire de François Mitterrand s’émancipant d’une pensée de droite pour rejoindre des conceptions socialistes avant de rencontrer les écueils du pouvoir.

Cette trajectoire ne devrait inspirer ni fascination béate, ni rejet outrancier. Elle appelle au contraire à la réflexion sur le pouvoir qui vous prend quand on croit l’avoir pris. Le pouvoir des idées vaut mieux que le pouvoir sans idées qui n’est qu’un pouvoir pour le pouvoir. Mais les idées sans pouvoir sont peu de choses sans une idée du pouvoir, laquelle est toujours à réinventer et à revisiter.

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Vu du maquis

Créé par le 22 juin 2007 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Tous les noms d’oiseaux font l’affaire pour dénoncer les prétendues turpitudes des rivaux. Dans le bestiaire socialiste, l’écologie ne fournit pourtant aucune clé. Les jeunes lions s’acoquinent aux gazelles qui chassent les éléphants. Ces derniers moquent de leurs défenses les carnivores aux dents longues ! Non ce n’est pas la jungle, et à tout prendre, c’est quand même plus sympa que la langue de bois ! Ces sonores rugissements pourraient bien amuser la galerie s’il n’y avait, en arrière plan, de sérieuses questions de fond et de méthode. Quand nos concitoyens mêlent  réserves et attentes vis à vis d’un pouvoir coriace aux appétits d’ogre,  il y aurait sans doute mieux à faire dans le camp des assiégés. De ma modeste posture de Mohican,  je propose aux tribus indiennes de changer de totem en adoptant « Bison futé ».

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Totem, modem et tabou

Créé par le 16 juin 2007 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Les ingrats ex- bayrouistes de feu l’UDF, ralliés de fraîche date à la grande tribu de l’UMP jouissent d’une clairvoyance certaine. Ils raillent à présent les fougueux troublions du clanique Modem, abandonnés aux affres de leur infortunée posture  ; c’est qu’en signifiant son refus d’allégeance dans des élucubrations spéculatives, leur  chef impétueux  a brisé le tabou et signé leur arrêt de mort. On ne transgresse pas impunément les règles électorales et les usages de la mal nommée république (cinquième du nom) !

Dans ces moments périlleux à l’approche du combat décisif, chacun fera, auprès d’eux, la différence entre les hommes et les femmes libres, prêts, tel Spartacus, à s’affranchir jusqu’au bout et au péril de leur vie, d’une domination sans partage, et les couards repentis, revenus, sous protection totémique, à des considérations plus terre à terre.

« Je préfère la liberté avec ses dangers à la paix due à la servitude » disait Rousseau, citant à peu près en ces termes je ne sais plus quel autre philosophe.

Avec respect et compassion de la part d’un citoyen aguerri hors système et hors jeu.

X D

P.S : comprenne qui pourra.

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