a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Articles archivés

A lire : Anne Revah-Levy Laurence Verneuil « Docteur, écoutez ! »

Créé par le 29 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Le livre d’Anne Revah-Levy, pédopsychiatre et de Laurence Verneuil, dermatologue et oncologue, arrive à point dans ce paysage hospitalier en proie à la déshumanisation. Véritable paradoxe des temps modernes, on n’aura jamais autant parlé de l’expertise de l’usager et de la nécessité de son écoute attentive quand de nombreux facteurs brouillent cette légitime exigence. Les contraintes ressenties, la culture du chiffre et peut être aussi l’habitus médical expliquent sans doute cette méprise. Car l’écoute de l’usager constitue bien une question essentielle. Qui connaît mieux que la personne malade les signes de sa pathologie et ses capacités de résilience, son intérêt pour se soigner d’une manière adaptée à son cadre de vie, à ses priorités, à son équilibre de vie?
Pourtant il n’est pas toujours simple de faire entendre sa voix le temps d’une consultation qui fait suite à des examens techniques ou cliniques. Le manque d’empathie ou la précipitation accentue cette asymétrie de relation entre le médecin et « son malade ». Une attente profonde se fait jour depuis l’expérience de mouvements et d’associations qui ont su s’emparer de cette question pour transformer la relation et la place du patient, notamment dans le cadre du traitement des maladies chroniques. Les commissions des usagers peuvent relayer les initiatives en ce sens pour promouvoir l’écoute de l’usager. Lequel doit aussi faire entendre sa voix dans la définition d’une stratégie thérapeutique efficace, efficiente et respectueuse de la personne dont le consentement aux soins doit être libre et éclairé.
Xavier Dumoulin
Docteur, écoutez !
 
23 secondes : c’est en moyenne le temps de parole du patient avant que le médecin ne l’interrompe pour diriger l’entretien.
Les médecins se plaignent d’être débordés par les contraintes et le manque de temps, et les patients de ne pas être écoutés. Pourtant, l’écoute est essentielle : elle est l’unité élémentaire du soin, elle détermine l’établissement du diagnostic, la qualité du suivi et l’efficacité du traitement.
 
En s’appuyant sur de nombreux exemples, Anne Révah-Lévy et Laurence Verneuil, professeurs de médecine et chefs de service hospitalier, dressent un tableau implacable du quotidien de l’hôpital. Elles démontrent les bénéfices de l’écoute pour le patient… mais aussi pour les médecins. Elles invitent les premiers à insister pour se faire entendre, donnent des pistes aux seconds pour écouter, exhortent les facultés à mieux former les médecins, et les politiques à entendre les deux camps… Afin de réhumaniser la médecine de demain et de soigner le système de soin. Cela ne coûte pas cher et tout le monde s’en portera mieux.

Anne Revah-Levy est pédopsychiatre, Professeur de pédopsychiatrie et chef de service à l’Hôpital d’Argenteuil. Attachée à une unité de recherche à l’hôpital Saint-Louis, elle fait de la recherche qualitative sur les expériences des patients. Elle a publié plusieurs romans au Mercure de France.

Laurence Verneuil est dermatologue et oncologue, Professeur de dermato-vénérologie et chef de service au CHU de Caen. Elle fait de la recherche fondamentale à l’Hôpital Saint-Louis. Parallèlement, elle s’intéresse aux approches complémentaires du soin, l’approche holistique du patient.

Au ciné à l’affiche : Le « Mal de pierres » d’une jeune provençale des années cinquante étouffée par son milieu et consumée par sa folie amoureuse…

Créé par le 26 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Mal de Pierres - la critique du filmSortie en salle le 19 octobre dernier, ce film met aux prises l’héroïne, jeune fille en mal d’amour, avec sa famille, ses amants et ses aventures fantasmées, et José (Àlex Brendemühl), travailleur agricole réfugié de la guerre d’Espagne, employé dans l’exploitation familiale, auquel elle sera mariée contre son gré.
La jeune femme, Gabrielle, sous les traits de Marion Cotillard, rêve d’un amour impossible avec son professeur de français qui ne répondra pas à ses avances et la désespère jusqu’à la folie. On la voit lécher amoureusement le nom de ce professeur sur la page de ce  livre du philosophe Alain « Propos sur le bonheur », prêté par l’homme de lettres.
Cette quête frénétique de bonheur se poursuivra durant tout le scénario qui plante le décor d’une passion dévorante entre l’amante malade et  frustrée, croyant découvrir pendant sa cure thermale, l’amour avec un soldat de retour d’Indochine. Elle  vit au plus profond d’elle même une passion pour cet amant fantasmé, par ailleurs musicien, qui excite en elle un vrai déchaînement de sentiments et d’extases charnelles…
En cours de guérison de ses calculs rénaux, Gabrielle devient mère d’un garçon qu’elle imagine le fruit de son amour premier.  Son fils, grandit dans le giron familial et devient un élève virtuose de piano. Rattrapée par son passé, Gabrielle s’échappe au décours d’un voyage familial à Lyon pour retrouver son amant qui n’a jamais daigné répondre à ses centaines de lettres amoureuses. Pendant son escapade son fils accompagné de son mari, José, présente le concours de musique, à l’origine du voyage, dont il remportera le second prix quand elle retourne désespérée auprès d’eux. Elle vient d’apprendre l’issue fatale de la maladie de son amant qui n’aura en fait jamais pu lire ses courriers. Cette révélation accompagne un renversement de psychologie à l’égard de José, cet homme qui fut en réalité, dans sa vraie vie, le seul véritable amant de cette jeune femme en mal de vivre…
Une sensualité débridée trouve à s’exprimer dans un contraste détonnant d’avec cette ambiance familiale très dure, reflet des mœurs   paysannes de la Provence du milieu du siècle dernier. La réussite cinématographique tient dans le double jeu de ce couple renversant qui se métamorphose en s’accomplissant dans la surgissement d’un passé exorcisé par le retour à la raison d’une épouse exaltée, étonnée et presque surprise par l’amour qui fait retour…Un vrai roman social au travers de ce film de Nicole Garcia, « cinéaste à l’ancienne ».
Xavier Dumoulin

Le singe capucin, nouveau « Monsieur Jourdain » de la pierre taillée?

Créé par le 25 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

C’est sous cette interrogation que Hervé Morin, journaliste, conclut provisoirement ses réflexions dans un article du Monde du 21 octobre dernier. Les singes capucins du parc national de la serra da Capivara dans l’Est du Brésil ont été filmés en train de fabriquer des éclats de pierre pour en « lécher illico la poussière avec avidité ». « Le singe s’empare d’un caillou pour en frapper un autre (et) le fracturer ».

Ces révélations ne manquent pas de déstabiliser nos modestes connaissances sur la plus ancienne utilisation de la pierre chez le kenyapithèque qui nous a livré ses ossements associés à des pierres et à des os intentionnellement brisés (1). L’idée d’un détournement de sens de ces découvertes majeures qui permettaient de situer le travail de la main de l’australopithèque avant celle de l’homo habilis a de quoi nous inquiéter.  Les gisements d’outils tranchants fabriqués avec des galets pourraient bien être la simple trace d’une frénésie de gourmandise sans autre objet!  (2)

Selon un spécialiste de l’Ecole d’archéologie d’Oxford la découverte du geste du capucin, ce « Sapajus libidinosus » qui crée des éclats par inadvertance et non dans l’objectif de s’outiller, soulève de nouvelles questions quant à l’apparition des premiers outils de pierre. Sans remettre en cause l’attribution des outils lithiques à des hominidés, elle nuance les distinctions sommaires établies pour caractériser les assemblages lithiques produits par les lignées pré-humaines. Les éclats de pierre éfilés ne peuvent plus être associés de façon implicite à la production intentionnelle de pierres destinées à la découpe.

Heureusement les archéologues savent lire le caillou taillé et « retrouver la mémoire de l’intention qu’il porte en lui » au travers de l’examen du tranchant de ces outils qu’ils aient servis à découper de la viande, tailler de la peau ou casser des os.

Mais s’agissant des récentes découvertes de pierres taillées dans un site de 3,3 millions d’années au Kenya, on peut tout de même s’interroger sur l’hypothèse d’une fabrication accidentelle par des singes archaïques, lointain ancêtres de ce capucin, ce « Monsieur Jourdain de la pierre taillée ».  Ainsi va le monde au fil de nos découvertes… (3) Décoiffant non?

Xavier Dumoulin, 23 octobre 2016

(1) On retrouve en Afrique et en Eurasie des traces d’outillage et de restes fossiles de cet homme debout qualifié d’homo erectus. Découvert initialement à Java en 1891, il fut surnommé homme-singe – « pithécanthrope » – mais il possédait en fait l’essentiel des caractéristiques humaines comme l’attestent les découvertes de l’homme de Mauer, de Pékin et du premier homo erectus trouvé sur les bords du lac Turkana en Afrique. Apparu voici 2 millions d’années, il se transforme progressivement en une forme plus évoluée. Ce présapiens vit en Asie, en Afrique et en Europe ; l’homme de Swanscombe en Angleterre et celui de Steineim en Allemagne annoncent l’homo sapiens. (Notes de Xavier Dumoulin)

Homo habilis inventeur de l’outil?

Homo habilis est contemporain des industries de pierre taillée, nommées oldowayennes. Celles-ci comportent des objets simples taillés généralement sur une seule face pour confectionner un outil (galet aménagé) ou pour obtenir des éclats tranchants.

Ces outils devaient lui permettre de découper des morceaux de viande ou de casser des os. Mais Homo habilis a coexisté avec certaines formes robustes d’Australopithèques, les Paranthropes. Certains scientifiques envisagent que ceux-ci étaient également capables de fabriquer des outils de pierre taillée. La découverte en 2015 de tels outils sur le site de Lomekwi 3 dans la région du lac Turkana au Kenya, datant de 3,3 millions d’années a bouleversé l’hypothèse selon laquelle l’apparition des outils de pierre serait liée à l’émergence du genre Homo.

( Extrait de la note Wikipédia  )

(2) Si l’on situe l’existence des primates à quelques 70 millions d’années, les premiers singes ne remontent qu’à 30 millions d’années. La plus ancienne utilisation de la pierre serait due au « Kenyapithèque », singe d’Afrique proche du « Ramapithèque ». L’étude des gisements d’os humains et de pierres travaillées par la main de l’homme constituent la base documentaire sur la préhistoire qui démarre véritablement avec « l’Australopithèque ». Ainsi connaissons-nous « Lucy » qui vivait il y a 3,5 millions d’années en Tanzanie. Sa découverte en 1974 après celle de l’enfant de « Taung » en 1924 permet de ranger « l’Australopithèque » du côté de l’homme. « Sont-ils nos ancêtres directs? s’interrogeait le regretté A.Leroi-Gourhan. la question est superflue répondait-il avec assurance! »

Les derniers « Australopithèques » disparaissent il y a 1 million d’années après avoir cohabité avec leur rival : l’homo habilis apparu il y a 3 millions d’années. Ce dernier fabrique des outils simples avec des galets dont il fait des outils tranchants.

L’homme de « Néanderthal » – dont on a découvert en 1856 le fémur et la calotte crânienne dans la vallée du Néander en Allemagne – constitue l’avant dernier maillon de l’évolution. « L’homo sapiens sapiens » va bientôt le supplanter. Apparu il y a plus de 100000 ans, sa disparition, il y a 35000 ans reste mal élucidée.

L’espèce de « Cro-Magnon » (trouvé à l’abri de Cro-Magnon en Dordogne) mais aussi en Allemagne et en Tchécoslovaquie se caractérise par sa grande taille et son cerveau identique au notre. c’est le début de l’Homo sapiens sapiens qui va se diffuser sur toute la terre, gagnant à pied l’Alaska puis l’Amérique du Nord par le détroit de Béring alors découvert des eaux ( le niveau de la mer était de 85 mètres plus bas). Cet homme essaime jusqu’à l’Australie sans doute à bord d’embarcations à partir de l’Asie du Sud est. Ainsi se développent à partir de groupes isolés des races différentes. (Notes de Xavier Dumoulin)

(3) « Mais qu’en est-il des tous premiers outils, de facture bien plus fruste, retrouvés en Afrique de l’Est? » s’interroge l’auteur de l’article du Monde. « En 2015, l’annonce de la découverte de telles pierres taillées dans un site de 3,3 millions d’années près du lac Turkana, au kenya, par l’équipe de Sonia Harmand avait fait sensation. a cette époque reculée, le genre humain n’était pas encore apparu, et seuls des australopithèques ou le mystérieux Kenyathrope arpentaient la région.

Les premiers outils n’auraient donc pas été façonnés par nos ancêtres directs. Pourraient-ils l’avoir été, accidentellement par des singes archaïques, lointains cousins des capucins? » Extrait de l’article précité du Monde du 21 octobre écrit par Hervé Morin

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L’écho des savanes dans la nuit des étoiles

 

Habilis et érectus – que l’on croyait enchaînés par  un heureux engendrement  – auraient bel et bien cohabité  pendant près de cinq cent mille ans, en Afrique de l’Est,  il y a un millon et demi d’années. Cette découverte récente infirme donc la thèse préexistante d’une filiation chronologique pré-humaine faisant d’homo érectus l’enfant métamorphosé d’homo habilis. Pour mémoire, nous connaissions Lucy, notre antediluvienne arrière grand-mère australopithèque - cette chérie de l’anthropologue Yves Coppens - et savions qu’elle avait cohabité avec homo habilis, ce fabricant d’outils simples et tranchants à partir de galets. Ce dernier, avais-je cru comprendre, s’était développé sur plus de trois millions d’années pour s’épanouir pleinement et donner forme au pré-sapiens érectus, annonçant lui-même le  néanderthalien, ce sapiens à part entière, présent dans nos contrées avant l’avènement de son lointain cousin  sapiens sapiens, ce Cro-Magnon civilisé du paléolithique supérieur dont nous sommes les purs produits en tant qu’homme d’esprit, selon les dires du très regretté Leroi-Gourhan qui se moquait par ailleurs de cette désignation par trop flatteuse “d’homme de la totale sagesse”.

Depuis Boucher de Perthes et Darwin la connaissance de la préhistoire ne cesse de s’enrichir de théories révolutionnaires. Ces géniaux concepteurs d’une préhistoire matérialiste eurent tous deux maille à partir avec la sainte Eglise  avant que l’ingénieux abbé Breuil, premier grand admirateur de l’art pariétal, cet ornement magique ou religieux de la grotte de Lascaux, baptisée chapelle sixtine de notre préhistoire, ne réparât définitivement, un siècle plus tard, cette offense à l’intelligence humaine.

Une précédente découverte  avait déjà ébranlé, tout récemment, beaucoup de nos certitudes. Néanderthal que l’on croyait disparu pour cause de déficience immunitaire, aurait en fait été supplanté par son concitoyen, Cro-Magnon, en raison de son esprit pacifique, ce que le trop calculateur sapiens sapiens sut sans doute mettre à profit. Pour preuve, les traits de notre présente humanité qui récompense les rusés et les bellicistes plus qu’elle n’encourage les hommes de bonne volonté, n’en déplaise à Rousseau. Faudrait-il pour autant se ranger derrière les théories génétiques remises fort malencontreusement en honneur ces derniers temps? Ah! L’inné et l’acquis, l’animal et l’homme, la nature et la culture,   la tradition et le progrès, le diable et le bon Dieu, la transcendance et l’immanence, l’idéalisme et le matérialisme…

Dans ces temps lumineux favorables à l’observation des astres, un peu de métaphysique aiguise nos réflexions de philosophe profane.   Autant de sujets qui renvoient aux interrogations multiséculaires sur notre humaine condition. On sait depuis Montaigne se montrer modérément optimiste tout en  restant profondément humaniste. N’est-ce point, après tout, une posture bien raisonnable pour qui veut ménager un avenir humain? Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va tout en sachant s’arracher à notre primaire enfance pour devenir des hommes accomplis…

Xavier DUMOULIN, le 29 octobre 2007

L’art dans la rue ou dans le quotidien pour des liens qui libèrent…

Créé par le 09 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

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Il y a peu, dans la nuit du vendredi au samedi, une émission télévisuelle de grande écoute rediffusait un reportage suivi d’un débat sur l’art de la rue, le « street art ». Ce dernier trouve à s’exprimer par des tags et autres décorations d’artistes inconnus ou illustres, agissant de leur propre chef ou sur commandes publiques. J’ai ainsi entendu Miss-Tic dont j’apprécie le style de dessin. Un graffiti d’elle, sanctuarisé de longue date, s’offre à moi comme un clin d’œil à chacune de mes arrivées sur ce mur d’un endroit chéri, près des Gobelins, musée et station métro. La signature de cette artiste est l’une des plus célèbres dans ce genre qui s’offre à voir pour le plus grand délice des passants. Commentant cet art, l’adjoint au maire de Paris, Bruno Julliard, expliquait avec talent les destinées de ces tags, certains appelés à une longue vie en raison du leur qualité artistique et d’autres plus éphémères pour des considérations d’opportunité.

Dans les débats qui ont suivi le documentaire, un parallèle s’est imposé avec l’art pariétal du Magdalénien, avec l’exemple de la grotte de Lascaux. Ces ornementations animalières ne cessent d’interroger l’humanité sur leur sens quand on sait à présent apprécier leur condition de production, matériaux, techniques, couleurs… Mais pourquoi diable ces peintures enfouies dans des lieux inaccessibles de l’époque paléolithique avec ces symboles féminins et masculins donnant lieu à de vaines tentatives d’explications sans cesse remises en cause par une nouvelle découverte? Depuis Altamira, que de théories controversées à commencer par la difficile reconnaissance de l’authenticité de ces œuvres! A l’instar de ces galets transformés en outil par la main de l’homme des temps reculés qui firent de Bouchet de Perthes, la énième victime de l’obscurantisme religieux en ce milieu du XIX° siècle.

Pour revenir à nos tags préhistoriques que j’affectionne tant – en particulier ceux des mammouths de la grotte de Rouffignac confondus au milieu de ces tags plus contemporains de spéléologues du XIX° marquant leur territoire -, je crois pour ma part que la différence essentielle tient à leur nature ésotérique, rite initiatique plus que d’envoûtement, du fait même de leur enfouissement dans des lieux impénétrables au commun des hommes de ces temps, avec cette juxtaposition de peintures ou de gravures produites sur des millénaires dans ces galeries naturelles protégées de l’érosion des temps jusqu’à nos jours…

Loin de l’exposition à l’air libre et au vu du grand public comme cette dixième édition du musée dans la rue inaugurée samedi à Mont de Marsan, annoncée par cette affiche de visages grimaçants dont nous parlions dans un récent post. Des chorégraphies de comédiens et danseurs aux visages peints, en résonnance avec les créatures de Mauro Corda, alternaient avec les commentaires de quelques œuvres sur un parcours agréable. Cette trajectoire nous a conduit jusqu’à la villa Mirasol au milieu de cette petite assemblée ravie par ces sculptures de style et d’époque variés avec pour trait commun ce phare sur ces  »visages » d’expressions différentes. Une exposition visible jusqu’en novembre et qui offre une heureuse exploration dans ces rues montoises…

Tout cela inspire la promotion d’un art qui se donne à voir dans les lieux de vie à l’instar de l’action de l’artothèque de Pessac. Cette institution diffuse pour le plus grand bonheur des usagers de la grande région de la Nouvelle Aquitaine, des œuvres d’artistes appartenant à son fonds de dépôt artistique, sur un mode de prêt et d’animation en direction des collectivités, administrations et établissements sanitaires ou médico-sociaux de ce grand territoire. Une opportunité à saisir sans attendre!

Xavier DUMOULIN

L’esprit du Sud face au droit animalier, à l’éthique animale et à « l’idéologie végane »

Créé par le 02 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

.Le Torero de Mauro Corda, un bronze de 3,20m de hauteur, place des arènes de Mont-de-Marsan

Selon une correspondante de l’AFP, quelques milliers de personnes venues des Landes et d’autres départements ont manifesté samedi à Mont-de-Marsan, dans les Landes, pour défendre leur culture et leurs traditions, notamment la chasse à l’ortolan, face à l’opposition des écologistes. Entre 2.400 personnes (selon la police) et 8.000 (selon les organisateurs) auraient ainsi défié la pluie pour se rassembler devant les arènes pour défendre « l’esprit du Sud ». Sud-Ouest titre ce dimanche « Ils sont fiers de leur culture » relatant le rassemblement du « serment du Plumaçon » du nom des arènes montoises.

« Les chasses traditionnelles, dont celle de l’ortolan, sont le catalyseur de notre ras-le-bol ». « Un jour, c’est la chasse, un jour le gavage de canard, un autre jour la tauromachie… ras-le-bol de cette volonté d’uniformisation de notre société! » s’emporte à la tribune l’édile locale, élue MODEM, Geneviève Darrieusecq.

A ses côtés, le sénateur socialiste Carrère prône l’union sacrée dans une tonalité authentique et avec un accent qui porte bien cette culture du Sud-ouest : « les gens de droite, de gauche, communistes, socialistes ou centristes, tous sont aux côtés de la ruralité pour défendre notre culture et nos chasses » avant de lire une « Charte des libertés et de la diversité culturelle », remise à la préfecture le matin-même.

Aux côtés des politiques, l’ex-torero André Viard fait siffler Alain Bougrain-Dubourg et ses commandos médiatiques. La présence de cette assemblée hier, après la manifestation du 19 août dernier qui avait réuni quelques 2 à 4000 personnes, donne sens aux revendications identitaires de ces Landais.

Mais que penser de cette charte qui promet notamment de défendre « un patrimoine ancestral amplement partagé dans nos régions et qu’il appartient à l’Etat de protéger », de la chasse à la tauromachie, et de la gastronomie à la langue occitane?

Depuis le rejet de l’inscription de la tauromachie dans le patrimoine immatériel de l’UNESCO et la répression des manquements à la loi dans une interprétation restrictive de ses dérogations en matière de chasse à la matole des petits oiseaux, le monde de la chasse et de la corrida s’énerve.  En guise d’exutoire, le départ précipité de la préfète en poste à Mont de Marsan, l’été dernier, manifeste le degré de cette irritation des gens d’ici.

Ceux-ci font l’apprentissage dans leurs luttes de mots savants. Prenez cette idéologie « végane » hier encore dénoncée par les politiques locaux (1). Avec la reconnaissance récente et officielle de l’enseignement du droit animalier qui fait suite à de nouvelles façons d’envisager les relations entre l’homme et l’animal, notamment en matière d’élevage et d’abattage, cette mutation déplace aussi  le curseur vis à vis des tolérances à l’égard des chasses traditionnelles ou bien dans la défense de la tauromachie. Ne s’agit-il pas d’un vrai contre-sens quand on sait la part des sociétés de chasse dans la promotion des grands équilibres écologiques? Et celle des places tauromachiques dans le maintien d’un art équestre avec les écoles andalouse et portugaise et l’élevage des chevaux de pure race espagnole et des lusitaniens, utilisés pour la corrida de « rejon » (2) ou la corrida portugaise, celle-ci sans mise à mort dans l’arène et toujours très prisée du grand public. Sans oublier ces fameux élevages de « toros » qui offrent des produits de qualité tout en préservant un art de vivre ici et en Espagne.

On peut s’interroger sur la pertinence de traditions en perte de vitesse mais on doit respecter ces usages qui font encore partie intégrante d’un mode de vie et d’un rapport à la nature fruit d’un legs culturel qui vient de loin. A commencer par ce droit de chasse démocratique et révolutionnaire qui était jadis l’apanage des seigneurs, ne l’oublions jamais. Épouser son temps pour considérer autrement la relation avec les animaux et dénoncer l’élevage industriel est une chose. Défendre la ruralité et les usages  locaux constitue une tout autre affaire qui mérite un regard serein loin du vacarme parisien de ces provocateurs arrogants qui feraient bien d’être un peu à l’écoute des populations autochtones et de ce bel esprit du Sud.

Xavier DUMOULIN

(1) La consultation du site Wikipédia nous apprend que « le véganisme est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit ou service issu des animaux ou de leur exploitation. L’adoption de ce mode de vie découle généralement d’une idéologie qui propose une redéfinition normative de ce que devraient être les relations des humains aux animaux. » L’adoption d’une pratique alimentaire végétalienne exclut la viande et le poisson, mais aussi les produits laitiers, les œufs et le miel. « Le véganisme exclut la consommation de tout autre produit issu des animaux, de leur exploitation ou testé sur eux (cuir, fourrure, laine, soie, cire d’abeille, cosmétiques et médicaments testés sur des animaux ou contenant des substances animales). Il exclut également l’utilisation d’animaux dans le cadre des loisirs (chasse, corrida, cirques, zoos, etc.). » La personne qui opte pour le véganisme est ainsi dénommée végane

Le mot « végan » est aussi utilisé au masculin, et coexiste avec la forme épicène « végane » (utilisée au masculin et au féminin). »Le site Wikipédia nous renseigne aussi sur « l’antipécisme »,  » ce mouvement selon lequel la même considération morale devrait être accordée aux différentes espèces animales. Quant à « L’éthique animale », nous empruntons ce court développement à un internaute qui la qualifie de « quelque chose de similaire à la connaissance des Anges, à ceci près que nous sommes certains les animaux existent. Vous allez me dire qu’affirmer qu’un problème doit être ancré dans la « nature humaine », pour qu’il soit sensé d’essayer de le résoudre, relève de l’anthropocentrisme. Je vous répondrais qu’en ce cas, c’est toute la philosophie qui est anthropocentriste. Par ailleurs, il faudrait montrer en quoi l’anthropocentrisme est gênant dans le cas précis qui nous occupe, au lieu de le présupposer tel. A près tout, jusqu’à preuve du contraire, c’est l’homme qui écrit de la philosophie, pas les animaux, et il l’écrit pour l’homme.« http://www.ethiqueanimale.com/lethique-animale-proces-fictif-et-accuses-imaginaires-reponse-a-un-commentaire.html

(2) Un réjonéador est un cavalier combattant le taureau avec un rejón, javelot de bois qui a succédé à la lance dans la pratique seigneuriale du combat à cheval du taureau. La corrida de rejón ou corrida équestre porte encore le nom de « caballero en plaza » (synonyme de «  torero à cheval »). Source wikipédia

 

 

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