a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Articles archivés

Dans le même temps de réactions s’indignant du résultat des élections américaines, Bernie Sanders se dit prêt à travailler avec Donald Trump pour « améliorer la vie des travailleurs »

Créé par le 10 nov 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Mais «s’il entend mener des politiques racistes, sexistes, xénophobes et contre l’environnement, nous nous opposerons vigoureusement à lui», a cependant averti le sénateur socialiste … car Bernie Sanders se dit prêt à travailler avec Donald Trump  à la seule condition qu’il compte vraiment « améliorer la vie des travailleurs ».

«Donald Trump a exploité la colère d’une classe moyenne en déclin qui n’en peut plus de l’establishment économique, de l’establishment politique et de l’establishment des médias» affirme ce candidat des primaires qui avait appelé à une révolution politique et crée la surprise en mobilisant fortement la jeunesse américaine.(1)

«Si Donald Trump entend vraiment mener des politiques visant à améliorer les vies des familles de travailleurs dans ce pays, moi ainsi que d’autre progressistes sommes prêts à travailler avec lui», a souligné le sénateur indépendant dans des propos équilibrés qui prennent au mot le prochain président.

«Les gens en ont marre de travailler plus pour gagner moins, de voir des emplois honorables partir en Chine et d’autres pays aux bas salaires, que les milliardaires ne payent pas leurs impôts fédéraux et de ne pas pouvoir payer l’éducation supérieure de leurs enfants, tout ça pour que les très riches deviennent encore plus riches», écrit-il. «Donald Trump a exploité la colère d’une classe moyenne en déclin qui n’en peut plus de l’establishment économique, de l’establishment politique et de l’establishment des médias», a indiqué Bernie Sanders dans un communiqué, au lendemain de la victoire de Trump..

A gauche, en France, Jean-Luc Mélenchon a le regretté l’absence du candidat démocrate face à Donald Trump. « Sanders aurait gagné. Les primaires ont fonctionné comme une machine à museler l’énergie populaire »… « Maintenant, vite descendre du train fou atlantiste », estime le candidat à la présidentielle de 2017.

Un avis partagé par  Aurélie Filippetti, soutien du candidat à la primaire de gauche Arnaud Montebourg. Elle estime que « la gauche américaine aurait dû être fidèle à Bernie Sanders plutôt qu’à Clinton, c’est sans doute lui qui avait raison, cette gauche-là doit revenir sur le devant de la scène ».

Sur les réseaux sociaux, la question « Et si Bernie Sanders avait été choisi, aurait-il pu gagner face à Donald Trump ? », s’interrogent des internautes. Selon des observateurs qualifiés, plusieurs médias ont également expliqué que Bernie Sanders aurait été un meilleur « challenger » et aurait probablement pu remporter l’élection.

Pour Jean-Pierre Chevènement, « la victoire de Donald Trump est à coup sûr une défaite de l’establishment. Venant après le Brexit, elle est une nouvelle pierre jetée dans le jardin de la globalisation néolibérale.

Elle devrait aussi inciter les Européens à penser l’avenir d’une Europe européenne, de l’Atlantique à la Russie, capable de se déterminer par elle-même, alliée des Etats-Unis mais non alignée sur eux.   »

Xavier DUMOULIN

(1) « Avocat tenace d’une «révolution politique», dénonçant le pouvoir de la finance et des élites, Bernie Sanders avait crée la surprise lors des primaires démocrates, compliquant pendant de longs mois la nomination de sa rivale Hillary Clinton. Il avait surtout été plébiscité par les jeunes, recueillant jusqu’à 80% de leurs voix dans certains Etats, en plaidant notamment pour une université publique gratuite et une assurance maladie universelle » (Cf 20 Minutes http://www.20minutes.fr/monde/1959227-20161110-etats-unis-bernie-sanders-pret-travailler-donald-trump-ameliorer-vie-travailleurs)

 

RÉPARER LES VIVANTS Bande Annonce (2016)

Créé par le 01 nov 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, Vive le blog citoyen

http://www.dailymotion.com/video/x4p1rgi

Le scénario du film de Katell Quillévéré traite d’un don exceptionnel et particulièrement élevé, celui des organes humains sur donneur mort, en l’espèce, du cœur, en retraçant ces parcours et tranches de vie des protagonistes en prise à la mort, pour les uns, et à une nouvelle vie pour le receveur et ses proches.

Simon, adolescent plein d’entrain, laisse sa petite amie en plein sommeil nocturne, pour rejoindre ses copains surfeurs et prendre la direction de la mer, près du Havre. Après une séquence éblouissante de glisses sur les vagues, les trois amis s’en retournent en co-voiturage au petit matin. Sur la route, une catastrophe accidentelle provoque un traumatisme crânien au seul passager non attaché. Simon transporté à l’hôpital est très vite déclaré en état de mort cérébrale. Commence alors la longue et tragique annonce auprès de parents séparés et totalement désemparés face au drame. Le temps de l’acceptation du don d’organe vient rapidement succéder au mouvement de désarroi et de révolte. La recherche d’une volonté supposée de la part de leur fils conduit ces parents, Marianne et Vincent, à accepter ce prélèvement dans une démarche psychologique difficile mais courageuse.

Puis nous pénétrons soudainement dans la vie de Claire, musicienne, mère de deux garçons et malade du cœur. Condamnée à court terme, sa cardiologue la convainc de la nécessité d’accepter de s’inscrire pour recevoir un cœur en vue d’une éventuelle transplantation.

La séquence autour du prélèvement, avec des équipes médicales et soignantes fortement motivées par leur art dans une technicité à la hauteur de ce défi humain, nous plonge dans un univers extraordinaire pour le commun des mortels… Depuis cette qualité psychologique du coordonnateur dans son dialogue avec les parents en passant par l’agence de biomédecine qui régule les activités autour des prélèvements et des transplantations pour nous conduire ensuite dans les blocs opératoires. Celui de l’hôpital du Havre, d’où s’organise le prélèvement jusqu’à celui de la Pitié-Salpêtrière dans lequel nous vivons avec émotion la transplantation de cet organe vital en partageant cette psychologie ambiante d’une équipe solidaire et rigoureuse au professionnalisme très développé.

Dans l’alternance de scènes d’émotions et d’art professionnel, le scénario parfois dur, nous révèle la face encore trop méconnue de la transplantation d’organe. Tout le génie du film se situe dans ce mariage entre drame et espérance, issue fatale et rédemption, au travers d’une mise en scène réaliste et sentimentale d’une épreuve partagée par ces hérauts d’une chaîne de solidarité. Au-delà du documentaire sur cette question sociétale dans une conjoncture de manque tragique d’organes disponibles pour de potentiels receveurs, ce film porte en lui un message d’espérance. Il touche le cœur d’un public mieux informé sur les enjeux de santé publique des dons et prélèvements d’organes.

Dans ces chaînes de générations, celle du jeune Simon à celle de Claire, cette mère de famille de grands adolescents,  et  ces expressions d’amour et de solidarité dans ce don du cœur, le scénario mélange avec bonheur quête anthropologique et expression sublime de l’humain, irréductible à cette image galvaudée du consommateur d’une société de marché.

Xavier DUMOULIN

 

A lire : Anne Revah-Levy Laurence Verneuil « Docteur, écoutez ! »

Créé par le 29 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Le livre d’Anne Revah-Levy, pédopsychiatre et de Laurence Verneuil, dermatologue et oncologue, arrive à point dans ce paysage hospitalier en proie à la déshumanisation. Véritable paradoxe des temps modernes, on n’aura jamais autant parlé de l’expertise de l’usager et de la nécessité de son écoute attentive quand de nombreux facteurs brouillent cette légitime exigence. Les contraintes ressenties, la culture du chiffre et peut être aussi l’habitus médical expliquent sans doute cette méprise. Car l’écoute de l’usager constitue bien une question essentielle. Qui connaît mieux que la personne malade les signes de sa pathologie et ses capacités de résilience, son intérêt pour se soigner d’une manière adaptée à son cadre de vie, à ses priorités, à son équilibre de vie?
Pourtant il n’est pas toujours simple de faire entendre sa voix le temps d’une consultation qui fait suite à des examens techniques ou cliniques. Le manque d’empathie ou la précipitation accentue cette asymétrie de relation entre le médecin et « son malade ». Une attente profonde se fait jour depuis l’expérience de mouvements et d’associations qui ont su s’emparer de cette question pour transformer la relation et la place du patient, notamment dans le cadre du traitement des maladies chroniques. Les commissions des usagers peuvent relayer les initiatives en ce sens pour promouvoir l’écoute de l’usager. Lequel doit aussi faire entendre sa voix dans la définition d’une stratégie thérapeutique efficace, efficiente et respectueuse de la personne dont le consentement aux soins doit être libre et éclairé.
Xavier Dumoulin
Docteur, écoutez !
 
23 secondes : c’est en moyenne le temps de parole du patient avant que le médecin ne l’interrompe pour diriger l’entretien.
Les médecins se plaignent d’être débordés par les contraintes et le manque de temps, et les patients de ne pas être écoutés. Pourtant, l’écoute est essentielle : elle est l’unité élémentaire du soin, elle détermine l’établissement du diagnostic, la qualité du suivi et l’efficacité du traitement.
 
En s’appuyant sur de nombreux exemples, Anne Révah-Lévy et Laurence Verneuil, professeurs de médecine et chefs de service hospitalier, dressent un tableau implacable du quotidien de l’hôpital. Elles démontrent les bénéfices de l’écoute pour le patient… mais aussi pour les médecins. Elles invitent les premiers à insister pour se faire entendre, donnent des pistes aux seconds pour écouter, exhortent les facultés à mieux former les médecins, et les politiques à entendre les deux camps… Afin de réhumaniser la médecine de demain et de soigner le système de soin. Cela ne coûte pas cher et tout le monde s’en portera mieux.

Anne Revah-Levy est pédopsychiatre, Professeur de pédopsychiatrie et chef de service à l’Hôpital d’Argenteuil. Attachée à une unité de recherche à l’hôpital Saint-Louis, elle fait de la recherche qualitative sur les expériences des patients. Elle a publié plusieurs romans au Mercure de France.

Laurence Verneuil est dermatologue et oncologue, Professeur de dermato-vénérologie et chef de service au CHU de Caen. Elle fait de la recherche fondamentale à l’Hôpital Saint-Louis. Parallèlement, elle s’intéresse aux approches complémentaires du soin, l’approche holistique du patient.

Au ciné à l’affiche : Le « Mal de pierres » d’une jeune provençale des années cinquante étouffée par son milieu et consumée par sa folie amoureuse…

Créé par le 26 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Mal de Pierres - la critique du filmSortie en salle le 19 octobre dernier, ce film met aux prises l’héroïne, jeune fille en mal d’amour, avec sa famille, ses amants et ses aventures fantasmées, et José (Àlex Brendemühl), travailleur agricole réfugié de la guerre d’Espagne, employé dans l’exploitation familiale, auquel elle sera mariée contre son gré.
La jeune femme, Gabrielle, sous les traits de Marion Cotillard, rêve d’un amour impossible avec son professeur de français qui ne répondra pas à ses avances et la désespère jusqu’à la folie. On la voit lécher amoureusement le nom de ce professeur sur la page de ce  livre du philosophe Alain « Propos sur le bonheur », prêté par l’homme de lettres.
Cette quête frénétique de bonheur se poursuivra durant tout le scénario qui plante le décor d’une passion dévorante entre l’amante malade et  frustrée, croyant découvrir pendant sa cure thermale, l’amour avec un soldat de retour d’Indochine. Elle  vit au plus profond d’elle même une passion pour cet amant fantasmé, par ailleurs musicien, qui excite en elle un vrai déchaînement de sentiments et d’extases charnelles…
En cours de guérison de ses calculs rénaux, Gabrielle devient mère d’un garçon qu’elle imagine le fruit de son amour premier.  Son fils, grandit dans le giron familial et devient un élève virtuose de piano. Rattrapée par son passé, Gabrielle s’échappe au décours d’un voyage familial à Lyon pour retrouver son amant qui n’a jamais daigné répondre à ses centaines de lettres amoureuses. Pendant son escapade son fils accompagné de son mari, José, présente le concours de musique, à l’origine du voyage, dont il remportera le second prix quand elle retourne désespérée auprès d’eux. Elle vient d’apprendre l’issue fatale de la maladie de son amant qui n’aura en fait jamais pu lire ses courriers. Cette révélation accompagne un renversement de psychologie à l’égard de José, cet homme qui fut en réalité, dans sa vraie vie, le seul véritable amant de cette jeune femme en mal de vivre…
Une sensualité débridée trouve à s’exprimer dans un contraste détonnant d’avec cette ambiance familiale très dure, reflet des mœurs   paysannes de la Provence du milieu du siècle dernier. La réussite cinématographique tient dans le double jeu de ce couple renversant qui se métamorphose en s’accomplissant dans la surgissement d’un passé exorcisé par le retour à la raison d’une épouse exaltée, étonnée et presque surprise par l’amour qui fait retour…Un vrai roman social au travers de ce film de Nicole Garcia, « cinéaste à l’ancienne ».
Xavier Dumoulin

Le singe capucin, nouveau « Monsieur Jourdain » de la pierre taillée?

Créé par le 25 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

C’est sous cette interrogation que Hervé Morin, journaliste, conclut provisoirement ses réflexions dans un article du Monde du 21 octobre dernier. Les singes capucins du parc national de la serra da Capivara dans l’Est du Brésil ont été filmés en train de fabriquer des éclats de pierre pour en « lécher illico la poussière avec avidité ». « Le singe s’empare d’un caillou pour en frapper un autre (et) le fracturer ».

Ces révélations ne manquent pas de déstabiliser nos modestes connaissances sur la plus ancienne utilisation de la pierre chez le kenyapithèque qui nous a livré ses ossements associés à des pierres et à des os intentionnellement brisés (1). L’idée d’un détournement de sens de ces découvertes majeures qui permettaient de situer le travail de la main de l’australopithèque avant celle de l’homo habilis a de quoi nous inquiéter.  Les gisements d’outils tranchants fabriqués avec des galets pourraient bien être la simple trace d’une frénésie de gourmandise sans autre objet!  (2)

Selon un spécialiste de l’Ecole d’archéologie d’Oxford la découverte du geste du capucin, ce « Sapajus libidinosus » qui crée des éclats par inadvertance et non dans l’objectif de s’outiller, soulève de nouvelles questions quant à l’apparition des premiers outils de pierre. Sans remettre en cause l’attribution des outils lithiques à des hominidés, elle nuance les distinctions sommaires établies pour caractériser les assemblages lithiques produits par les lignées pré-humaines. Les éclats de pierre éfilés ne peuvent plus être associés de façon implicite à la production intentionnelle de pierres destinées à la découpe.

Heureusement les archéologues savent lire le caillou taillé et « retrouver la mémoire de l’intention qu’il porte en lui » au travers de l’examen du tranchant de ces outils qu’ils aient servis à découper de la viande, tailler de la peau ou casser des os.

Mais s’agissant des récentes découvertes de pierres taillées dans un site de 3,3 millions d’années au Kenya, on peut tout de même s’interroger sur l’hypothèse d’une fabrication accidentelle par des singes archaïques, lointain ancêtres de ce capucin, ce « Monsieur Jourdain de la pierre taillée ».  Ainsi va le monde au fil de nos découvertes… (3) Décoiffant non?

Xavier Dumoulin, 23 octobre 2016

(1) On retrouve en Afrique et en Eurasie des traces d’outillage et de restes fossiles de cet homme debout qualifié d’homo erectus. Découvert initialement à Java en 1891, il fut surnommé homme-singe – « pithécanthrope » – mais il possédait en fait l’essentiel des caractéristiques humaines comme l’attestent les découvertes de l’homme de Mauer, de Pékin et du premier homo erectus trouvé sur les bords du lac Turkana en Afrique. Apparu voici 2 millions d’années, il se transforme progressivement en une forme plus évoluée. Ce présapiens vit en Asie, en Afrique et en Europe ; l’homme de Swanscombe en Angleterre et celui de Steineim en Allemagne annoncent l’homo sapiens. (Notes de Xavier Dumoulin)

Homo habilis inventeur de l’outil?

Homo habilis est contemporain des industries de pierre taillée, nommées oldowayennes. Celles-ci comportent des objets simples taillés généralement sur une seule face pour confectionner un outil (galet aménagé) ou pour obtenir des éclats tranchants.

Ces outils devaient lui permettre de découper des morceaux de viande ou de casser des os. Mais Homo habilis a coexisté avec certaines formes robustes d’Australopithèques, les Paranthropes. Certains scientifiques envisagent que ceux-ci étaient également capables de fabriquer des outils de pierre taillée. La découverte en 2015 de tels outils sur le site de Lomekwi 3 dans la région du lac Turkana au Kenya, datant de 3,3 millions d’années a bouleversé l’hypothèse selon laquelle l’apparition des outils de pierre serait liée à l’émergence du genre Homo.

( Extrait de la note Wikipédia  )

(2) Si l’on situe l’existence des primates à quelques 70 millions d’années, les premiers singes ne remontent qu’à 30 millions d’années. La plus ancienne utilisation de la pierre serait due au « Kenyapithèque », singe d’Afrique proche du « Ramapithèque ». L’étude des gisements d’os humains et de pierres travaillées par la main de l’homme constituent la base documentaire sur la préhistoire qui démarre véritablement avec « l’Australopithèque ». Ainsi connaissons-nous « Lucy » qui vivait il y a 3,5 millions d’années en Tanzanie. Sa découverte en 1974 après celle de l’enfant de « Taung » en 1924 permet de ranger « l’Australopithèque » du côté de l’homme. « Sont-ils nos ancêtres directs? s’interrogeait le regretté A.Leroi-Gourhan. la question est superflue répondait-il avec assurance! »

Les derniers « Australopithèques » disparaissent il y a 1 million d’années après avoir cohabité avec leur rival : l’homo habilis apparu il y a 3 millions d’années. Ce dernier fabrique des outils simples avec des galets dont il fait des outils tranchants.

L’homme de « Néanderthal » – dont on a découvert en 1856 le fémur et la calotte crânienne dans la vallée du Néander en Allemagne – constitue l’avant dernier maillon de l’évolution. « L’homo sapiens sapiens » va bientôt le supplanter. Apparu il y a plus de 100000 ans, sa disparition, il y a 35000 ans reste mal élucidée.

L’espèce de « Cro-Magnon » (trouvé à l’abri de Cro-Magnon en Dordogne) mais aussi en Allemagne et en Tchécoslovaquie se caractérise par sa grande taille et son cerveau identique au notre. c’est le début de l’Homo sapiens sapiens qui va se diffuser sur toute la terre, gagnant à pied l’Alaska puis l’Amérique du Nord par le détroit de Béring alors découvert des eaux ( le niveau de la mer était de 85 mètres plus bas). Cet homme essaime jusqu’à l’Australie sans doute à bord d’embarcations à partir de l’Asie du Sud est. Ainsi se développent à partir de groupes isolés des races différentes. (Notes de Xavier Dumoulin)

(3) « Mais qu’en est-il des tous premiers outils, de facture bien plus fruste, retrouvés en Afrique de l’Est? » s’interroge l’auteur de l’article du Monde. « En 2015, l’annonce de la découverte de telles pierres taillées dans un site de 3,3 millions d’années près du lac Turkana, au kenya, par l’équipe de Sonia Harmand avait fait sensation. a cette époque reculée, le genre humain n’était pas encore apparu, et seuls des australopithèques ou le mystérieux Kenyathrope arpentaient la région.

Les premiers outils n’auraient donc pas été façonnés par nos ancêtres directs. Pourraient-ils l’avoir été, accidentellement par des singes archaïques, lointains cousins des capucins? » Extrait de l’article précité du Monde du 21 octobre écrit par Hervé Morin

A lire aussi sur le blog citoyen

L’écho des savanes dans la nuit des étoiles

 

Habilis et érectus – que l’on croyait enchaînés par  un heureux engendrement  – auraient bel et bien cohabité  pendant près de cinq cent mille ans, en Afrique de l’Est,  il y a un millon et demi d’années. Cette découverte récente infirme donc la thèse préexistante d’une filiation chronologique pré-humaine faisant d’homo érectus l’enfant métamorphosé d’homo habilis. Pour mémoire, nous connaissions Lucy, notre antediluvienne arrière grand-mère australopithèque - cette chérie de l’anthropologue Yves Coppens - et savions qu’elle avait cohabité avec homo habilis, ce fabricant d’outils simples et tranchants à partir de galets. Ce dernier, avais-je cru comprendre, s’était développé sur plus de trois millions d’années pour s’épanouir pleinement et donner forme au pré-sapiens érectus, annonçant lui-même le  néanderthalien, ce sapiens à part entière, présent dans nos contrées avant l’avènement de son lointain cousin  sapiens sapiens, ce Cro-Magnon civilisé du paléolithique supérieur dont nous sommes les purs produits en tant qu’homme d’esprit, selon les dires du très regretté Leroi-Gourhan qui se moquait par ailleurs de cette désignation par trop flatteuse “d’homme de la totale sagesse”.

Depuis Boucher de Perthes et Darwin la connaissance de la préhistoire ne cesse de s’enrichir de théories révolutionnaires. Ces géniaux concepteurs d’une préhistoire matérialiste eurent tous deux maille à partir avec la sainte Eglise  avant que l’ingénieux abbé Breuil, premier grand admirateur de l’art pariétal, cet ornement magique ou religieux de la grotte de Lascaux, baptisée chapelle sixtine de notre préhistoire, ne réparât définitivement, un siècle plus tard, cette offense à l’intelligence humaine.

Une précédente découverte  avait déjà ébranlé, tout récemment, beaucoup de nos certitudes. Néanderthal que l’on croyait disparu pour cause de déficience immunitaire, aurait en fait été supplanté par son concitoyen, Cro-Magnon, en raison de son esprit pacifique, ce que le trop calculateur sapiens sapiens sut sans doute mettre à profit. Pour preuve, les traits de notre présente humanité qui récompense les rusés et les bellicistes plus qu’elle n’encourage les hommes de bonne volonté, n’en déplaise à Rousseau. Faudrait-il pour autant se ranger derrière les théories génétiques remises fort malencontreusement en honneur ces derniers temps? Ah! L’inné et l’acquis, l’animal et l’homme, la nature et la culture,   la tradition et le progrès, le diable et le bon Dieu, la transcendance et l’immanence, l’idéalisme et le matérialisme…

Dans ces temps lumineux favorables à l’observation des astres, un peu de métaphysique aiguise nos réflexions de philosophe profane.   Autant de sujets qui renvoient aux interrogations multiséculaires sur notre humaine condition. On sait depuis Montaigne se montrer modérément optimiste tout en  restant profondément humaniste. N’est-ce point, après tout, une posture bien raisonnable pour qui veut ménager un avenir humain? Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va tout en sachant s’arracher à notre primaire enfance pour devenir des hommes accomplis…

Xavier DUMOULIN, le 29 octobre 2007

123456...37

Nouveau regard, nouvelle Ec... |
democratia |
Mers El-Kébir Franc-Tireur |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les emprunts russes
| mouvement de soutien "waaxu...
| HYPERDEMOCRACY