a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

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L’art dans la rue ou dans le quotidien pour des liens qui libèrent…

Créé par le 09 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

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Il y a peu, dans la nuit du vendredi au samedi, une émission télévisuelle de grande écoute rediffusait un reportage suivi d’un débat sur l’art de la rue, le « street art ». Ce dernier trouve à s’exprimer par des tags et autres décorations d’artistes inconnus ou illustres, agissant de leur propre chef ou sur commandes publiques. J’ai ainsi entendu Miss-Tic dont j’apprécie le style de dessin. Un graffiti d’elle, sanctuarisé de longue date, s’offre à moi comme un clin d’œil à chacune de mes arrivées sur ce mur d’un endroit chéri, près des Gobelins, musée et station métro. La signature de cette artiste est l’une des plus célèbres dans ce genre qui s’offre à voir pour le plus grand délice des passants. Commentant cet art, l’adjoint au maire de Paris, Bruno Julliard, expliquait avec talent les destinées de ces tags, certains appelés à une longue vie en raison du leur qualité artistique et d’autres plus éphémères pour des considérations d’opportunité.

Dans les débats qui ont suivi le documentaire, un parallèle s’est imposé avec l’art pariétal du Magdalénien, avec l’exemple de la grotte de Lascaux. Ces ornementations animalières ne cessent d’interroger l’humanité sur leur sens quand on sait à présent apprécier leur condition de production, matériaux, techniques, couleurs… Mais pourquoi diable ces peintures enfouies dans des lieux inaccessibles de l’époque paléolithique avec ces symboles féminins et masculins donnant lieu à de vaines tentatives d’explications sans cesse remises en cause par une nouvelle découverte? Depuis Altamira, que de théories controversées à commencer par la difficile reconnaissance de l’authenticité de ces œuvres! A l’instar de ces galets transformés en outil par la main de l’homme des temps reculés qui firent de Bouchet de Perthes, la énième victime de l’obscurantisme religieux en ce milieu du XIX° siècle.

Pour revenir à nos tags préhistoriques que j’affectionne tant – en particulier ceux des mammouths de la grotte de Rouffignac confondus au milieu de ces tags plus contemporains de spéléologues du XIX° marquant leur territoire -, je crois pour ma part que la différence essentielle tient à leur nature ésotérique, rite initiatique plus que d’envoûtement, du fait même de leur enfouissement dans des lieux impénétrables au commun des hommes de ces temps, avec cette juxtaposition de peintures ou de gravures produites sur des millénaires dans ces galeries naturelles protégées de l’érosion des temps jusqu’à nos jours…

Loin de l’exposition à l’air libre et au vu du grand public comme cette dixième édition du musée dans la rue inaugurée samedi à Mont de Marsan, annoncée par cette affiche de visages grimaçants dont nous parlions dans un récent post. Des chorégraphies de comédiens et danseurs aux visages peints, en résonnance avec les créatures de Mauro Corda, alternaient avec les commentaires de quelques œuvres sur un parcours agréable. Cette trajectoire nous a conduit jusqu’à la villa Mirasol au milieu de cette petite assemblée ravie par ces sculptures de style et d’époque variés avec pour trait commun ce phare sur ces  »visages » d’expressions différentes. Une exposition visible jusqu’en novembre et qui offre une heureuse exploration dans ces rues montoises…

Tout cela inspire la promotion d’un art qui se donne à voir dans les lieux de vie à l’instar de l’action de l’artothèque de Pessac. Cette institution diffuse pour le plus grand bonheur des usagers de la grande région de la Nouvelle Aquitaine, des œuvres d’artistes appartenant à son fonds de dépôt artistique, sur un mode de prêt et d’animation en direction des collectivités, administrations et établissements sanitaires ou médico-sociaux de ce grand territoire. Une opportunité à saisir sans attendre!

Xavier DUMOULIN

L’esprit du Sud face au droit animalier, à l’éthique animale et à « l’idéologie végane »

Créé par le 02 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

.Le Torero de Mauro Corda, un bronze de 3,20m de hauteur, place des arènes de Mont-de-Marsan

Selon une correspondante de l’AFP, quelques milliers de personnes venues des Landes et d’autres départements ont manifesté samedi à Mont-de-Marsan, dans les Landes, pour défendre leur culture et leurs traditions, notamment la chasse à l’ortolan, face à l’opposition des écologistes. Entre 2.400 personnes (selon la police) et 8.000 (selon les organisateurs) auraient ainsi défié la pluie pour se rassembler devant les arènes pour défendre « l’esprit du Sud ». Sud-Ouest titre ce dimanche « Ils sont fiers de leur culture » relatant le rassemblement du « serment du Plumaçon » du nom des arènes montoises.

« Les chasses traditionnelles, dont celle de l’ortolan, sont le catalyseur de notre ras-le-bol ». « Un jour, c’est la chasse, un jour le gavage de canard, un autre jour la tauromachie… ras-le-bol de cette volonté d’uniformisation de notre société! » s’emporte à la tribune l’édile locale, élue MODEM, Geneviève Darrieusecq.

A ses côtés, le sénateur socialiste Carrère prône l’union sacrée dans une tonalité authentique et avec un accent qui porte bien cette culture du Sud-ouest : « les gens de droite, de gauche, communistes, socialistes ou centristes, tous sont aux côtés de la ruralité pour défendre notre culture et nos chasses » avant de lire une « Charte des libertés et de la diversité culturelle », remise à la préfecture le matin-même.

Aux côtés des politiques, l’ex-torero André Viard fait siffler Alain Bougrain-Dubourg et ses commandos médiatiques. La présence de cette assemblée hier, après la manifestation du 19 août dernier qui avait réuni quelques 2 à 4000 personnes, donne sens aux revendications identitaires de ces Landais.

Mais que penser de cette charte qui promet notamment de défendre « un patrimoine ancestral amplement partagé dans nos régions et qu’il appartient à l’Etat de protéger », de la chasse à la tauromachie, et de la gastronomie à la langue occitane?

Depuis le rejet de l’inscription de la tauromachie dans le patrimoine immatériel de l’UNESCO et la répression des manquements à la loi dans une interprétation restrictive de ses dérogations en matière de chasse à la matole des petits oiseaux, le monde de la chasse et de la corrida s’énerve.  En guise d’exutoire, le départ précipité de la préfète en poste à Mont de Marsan, l’été dernier, manifeste le degré de cette irritation des gens d’ici.

Ceux-ci font l’apprentissage dans leurs luttes de mots savants. Prenez cette idéologie « végane » hier encore dénoncée par les politiques locaux (1). Avec la reconnaissance récente et officielle de l’enseignement du droit animalier qui fait suite à de nouvelles façons d’envisager les relations entre l’homme et l’animal, notamment en matière d’élevage et d’abattage, cette mutation déplace aussi  le curseur vis à vis des tolérances à l’égard des chasses traditionnelles ou bien dans la défense de la tauromachie. Ne s’agit-il pas d’un vrai contre-sens quand on sait la part des sociétés de chasse dans la promotion des grands équilibres écologiques? Et celle des places tauromachiques dans le maintien d’un art équestre avec les écoles andalouse et portugaise et l’élevage des chevaux de pure race espagnole et des lusitaniens, utilisés pour la corrida de « rejon » (2) ou la corrida portugaise, celle-ci sans mise à mort dans l’arène et toujours très prisée du grand public. Sans oublier ces fameux élevages de « toros » qui offrent des produits de qualité tout en préservant un art de vivre ici et en Espagne.

On peut s’interroger sur la pertinence de traditions en perte de vitesse mais on doit respecter ces usages qui font encore partie intégrante d’un mode de vie et d’un rapport à la nature fruit d’un legs culturel qui vient de loin. A commencer par ce droit de chasse démocratique et révolutionnaire qui était jadis l’apanage des seigneurs, ne l’oublions jamais. Épouser son temps pour considérer autrement la relation avec les animaux et dénoncer l’élevage industriel est une chose. Défendre la ruralité et les usages  locaux constitue une tout autre affaire qui mérite un regard serein loin du vacarme parisien de ces provocateurs arrogants qui feraient bien d’être un peu à l’écoute des populations autochtones et de ce bel esprit du Sud.

Xavier DUMOULIN

(1) La consultation du site Wikipédia nous apprend que « le véganisme est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit ou service issu des animaux ou de leur exploitation. L’adoption de ce mode de vie découle généralement d’une idéologie qui propose une redéfinition normative de ce que devraient être les relations des humains aux animaux. » L’adoption d’une pratique alimentaire végétalienne exclut la viande et le poisson, mais aussi les produits laitiers, les œufs et le miel. « Le véganisme exclut la consommation de tout autre produit issu des animaux, de leur exploitation ou testé sur eux (cuir, fourrure, laine, soie, cire d’abeille, cosmétiques et médicaments testés sur des animaux ou contenant des substances animales). Il exclut également l’utilisation d’animaux dans le cadre des loisirs (chasse, corrida, cirques, zoos, etc.). » La personne qui opte pour le véganisme est ainsi dénommée végane

Le mot « végan » est aussi utilisé au masculin, et coexiste avec la forme épicène « végane » (utilisée au masculin et au féminin). »Le site Wikipédia nous renseigne aussi sur « l’antipécisme »,  » ce mouvement selon lequel la même considération morale devrait être accordée aux différentes espèces animales. Quant à « L’éthique animale », nous empruntons ce court développement à un internaute qui la qualifie de « quelque chose de similaire à la connaissance des Anges, à ceci près que nous sommes certains les animaux existent. Vous allez me dire qu’affirmer qu’un problème doit être ancré dans la « nature humaine », pour qu’il soit sensé d’essayer de le résoudre, relève de l’anthropocentrisme. Je vous répondrais qu’en ce cas, c’est toute la philosophie qui est anthropocentriste. Par ailleurs, il faudrait montrer en quoi l’anthropocentrisme est gênant dans le cas précis qui nous occupe, au lieu de le présupposer tel. A près tout, jusqu’à preuve du contraire, c’est l’homme qui écrit de la philosophie, pas les animaux, et il l’écrit pour l’homme.« http://www.ethiqueanimale.com/lethique-animale-proces-fictif-et-accuses-imaginaires-reponse-a-un-commentaire.html

(2) Un réjonéador est un cavalier combattant le taureau avec un rejón, javelot de bois qui a succédé à la lance dans la pratique seigneuriale du combat à cheval du taureau. La corrida de rejón ou corrida équestre porte encore le nom de « caballero en plaza » (synonyme de «  torero à cheval »). Source wikipédia

 

 

Eloge de la laideur par temps de grisaille

Créé par le 01 oct 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

image : Affiche Mont de Marsan Sculptures 10 - 2016Les oeuvres du sculpteur Mauro Corda prochainement exposées à Mont de MarsanAfficher l'image d'origine

Mauro Corda
A partir du 8 octobre, dans les rues de Mont-de-Marsan, l’exposition « Visages » met l’humain au coeur de la 10ème édition de « Mont-de-Marsan Sculptures ». Les oeuvres de Mauro Corda seront ainsi exposées aux côtés de celles de Charles Despiau, Christophe Charbonnel, Lisbeth Delisle, Diadji Diop, Jan Fabre, Annick Leroy, Laurent Reynès, Virepinte D., Camille Claudel, Igor Mitoraj, Auguste Rodin…Organisée depuis 1988, la triennale « Mont-de-Marsan Sculptures » décline, autour d’une thématique particulière, une série d’expositions et d’installations sur un parcours urbain, en écho au fonds de sculptures figuratives du Musée Despiau-Wlérick.Du 8 octobre au 6 novembre 2016, l’exposition « Visages » présentera une sélection d’œuvres et d’installations d’artistes modernes et contemporains positionnés le long d’un parcours piéton entre la Minoterie et les berges de la Midouze, le musée et ses jardins, ceux du Presbytère et du Conseil départemental, les jardins de la Villa Mirasol et la Rotonde de la Vignotte.

J’ai beau tourner et retourner ma carte d’invitation à l’inauguration de la dixième édition de Mont de Marsan sculptures intitulée « Visages », je ne vois que d’affreuses grimaces dans ces expressions faciales visqueuses en forme de ballon de foire d’un vert cru, tourmentées et suspendues à un fil qui les retient…(1)

Je les retrouve aussi sur de grands panneaux publicitaires, à l’entrée de ma ville, ces sept visages qui rivalisent de laideur pour annoncer l’évènement culturel de l’automne. Dans un premier temps, j’ai vécu cette rencontre avec l’image comme un choc s’accompagnant d’un sentiment de rejet esthétique. Cette agression primitive a évolué au fil des jours et de mes passages devant ces icônes. J’en suis revenu à plus de sérénité envers ces odieuses créatures. Et même à considérer que sur un plan commercial, je veux dire en terme d’accroche, il y aurait peut être là quelque chose de génial qui ne laisse pas indifférent.

Prochainement exposées dans la rue, l’affiche annonce des œuvres de Corda (2), Charbonnel, Claudel,  Delisle, Despiau, Diop, Fabre, Leroy, Mitoraj, Reynès, Rodin et Virepinte. Si mon amie montoise regrettée, Béatrice, talentueuse critique d’art, était encore avec nous, je me serais naturellement tournée vers elle pour me faire expliquer cette fascination pour la laideur. Peut être m’aurait-elle rassurée quant à mes réactions viscérales ou bien, au contraire, accompagnée dans un cheminement initiatique, pour regarder autrement ces faces répugnantes qui inspirent jusqu’au dégoût.

A la réflexion elles appellent à plus de respect quand on songe à ces visages tourmentés des bourgeois de Calais du musée Rodin et à bien d’autres œuvres de haute signature dans le sillon de Claudel…

J’en viens tout de go à une éloge de la laideur par ces temps sans clarté, avec ces catastrophes humanitaires dans un monde apocalyptique en proie au fondamentalisme annoncé il y a peu dans un roman couronné par l’académie française. De l’art à la littérature, du monde de l’esprit aux choses de la vie, cet obscur horizon qui s’annonce dans ces visions prophétiques d’un chaos universel, rappelle l’apocalypse de Saint-Sever. Une autre façon artistique d’évoquer cette fin du monde qui hante les esprits depuis les temps anciens.

Entre laideur et désespérance, il pourrait y avoir quelques connivences. Mais ce serait sans doute bien réducteur de considérer avec tant de trivialité ce message pathétique d’un art qui ne flirte qu’en apparence avec le mauvais goût. Rappelons-nous pour nous consoler l’ouverture puis la chute rédemptrice de ce poème de Baudelaire : « une charogne » (3)

Xavier DUMOULIN

(1) « Ses ballons nous emmènent à la porte des rêves illusoires, mais la chute est là, rire sarcastique, grimace d’écoeurement. Rouges, bleus, oranges, verts, jaunes, ils nous dévisagent du haut de leurs piques, ces Ballons suspendus. C’est comme à la fête foraine, l’ambiance n’y est plus, on n’y croit plus, on fait semblant de s’amuser, on mise en sachant qu’on ne peut que perdre ; il y a là comme un relent de mort annoncée. »
Thierry Delcourt, psychanalyste et critique d’art

(2) Le Torero, Mauro Corda, un bronze de 3,20m de hauteur a été commandé par la ville de Mont-de-Marsan à la suite d’une exposition du Musée Despiau-Wlérick (1991). L’attitude cambrée du torero, son visage, aux traits anguleux reflètent la noblesse et la force (cf l’illustration de notre billet  L’esprit du Sud face au droit animalier, à l’éthique animale et à « l’idéologie végane »)

(3) Une charogne

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d’été si doux : Au détour d’un sentier une charogne infâme Sur un lit semé de cailloux, Les jambes en l’air, comme une femme lubrique, Brûlante et suant les poisons, Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique Son ventre plein d’exhalaisons. Le soleil rayonnait sur cette pourriture,……Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses, Moisir parmi les ossements. Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine Qui vous mangera de baisers, Que j’ai gardé la forme et l’essence divine De mes amours décomposés !

L’animalité en politique

Créé par le 30 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Primaires! Le mot revient en boucle dans les éditoriaux et les titres. Une revue de presse n’y suffirait pas s’il fallait décortiquer ces postures et jeux de rôle avec mille arrière-pensées et autres supercheries qui mettent aux prises les rivaux. Les bien nommées primaires  n’excitent pourtant pas la multitude, indifférente à ces turpitudes de nos bêtes de scène qui tentent pourtant l’ultime séduction sous le regard froid du chaland.

Ce dernier ne s’en laisse plus conter. Loin de l’ambiance sulfureuse du pré carré des supporters et des dévots, le lampiste éclairé observe avec amusement tout ce tohu-bohu. Mais à quoi bon se presser à démêler le vrai du faux, le bon grain de l’ivraie dans ces harangues absconses qui alternent avec ces petits mots jetés à la figure du concurrent.

Sans compter ces renégats qui rivalisent de taquineries ingrates sinon d’injures envers leur leader historique. Ces tontons flingueurs s’agitent pour ne rien dire sinon défaire la réputation de celui qu’ils vouent aux gémonies. Ce faisant ils prennent l’opinion à témoin de leur versatilité quand ils s’apprêtent, dans la foulée de la primaire, à revenir à leur mouton oubliant tout de go, on l’imagine bien, lui avoir tondu la laine sur le dos.

Allez comprendre. L’un soutient à sa droite celui qui ferait obstacle à l’autre dont on sait qu’il s’opposera dans l’hypothèse de son élection. Mais à quoi bon la primaire qui postule la cohérence jusqu’au bout dans ce processus de présélection au sein des camps de la droite et de la gauche de gouvernement. L’autre hésite encore à figurer dans la compétition, à gauche,  en raison même de  cette équation difficile à résoudre entre la volonté d’en découdre avec le président sortant et sa possible récupération dans une évincement qui, selon la règle du jeu des primaires, aboutit à un ralliement de facto au gagnant. Quant au président sortant on ne voit vraiment pas comment il pourrait finir sa présidence s’il devait perdre la primaire. Autant sauter cette procédure débilitante qui ne sied nullement à la fonction présidentielle aux yeux d’un chef d’État tenté par un renouvellement de mandat.

Le suffrage universel, in fine, fera la part des choses et pourrait bien réserver des surprises qui n’en seront que pour ces agités qui n’ont, face aux menaces et aux périls, pas plus de jugeote que de sentiment d’abnégation, les deux pourtant bien nécessaires à la fonction régalienne. A force de laisser pourrir la politique dans ce spectacle nauséabond, il se pourrait qu’une désertion massive des urnes ne laisse la place aux plus démagogues. C’est du reste la calcul cynique d’un ex-président qui ne tient ses chances de salut que d’une abstention massive des sympathisants de la droite tentés dans leur majorité par un vote moins décalé.

En attendant, les affres des affaires et de la politique alimentent à tort ou à raison une presse avide de scandales qui se déversent au jour le jour dans les canaux médiatiques. Et, dans le clan Le Pen, on joue en famille une partition bien plus sordide encore dans ce grand déballage, quand s’offre enfin un horizon bouché par des rancœurs intestines mal digérées. Mais ici n’est-ce point la loi du genre? Travail, Famille…Tout fout le camp!

Ces gauloiseries primaires de nos animaux politiques prennent un drôle de tour. Après la Primaire de la droite on serait bien avisé de se raviser pour rivaliser sur un terrain propice au vrai débat d’idées. On se plairait à penser la réalité autrement qu’à travers des poncifes éculés! La posture politique pour la conquête du pouvoir est faite de duplicité, ça va de soi. Certes mais alors pour quoi en faire ou, plutôt  pourquoi faire?

Xavier Dumoulin

Oulaya Amamra crève l’écran dan le film de Houda Benyamina : « Divines »

Créé par le 26 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Impossible d’exprimer en trois phrases ce drame de banlieue qui met aux prises ces mouflettes que rien n’arrêtent dans leur quête insensée. On passe de la chronique sociale au polar dans ce défi de deux gamines, Douania et Maimounia qui cherchent à s’émanciper de leur condition en tombant dans l’abîme des milieux de la drogue et du crime.

Un jeu d’acteurs tout à la fois tendre et violent qui révèle  Oulaya Amamra et Déborah Lukumuena au grand public. Ces deux amies, à la vie et à la mort, défient leur milieu familial stigmatisé dans le ghetto. Sur fond d’amour et d’amitié, elles tentent de s’arracher des leurs par la recherche d’un argent facile dans une entreprise fatale.

Les codes de cette jeunesse en marge, enfermée dans l’exaspération qui la provoque, nous plongent dans un univers mental plein de paradoxes. L’amitié passionnelle des deux gamines complices et l’amour de Douania pour Djiki, le danseur sensuel, tranchent avec la dureté de la dealeuse Rebecca qui pousse au crime nos deux intrépides.

On appréciera surtout cette mise en scène psychologique dans ce monde de défi désespéré où le pire côtoie le meilleur. Avec cette figure triste à l’infini de l’abattement, après l’issue fatale d’une épopée tragique, qui fait suite à la crânerie éhontée. Une arrogance phénoménale de tous les instants, comme on la  croise parfois dans la vie, et que l’on retrouve dans ces postures théâtrales d’expressions rageuses exacerbées qui trahissent en fait une vraie fragilité, jamais assumée mais mal dissimulée. Par delà le risque d’une stigmatisation, le film dépeint un univers mental qui n’est cependant pas l’apanage de cette fraction des jeunes des banlieues issus de la diversité à laquelle la réalisatrice prête à ces « Divines » ces traits psychologiques.

Xavier DUMOULIN

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