a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

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Quand ça déraille au PS

Créé par le 15 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

 

« Le tract mal inspiré du PS » titre Le Figaro dans une rubrique de Laura Prat de Seabra qui dénonce les fautes d’orthographe et l’utilisation de promesses de la campagne 2012 pour discréditer le candidat Sarkosy dont le nom est « écorché », entendez amputé de son prénom.

A l’examen du texte on reste sur sa faim car le propos et les considérations d’usage ne dénotent pas en la matière. De quoi s’agit-il? « Siglé » (sic) du logo Les Républicains et intitulé «Les Réactionnaires: les propositions d’une droite qui déraille», ce dépliant d’une quinzaine de pages a été diffusé auprès des parlementaires lors du séminaire de rentrée du groupe PS à l’Assemblée nationale. Il est illustré de photographies des candidats de la droite à la primaire, accompagnées de citations ou propositions formulées par ces derniers. Parmi les griefs évoqués, «le chômeur – qui a perdu son accent circonflexe sur le dépliant – tenu d’accepter la première offre d’emploi», est en réalité une proposition appartenant au programme du candidat Sarkozy de 2012 et qui ne figure plus aujourd’hui dans ses propositions. Une erreur manifestement assumée, puisqu’à l’intérieur du dépliant la mesure est détaillée en citant le Figaro Magazine de février 2012, en convient bien, in fine, la journaliste. La critique demeure ensuite un peu courte car « Cinq ans plus tard, Nicolas Sarkozy propose une dégressivité des allocations chômage, assorti d’un retrait des subventions pour les demandeurs ayant refusé plus de deux offres d’emploi ou de formation » précise Laura Prat de Seabra reprenant le commentaire du dépliant. Et alors? Autre observation critique : « Le candidat LR Jean-Frédéric Poisson, dont la photo figure bien en couverture, ne voit apparaître ni son nom ni aucune de ses propositions. Un oubli surprenant de la part du PS à l’encontre du plus fervent opposant au mariage pour tous chez les candidats à la primaire. » Soit! Et la journaliste de conclure « Invité à réagir, le groupe socialiste à l’Assemblée, visiblement agacé par la polémique, n’a pas souhaité commenter. » Un non évènement donc.

Tout comme ce billet écrit entre le thé et le café matinal par un blogueur qui eut préféré avoir le temps de revenir sur le dossier Alstom quand Arnaud Montebourg, hier en déplacement à Belfort, reproche au gouvernement son manque de réactivité, voire son inaction, dans la période précédente de baisses de commandes publiques. Avec cette dénonciation de l’opposition, qui, preuves à l’appui, saisissait le président et le gouvernement en début d’année 2016. Mais alors peut-on regretter un certain attentisme de l’État quand on récuse dans le même temps toute proposition permettant de sortir du carcan de cette « concurrence libre et non faussée » qui lessive notre tissu industriel et ses emplois? Certes, en la matière, on peut légitimement questionner le ministre des transports sur la non renouvellement des bons de commande dans un marché qui a dû changer de fournisseurs. Et on devrait considérer avec moins de dérision les propositions de patriotisme économique de l’ancien ministre de l’industrie, Arnaud Montebourg , qui suggère de privilégier la cohérence dans le choix des fournisseurs en matière de commandes publiques. Quitte à payer l’amende en l’état de la législation européenne sur la concurrence. En examinant les propositions des candidats de la droite et de la gauche on se questionnera utilement pour savoir qui déraille en la matière!

Xavier Dumoulin

Primaire à droite et jeux de rôle

Créé par le 14 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Anne-Laëtitia Béraud et les chercheurs sollicités par ses soins s’interrogent dans 20 Minutes sur les motivations des outsiders des primaires à droite (1). Ceux-ci n’ayant aucune chance de figurer au second tour, à la différence de Juppé et Sarkosy, la question de leur intérêt à participer à cette élection semble bien légitime. D’où cette leçon de choses, politique sinon psychologique, construite autour de quatre hypothèses que nous empruntons à l’auteur de l’article ainsi que les citations des expertises sollicitées auprès de chercheurs en sciences politiques.

La première hypothèse envisage une candidature de « résurrection », voire de vengeance.

Copé illustrerait à merveille le cas de ces personnalités « sorties des limbes, prêtes à en découdre », après avoir évité la mise en examen dans l’affaire Bygmalion des fausses factures à la présidentielle de 2012. « C’est une candidature de résurrection, mais le motif de la vengeance est à mon avis tout aussi fort », souligne Arnaud Mercier, professeur de communication politique à l’Institut français de presse. « La candidature de Jean-François Copé vise à se venger de Nicolas Sarkozy, à ne pas laisser place nette à François Fillon, son ancien adversaire à la présidence de l’UMP en 2014, ou encore des autres candidats qui ont été ministres de Nicolas Sarkozy et qu’il surnomme la « bande des quatre » », ajoute le chercheur à l’Université Panthéon-Assas.

S’agissant de la candidature Fillon, le ressentiment d’avec Sarkosy vient immédiatement à l’esprit. « Il est son ancien Premier ministre et a eu le temps de nourrir sa colère. Par ailleurs, François Fillon sait qu’il est le troisième homme de cette élection. Il attaque Nicolas Sarkozy frontalement et tape fort sur les affaires judiciaires pour faire s’écrouler l’ancien président. » précise le politologue Thomas Guénolé.

La seconde hypothèse relève d’une volonté de gagner un maroquin et d’incarner la relève.

L’exemple de Valls, devenu premier ministre malgré son faible score de la primaire socialiste de 2012 (5,63%) ouvrirait des perspectives aux impétrants de la droite. Les candidats Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Geoffroy Didier (non qualifié à la primaire) pourraient ainsi espérer un ministère en cas de victoire de la droite en 2017. «Chacun prend date pour le tour suivant, à savoir la présidentielle de 2022, souligne Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof. « Tous savent que Nicolas Sarkozy ne repartira pas pour deux mandats, et Alain Juppé affirme qu’il ne fera qu’un mandat en cas de victoire à la présidentielle. Ils veulent donc incarner la relève », ajoute l’enseignant à Sciences-Po Paris.

La troisième hypothèse est qualifiée de « candidature-sanction ».

A l’instar de Marie-France Garaud et de Michel Debré en 1981 qui » souhaitaient torpiller Jacques Chirac à la présidentielle, car ils estimaient qu’il n’était pas digne de la fonction », selon le chercheur Arnaud Mercier. Lequel place aujourd’hui dans cette même situation Henri Guaino et Michèle Alliot-Marie qui ont décidé  de passer outre la primaire, qualifiée « d’escroquerie démocratique » par l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Les deux personnalités, en référence au gaullisme, estiment qu’une présidentielle se fait par « la rencontre d’un homme et d’un peuple ». Mais où peut mener cette capacité de nuisance à l’égard des favoris de la primaire de droite?

Se faire de la publicité constitue le dernier mobile hypothétique envisagé par Anne-Laëtitia Béraud.

La candidature à la primaire garantit la médiatisation. « La primaire est l’occasion d’exister pour un certain nombre de troisièmes, voire de quatrièmes couteaux », tranche le politologue Thomas Guénolé

Nadine Morano, avec ses propos polémiques sur la France, «pays de race blanche » attire les médias et pourrait bien trouver ensuite un moyen de monnayer sa captation d’une partie de l’électorat lepéniste. Frédéric Lefebvre,  président de son micro parti « Nouveaux horizons» profite de ces primaires pour sa promotion. « Les candidatures de Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien-Démocrate, et Hervé Mariton, sont des candidatures de témoignage », complète Bruno Cautrès, qui conclut : « Ils n’ont pas de prétention ministérielle et ne sont pas motivés par la vengeance. Avec la primaire, ils veulent faire vivre leurs idées conservatrices qui restent minoritaires. »

Et à gauche?

Ne pourrions-nous pas prolonger cette étude par un détour à gauche? On y verrait un Benoît Hamon, soucieux de sa publicité pour garder le leadership à la gauche du PS, retrouver un maroquin dans la foulée d’une présidentielle. Leadership disputé par une Lienemann, cette Garaud de gauche, qui pourrait bien chercher une candidature-sanction vis à vis du président Hollande et de son gouvernement. Avec peut être chez Filoche le même mobile à moins qu’il ne veuille accomplir un acte de pures représailles contre la loi travail et la politique libérale qui n’a plus rien de sociale, à ses yeux, et détricote le code du travail. L’ancien ministre, Duflot, espère peut être se refaire une notoriété en vue d’un éventuel maroquin dans un hypothétique gouvernement futur incluant la mouvance écologiste.

Arnaud Montebourg, le républicain socialiste, membre du PS, le mieux placé derrière Hollande, dans les sondages, n’a pas dit son dernier mot quant à sa participation aux primaires, si elles ne devaient être que celles des socialistes. A l’instar des gaullistes, il va à la rencontre d’un peuple. Mais cet élan se réduit-il à une candidature sanction? 

Mélenchon qui retrouve une pêche d’enfer, son régime alimentaire aidant, semble dopé par sa volonté d’en finir avec la cinquième République. Avec son nouveau registre sur le droit animalier, cet humaniste républicain de gauche retrouve une notoriété certaine qui a de quoi inquiéter Hollande. Ce troisième homme chercherait-il une résurrection dans cette échappée solitaire, à l’instar d’un Fillon, à droite?

A la vérité, Montebourg et Mélenchon ne figurent pas dans les outsiders, à gauche, tant leur posture fait résonance à ce besoin de renouveau. Besoin de renouveau qui explique paradoxalement le succès médiatique d’un Macron. Lequel, pour ne s’inscrire nulle part dans l’échiquier politique,  sinon en homme politique au libéralisme assumé, joue parfaitement de tous les registres pour son plus grand bénéfice immédiat. Alors que dire de toutes ces postures?

En politique, la duplicité serait incontournable comme nous l’enseignent les politologues aguerris. Sans doute, mais alors la seule question qui vaille revient au grand galop : à quoi sert cette duplicité? Au service de la grande politique comme on voudrait le croire encore? Ou dans la poursuite de gains mesquins à l’image de cette légion de gagne-petit de la politique?

Xavier Dumoulin

 (1) http://www.20minutes.fr/politique/1923915-20160913-primaire-droite-notoriete-ministere-vengeance-peuvent-gagner-outsiders

Sauver Alstom ou la bataille du rail…

Créé par le 13 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

AlstomLe logo du groupe Alstom

Le déménagement d’Alstom semble sur les rails avec l’annonce, mercredi dernier de la délocalisation du site de Belfort vers Reichshoffen, ville du nord du bas-Rhin située à 50 km de Strasbourg, d’ici deux ans. Pourtant Alstom venait de décrocher le marché du TGV du futur de la SNCF. SNCF Voyages, branche de l’entreprise publique chargée notamment de l’exploitation des TGV, avait convié la presse à la présentation le 7 septembre du « premier partenariat d’innovation destiné à créer une nouvelle génération de TGV ». Un marché crucial estimé à 50 millions d’euros et portant sur  la conception du nouveau modèle de TGV de la SNCF (1).

Malgré ce joli coup, la baisse des commandes actuelles justifierait cette décision de transfert selon le constructeur Selon Marine Rabreau, du journal Le Figaro, « pour l’année 2015-2016, Alstom (105 sites, 31000 salariés dans le monde) a réalisé un chiffre d’affaires de 6,9 milliards d’euros (en hausse de 7%), le résultat net a grimpé à 3 milliards d’euros dopé par la cession à General Electric, et sa marge est remontée à 5,3% (mais reste moindre que la concurrence). Au 30 juin 2016, le carnet de commande atteint 29,7 milliards d’euros, soit plus de quatre années de chiffre d’affaires.

Mais cette réussite est principalement due à ses activités à l’international, notamment dans les pays émergents. En France en effet, le marché ferroviaire est fragile et dépend principalement des commandes françaises, notamment de l’État français et de la SNCF, qui se sont amaigries ces dernières années, efforts budgétaires obligent. La charge de travail dans les 12 sites français d’Alstom va diminuer de près de 40% d’ici à 2018, selon le groupe. »

« La charge du site de Belfort étant la plus impactée » par cette baisse, « la direction d’Alstom a partagé un projet qui vise à recentrer ses activités exclusivement sur le service », a indiqué le groupe à l’AFP. Selon les syndicats environ 500 personnes travaillent sur ce site. Mais les propositions de reclassement faites par la direction concerneraient tous les sites d’Alstom et non seulement celui du Bas-Rhin. Pour mémoire, l’usine Alstom est installée depuis 1879 à Belfort, l’entreprise  y a construit sa première locomotive à vapeur en 1880. Elle a ensuite diversifié ses activités en produisant également des turbines et de l’énergie, une activité cédée à l’américain General Electric à la fin de l’année 2015. « Très récemment l’offre d’Alstom portant sur la fabrication de 44 locomotives de manœuvre et de travaux pour un montant de 140 millions d’euros n’a pas été retenue par Akiem, entreprise détenue à parité par la SNCF et Deutsche Bank, arrivée au capital en juillet. C’est l’allemand Vossloh -qui a par ailleurs des usines en Alsace- qui a été choisi », précise Marine Rabreau dans son très complet article du Figaro.

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/explicateur/2016/09/12/29004-20160912ARTFIG00262-alstom-ce-qu-il-faut-savoir-pour-comprendre-la-crise.php

Le président de la République tente de sauver le site après l’interpellation forte du gouvernement par de nombreuses voix. Celles des syndicats et des politiques parmi lesquels Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de la recherche et de l’industrie, ancien maire et parlementaire de Belfort, qui exige « vite un plan alternatif à la fermeture d’Alstom à Belfort » (2). D’où la tenue d’une réunion interministérielle lundi matin sur ce sujet. Autour de la table, outre le chef de l’Etat, le Premier ministre Manuel Valls, le ministre de l’Economie Michel Sapin, le secrétaire d’Etat à l’Industrie Christophe Sirugue et le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies. Le commissaire aux participations de l’Etat, Martin Vial, participait également à cette réunion concernant une entreprise dont l’Etat est actionnaire minoritaire.

« Nous avons appris il y a quelques jours les intentions de déménagement de l’entreprise. Le président a décidé de se saisir directement du dossier car cette décision n’était pas acceptable », indique l’entourage du chef de l’Etat. La candidature du constructeur ferroviaire français avait reçu le soutien financier de l’Etat…

Le président de la République a fixé un objectif à ses ministres : « celui de faire en sorte qu’à Belfort les activités ferroviaires d’Alstom soient maintenues », a déclaré Michel Sapin sur le perron de l’Elysée. Belfort restera un site de production « dans les mêmes proportions qui existent aujourd’hui », a de son côté assuré lundi soir Alain Vidalies, le secrétaire d’État chargé des Transports.

Ce dossier aurait pourtant été évoqué au conseil d’administration de l’entreprise, dans lequel siège un représentant de l’État.

Arnaud Montebourg a réagi par la voix de son directeur de campagne, François Kalfon qui dénonce le « laisser-faire » du gouvernement. « On peut toujours dire qu’on n’était pas au courant et se refiler la patate chaude. C’est une fable », dénonce-t-il. « Le boulot de l’Etat est de maîtriser la commande publique. J’espère que pour une fois, les salariés pourront bénéficier de la campagne présidentielle. Si au bout, ils perdent leur travail, c’est un savoir-faire qui tombera et qui ne sera pas remplacé. Cela signerait un nouveau Florange pour le chef de l’Etat ».

Selon l’expression de Thibaut Le Gal, pour 20 Minutes, le chef de l’Etat veut « chasser le spectre d’un nouveau Florange » (3). L’exécutif veut tout faire pour chasser le spectre de Moselle, qui a terni l’image du quinquennat. La fermeture des hauts fourneaux d’Arcelor Mittal en 2013 avait été vécue par les salariés comme une « trahison » du candidat Hollande.

« Il ne faut pas tout mélanger… Pourquoi ne pas citer les emplois créés dans le numérique, les succès à Saint-Nazaire, à Airbus, etc. », répond l’entourage du président. « On est dans une situation ou un gouverne, quand d’autres sont déjà en campagne électorale », abonde Frédérique Espagnac.

Pour la sénatrice socialiste, soutien de toujours du président « Le quinquennat de Hollande n’est pas en question ici. La priorité, c’est de sauver les emplois locaux ». Dans l’après-midi, François Hollande a appeler à « se mobiliser pour défendre notre industrie ». « Nous devons apporter des commandes » à Alstom.

Le journaliste Thibaut Le Gal pense que Hollande n’a probablement pas oublié la célèbre formule, « l’Etat ne peut pas tout », de Lionel Jospin en 1999 face aux milliers de suppressions d’emplois chez Michelin. Un aveu d’impuissance réitéré en 2002 devant  l’usine LU d’Évry (Essonne) qui avait probablement contribué à sa défaite à la présidentielle. La charge symbolique de ce dossier pourrait bien faire dérailler le train présidentiel…

Xavier Dumoulin

(1) En mai, le PDG Henri Poupart-Lafarge indiquait que son groupe avait répondu à un appel d’offres lancé par la SNCF et déclarait s’attendre à en connaître le résultat « rapidement ». La candidature d’Alstom avait reçu le soutien financier de l’Etat, via une coentreprise avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Le marché de conception avait été estimé à 50 millions d’euros par l’ex-ministre de l’Economie Emmanuel Macron.S’il ne garantit aucune vente future de TGV, ce contrat offre une perspective aux usines françaises d’Alstom, confrontées à une pénurie de commandes qui fait craindre aux syndicats une possible restructuration dans un proche avenir. Le groupe emploie 9.000 salariés en France, répartis sur douze sites (sources 20 Minutes avec AFP du 31.08.2016).

(2) Communiqué de Jean-Pierre Chevènement : Alstom à Belfort: vite, un plan alternatif à sa fermeture!

La fermeture par Alstom de l’usine de locomotives de Belfort qui y existe depuis plus de 140 ans, intervient au lendemain du départ de M. Macron. Celui-ci, en 2015, avait pris devant les salariés d’Alstom des engagements solennels en vue d’assurer le plan de charge de l’usine à travers notamment le programme « TGV du futur ».

Il ne sera pas moins nécessaire demain qu’hier à la SNCF d’acheter des locomotives de fret et des locomotives TGV.

La cession d’Alstom-Power à General Electric en 2014 était censée renforcer Alstom-Transport. Celui-ci vient d’emporter un contrat de 2 milliards de dollars aux Etats-Unis mais les emplois créés seront tous américains.

On attend du gouvernement de la France qu’il défende les usines françaises avec autant d’énergie que le gouvernement américain en mai pour promouvoir l’emploi industriel aux Etats-Unis. Particulièrement à Belfort où le taux de chômage est supérieur de trois points à la moyenne nationale.

Quel symbole ce serait que la disparition de l’usine mère de Belfort ! Je demande au gouvernement et au Président de la République qui connait bien le dossier Alstom de faire en sorte que cette entreprise présente sans tarder un plan alternatif.

(3) Alstom: Pourquoi François Hollande veut (absolument) sauver le site de Belfort

De la présidence Hollande à la présidentielle : Y aller ou pas?

Créé par le 08 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

En ce jour de rentrée sociale, avec la grève des enseignants qui n’ont pas renoncé à combattre une réforme contestée et l’annonce d’une reprise des actions contre la loi « travail », le président Hollande devrait prononcer un grand discours sur la démocratie face au terrorisme devant la fondation Jean Jaurès.

La découverte, hier, à proximité de Notre-Dame, d’un véhicule suspect contenant des bouteilles de gaz et des bidons de gazoil, réveille cette angoisse latente face au risque terroriste par temps de paix. La conjuration de ce risque n’est-elle pas aujourd’hui une des tâches les plus importantes du président qui doit par ailleurs relever les défis sur tous les fronts?

Celui de l’emploi notamment qui se conjugue avec ceux de l’économie et du social. Sans oublier de muscler la république dans cette période paradoxale qui voit s’effriter les valeurs démocratiques avec une attaque décomplexée, de la part de certains candidats, contre l’Etat de droit. Le monde judiciaire a pu ainsi réagir aux propositions outrancièrement sécuritaires de placement systématique en détention préventive des personnes inscrites au fichier S, en violation flagrante de la constitution. Dans ce contexte d’état d’urgence prolongé, c’est à dire d’abaissement temporel des procédures protectrices des libertés publiques, certains se croient autorisés à s’exonérer des références fondamentales et font même de la surenchère sécuritaire.

C’est dire l’importance du discours attendu de la part du président garant du respect de la constitution. On appréciera ainsi sa vision des équilibres en la matière et de la méthode de résolution de cette situation d’exacerbation des actions terroristes sur notre sol.

C’est dans cet exercice, du niveau des hautes charges présidentielles, que s’évaluent les véritables dons d’un chef d’Etat. Intelligence des situations, sang froid, éthique de la responsabilité, attachement aux valeurs républicaines et capacité à agir pour éradiquer les sources du terrorisme, autant qu’il est possible et de concert avec une diplomatie cohérente.

On reconnaîtra dans ce discours la capacité présidentielle à assurer le présent tout en préservant l’avenir. Dans cette conjoncture de préparation des primaires, avec des sondages qui traduisent un certain rejet de la politique gouvernementale et une impopularité au sommet de l’Etat, le président Hollande doit persévérer dans ses missions régaliennes sans  se laisser enfermer dans une vision politicienne et en écartant tout électoralisme. Il y a assez à faire pour assumer les grandes difficultés des temps présents. Quand certains voudraient voir des signes d’engagement du président dans la prochaine bataille des présidentielles, cette posture de « force tranquille » serait assurément la plus sage et la plus élevée. Y aller ou pas? Ce n’est vraiment pas la question du jour quand il faut rester aux commandes du bateau France.

Xavier Dumoulin

 

La période des pré-primaires entre bluff et discours de vérité

Créé par le 07 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Le temps n’est pas aux échanges apaisés dans cette rivalité qui précède les primaires. A droite d’abord dans cette guerre de tous contre tous. Avec le gros filon du thème de l’honnêteté et de l’exemplarité contre tous les soupçons, le mot est prudent, de comportements délictueux, jugés ou en passe de l’être, qui pèsent sur les deux principaux rivaux, l’ancien premier ministre, Juppé, pour le passé et Sarkosy, pour le présent et le futur.

Mais aussi autour des commentaires peu amènes des proches de l’ex-président vis à vis de ses ex-fidèles « candidats à la candidature », selon la dénomination même de Nicolas Sarkosy à leur endroit. Ces « ex » ont tous du ressentiment vis à vis de leur ingrat protecteur qui est plus enclin a donner des gages à ceux qui lui résistent plutôt qu’à ses courtisans. Alors  ils ont franchi le Rubicon, estimant ici qu’une ligne de rassemblement vaut mieux qu’un discours à droite toute et que la dérive identitaire conduit à la même impasse qu’en 2012 avec la ligne Buisson. Mais, s’il manque une colonne vertébrale gaulliste – que le député Guaino ne parvient toujours pas à imposer au sein de son parti -, la tentation reste entière pour les tenants de Nadine Morano de jouer la carte de l’alliance avec le FN. C’est une stratégie qui pousse encore un peu plus loin les signaux de 2012 et de ce début de pré-campagne de la part de Sarkosy qui donne dans l’identitaire et fera bon usage du travail de bout-en-train de sa challenger vis à vis de l’électorat FN.

A gauche, tremblements de terre et répliques depuis les déclarations, dans le plus grand désordre des fondeurs, Hamon et Lienemann, de l’écologiste Duflot et du socialiste républicain Arnaud Montebourg. Lequel semble nettement se dégager de ses rivaux du PS. Avec cette hypothèse d’une candidature Macron qui pourrait bien chambouler le jeu politique. Et ce vertigineux succès médiatique et son logique corollaire sondagier, plaçant Macron loin devant Hollande au premier tour dans tous les cas de figure, c’est à dire avec une candidature Juppé, Sarkosy, voir Juppé et Bayrou. De quoi précipiter le réveil du président qui  songe à présent à donner dès demain des signes forts de candidature virtuelle. Mais la période précédant l’entrée en campagne ne fait-elle pas souvent émerger des outsiders qui, pour finir, feront des scores électoraux décevants  à l’instar d’un Balladur en 1995 ou d’un Chevènement en 2002?

Dans ce climat de pré-primaires, une chose est absolument certaine : la candidature Mélenchon à gauche, avec cette bonne côte du député européen, le phénomène Macron qui fait irruption et bouscule le jeu, la guerre des chefs à droite, le capital entier d’attraction de l’offre lepeniste sur un électorat qui aurait besoin d’être mieux éclairé sur des choix stratégiques.

Où se situe aujourd’hui l’intérêt national et comment peut-on redresser la France, son industrie et ses emplois? Quelle sortie possible des traités européens qui phagocytent l’économie? Quelles protections vis à vis de la mondialisation libérale? Quel socle républicain pour le peuple de France dans une nation ouverte au monde?

Autant de questions qui appellent des solutions énergiques que tentent de construire des personnalités aussi différentes qu’un Montebourg ou un Mélenchon à gauche, un Guaino ou un Dupont-Aignan à droite.

Xavier Dumoulin

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