a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

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Ce clan, des néocons aux prétendus anti-racistes, qui moque Chevènement…

Créé par le 31 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Odieux battage médiatique autour des propos du président de la fondation pour un islam de France. Certains rivalisent de griefs et d’invectives, masquant mal leur profonde mauvaise foi!
Prenant prétexte des souvenirs des femmes qui allaient sans voile dans les rues du Caire ou d’Alger,  il y a de cela quarante à cinquante ans, évoqués devant les auditeurs de France-Inter par un Jean-Pierre Chevènement interrogé par Patrick Cohen, des internautes niais, reprennent en boucle l’antienne selon laquelle Chevènement ne serait pas retourné en Algérie ou en Egypte depuis des décennies. Et d’aucuns de faire leur presse autour de ces réactions, entretenant ainsi l’ambiguité!
Plus grave : telle journaliste de France-Culture feint de croire ces internautes et s’esclaffe sans retenue aucune pour dénoncer la soi-disant méconnaissance du monde arabe de l’ancien ministre, trahissant dans le même temps son manque de déontologie professionnelle et surtout sa bêtise assortie d’une mauvaise foi inouïe!
Se voulant plus féroce encore, tel historien arabisant écrit sur son blog : »C’est faire un mauvais procès à Jean-Pierre Chevènement que de lui dénier une certaine connaissance du monde musulman. Ce qui est en revanche problématique, c’est le caractère biaisé et partiel de l’expérience accumulée par celui qui préside, depuis janvier 2011, l’Association France-Algérie »… »En vue d’asseoir son crédit, M. Chevènement a mis en avant des séjours « au Caire, à Alger, il y a quarante ou cinquante ans ». L’ancien ministre de l’intérieur ne cache pas sa nostalgie pour les grandes figures du nationalisme arabe qu’étaient Gamal Abdel Nasser, au pouvoir en Egypte de 1954 à 1970, ou Houari Boumediene, à la tête de l’Algérie de 1965 à 1978 (avec Abdelaziz Bouteflika aux affaires étrangères). Cette nostalgie d’une époque révolue ne favorise pas forcément l’imagination et l’inventivité indispensables pour contribuer à une nouvelle réalité de l’islam de France ». Et Jean-Pierre Filiou de dénoncer, dans la plus grande confusion, les positions diplomatiques de l’ancien ministre sur les dossiers de l’Irak et de la Syrie.
Nous approchons maintenant de la véritable motivation de ces détracteurs bien mal inspirés par ces néo-cons qui organisèrent la plus grande ratonnade de l’histoire récente avec les deux guerres du Golfe et leur cortège d’atrocités. Rappelons la position de l’ancien ministre de la défense dans cette affaire.
Quant au dossier syrien, les revirements de la diplomatie française ont donné raison à la posture initiale de Jean-Pierre Chevènement qui désignait Daesh comme principal adversaire. On connaît à présent le prix payé par la France du fait du développement de cet Etat terroriste.
Plus surprenante, cette cabale du président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, selon qui le souverainiste «a multiplié les confusions et les dérapages». Idem pour le député PS du département Mathieu Hanotin qui, auprès du Lab d’Europe 1, s’est dit «scandalisé à double-titre». «D’une, sa rhétorique paternaliste et colonialiste (…). De deux, ses propos scandaleux et racistes sur Saint-Denis. Il fait une confusion mentale entre être Français et être blanc. La ligne rouge a été franchie. Il faut que le président renonce le plus vite à nommer cette personne», exhorte-t-il.
Piteux arguments calomnieux que met en miettes Laurent Bouvet dans son entretien au Figaro, publié sur ce blog sous le titre « Attaques contre Chevènement : l’odieux clientélisme de la gauche antiraciste ».
Xavier DUMOULIN
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Bernard Cazeneuve veut faire émerger un islam de France ancré dans les valeurs de la république

Créé par le 29 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

« La France a plus que jamais besoin d’une relation apaisée avec les musulmans ». C’est en ces termes, qui donnent le ton général de la perspective ministérielle, que Bernard Cazeneuve s’exprime dans un entretien au journal La Croix en ligne (1).

Le Ministre de l’Intérieur lance aujourd’hui la fondation pour un islam de France. Il rappelle que « la fondation traite de la relation entre la République et les musulmans  ».  Sa présidence reviendrait à Jean-Pierre Chevènement assisté d’un directeur. « J’accomplis cette démarche à la demande du ministre de l’Intérieur, à titre bénévole. Je pense que comme ancien ministre de l’Intérieur moi-même, je ne pouvais pas refuser de contribuer à cette oeuvre d’intérêt public » devait préciser l’ancien ministre à l’AFP dimanche 28 août (2).

Jean-Pierre Chevènement est l’invité du jour de France-Inter ce lundi 29 août à 8h20mn.http://www.ecouter-en-direct.com/radio-france-inter/

La « Fondation pour l’islam de France »,  doit être « le pont entre la République et les musulmans de France ». Jean-Pierre Chevènement ayant fait savoir qu’il acceptait d’en prendre la présidence, cette nomination est défendue par Bernard Cazeneuve : « Jean-Pierre Chevènement a accepté d’en prendre la présidence. C’est un grand républicain, qui a été le premier à mettre sur le métier une déclaration commune entre l’État et les responsables musulmans, dès les années 1990. Il connaît bien le monde musulman et son attachement à la laïcité est incontestable. Je rappelle que la fondation traite de la relation entre la République et les musulmans : qu’un grand républicain en prenne la tête au moment de sa création, avec en son sein de nombreux musulmans, revêt une vraie dimension symbolique. »

Le gouvernement doit préciser, ce lundi, les contours de cette fondation avec des consultations auprès des membres du CFCM, des personnalités de la société civile et des parlementaires (3). Au cœur de cette journée, il s’agirait donc de mettre sur pied, d’ici le mois de novembre, deux institutions : une Fondation pour l’islam de France à visée culturelle, et une autre instance à visée cultuelle. L’idée d’une Fondation des oeuvres de l’islam remonte à 2005 et avait été lancée par Dominique de Villepin mais jamais concrétisée et mise en œuvre (4).  « Cette journée constitue une nouvelle étape d’un travail engagé depuis de nombreux mois pour réussir la construction d’un islam de France dans le respect des valeurs de la République », a redit M. Cazeneuve dans cet entretien au journal La Croix.

Le ministre de l’Intérieur rappelle que la fondation « ne pourra pas financer le culte, c’est-à-dire la construction de mosquées ou la formation théologique des imams ». Elle « aura vocation à soutenir des projets, dans les domaines de l’éducation, de la culture, de l’engagement des jeunes, elle pourra prendre en charge la formation profane des imams, le développement de la recherche en islamologie ». « Des imams dotés d’un haut niveau de qualification »

Avec cette proposition de « création de nouveaux départements d’islamologie au sein des universités, avec un très haut niveau d’exigence scientifique dans les matières profanes, qu’il s’agisse de l’histoire des religions ou de l’étude des courants d’idées s’y rattachant », précise le ministre.

L’objectif est de « mettre fin progressivement au système des imams ‘détachés’ par des pays étrangers » pour   »faire émerger » « un islam de France ancré dans les valeurs de la République ».

Adossée à cette fondation, une autre structure doit être mise sur pied, sans que l’Etat ne soit partie prenante cette fois, pour financer la construction de lieux de culte et la formation théologique des imams. « On s’oriente vers un financement exclusivement français, qui viendra à la fois de mécènes et qui pourra gérer la collecte de la redevance halal sur laquelle on avance », détaille M. Kbibech. Cette redevance sera « une contribution – volontaire et négociée – des acteurs de la filière halal », précise M. Cazeneuve à La Croix.

Dans cet entretien et en réaction avec l’agitation autour du burkini, le ministre précise qu’une loi anti-burkini serait « inconstitutionnelle, inefficace ». Après la décision du Conseil d’Etat sur la suspension d’un arrêté municipal anti-burkini, le ministre estime donc qu’il serait vain et contreproductif de légiférer en la matière : « le gouvernement, comme l’a dit le premier ministre, refuse de légiférer sur ce sujet car une loi serait inconstitutionnelle, inefficace, et de nature à susciter des antagonismes et d’irréparables tensions ».

Mais le ministre invite les musulmans  « à s’engager avec nous pour l’égalité hommes-femmes, l’intangibilité des principes républicains, la tolérance qui fait le vivre-ensemble ».

Plus largement, Bernard Cazeneuve en appelle au calme : « La France a plus que jamais besoin d’une relation apaisée avec les musulmans. » Après tous les débordements liés à l’affaire du burkini, le ministre entend bien œuvrer pour que « la République soit déterminée à prendre dans ses bras tous ses enfants. Cela suppose aussi que tous les musulmans, avec l’ensemble des Francais, s’engagent dans une défense totale de la République face au terrorisme, face au salafisme, car la République est bien leur première appartenance », ajoute-t-il.

Mais cet appel à l’apaisement ne l’empêche pas de s’en prendre à l’opposition qui fait trop de bruits autour de ce dossier : « La France a besoin d’apaisement et de rassemblement, pas de ces emportements dictés par les surenchères liées aux primaires, qui portent en elles la division des Français en les dressant les uns contre les autres ».

Xavier Dumoulin

(1) http://www.la-croix.com/France/Politique/Faire-emerger-un-islam-de-France-ancre-dans-les-valeurs-de-la-Republique-2016-08-28-1200785101

(2) Chevènement: bâtir un « islam de France » sur une fondation, « cause nationale » http://www.chevenement.fr/Chevenement-batir-un-islam-de-France-sur-une-fondation-cause-nationale_a1853.html

Jean-Pierre Chevènement, dans un entretien au Parisien, le 15 août, et en pleine polémique sur le burkini, avait invité les musulmans à « la discrétion » dans l’espace public « dans cette période difficile ».« Tout sera mal perçu, quoi que je dise dans un sens ou dans un autre, est revenu l’intéressé dans un entretien à l’Agence France-presse dimanche. Il n’y a que des coups à prendre, aucun bénéfice personnel à escompter. Mais en même temps cette mission est nécessaire : faire un islam de France, c’est une cause nationale qui devrait réunir la gauche et la droite.

Pour mémoire, en juin 2015, le ministère de l’intérieur avait annoncé une réflexion sur une nouvelle structure lors de la première réunion de l’instance de dialogue avec l’islam. La première fondation, qui doit être présidée par l’ancien ministre de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement, « a vocation à soutenir des projets, dans les domaines de l’éducation, de la culture, de l’engagement des jeunes, a détaillé M. Cazeneuve. Elle pourra prendre en charge la formation profane des imams, le développement de la recherche en islamologie, être un acteur d’une meilleure connaissance de l’islam à travers ses productions littéraires et artistiques. » La nouvelle structure sera un pont entre la république et les musulmans ».

Un budget de l’ordre de 5 millions ou 6 millions d’euros est envisagé, à réunir auprès d’entreprises privées ou de personnes physiques. La fondation bénéficiera aussi de deniers publics et trois représentants des ministères de l’intérieur, de la culture et de l’éducation nationale siégeront à son conseil d’administration, aux côtés du président du CFCM, de cinq personnalités qualifiées et de deux membres d’un « comité des donateurs ». « Cette nouvelle structure sera le pont entre la République et les musulmans de France », ambitionne M. Cazeneuve. Un directeur général sera nommé aux côtés de M. Chevènement. « Il ou elle sera musulman », précise Anouar Kbibech, président du CFCM.

(3)  Selon le ministère de l’intérieur, il sera constitué de trois ou quatre représentants de l’État – membres de droit –, du président du Conseil français pour le culte musulman (CFCM), de deux représentants du collège des donateurs (entreprises ou particuliers donnant à la fondation) et de personnalités qualifiées (théologien, chercheur, écrivain…). C’est à ce conseil d’administration qu’il reviendra de désigner son président, sur proposition de l’exécutif.

(4) Dix-huit mois de travail pour « un islam de France »

15 juin 2015. L’« instance de dialogue avec le culte musulman » se réunit pour la première fois au ministère de l’intérieur, en présence de membres du Conseil français du culte musulman et des fédérations musulmanes, mais aussi des représentants « des grandes mosquées, de la société civile », rejoints par des imams et des « intellectuels ».

Quatre ateliers sont organisés, mêlant représentants de l’administration et de la communauté musulmane : construction et gestion des lieux de culte, islamophobie, pratiques rituelles (halal, pèlerinage à La Mecque, etc.) et formation des imams.

Deux guides pratiques sont rédigés. L’un sur la construction et la gestion des lieux de culte, l’autre consacré à l’abattage rituel. Les règles concernant les carrés confessionnels dans les cimetières sont également rappelées.

21 mars 2016. La deuxième réunion de cette instance est consacrée à la lutte contre la radicalisation, axée sur la nécessité d’un « contre-discours » sur Internet et la promotion d’un islam du « juste milieu ».

Un décret, qui doit être soumis au Conseil d’État, va rendre obligatoire l’obtention d’un diplôme universitaire (DU) sur l’histoire et la laïcité pour tous les aumôniers salariés à l’hôpital, en prison ou dans l’armée. Le nombre de ces DU est passé de 3 en 2014 à 15 aujourd’hui.

Pour sa sortie toulousaine, Mélenchon réussira-t-il son retour?

Créé par le 28 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

L’ambivalence du titre renvoie à celle du personnage. Installé dans un jeu tribunitien qui frise parfois la démagogie, Mélenchon, qui se pose en leadership de la « France insoumise », continue à surprendre. Cet apôtre de la révolution citoyenne oscille entre un radicalisme verbal au ton provocateur - son fameux « Qu’ils s’en aillent tous » – et le souci d’une image rassurante, celle du « bulletin de vote stable et sûr ».

Le paradoxe du « mélenchisme » réside un peu dans ce balancement entre une façon d’être agressive, dans ce paysage politico-médiatique assoiffé de spectaculaire et de scandale, et une volonté d’élever le débat citoyen au-delà des lieux communs. La présence, à ses côtés, d’un économiste raffiné, Jacques Généreux ou d’un philosophe reconnu, Henri Pena-Ruiz, manifeste cette légitimité intellectuelle et cette capacité attractive qui avait trouvé à s’exprimer avec force au premier tour des présidentielles de 2012.

Depuis, le tribun peine à se faire entendre. Il n’a plus le vent en poupe. Contesté par les siens au sein du Front de gauche, il a même dû faire le forcing pour imposer sa candidature sur laquelle les communistes et leur parti demeurent à ce jour réservés. A l’exception de ceux qui doutent d’une candidature alternative du même acabit. Les propos matinaux de Pierre Laurent sur France inter n’en demeurent pas moins ouverts sur l’hypothèse d’une candidature commune avec un Mélenchon ou un Montebourg…

Le candidat fait sa rentrée politique ce dimanche 28 août à Toulouse d’où il prononcera un discours « très large », selon son entourage, à l’occasion d’un pique-nique. Entre 500 et 600 militants de « La France insoumise », le mouvement créé par l’ancien patron du Parti de gauche pour soutenir sa candidature à la présidentielle, sont attendus dimanche. Ce rendez-vous précède la publication d’un livre  »Le Choix de l’Insoumission » à paraître le 8 septembre au Seuil et de l’organisation en octobre de la première convention nationale du mouvement pour se structurer et arrêter le programme.

Dans ce contexte, quelles peuvent être les chances d’un nouveau départ? Dans quel dessein et avec quel message?

Dans son interview au Monde auprès de Patrick Roger et de Raphaëlle Besse Desmoulières (1), le candidat situe le cadre de cette élection sans précédent du fait de « la décomposition de la société lors des derniers quinquennats » et de la perte des repères politiques. Avec cette possibilité d’une abstention massive ou bien d’une « participation punitive sévère pour en faire le coup de balai ».

La contestation de la loi El Khomri avait ouvert « un espace politique mis à mal par les délires sécuritaires » sur fond de terrorisme qui « ont déplacé le centre de gravité vers les thèmes morbides ».

Dans ce cadre difficile, les candidatures Hamon, Montebourg, Lienemann, Filoche et Duflot n’inquiètent aucunement Mélenchon qui pense même en bénéficier. Ne disent-elles pas comme lui que Hollande a échoué? « Ils travaillent pour moi », estime le candidat.

S’agissant de l’alliance avec le PC, la porte reste ouverte. Mais prévient Mélenchon la présidentielle et les législatives, c’et la même campagne. D’où cette dénonciation des alliances au cas par cas souhaitées par Pierre Laurent qui refuse l’idée d’un accord national.

A droite Mélenchon dénonce « les surenchères sécuritaires » et « la haine des musulmans ». Pour le reste Sarkosy représente « une barbarie sociale effrayante » (retraite à 64 ans, suppression de la durée hebdomadaire du travail…). Quand la droite veut charger le bulletin de vote de « communautarisme, d’ethnicisme, de questions religieuses », lui propose « des objectifs sociaux, écologiques et institutionnels ».

Le candidat s’en prend aux dogmes économiques et poltiques de « l’Europe à l’allemande » qui ont tout bloqué. Pour changer l’Europe – plan A-, il faut être capable de la quitter – plan B -! Car « s’il n’y a pas de plan B, le plan A ne fonctionne pas ». Ce qui distingue Mélenchon, selon lui, des autres courants de gauche, c’est « la nation comme levier de la bataille européenne ». Un nouveau traité est prévu pour 2017. Donc le choix du prochain président est un choix sur l’Europe. Mélenchon veut donc faire de la présidentielle « un référendum sur les traité européens ».

Interrogé sur l’affaire du burkini, Mélenchon s’insurge contre l’odieuse « instrumentalisation communautariste du corps des femmes » qui constitue « un affichage militant ». Mais Valls a tort d’en rajouter et « personne n’est dupe de ses indignations à géométrie variable ».

Quand à l’accueil en France des réfugiés qui se pressent aux portes de l’Europe, M. Mélenchon rappelle n’avoir « jamais été pour la liberté d’installation ». « Quand les gens arrivent, il faut une politique humaine et les traiter dignement », nuance le candidat mais « l’urgent est qu’ils n’aient plus besoin de partir de chez eux. Je suis pour la régularisation des travailleurs sans papiers mais pas pour le déménagement permanent du monde, ni pour les marchandises ni pour les êtres humains ». Prenant l’exemple des médecins, le candidat se dit même favorable à une politique des quotas.

On mesure le chemin parcouru dans la vision de la France, de la nation, de l’Europe ou sur les questions sociétales et de l’immigration. Pour avoir soutenu le traité de Maastricht avant de rejoindre le camp du Non en 2005, Mélenchon se refusait, il y a peu encore, à prendre des positions audacieuses,  par peur d’être caricaturé par cette gauche qui a trop longtemps rejeté les symboles républicains – marseillaise, drapeau bleu-blanc-rouge – et la défense de la nation.

Cette gauche écolo-bobo qui, sur les questions sociétales ou celle de l’immigration fait preuve d’un entêtement petit bourgeois dans le politiquement correct comme l’expriment à l’envi les réactions de rejet des propos de Jean-Luc Mélenchon au Monde (2).

On appréciera donc la liberté de ton d’un candidat qui combat à juste titre les politiques d’austérité à la racine et  l’angélisme des bien pensants de tous poils. On regrettera cependant son refus de dialogue avec les courants de cette même sensibilité républicaine. Cette critique vaudrait aussi pour l’ensemble des prétendants du camp républicain à la recherche d’une alternative à cet enfermement de la France dans une Europe néolibérale. Mais n’est-ce point dans la dynamique  d’une candidature à la présidentielle que se réalise l’émergence de cet homme de la nation?

 Xavier DUMOULIN

(1) En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/08/24/melenchon-le-choix-du-prochain-president-est-un-choix-sur-l-europe_4987092_4854003.html#gRLbxUoEZCKWkwze.99

(2) Cf Lucile MALANDAIN – AFP – samedi 27 août 2016

« Des déclarations vivement critiquées aux journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts à Lorient. « Il n’y a pas de populisme de gauche », commente David Cormand, le secrétaire national du parti. « Jean-Luc Mélenchon n’est ni raciste ni xénophobe mais il veut reconquérir un électorat qu’il considère lui être acquis et qui est parti au Front national, en lui donnant des gages », regrette-t-il.
« Plus la gauche déporte le débat sur la droite, plus les autres se radicalisent », estime Cécile Duflot. « Mais où est son discours de Marseille? », interroge-t-elle à propos de la dernière prise de parole publique du candidat du Front de gauche en 2012 où il défendait l’immigration et le vivre ensemble « tourné vers la Méditerranée ».
« Nous pensons qu’il faut aborder la question de l’immigration de manière positive et offensive », a également observé le secrétaire national du parti communiste venu à Lorient participer à une table-ronde sur la loi travail. « Il ne faut pas se laisser impressionner par ceux qui veulent nous faire renoncer à cette ambition là, le monde de demain est un monde de migration et de mobilité », poursuit l’ancien allié de M. Mélenchon. »

 

 

 

Pour l’éditorialiste de 20 Minutes, Valls sème toujours la zizanie à gauche!

Créé par le 27 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

http://www.20minutes.fr/societe/1914023-20160826-arrete-anti-burkini-suspendu-assumons-debat-lance-manuel-valls

L’éditorial politique du journal 20 Minutes, se penche aujourd’hui sur le cas Valls. Le Premier Ministre serait à la gauche ce que Sarkosy est à la droite…

Simple question de caractère? Non Valls est aussi celui par qui le scandale arrive! Il allume le feu, il clive, il provoque …

Allons donc! L’éditorialiste enfonce le clou : Manuel Valls n’est pas de gauche, il n’est pas du sang de la gauche française tout comme Sarkosy n’est pas du sang (gaulliste?) de la droite française! Et l’argument idenditaire permet de pousser le bouchon plus loin.

Ce Catalan ne partagerait pas la défense des minorités, des droits acquis dans l’entreprise, du multiculturalisme… Il n’épouserait pas la culture de l’excuse. Autant de thèmes inscrits dans les chromosomes de la gauche.

C’est pourquoi il s’oppose à ses camarades socialistes sur la question des rooms, du cannabis, des prisons et de la politique sécuritaire, de la réforme du code du travail, et, point d’orgue, sur le burkini!

Le voici en effet contesté non seulement par le conseil d’Etat mais aussi par ses ministres à l’instar de Vallaud-Belkacem ou de Marie-Sol Touraine, toutes deux représentatives de ces ministres politiquement corrects, rajoute notre éditorialiste. Ils  sont tous contre lui.

Observons plus sereinement que Manuel Valls, ce mal aimé des socialistes – avec son piteux score des 5% aux primaires socialistes de la précédente présidentielle – n’en demeure pas moins chef du gouvernement. Il gouverne sur tous ces sujets avec l’appui du P.S et la bénédiction de François Hollande qui présida les destinées du P.S de très longues années après l’installation de son prédécesseur, Lionel Jospin, à Matignon en 1997.

Quant à affirmer, dans cette litanie de griefs, qu’il ne serait pas représentatif de la gauche française c’est aller un peu vite en besogne! Rocard, en son temps, en se revendiquant lui-même de Mendès-France, n’a -t-il pas ouvert la voie à cette gauche réaliste? Cette référence à la deuxième gauche d’un Valls bouscule les lieux communs de la gauche. Mais nous voila en pleine confusion.

Car, en réalité, les termes du débat ne sauraient se laisser enfermer dans cette approche caricaturale mais bien réductrice. Une partie de la gauche est, il est vrai, enfermée dans un héritage à gauche qui charrie sans nuances un ensemble de poncifs éculés. Ceux-ci sont fondés sur un système de représentations qui donne dans l’angélisme et fait fi des réalités trop triviales. D’où ce fossé entre la gauche social-démocrate et les attentes populaires.

L’anti-racisme, le multiculturalisme, la croyance en l’existence d’un peuple européen et en la fonction régulatrice du grand marché européen, l’ouverture des frontières… Autant de thématiques glissantes vers une perspective libérale et libre échangiste qui conduisent les socialistes à s’opposer becs et ongles au protectionnisme, fut-il à l’échelle de l’Europe, à la sortie de l’euro – comme monnaie unique – et des traités européens. Avec, parfois, cette aversion envers  la réalpolitik versus les « droits de l’hommisme ». Prenez l’exemple des égarements de la diplomatie sur le dossier syrien!

Engoncée dan ses propres contradictions la gauche ne sait pas gérer son rapport à la réalité. Quand elle se veut réaliste, elle compose avec le néolibéralisme et épouse sans réserve les crédos les plus écoulés de l’économisme austéritaire. Quand elle n’en peut plus de son divorce d’avec son propre camp et sa base, elle exorcise le mal dans les discours des congrès socialistes sur le registre « A gauche toute »! Et ça marche. Enfin le temps d’un congrès et d’une alliance de circonstances. Vient ensuite le temps des frondes, des colères rentrées et des retournements de vestes…

D’où ces postures équivoques et cet éloignement durable des simples gens préoccupés par les sujets de vie quotidienne. Ceux-ci expriment un besoin de sécurité et de protection et s’indignent des privilèges usurpés par ceux d’en haut, amalgamant la classe politique, les  grands patrons du CAC 40 et la finance internationale. Avec parfois, en réaction à l’angélisme des bien pensants, ce dérapage entretenu par les démagogues dans la dénonciation des boucs émissaires…

Comment en sortir? « Partir du réel pour aller à l’idéal » enseignait déjà Jaurès. Une voie à suivre pour en finir avec ces postures équivoques. Il y a quelques années la dénonciation des « nouveaux réactionnaires » voulait en découdre avec toute velléité de s’émanciper des lieux communs de la gauche. C’est pourtant une tâche plus que jamais nécessaire. Après l’échec historique de la gauche qui a perdu la bataille des idées en ralliant la perspective européiste, il faut à nouveau défricher le champ idéologique en refusant les faux-semblants et les fausses évidences.  Un combat gramscien, en quelque sorte, pour refonder la république et redonner toute sa place à la citoyenneté et la laïcité. C’est tout le sens de ces mots de Jean-Pierre Chevènement, mis en exergue dans le bandeau de notre blog citoyen, socialiste et républicain :

« Soyez fidèles au peuple, c’est-à-dire aux simples gens, À la France, terre de liberté, d’où un « cavalier français – Descartes – partit un jour d’un si bon pas », Liberté qui donne le caractère et non le laisser aller, Pays de citoyens où la République est exigence ou bien n’est pas. »

Une autre façon d’assumer notre héritage sans sombrer dans la facilité. Et de résister aux vents dominants…

Xavier DUmoulin

Un débat sur l’identité relancé ad nauseam!

Créé par le 26 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

« Ce débat sur l’identité relancé ad nauseam est pernicieux et dangereux, précisément parce qu’il permet toutes les dérives. » Dixit Marisol Touraine venant ainsi contredire le premier ministre Valls dont on connaît la posture pro arrêtés, mis aussi en difficulté sur ce sujet par les propos nuancés de ses autres ministres parmi lesquels Najaud-Belkacem et Villeneuve. Ceux-ci ne s’inscrivent-ils pas dans une approche raisonnée de cette question émergente? A la manière du maire de Juan-les-Pins, Jean Léonetti, député LR, qui se refuse à de tels excès en l’absence de troubles à l’ordre public, à la différence de ses amis de la côte du même bord.

Avec les arrêtés anti-burkini, pris en considération affichée de risques de troubles à l’ordre public, dans cette région meurtrie par les attentas de Nice, dans une France également endeuillée par la répétition de tueries revendiquées par Daesh, la tentation d’une récupération politicienne menaçait de pourrir le débat. C’est chose faite avec la posture identitaire de l’ex-président candidat! Sarkosy s’engouffre comme à son habitude sur un terreau glissant, surfant sur cette vague estivale qui vient à point.

La médiatisation de l’affaire joue cependant dans les deux sens. Cette image d’une femme, verbalisée sur la plage à grand renfort de policiers et montrée du doigt par les estivants qui l’entouraient en raison de sa tenue, à de quoi inquiéter. Dans cette ambiance délétère, les termes du débat sont pipés. Et le maire de Paris, Anne Hidalgo, a bien raison d’intervenir à son tour pour un rappel à la modération.

Ne sombrons donc pas dans une stigmatisation qui raviverait les passions sur cette affaire. Le conseil d’Etat tranchera en droit ce jour à 15 heures. Mais il n’épuisera pas le sujet. Revenons-en aux vraies questions.

Oui, le port du burkini n’est pas en soi réducteur à une tenue de mode et peut même signifier une perspective humiliante pour la femme en faisant fi de décennies de lutte féministes.

Oui, le port du burkini peut, dans certaines situations, constituer un symbole d’allégeance à un islamisme militant intransigeant.

Oui, le port du burkini peut menacer l’ordre public quand l’émotion des populations est exacerbée dans ce contexte très particulier de la France endeuillée.

Non, le burkini ne constitue pas, en tant que tel, une atteinte aux principes de la laïcité quand son usage relève d’un choix personnel de tenue de bain. Au demeurant,  le choix de rester habillé sur la plage ne saurait constituer un délit généralisé sauf à porter une atteinte grave aux libertés fondamentales.

Il est grand temps de freiner cette déferlante de propos politiciens ambivalents sinon stigmatisants qui, sous prétexte d’une idéologie supposée s’exprimer dans la tenue burkini – c’est la thèse du premier ministre, de l’ex-président candidat et des maires pro-arrêtés – justifierait une posture généralisant l’interdiction de l’habit à la plage en raison d’un trouble à l’ordre public inhérent à la présence de femmes en burkini.

Une telle caricature de la réalité et du droit gomme la complexité et la diversité des situations. On devine ses objectifs. Au travers de la dénonciation du burkini, l’interdiction du voile à la plage, prônée par les identitaires « jusqu’au boutistes » ne repose sur aucun des fondements et principes du droit français. Cette idée saugrenue de vouloir légiférer en la matière est bien mal inspirée dans une période qui suppose plus que jamais de cultiver « le vivre ensemble » dans une république laïque, respectueuse des libertés publiques.

De ce point de vue, le « ni provocation, ni stigmatisation » du président Hollande renvoie à une posture équilibrée, nuancée et juste. Mais ce recadrage bien nécessaire suffira-t-il ?

Xavier Dumoulin

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