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Chevènement à voix nue

Créé par le 28 mar 2020 | Dans : a-le quartier libre de XD, a2-Blog-notes politique de XD

Chevènement à voix nue

France-Culture diffusait cette semaine l’enregistrement des entretiens de Jean-Pierre Chevènement avec Gérard Courtois dans l’émission

« A voix nue » du lundi 21 au vendredi 27 mars de 20 heures à 20h30mn. Le podcast est disponible sur le site de France-Culture

http://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/jean-pierre-chevenement-un-republicain-ombrageux-15-belfort-paris-en-passant-par-lalgerie

 

Cette écoute permet de mieux situer l’essentiel de la trajectoire politique du militant du CERES, co-fondateur du parti socialiste aux côtés de François Mitterrand au congrès d’Epinay sur Seine en 1971.

Chargé de l’écriture du programme socialiste puis du projet socialiste qui inspirerent tour à tour le programme commun et les 110 propositions de François Mitterrand, il fut l’allié de Mitterrand au congrès de Metz du PS de 1979 qui préparait la victoire de 1981 en confirmant la stratégie d’union de la gauche.

Ministre de la recherche et de l’industrie (sous les gouvernements Mauroy), de l’Education nationale (sous celui de Fabius), de la Défense (Rocard) et de l’Intérieur (Jospin), il s’est opposé à la parenthèse de la rigueur en 1983. Il démissionna trois fois en désaccord sur les questions de politique industrielle (1983), suite au déclenchement de la guerre contre l’Irak (1991) puis contre le projet de statut de la Corse conférant aux compétences de la région des délégations de compétences législatives (1999).

Il assuma sa rupture avec le PS après son refus du traité de Maastricht et fonda en 1993 le MDC. Cet élu du territoire de Belfort comme maire, député puis sénateur pendant près de quarante ans fut aussi candidat aux élections présidentielles de 2002.

A la tête du club République Moderne qui traduisit une inflexion républicaine du CERES dans le sens de la synthèse jaurésienne et dans le sillon de Mendès-France, il créa ensuite la fondation Res-Publica, toujours très active à ce jour, qui offre un foisonnement de réflexions sur des sujets majeurs au travers de colloques et dont les actes sont disponibles sur le site dédié. L’originalité de Jean-Pierre Chevènement tient peut être dans cet éclectisme qui revendique pleinement une filiation gaullienne depuis les évènements d’Algérie. Chevènement et son courant ont ainsi permis la rupture du nouveau PS avec l’atlantisme de la vieille SFIO et l’adoption de la doctrine gaulliste de la dissuasion du faible au fort et de la sanctuarisation de notre territoire  dans les années 70. 

Les cinq séances de diffusion abordent les épisodes de cette vie militante dans une aventure intellectuelle et politique en présentant les différents parcours de ce « républicain ombrageux » :

Belfort-Paris en passant par Alger (1),

https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/jean-pierre-chevenement-un-republicain-ombrageux-15-belfort-paris-en-passant-par-lalgerie

mousquetaire de l’union de la gauche (2), 

https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/jean-pierre-chevenement-un-republicain-ombrageux-25-mousquetaire-de-lunion-de-la-gauche

le grand schisme européen (3),

https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/jean-pierre-chevenement-un-republicain-ombrageux-35-le-grand-schisme-europeen

le miraculé de la république (4),

https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/jean-pierre-chevenement-un-republicain-ombrageux-45-le-miracule-de-la-republique

d’une turbulence l’autre (5)

https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/jean-pierre-chevenement-un-republicain-ombrageux-55-dune-turbulence-lautre

.

Nous invitons à l’écoute des podcasts de ces entretiens et saisissons cet événement radiophonique pour exprimer notre réaction de militant qui a suivi le cheminement politique de cet homme d’exception dans une militance au centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (CERES), à Socialisme et république, au Mouvement des citoyens (MDC) et au Mouvement républicain et citoyen (MRC).

Nous voudrions traduire ainsi, dans de prochains articles sur le blog citoyen, socialiste et républicain, notre vécu et notre sensibilité de « militant de base » et citoyen à part entière confronté aux dynamiques concrètes de situations politiques souvent difficiles mais parfaitement assumées et pleinement revendiquées dans la fidélité à ce grand républicain  qui a su contre vents et marées préserver la flamme socialiste et républicaine. 

Ce regard croisé de l’homme d’Etat et du citoyen ordinaire peut compléter et éclairer cette rétrospective à partir « d’une vision de terrain » avec sa grande part de subjectivité et offrir aux plus jeunes une possibilité de comprendre les situations concrètes dans lesquelles se meut l’action militante avec ses phases dynamiques et ces périodes de reflux quand « il faut allier le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté » comme l’écrivait Gramsci dans ses cahiers de prison. L’expérience de la traversée du désert dans cette longue marche a forgé chez nous cette aptitude à la résilience militante qui exprime ce dépassement de cette contradiction multi millénaire entre l’égoïsme et l’altruisme dans le sentiment de participer à une oeuvre plus grande que soi pour le présent ou le futur et mérite bien, à ce titre, un témoignage. Pour autant nous ne faisons pas nôtre ce cri de désespoir d’un Bolivar au soir de sa vie « J’ai labouré la mer!  » car cette trajectoire n’est pas vaine.

Les combats d’hier et les enseignements d’aujourd’hui de Jean-Pierre Chevènement restent au service de l’écriture de nouvelles pages de notre histoire dans ce cycle néolibéral à bout de souffle où se joue dès à présent l’avenir que nous voudrions ouvrir en dépassant la rivalité stérile entre un bloc élitiste agrégé autour du président Macron dont la base sociale et politique présentent une certaine fragilité et le bloc populiste identitaire incarné par le RN, blocs en compétition pour leur hégémonie quand les formations de gauche peinent à offrir une alternative crédible.

L’émission est une rétrospective et n’aborde pas la question de l’agenda politique des prochaines présidentielles ni celle de la nécessité de sortir de l’impasse actuelle par le haut avec l’émergence d’un bloc nouveau républicain. Sur ces questions on consultera avec intérêt les derniers travaux de la fondation Res-Publica

https://www.fondation-res-publica.org/Quelle-recomposition-politique-pour-la-France_r162.html

A demain avec Jean-Pierre Chevènement

Xavier DUMOULIN

Le civisme, l’éthique et la citoyenneté sont plus que jamais nécessaires en ces temps de coronavirus quand le retour à la démocratie sanitaire peut seul endiguer la tentation d’un dirigisme technocratique

Créé par le 26 mar 2020 | Dans : a-le quartier libre de XD, a0-blog citoyen, socialiste et républicain par temps de coronavirus

 

 

A l’heure d’une évolution de l’épidémie, la géopolitique du virus présente sous un nouveau jour la compétition entre le président chinois Xi Jinping qui prodigue à présent les enseignements d’une crise sanitaire sous contrôle et Donald Trump, imprévisible et arrogant chef d’Etat enfin décidé à changer de cap, après ce long déni de risque épidémique de ce qu’il nomme à présent le « virus chinois ». Les dirigeants du vieux continent ont quant à eux trop tardé à tirer les leçons des pays asiatiques en pointe dans l’endiguement de la contagion qui sévit particulièrement à ce jour en Italie, en Espagne et en France.

L’exemple français reste à cet égard éloquent. Confronté à l’avalanche quotidienne de questionnements critiques émanant de tous les secteurs de la société française, et en particulier du monde de la santé et de la recherche scientifique, le pouvoir  décline haut et fort son catalogue des bonnes intentions sous un mode martial et trop assuré qui dissimule mal sa fébrilité face aux difficultés concrètes des acteurs du soin, libéraux ou hospitaliers, en première ligne dans la crise sanitaire qui monte jour après jour sur les territoires de la métropole, de l’île de beauté et de l’Outre-mer.

Le manque avéré de réactivité dans la gestion gouvernementale de la crise hospitalière, crise structurelle depuis la mise en oeuvre de la T2A et de la dite « nouvelle gouvernance », n’offre-t-elle pas une illustration de ce décalage opérationnel? Les promesses toutes récentes du président Macron envers les soignants hospitaliers n’exonèrent pas, loin s’en faut, de l’absence de réponses aux besoins en capacités hospitalières, en personnels et en moyens malgré les alertes et interpellations des professionnels ces douze derniers mois marqués par le mouvement des urgentistes et des centaines de démissions de responsables hospitaliers.

A cette crise hospitalière structurelle, s’ajoutent à présent les constats de déficiences logistiques en matière de tests de dépistage, de masques de protections pour les malades et les soignants et de matériel médical. 

Ces réalités accablantes, dans ce moment de vérité qui accompagne l’approche du pic épidémique, illustrent ces carences gouvernementales et managériales. Le manque de détermination gouvernementale à conduire une politique de confinement dans un temps opportun précédent l’explosion de la pandémie, de l’aveu même de l’ex-ministre de la santé, candidate LREM en fort mauvaise posture de second tour pour la mairie de Paris, traduit bien cette incapacité. Dans cette période pré-électorale qualifiée de mascarade par Agnès Buzin, ce non choix implicite pour rassurer les marchés financiers et préserver l’économie avant de se résigner in extremis à l’annonce de mesures fortes, à la veille d’un scrutin pourtant maintenu en dépit du bon sens, ne trahit-il pas une absence de vision et de cohérence pour combattre la pandémie?

Le discours présidentiel de guerre contre le virus – virus dont le porteur  reste néanmoins l’homme contaminé – souffre du manque certain de cohérence et de pédagogie sinon de légitimité de l’exécutif qui eût été mieux inspiré de ne pas mettre en œuvre le 49-3 en période de menace de pandémie avant de se raviser trop tardivement en suspendant toutes les réformes en cours. 

Les propos trop tranchés de refus des fermetures du pays sous le prétexte que le virus ne connaîtrait pas de frontières ont aussi fragilisé la crédibilité du discours régalien quand on savait l’importance des mesures de précaution et du confinement qui supposent bien évidemment une stricte limitation des circulations sur les espaces concernés. Que cette demande de fermeture des frontières émane d’une Le Pen ne justifie en rien ce flou présidentiel décalé sur fond de compétition politique entre le populisme identitaire du RN et l’européisme de LREM et du MODEM !

Les instances européennes  sont d’ailleurs (et par dessus le marché!) paradoxalement totalement absentes dans une définition pertinente et concertée de mesures de santé publique adéquates qui restent pourtant attendues dans l’espace de Schengen. On observe aussi ce retard à l’allumage de la BCE dans la défense des économies menacées de la zone euro, aujourd’hui en passe d’être compensé par les changements radicaux d’orientations dont il faudra mesurer la portée mais qui augurent de révisions salutaires en matière de gouvernance économique.

Cette difficile gestion de crise par l’exécutif – président, chef du gouvernement et ministre de la santé -  se revendique pourtant d’une expertise éclairée. Expertise certes nourrie courant mars des analyses et préconisations du conseil scientifique constitué ad hoc avec onze personnalités qualifiées, cooptées en raison de leur compétence dans les domaines médicaux et scientifiques incluant les sciences humaines, et dirigé par le docteur Jean-François Delfraissy, immunologue qui présidait, avant l’installation du conseil par le nouveau ministre de la santé, le comité national consultatif d’éthique.

L’expertise du conseil scientifique vient compléter celle des institutions nationales dont la direction générale de la santé, représentée par son directeur, le professeur Salomon, aux côtés d’autres autorités telle que la Haute autorité en santé mais avec un grand oublié dans cette période médiatique : le Haut conseil de la santé publique.

Ce retrait d’une instance particulièrement qualifiée dans le champ de la stratégie nationale de santé et de prévention de risques sanitaires s’opère dans un contournement implicite de notre démocratie sanitaire. Cette démocratie sanitaire s’accomplit notamment dans les procédures d’élaboration et d’évaluation des grands programmes de santé publique, son effacement amputant en conséquence la légitimité des choix en la matière. A rebours donc des dynamiques participatives qui semblaient inscrites dans le nouveau paysage sanitaire voulant donner toute sa place à « l’expertise des usagers » aux différents niveaux territoriaux et dans la conduite transversale des politiques de santé. Le confinement constitue une première attitude civique pour freiner la contamination et donner une respiration aux soignants pour une meilleure prise en charge des publics en détresse. Son succès repose surtout sur la pleine conscience des populations tant l’effort exigé peut être difficile. Une pédagogie portée par les acteurs expérimentés dans le champ de la santé publique doit contribuer au strict respect  de cette mesure salutaire encore trop faiblement appliquée malgré les injonctions régaliennes et la répression des comportements délictuels.

Jusqu’à ces derniers jours, les manquements au principe de précaution inscrit dans notre constitution – le problème n’étant plus de discuter du fondement mais des modalités de mise en œuvre du principe dans cette crise – se conjuguent avec un certain effacement de la démocratie sanitaire dans cette période qui aurait grandement besoin de pédagogie civique, d’éthique et d’adhésion aux impératifs de santé publique dans ces circonstances exceptionnelles. Dans les débats et votes autour de de l’urgence sanitaire on a pu mesurer la responsabilité des gauches parlementaires sur le volet social contrariant la propension de la majorité parlementaire au détricotage du droit social.

La recherche d’efficacité dans la gestion de la crise liée à la pandémie ne suppose -t-elle pas à présent de corriger le tir en joignant des actes concrets à une parole mieux orientée et plus collégiale, à la hauteur des fondements de notre démocratie sanitaire et sociale? Dans cet esprit, permettre aux acteurs de la santé, médecins et soignants, ainsi qu’aux professionnels et bénévoles d’autres secteurs actifs aujourd’hui, d’accompagner leurs compatriotes, malades et citoyens, avec les moyens d’intervention et de protection adéquats reste un objectif élémentaire. Sans oublier de donner aussi toute leur place aux choix éthiques et civiques consubstantiels à la conduite d’une gestion de crise équilibrée qui doit trouver son point d’appui décisif dans la solidarité du corps social et dans le réconfort moral de la Nation unie.

Xavier DUMOULIN

Quand ceux d’en bas rallument la flamme de la nation souveraine…

Créé par le 03 déc 2018 | Dans : a-le quartier libre de XD

Derrière les gilets jaunes, se sont des millions de Français qui poussent un cri de colère, refusant ce monde d’injustice et de mépris qui n’assure plus d’avenir aux couches populaires, celles-là mêmes qui ne bouclent même plus leur fin de mois. Ce mouvement de masse digne,  spontané et déterminé des gilets jaunes, à l’opposé des violences provocatrices qui voudraient le disqualifier, nous rend la fierté d’être Français! Et appelle à une révision de fond des politiques publiques, en commençant par la redistribution des revenus. Pour huit Français sur dix, ce mouvement populaire jouit d’une vraie légitimité quand il reste au cœur de la question sociale. Lire la suite »

Du pouvoir de domination aux violences sexuelles : l’abus de pouvoir dénoncé par la romancière Christine Angot

Créé par le 18 oct 2017 | Dans : a-le quartier libre de XD

 Guillaume Erner recevait hier, dans son émission Les matins de France-Culture, l’écrivaine Christine Angot, venue parler des violences sexuelles. L’animateur de l’émission introduit son sujet précisant que « dans une société dominée par les hommes, pleine de faux préjugés culpabilisants pour les victimes et informée par une presse en crise ne pouvant se permettre ni de lancer des accusations juridiquement bancales ni d’investir dans les longues enquêtes nécessaires pour les étayer, ce moment est à la fois rare et opportun ».

Ce temps autorise en effet au travers des  « turpitudes sexuelles des uns et des compromissions morales des autres » de mettre à jour « une réalité sociale, politique, légale et médiatique que beaucoup se refusent à voir en temps normal ».

Cette réalité des violences sexuelles que les Françaises vivent mais que les Français connaissent mal, était ainsi abordée par la romancière Christine Angot.

« On vit une période de séparation des hommes et des femmes, dans tous les domaines, et je ne pense pas qu’il faille l’accentuer en disant que les hommes sont des porcs et les femmes des victimes. Je pense que ces nouvelles assignations ne sont pas justes. Les hommes et les femmes sont humains. En revanche ces humains hommes et femmes vivent tous sous un régime de pouvoir, et ceux qui en jouissent, homme ou femme, ont une sérieuse tendance à en abuser. Donc là, on est dans l’abus de pouvoir, et c’est ça ce qui se passe. Et pourquoi la parole contre l’abus de pouvoir est difficile ? Ce n’est pas de parler, mais c’est de se dégager d’un pouvoir… »

Je conseille particulièrement l’écoute du podcast sur  Les matins de France-Culture. Le ton libre et l’esprit ouvert de l’écrivaine donne un abord ferme et subtile de ces abus de pouvoir et de ces violences, liant entre eux ces phénomènes médiatisés autour des crimes et délits sexuels dont est accusé le producteur américain de cinéma Harvey Weinstein. https://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/christine-angot-programmes-scolaires

Le propos reste toujours équilibré et la critique systémique se refuse à la caricature car la prédation sexuelle qui violente en majeure partie les femmes n’est pas le seul fait des hommes dans une société de domination et les hommes ne sont pas tous des porcs. Ces réflexions sur la violence du pouvoir et de la domination font une juste part à la pluralité factorielle sans tomber dans la stigmatisation et la victimisation.

En écoutant Christine Angot nous approchons avec plus de pertinence ces réalités auxquelles, en tant qu’humain des deux sexes, nous sommes potentiellement confrontés dans un monde de violences symboliques, morales ou physiques qui excuse les comportements prédateurs, réduisant la victime du « charme du pouvoir » à un trophée ou un butin, . Nous sommes en pleine déshumanisation des relations sociales avec cette jouissance de pouvoir faire ce que dicte l’esprit de domination quant il s’agit de prendre le pouvoir sur les autres au lieu de faire humanité et de considérer la singularité de chacun pour sortir de la sotte hiérarchie d’une société couchée devant le pouvoir et qui, paradoxalement s’en indigne… La fascination du pouvoir, les transgressions et les rivalités qui l’accompagnent sont-elles incontournables? 

Xavier DUMOULIN

 

Le ministre de l’Intérieur s’interroge sur le mécanisme comportemental de mimétisme dans la multiplication des assassinats avec un véhicule

Créé par le 23 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de XD

« A peu près un tiers » des personnes signalées pour radicalisation « présentent des troubles psychologiques », selon la déclaration du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur RMC/BFMTV. D’où cette perspective d’impliquer le monde médical dans le dépistage des menaces terroristes. Les sources ministérielles sont extraites du FSPRT (fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation)  soit environ 17.400 personnes recensées dans le FSPRT, créé en 2015, selon un rapport sénatorial publié au printemps.

Faisant suite aux crimes de Seine et Marne du 14 août dernier – un homme fonçant sur une pizzéria avec son véhicule, tuant une adolescente et blessant douze personnes – et à celui du 21 août – du fait d’un chauffeur de camionnette, présentant, semble-t-il, des troubles psychiatriques et un passé délinquant -  causant la mort d’une personne et en blessant une seconde, le ministre entend mobiliser la psychiatrie « pour identifier les profils qui peuvent passer à l’acte ». « Il est clair que le secret médical c’est quelque chose de sacré mais en même temps, il faut trouver le moyen qu’un certain nombre d’individus, qui effectivement souffrent de troubles graves, ne puissent pas commettre des attentats » déclarait mardi matin Gérard Collomb car si « ce n’est pas du terrorisme (…) on a de l’imitation ».  « Un certain nombre d’esprits faibles peuvent se laisser entraîner à des actes de mimétisme ». « C’est ça qui est grave, c’est qu’un certain nombre d’esprits faibles qui voient ce qui s’est passé à Barcelone, qui voient ce qui s’est passé contre le dispositif Sentinelle, se disent ‘on va passer à l’acte comme ça’ », a-t-il ajouté. « C’est ce contre quoi il faut se prémunir, ce contre quoi nous voulons travailler avec ma collègue la ministre de la Santé mais également avec l’ordre des médecins, les psychiatres (…) Nous ne voulons pas faire cela dans notre coin », mais « trouver le juste équilibre », a-t-il conclu.

Ces propos rapportés par la rédaction d’Europe1.fr avec AFP poussent à la réflexion quant à leurs conclusions. Ces dernières présentent sans doute une part de vérité mais risquent d’hypothéquer la relation de confiance entre le malade et son thérapeute. On aura tôt fait, dans le grand public, d’assimiler  dangerosité et malades psychiatriques quand bien même ces derniers sont statistiquement plus souvent victimes qu’auteurs de violences. Cette tentation de focaliser sur la maladie psychiatrique est d’autant plus forte qu’une partie non négligeable des personnes détenues serait atteinte de troubles du comportement. Ce qui pose d’abord la question de l’accompagnement médical et psychologique des personnes présentant des troubles mentaux dans notre pays.
Entre une approche qui a toutes les apparences du pragmatisme, ciblant les personnes dépistée comme dangereuses, en situation pathologique, et le cloisonnement des thérapeutes dans leur art au nom de la déontologie médicale et professionnelle, comment trancher ce conflit d’intérêt?
L’assimilation d’un potentiel de dangerosité terroriste avec le risque de passage à l’acte par mimétisme, chez des personnes au profil psychologique fragilisé par une pathologie mentale, présente des limites évidentes au regard des symptômes et manifestations des troubles en question. Le combat contre la stigmatisation de la pathologie mentale constitue aujourd’hui un grand défi qui ne doit pas s’effacer derrière l’émotion suscitée par le déferlement d’attentats terroristes. Ceux-ci frappent partout dans le monde au nom d’un islamisme radical dégénéré qui fait naître des « fous de dieu » par milliers!
Xavier DUMOULIN
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