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La Lune à la Une !

Créé par le 20 juil 2009 | Dans : a-le quartier libre de XD

En ce jour anniversaire des premier pas sur la lune de Neil Armstrong et Buzz Aldrin, on rêve d’une nouvelle conquête spatiale. Quête contrariée, nous dit-on, par le vide sidéral de compétition internationale pour le leadership spatial. On attendrait presque le salut des Chinois, ces concurrents redoutés de la planète entière pour leurs productions bas de gamme et bon marché, qui pourraient en la matière, je parle de la lunaire, doper les protagonistes. Nos esprits s’excitent à l’idée d’une possible station lunaire permettant une résidence prolongée et pourquoi pas ouverte aux amateurs. N’a-t-on pas vu, ces dernières années, le marché de l’espace s’ouvrir à quelques richissimes avides de sensations fortes, jusqu’à ce couple convolant en juste noces à la recherche du septième ciel dans une capsule spatiale ? Un grand marché de l’infini pour d’insatiables en mal d’aventures ? Avant de marchandiser ce concept futuriste on annonce à présent à cor et à cri cette volonté de reconquête lunaire dès les prochaines années 20 du millénaire, certains imaginant même le voyage sur Mars. Ou s’y préparant ! (1)

De Mars aux extraterrestres il n’y a qu’un pas que franchit Le monde diplomatique, dans sa livraison de  juillet, en consacrant un dossier de cinq pages sur le sujet. A commencer par la très officielle affaire qui anima cet autre univers mental, celui des japonais après qu’ un membre de l’opposition, M.Yamane Ryuji, eût interpellé le gouvernement en 2007 dans une question en séance : « Le japon est-il prêt face à l’arrivée d’extraterrestres ? ». Ce qui créa, paraît-il beaucoup de confusion dans les médias, l’opinion et la classe politique après cette réponse du ministre de la défense, M.Ishiba Shigeru : « Nous ne disposons d’aucune certitude qui nous permette de prétendre que les ovnis n’existent pas ou que des formes de vie les contrôlant sont inexistantes ».

En attendant la suite, on lira avec intérêt ce dossier  qui mêle science fiction, imaginaire, guerre des mondes, religion et politique dans cette réflexion de Pierre Lagrange sur la place des théories du complot dans l’imaginaire politique avec le cas de « l’ufologie ». Je vous laisse découvrir plutôt que de m’aventurer sur cette « Terra incognita ». Car pour avoir les deux pieds sur terre, je peux affirmer sans surprendre que depuis quarante ans une chose est certaine : on n’a pas décroché la Lune !

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(1) Six hommes – quatre Russes, un Français et un Allemand – pilote, cosmonaute, ingénieur ou médecin, ont passé trois mois et demi dans des conditions de confinement à peu près total. Semblables à celles qui seront éprouvées par les astronautes qui, peut-être, voleront un jour vers Mars dans vingt, vingt-cinq ou trente ans. Ils sont sortis, mardi 14 juillet, de la maquette grandeur nature d’un vaisseau dimensionné pour faire le voyage vers la Planète rouge. Ils y étaient entrés le 31 mars, il y a cent cinq jours.

Valse socialiste ?

Créé par le 15 juil 2009 | Dans : a-le quartier libre de XD, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD

mermazdumoulin86.jpgMeeting socialiste dans l’Ain durant le premier septennat de François Mitterrand Archives et crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

Pour sortir le P.S de son  « hibernation comateuse » - le mot serait de Michel Rocard -, la maire de Lille refait surface d’une manière quelque peu inattendue dans ses  »courriers d’été ». Celle qui trahit le peu d’engouement pour son job de première secrétaire à temps partiel, promettait il y a peu de redevenir elle-même, entendez par là ne plus vouloir ménager les savants équilibres, exercice diplomatique par trop inhibant.

C’est fait ! En dressant l’acte d’accusation contre le bavard et très médiatique maire d’Evry, Manuel Valls, ne retrouve-t-elle pas ses accents autoritaires qu’on lui reprochait naguère jusque de la bouche de son prédécesseur, Pierre Mauroy ?

Dans sa missive à son « cher Manuel » (1°), Martine adresse un véritable ultimatum stigmatisant celui qui se trouve quasiment traité d’agent double, lequel, il est vrai, paraît très sollicité par l’hôte actuel de l’Elysée qu’il prétend pourtant supplanter un jour. Allez comprendre ! A moins que les griefs de la première secrétaire ne s’alimentent du manque de fairplay de ce rival qui, en dépit de ses allégations, pourrait faire l’impasse sur  les prochaines présidentielles pour mieux préparer les suivantes ? Auquel cas cela justifierait cette fermeté de ton envers le député de l’Essonne prêt à jouer contre son camp. Lequel riposte dans une tonalité agressive, dénonçant dans sa lettre à la première secrétaire « la conception très datée du parti », qualifié pour la circonstance de « machine à perdre », et accusant « les forces qui prônent le silence dans les rangs » de vouloir étouffer « l’indispensable démarche de rénovation » après avoir préalablement posé la question qui tue  :    « L’urgence était-elle donc telle qu’il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d’une récente initiative épistolaire à l’attention des autres partis de gauche ? » (2°) Ca balance !

Cette atmosphère délétère annonce un été orageux sur fond de crise de désaffection des militants pour leur université d’été, après le fiasco des européennes. Ambiance !  Mais est-ce bien là l’essentiel ? Faute d’une réflexion de fond sur les raisons de cette défaite annoncée, il est à craindre que la première secrétaire peine à convaincre ses partenaires – PC, PRG, Verts et MRC – de la suivre dans la refondation de la maison commune et à trouver le bon rythme pour préparer les échéances futures. Ce qui supposerait un grand débat, sous forme  » d’Etats-généraux de la gauche où chacun pourrait exposer ses analyses et ses propositions, non pas sur un sujet particulier mais sur l’ensemble de la démarche qui permettrait de rendre un espoir à notre peuple « , préalable à des primaires ouvertes, comme le réclame le MRC de Jean-Pierre Chevènement.(3°) Tout autre chose que ces guerres intestines et ces valses-hésitations d’aujourd’hui !

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P.S : Sur son blog Julien Dray dénonce l’action de Martine Aubry absurde, selon lui, jusqu’ A en pleurer

N.B :  portrait de Martine Aubry dans notre billet précédent son accession à la tête du parti

Martine Aubry : Un réformisme moderniste chevillé au corps

Notes

( 1° ) : Lettre de Martine Aubry à Manuel Valls en date du 13 juillet

« Cher Manuel,

Notre Parti a besoin de chacun des socialistes pour contribuer à son redressement après des années difficiles ponctuées par trois échecs à la présidentielle et un Congrès de Reims difficile qui a laissé une image déplorable de notre parti. Au congrès, les militants nous ont demandé avec force de jouer notre rôle de principal parti d’opposition, c’est-à-dire de dénoncer ce qui nous apparaît injuste, ou inefficace, et de proposer une alternative qu’attend aujourd’hui notre pays. Ils nous ont aussi demandé de nous réunir et de parler d’une même voix.
Depuis cette date, et personne ne le conteste, le parti s’est remis au travail, s’est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes. Nos parlementaires mènent depuis plusieurs mois un travail coordonné et tout à fait remarquable.
Par ailleurs, j’ai mis toute mon énergie à rassembler les diverses sensibilités dans le respect de la ligne politique définie par le Congrès de Reims, aujourd’hui présentes dans la direction. Je suis d’ailleurs heureuse des relations de confiance qui me permettent de débattre en toute sérénité avec Ségolène Royal.
A la suite des élections européennes, nous avons défini notre feuille de route, en nous attelant à deux tâches essentielles : la préparation du projet et le rassemblement de la Gauche.
Le séminaire de Marcoussis a constitué le coup d’envoi de ce travail collectif. Chacun a reconnu la qualité du débat qui nous a rassemblés.

Par ailleurs, après de nombreux contacts avec nos partenaires de la gauche, j’ai écrit à chacun d’entre eux pour engager une nouvelle démarche de rassemblement, fondée sur les idées comme sur la stratégie politique.
Force est de constater que ce travail collectif pour moderniser nos idées est contrarié chaque jour par la cacophonie d’expressions isolées -d’ailleurs le plus souvent contradictoires-, et par des initiatives solitaires prenant le contrepied des positions de notre Parti.
S’engager dans un Parti, c’est un acte d’adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c’est aussi – qui plus est dans un parti démocratique comme le nôtre-, accepter de débattre en son sein, d’y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l’opinion.
On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s’appuyant sur la force et la légitimité d’une organisation collective, et s’en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle. On n’appartient pas à un Parti pour s’en servir mais pour le servir. Les militants et même les français exigent de nous du travail, du courage et des idées.
Il n’y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n’expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu’il va disparaître et qu’il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t’appuies sur nos règles collectives pour appeler à « l’insurrection militante ».
Les militants, eux, ont un souhait, c’est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français. Tes propos, loin d’apporter une solution, portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants, qui aujourd’hui travaillent à retrouver la confiance avec nos concitoyens.
Tu donnes l’impression d’attendre, voire d’espérer la fin du Parti Socialiste.
Mon cher Manuel, s’il s’agit pour toi de tirer la sonnette d’alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste.
Je ne peux, en tant que première secrétaire, accepter qu’il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser. La discipline n’est pas la police des idées, mais la condition de la cohésion et de la réussite d’une équipe.
C’est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d’en assumer toutes les conséquences pour l’avenir.

Avec toute mon amitié.

Martine AUBRY »

( 2° ) : Lettre de Manuel Valls à Martine Aubry en date du 15 juillet

« Chère Martine,

J’ai lu avec étonnement la lettre dans laquelle tu m’adresses tes amitiés et m’enjoins… de me taire ou de quitter le Parti socialiste.

J’ai conscience des difficultés de ton rôle et de sa part ingrate. Personne n’a oublié les circonstances exceptionnelles de notre dernier congrès. Beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l’indispensable démarche de rénovation. Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd’hui d’imposer le silence dans les rangs.

Je suis surpris, par contre, par la méthode. Pourquoi avoir transmis simultanément ta lettre à la rédaction du Parisien? L’objectif affiché par ton courrier n’est-il pas de clore l’ensemble de nos débats à l’abri des huis clos? L’urgence était-elle donc telle qu’il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d’une récente initiative épistolaire à l’attention des autres partis de gauche?

Mais je veux te répondre sur l’essentiel. Tu me soupçonnes «d’espérer la fin du Parti socialiste». J’y suis rentré à l’âge de 18 ans et j’y consacre ma vie. Sans jamais renoncer à mes convictions, j’y ai exercé de multiples responsabilités et j’en suis l’élu depuis 1986. Et contrairement à certains qui s’érigent aujourd’hui en grands sages, j’ai toujours respecté, quoiqu’il ait pu m’en coûter, le choix des militants et les règles de vote de notre groupe parlementaire dont je suis aussi l’un des animateurs.

Ton procès d’intention relève donc, au mieux, de la désinformation et, au pire, de l’insulte. S’il y a une chose dont j’espère la fin, ce n’est pas celle d’une formation qui garde encore l’honneur d’être le pivot de la gauche; c’est celle d’une machine à perdre qui détruit l’espoir mis par nos concitoyens dans le progrès social.

Tu affirmes que notre «parti s’est remis au travail, s’est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes» depuis le congrès de Reims. Malgré un dévouement et une bonne volonté que je ne mets pas en cause, force est pourtant de constater, pour l’heure, que ce travail et ces propositions n’ont pas convaincu nos compatriotes.

Je suis frappé que tu n’évoques nulle part, dans ta lettre, les résultats du scrutin européen. Pourquoi un tel déni? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement? Il est vain de m’accuser qu’«il n’y a pas un jour, où [je] n’explique […] que notre parti est en crise profonde». La crise de notre parti – qui est aussi celle de la social-démocratie européenne – n’est pas de mon fait; elle a été établie et sanctionnée par nos concitoyens eux-mêmes lors de toutes les échéances électorales majeures depuis 2002.

Et si cette vérité dérange notre confort et nos certitudes, je prendrai toujours le risque, pour ma part – et avec bien d’autres – de l’assumer. Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l’aveuglement. C’est un choix éthique qui relève de ma conscience et qui donne sens à mon engagement. Je te confirme donc que mes propos reflètent bien ma pensée!

Il est également malhonnête de sous-entendre que je réserve ma parole «aux médias». Avec une égale constance, je m’exprime à l’intérieur comme à l’extérieur de notre parti. Et si cette parole rencontre davantage d’écho hors les murs, c’est qu’elle entre en résonance avec des aspirations et des interrogations que l’on voudrait bien étouffer.

Ma chère Martine, tu l’auras compris, je ne renoncerai donc jamais à l’ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche – d’autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012 et battre Nicolas Sarkozy. A travers mes ouvrages et mon expression publique, sans vouloir imposer une vérité, je me place toujours sur le terrain des idées et des propositions: école, retraites, sécurité, culture, entreprise, nouvelle ville…

C’est cet effort que j’ai souhaité amplifier – et je tiens à t’adresser, une nouvelle fois, mon intervention faite le mois dernier au Théâtre Michel ; et c’est cet effort que j’entends bien poursuivre au cours des prochaines années en m’appuyant sur l’expérience de nos élus locaux, la générosité de nos militants, l’attente de nos sympathisants et aussi sur les travaux de nos clubs de réflexions.

Oui, pour redonner une envie de gauche, je pense qu’il faut transformer profondément notre formation, l’ouvrir réellement à la société et être clair sur des alliances qui ne doivent pas être déterminées au cas par cas.

L’idée selon laquelle un parti peut être à lui-seul porteur d’un projet clé en main pour transformer la société est aujourd’hui dépassée. Son action est désormais plus horizontale que verticale à l’instar de la révolution Internet. La mise en place de primaires s’inscrit parfaitement dans cette évolution.

A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti. Pour la gauche, l’urgence est de redessiner, avec les français, une perspective qui suscite, à nouveau, l’espérance. En partant de notre traditionnelle ligne de clivage avec la droite – l’appréciation différente de l’origine des inégalités entre les hommes – je m’efforcerai, avec tous ceux qui voudront en faire l’effort, de jeter les bases d’un nouveau modèle de développement pour le XXIe siècle.

Donner à chaque individu les moyens de son autonomie devrait devenir la nouvelle frontière de la gauche. «Je me révolte donc nous sommes» disait Albert Camus. Par cette formule, il établissait une dialectique originale entre l’individuel et le collectif. J’espère que tu pourras aussi y voir, comme moi, une source d’encouragement et d’espoir.

Et puisque tu me sommes de donner une réponse claire à ton ultimatum, je t’informe que j’entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs.

Avec toute mon amitié,

Manuel Valls »

( 3° ) : Lettre de Jean-Pierre Chevènement en date du 15 juillet  en réponse à Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, dans sa lettre aux partis et mouvements de gauche et écologistes 

« Madame la Première Secrétaire, chère Martine,

J’ai bien reçu votre lettre du 7 juillet 2009. Nous partageons l’idée que « la gauche doit changer », mais elle ne saurait, selon nous, surmonter ses divisions que si, tous ensemble, nous sommes capables de procéder à une analyse sérieuse et approfondie de la « globalisation financière » ou si vous préférez, du capitalisme financier de notre temps. Ce système qui a creusé les inégalités et entraîné un profond recul de la démocratie ne s’est pas installé d’hier. Sa crise implique que nous définissions des ripostes qui soient « à la hauteur ». Nous devons offrir un projet dans lequel le peuple français puisse se reconnaître.

A cet égard, nous sommes trop conscients des insuffisances que la gauche a manifestées après 1983 aussi bien que dans la période dite de la « gauche plurielle » (1997-2002) pour proposer de revenir à des formules qui ont montré leurs limites. Il a manqué et il manque encore à la gauche un « projet ».

Nous sommes donc partisans d’Etats-généraux de la gauche où chacun pourrait exposer ses analyses et ses propositions, non pas sur un sujet particulier mais sur l’ensemble de la démarche qui permettrait de rendre un espoir à notre peuple.

Nous ne voulons pas noyer sous des initiatives particulières qui brouilleraient encore plus le message de la gauche, l’autocritique salubre et nécessaire et les propositions à la fois audacieuses et réalistes qui pourraient retisser un lien de confiance, aujourd’hui fortement distendu entre la gauche et les couches populaires.

Pour ce qui le concerne, le Mouvement Républicain et Citoyen avait proposé, lors de son dernier Congrès, les 28 et 29 juin 2008, au Kremlin-Bicêtre, une « refondation républicaine » de toute la gauche. Qu’entendons-nous par là ? Qu’en toutes choses l’intérêt du pays soit notre boussole. C’est cette exigence républicaine qui pourrait permettre de déboucher sur la création d’un grand parti de toute la gauche seul capable de fournir l’électrochoc nécessaire. Nous constatons que notre offre n’a rencontré aucun écho de la part de la direction du parti socialiste, jusqu’à votre lettre du 7 juillet 2009 évoquant une « maison commune », aux contours, il est vrai, pour le moins imprécis.

Le redressement de la construction européenne, le rôle que la France peut y prendre, la conception républicaine de la nation sont évidemment des questions clés. L’est également l’élaboration d’un nouveau modèle de développement qui soit soutenable dans la durée et tienne compte de la nouvelle multipolarité du monde. Entre les Etats-Unis et la Chine dont la relation structurera le XXIe siècle, la France et l’Europe ont des intérêts légitimes à défendre, à commencer par ceux de nos couches populaires, particulièrement éprouvées par les délocalisations d’activités.

L’intérêt général de notre peuple et celui de l’Humanité tout entière, ne sont pas contradictoires. Encore faut-il inventer un nouveau chemin. C’est à cela qu’une gauche digne de ce nom devrait consacrer ses efforts. Pour ne pas décevoir à nouveau, la gauche doit tenir un discours de vérité.

C’est dans cet esprit que le Mouvement Républicain et Citoyen est prêt à participer à la rentrée à une rencontre des partis de gauche qui permette de « débroussailler le terrain ».

Je vous prie de croire, Madame la Première Secrétaire et chère Martine, en l’assurance de ma meilleure pensée.

Jean-Pierre Chevènement »

 

Orelsan ou avec ?

Créé par le 13 juil 2009 | Dans : a-le quartier libre de XD

Décidément le tapage médiatique autour de l’absence du rappeur aux Francofolies revêle un dérapage journalistique donnant à fond dans la victimisation et la compassion teintées d’une politisation outrancière. J’ignorais tout de ce rappeur évincé de la scène en raison de son clip « sale pute » qui ne serait qu’un péché de jeunesse. En surfant sur la toile j’ai écouté et regardé ce clip. Les odieuses paroles m’ont conforté dans le rejet et la dénonciation du propos tout à la fois sexiste et violent. Sans appel à mon goût !

Pourquoi tant de bruits autour de cette « éviction » ? Se draper dans la défense de la liberté d’expression ne paraît-il pas quelque peu démesuré quand il s’agit d’assurer le respect de quelques valeurs fondamentales ?

De deux choses l’une : ou bien le rappeur signe et persiste, banalisant une violence insultante à l’égard des femmes et véhiculant une idéologie machiste avérée, ou bien il profite de cette situation pour afficher ses regrets et radier à tout jamais de son répertoire ce « péché de jeunesse » qui n’a rien de mignon. Ce serait bien le moins !

L’extravagance des journalistes et de certains politiques qui voient dans cette affaire montée de toute pièce une façon de déstabiliser la présidente de la région Poitou-Charentes constitue un véritable outrage à la raison. Dans ce concert de protestations savamment orchestrées on finirait par en oublier l’essentiel : le spectacle des bien nommées Francofolies.

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Notre billet de juillet 2009 sur Michel Rocard : L’étrangeté en politique

Créé par le 10 juil 2009 | Dans : a-le quartier libre de XD, a3-Civisme, citoyenneté et militance

L’étrange Michel Rocard titre un quoditien, évoquant les différentes missions confiées par le président Sarkozy à l’ancien Premier ministre. Lequel vient d’accepter sa nomination aux côtés d’un autre ancien Premier ministre, Alain Juppé, à la tête d’une commission chargée de réfléchir au grand emprunt national.

Cet E.T de la politique qui remettra sous peu, au gouvernement, son rapport favorable à l’instauration d’une taxe carbone, n’a pourtant rien d’un petit homme vert. Pour n’avoir, à vrai dire, jamais partagé les conceptions de celui qui se fit le chantre de la société civile contre l’Etat, dans son opposition interne au « socialisme archaïque, étatique et jacobin » des années de conquête précédant l’exercice du pouvoir rose mitterrandien – dont il fut in fine et paradoxalement le principal inspirateur -, je me sens d’autant plus autorisé à reconnaître au personnage une capacité à s’émanciper des pesanteurs conformistes de la vie politique.

Et je rejoindrai presque, sur ce point, l’analyse élogieuse d’un Vincent Duclert, qui, dans son dernier et excellent ouvrage « La gauche devant l’histoire » ( publié aux éditions du Seuil en avril 2009 ) retrace la trajectoire exceptionnelle de cet homme courageux qui démarra son engagement  en enquêtant sur les regroupements opérés par l’armée française en Algérie et sur les conditions de vie dans les camps cause d’une surmortalité effrayante. L’impact de la guerre d’Algérie sur la deuxième gauche fut en effet tout à fait considérable et explique ce divorce durable d’avec la SFIO et le parti socialiste jusqu’aux « assises du socialisme » qui replacèrent Rocard dans le jeu socialiste au détriment du CERES avant l’échec historique de sa candidature à l’élection présidentielle de 1981.

A la différence de Duclert, je ne crois cependant pas qu’un Rocard incarne à lui seul l’héritage d’un socialisme humaniste et pratique. Un inventaire plus précis mériterait de faire une part plus large aux autres parcours jauressiens ou mendésiens. Ce qu’entreprit avec bonheur l’auteur en collaboration avec Christophe Prochasson dans le dictionnaire critique de la République ( nouvelle édition 2007 chez Flammarion ) qui évoque dans son épilogue – « des Républicaines et des Républicains en France »  – quarante figures individuelles qui ont incarné la République ou un moment de son histoire.

L’étrangeté en politique relève sans doute de ces parcours surprenants quant on ne sait pas toujours démêler les véritables facteurs explicatifs d’une trajectoire avec ses filiations et ses ruptures. Chez les hommes au delà de la mêlée, on pourra toujours s’étonner de leur prise de positions quand elles contrarient les conformismes ambiants ou s’exonèrent de la recherche effrénée  d’une notoriété à bon compte. Si l’on veut bien examiner avec lucidité et intelligence les raisons d’agir de quelques grandes figures, on trouvera en elles des traits constants par delà toutes les vicissitudes de la politique : l’incarnation d’une cohérence, d’une posture courageuse souvent singulière et d’une certaine hauteur de vue.

Ce modèle devient hélas une exception en politique, pour ne pas dire une étrangeté !

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N.B : Pour une critique de fond de la nouvelle gauche et du rocardisme, lire nos billets sur ce blog. Nous assumons ces écrits, datés, tout en revendiquant le droit à leur auto-critique.

Du gauchisme au centrisme, qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? 

Révolution conservatrice

L’honneur de Jean Pierre Chevènement

Les obscurs desseins de monsieur Rocard : perseverare diabolicum

Clefs pour le ségolisme : une démarche pour un vrai changement

Dénoncer le miroir aux alouettes et les outrances de la bienpensance

Créé par le 23 déc 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD, Vive le blog citoyen

La dialectique serait, nous dit-on, l’art de retomber toujours sur ses pattes et, sans doute,  ne fais-je point exception  dans l’usage de la vulgate.  Cette critique vraie trouve à s’illustrer au quotidien dans nos coups de gueule et nos propos parfois lénifiants et dogmatiques. Les nôtres, bien sûr, et ceux de la multitude militante avec nous ! Serait-ce pure paresse de l’esprit ou aurait-on besoin de se rassurer à bon compte avec nos visions souvent réductrices tant la réalité à affronter fait peur ? 

Il y a d’ailleurs bien de quoi s’effrayer de la marche d’un monde désenchanté. Mais la critique politique triviale participe, je le concède volontiers, du processus de défoulement collectif. On doit même la dénoncer avec virulence lorsqu’elle emprunte des tours populistes et démagogiques à la recherche d’un exutoire et d’un bouc émissaire.

De là à interdire l’expression des gens de peu, il n’y a qu’un pas que franchissent, sans toujours s’en vanter, nos grands et petits intellectuels. Ceux ci ne supportent pas la gouaille du titi parisien, dénonçant,  depuis le comptoir du bistrot en buvant son pt’it noir, les « importants » et les « grands » qui nous gouvernent. Nos « intelligents » n’ont guère davantage d’estime pour cette « lumpen intelligentsia »,  dénoncée récemment sur France Culture par le promoteur de l’Université de tous les savoirs, Yves Michaud, qui ne veut voir dans l’émergence du blogueur que la nouvelle figure du vulgaire. Et de se lamenter sur les effets pervers d’un libre accès aux nouveaux médias interactifs, phénomène qui explique, selon lui, la formidable ampleur du mouvement lycéen.

Je concèderais bien quelques vérités à ce propos sévère tout en louant le  précédent heureux de la campagne du Non au TCE quand surgit par bonheur l’avènement du blog militant, ce nouveau lance-pierre du David qui vit en chacun de nous. Dans un monde dominé par l’Establisment politico-médiatique, n’est-il pas sain que des voix politiquement incorrectes se fassent entendre ?

Revenons à nos moutons noirs en proposant à la multitude de se divertir un court instant devant un spectacle de rue à l’initiative de nos amis. Ils font la nique à leur manière à la finance internationale. Lien sur youtube :
>
http://www.youtube.com/watch?v=m_LLHjvI86g

X D

P.S : Quant à moi, promis juré, je n’oublie pas de mettre en ligne prochainement l’entretien avec Jacques Généreux, lequel démonte avec force et intelligence le paradigme néolibéral. Une contribution essentielle pour sortir la gauche de sa torpeur.

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