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L’actualité du Grand Jaurès

Créé par le 01 août 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD

A l’occasion de la date anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès, Paul Quilès et Gilles Candar, tous deux signataires de l’appel de Gauche Avenir, publient chacun leur approche jaurésienne dans les pages Rebonds de Libé. Cette heureuse initiative de la part de ces citoyens souligne la pertinence de la synthèse socialiste et républicaine qui n’a rien perdu de sa force propulsive.

On ne saurait reléguer Jean Jaurès au musée des antiquités socialistes ou réduire sa pensée à une sorte de supplément d’âme dans la tradition du socialisme de la chaire. La pédagogie de Jaurès qui toujours joignait l’acte à la parole, reste au contraire d’une pertinence certaine pour porter haut l’exigence républicaine aujourd’hui. S’il existe à l’évidence une approche renouvelée des sciences sociales permettant d’enrichir les analyses critiques du monde actuel, la pensée de Jaurès n’en demeure pas moins incontournable. 

En ce sens, nos camarades ont raison d’insister sur la nécessité de se ressourcer dans cette oeuvre féconde et géniale. La regrettée Madeleine Rebérioux a  beaucoup oeuvré comme historienne et militante pour faire connaître cet héritage vivant dans les bulletins et cahiers de la société d’études jaurésienne. Mais il n’est point besoin d’être érudit pour s’abreuver aux sources de cette pensée. On pourra avec profit et à notre humble manière découvrir une part du grand Jaurès en parcourant quelques recueils de textes à l’image de celui, encore inégalé, intitulé « L’esprit du socialisme », préfacé par Jean Rabaut et publié aux éditions Gonthier en 1964. On y lira notamment le célèbre discours à la jeunesse qui résume d’une certaine façon le rapport du philosophe à la société et à la vie. Les riches et nombreuses biographies invitent aussi à pénétrer cette puissante force intellectuelle et morale. Des plus simples, comme celle de Marcelle Auclair, aux plus élaborées, telles celle de Georges Tétard. Et, toujours disponible sous le numéro 220 de la collection « Découvertes Gallimard », ce concentré fort bien illustré et magnifiquement écrit sous la plume de Madeleine Rebérioux, ce « Jaurès – La parole et l’acte - » qui recèle un vrai trésor d’enseignements. Plus récemment encore les deux ouvrages complémentaires de Jean-Pierre Rioux – une biographie ainsi qu’un large extraits de textes choisis sous un titre évocateur  » Rallumer tous les soleils  » – et la reprise de la biographie parue initialement dans  » le Maîtron « , publiée et agrémentée de riches illustrations  par le Centre national et le musée Jean Jaurès.

Si l’esprit le réclame, on ira plus avant dans la lecture des six tomes de l’Histoire socialiste de la révolution française en sept fascicules, réédités aux éditions sociales à l’occasion du bicentenaire. Avec « l’Armée nouvelle », ces oeuvres constituent le socle d’une solide référence intellectuelle. Les plus avisés goûteront avec ravissement les bonnes pages des oeuvres de Jean Jaurès dans le fac-similé des textes rassemblés, présentés et annotés par Max Bonnafous. Sans oublier les publications en cours (1) qui traduisent le vif intérêt actuel pour cet acteur et penseur majeur de notre histoire contemporaine. A l’évocation de ces belles références nous mesurons pour notre part le large chemin à parcourir. Car il ne s’agit pas tant de relire que de lire …

Mais ces lectures ne prennent sens que dans un engagement de tous les jours avec cette perspective citoyenne courageuse tout entière contenue dans ce passage du discours à la jeunesse qui ne nous inspirera jamais assez : «   Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes. Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

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( 1 ) – L’édition des Œuvres de Jean Jaurès

L’édition des 18 tomes des œuvres de Jean Jaurès est préparée sous la responsabilité de la Société d’études jaurésiennes. Madeleine Rebérioux (†) et Gilles Candar sont chargés de la coordination éditoriale.

1. Les Années de Jeunesse (1859-1889), viennent de praître fin 2009

2. Le Passage au socialisme (1889-1892), à paraître

3. Philosopher à trente ans (paru en 2000)

4. et 5. Les Dimensions du militant : réalisme et messianisme (1893-1897), à paraître en 2008 et 2010

6. et 7. Les Temps de l’affaire Dreyfus (1897-1899) (parus)

8. Défense républicaine et participation ministérielle (1899-1902)

9. Bloc des gauches et parti socialiste français (1902-1904)

10. Vers l’unité socialiste (1904-1905)

11. Voici le XXe siècle ! (1904-1905)

12. Penser dans la mêlée politique (1907-1910)

13. L’Armée nouvelle, les questions militaires et la nation

14. et 15. Le Rayonnement et la lutte contre la guerre (1910-1914)

16. Critique littéraire et critique d’art (paru)

17. Le Pluralisme culturel

18. Tables et bibliographie

Les noces de vie d’Angela Petrillo-Cerda

Créé par le 26 juil 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD

img2905.jpgimg2788.jpgL’été la saison des mariages forcés titrent Catherine Coroller et Sébastien Nègre dans Libé, évoquant la tragique et cruelle pratique de ces filles livrées par des arrangements de famille au mâle dominant au nom de la tradition et de la religion. Encore trop fréquentes, ces atteintes monstrueuses aux droits des femmes se pratiquent sur notre territoire en totale violation des lois de la république.

Pour contrer et prévenir ces crimes, le planning familial de l’Hérault mène une action d’envergure. Ses militants et familles amies organisent l’accueil de filles en danger qui doivent fuir le milieu familial. Ce dernier vit souvent ce refus de la jeune fille comme une atteinte à son honneur et peut se prêter à toutes les intimidations et violences pour satisfaire aux usages du mariage endogamique qui a longtemps caractérisé les pratiques nuptiales légitimant le troc de la femme. Laquelle réduite à un enjeu  du pouvoir machiste devait pendant des millénaires – et jusqu’à notre  entrée dans l’ère de la modernité – subir ce type de domination.

A l’opposé de cet archaïsme malfaisant, les noces d’Angela portent en elles l’allégresse et l’espoir : Emblématique d’une humanité nouvelle, cette union d’une fille de réfugiés argentins français  – qui fuyaient la dictature des colonnels au début des années quatre vingt – et d’un jeune artiste mexicain, sculpteur d’alebrijes ! Dans la félicité ils ont scellé leur union au Capitole, dans cette belle salle des Illustres décorée par Henri Martin.

Et aujourd’hui dans une grange des collines du Lauragais à proximité du canal du Midi nous nous réjouïssons ensemble de ce signe d’universalité en fêtant les noces d’Angela et Saül, lequel prépare avec beaucoup d’amour et art les plats du jour. Ravissement des sens et envoûtement assurés quand l’art culinaire le dispute à la magie de ces créatures en papier mâché et carton pâte dans cette ambiance latino qui vibre au tempo d’Angela. 

A cette jeune psychologue, rayonnante de joie et de volonté, à Saül, à ses parents et amis, an nom de nos combats communs et de notre longue complicité, nous faisons un gran abrazo et buvons ensemble à l’indépendance du monde …

X D

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14 juillet

Créé par le 14 juil 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD

Le mystère de l’histoire d’un symbole : les trois couleurs

Selon Raoul Girardet, la version la plus communément admise fait naître l’emblême tricolore le 17 juillet 1789. Trois jours après « la prise de la Bastille », Louis XVI, reçu à Paris, à l’Hôtel de ville, par son maire, Bailly, aurait, à la demande de ce dernier,  coiffé son chapeau habillé d’un ruban bleu et rouge – couleurs de Paris – aux cotés de la cocarde blanche. 

L’emblême aux trois couleurs serait apparue, en fait, quelques jours plus tôt. Le commandant de la nouvelle garde nationale, La Fayette, aurait uni le blanc de l’uniforme des gardes françaises, ralliées au mouvement insurectionnel, au bleu et au rouge de la milice parisienne.

Le blanc n’était pas la couleur royale mais celle de la marque distinctive du commandement militaire : la cornette blanche.

La nouvelle cocarde pouvait légitimement apparaître comme un symbole d’alliance et de concorde. « Tout se passe en somme comme si, dans ce moment décisif de l’histoire de l’idée de nation, celle-ci exigeait une représentation visuelle, un signe tangible d’identité et de reconnaissance ».

Un décret du 15 février 1794 précise que « le pavillon national sera formé de trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales, posées verticalement de manière que le bleu soit attaché à la gauche du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs ».

Après l’arrestation du souverain, le drapeau blanc trouva sa place à la tête de l’insurrection vendéenne et des volontaires de l’armée des princes.

C’est en 1830, à la chute de Charles X, que la nouveau roi, Louis Philippe, décrète à nouveau : « La nation reprend ses couleurs. Il ne sera plus porté d’autre cocarde que la cocarde tricolore ». Eugène Pottier, le futur auteur de l’Internationale, chante la résurrection du  » drapeau de la Liberté ».

En 1848, le 25 février, le drapeau rouge flotte au dessus de l’Hôtel de ville parisien. mais Lamartine s’opposa de toutes ses forces , avec succès, à ce que l’on changeât le drapeau tricolore.

Sous la commune de Paris, le drapeau rouge fut à nouveau hissé sur le fronton de l’Hôtel de ville.

En 1873, le comte de Chambord échoua pour avoir conditionné son retour au rétablissement du drapeau blanc. Cette exigence était devenue insoutenable, même pour l’extrême droite de l’époque.

Sous la III° République, le drapeau tricolore redevenait celui de la réconciliation entre la fidélité à 1789, « face aux ultimes tentatives des tenants du droit divin », et aux principes de stabilité, d’équilibre et de continuité.

Les socialistes, sous l’influence de Jean Jaurès, ont adopté les symboles de la République, repris par le Front Populaire.

Les résistants et les forces politiques de la Libération devaient manifester le plus grand attachement à ces symboles, renouant avec le patriotisme républicain.

Depuis les années 1980, avec la montée du FN, d’aucuns rechignent à exalter les vertus du patriotisme républicain, laissant le terrain à Le Pen et à ses émules. Quel abandon!

Loin d’être une idée saugrenue, la défense des symboles républicains constitue une pièce importante d’un dispositif de reconquête de l’identité républicaine qui appartient au Peuple français.

Xavier DUMOULIN d’après Raoul Girardet dans  » Les lieux de mémoire », Quarto Gallimard, 1997.

La Marseillaise et autres articles ayant trait à La Marseillaise et à la Révolution déja publiés sur ce blog

Les paroles et le lien vers des chants révolutionnaires 

1er couplet

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils et vos compagnes !

Refrain

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !

2

Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !

3

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

4

Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

5

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

6

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

7

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre

Verbatim

Posté par sr07 le 26 mar 2007 | Dans : Non classé, Battre campagne Edit This

«La Marseillaise», s’est écriée Ségolène Royale, «c’est le chant de la lutte contre toutes les forces de la tyrannie, c’est le chant du peuple qui s’est levé contre toute les forces de l’Ancien Régime».

Et Bové d’ânonner avec une grotesque suffisance : «Je dirais à Mme Royal que le chauvinisme et le nationalisme n’ont jamais été des valeurs de gauche. Le fait de vanter le « sang impur qui abreuve nos sillons », c’est plutôt attiser les haines que préparer la paix.»

 Albert Soboul fut un des éminents historiens de l’historiographie révolutionnaire. Il écrivit : « Le 26 avril, à Strasbourg, Rouget de Lisle avait lancé son Chant de guerre pour l’armée du Rhin, dont l’ardeur, à la fois nationale et révolutionnaire ne fait aucun doute : dans l’esprit de celui qui l’écrivit, comme de ceux qui le chantèrent, révolution et nation ne se distinguaient pas. Les tyrans et les vils despotes qui méditent de rendre la France à l’antique esclavage sont dénoncés, mais aussi l’aristocratie, les émigrés, cette horde d’esclaves, de traitres, ces parricides, ces complices de Bouillé. La patrie dont l’amour sacré est exalté, à la défense de qui l’on appelle (« Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats… »), c’est celle qui, depuis 1789 s’est faite contre l’aristocratie et la féodalité.

On ne saurait séparer ce qui devint bientôt l’Hymne des Marseillais de son contexte historique : la crise du printemps 1792. Elan national et poussée révolutionnaire furent inséparables ; un conflit de classes sous-tendait et exacerbait le patriotisme. Les aristocrates opposaient le roi à la nation qu’ils méprisaient, ceux de l’intérieur attendaient l’envahisseur avec impatience, les émigrés combattaient dans les rangs ennemis… » ( Histoire de la révolution française de la bastille à la gironde,  p 286, Albert Soboul, idées-Gallimard, 1974)

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Des censeurs en plein contre sens historique

Posté par sr07 le 25 mar 2007 | Dans : Billet du jour de Xavier Dumoulin Edit This

Misère d’une politique de l’invective à la  gauche de la gauche! Nos prétendus esprits révolutionnaires éclairés vont raillant Ségolène Royal à propos des symboles de la France républicaine. Ils ont tout simplement oublié les références de notre histoire nationale.

Le premier dit préférer la musique aux paroles de La Marseillaise qu’il conviendrait donc de modifier. Et d’évoquer les paroles sanguinaires! Il prêche ainsi pour le révisionisme historique en toute sincérité. L’idée, chère à Albert Soboul, d’un Peuple révolutionnaire portant un élan national lui est tout à fait étrangère. Lisons plutôt le grand historien.

« Le 26 avril, à Strasbourg, Rouget de Lisle avait lancé son Chant de guerre pour l’armée du Rhin, dont l’ardeur, à la fois nationale et révolutionnaire ne fait aucun doute : dans l’esprit de celui qui l’écrivit, comme de ceux qui le chantèrent, révolution et nation ne se distinguaient pas. Les tyrans et les vils despotes qui méditent de rendre la France à l’antique esclavage sont dénoncés, mais aussi l’aristocratie, les émigrés, cette horde d’esclaves, de traitres, ces parricides, ces complices de Bouillé. La patrie dont l’amour sacré est exalté, à la défense de qui l’on appelle (« Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats… »), c’est celle qui, depuis 1789 s’est faite contre l’aristocratie et la féodalité.

On ne saurait séparer ce qui devint bientôt l’Hymne des Marseillais de son contexte historique : la crise du printemps 1792. Elan national et poussée révolutionnaire furent inséparables ; un conflit de classes sous-tendait et exacerbait le patriotisme. Les aristocrates opposaient le roi à la nation qu’ils méprisaient, ceux de l’intérieur attendaient l’envahisseur avec impatience, les émigrés combattaient dans les rangs ennemis… » ( Histoire de la révolution française de la bastille à la gironde,  p 286, Albert Soboul, idées-Gallimard, 1974)

Pauvres esprits asphixiés par l’air du temps et prêts à liquider tous les symboles républicains! Quel manque de perspective !  Quel contre sens historique ! Il ne faudrait pas traiter les paroles de La Marseillaise comme du transgénique. Qui disait que seule la vérité est révolutionnaire? Quand nous aurons le temps nous parlerons du drapeau bleu-blanc-rouge qui semble donner des boutons à nos censeurs. Avant de railler, mieux vaudrait ne pas dérailler.

A bon entendeur salut… et fraternité.

Xavier DUMOULIN

Quand Finkielkraut évoque Jaurès…

Posté par sr07 le 07 fév 2007 | Dans : Billet du jour de Xavier Dumoulin Edit This

Alain Finkielkraut a démenti soutenir Nicolas Sarkozy sur France Inter. Tout en jugeant que ce soutien ne serait «pas monstrueux», il a précisé que c’était «faux». Refusant l’étiquette d’intellectuel de gauche comme celle d’intellectuel de droite, il s’est dit favorable «à la continuité de la nation» et a estimé que la gauche était «dans le coma». «Je serais d’accord avec elle pour parler d’un désordre de la mondialisation», a-t-il dit avant de regretter que la gauche ait été «michael moorisée». Quant à Jaurès, revendiqué par Sarkozy, le philosophe a lancé : «Que la gauche le lise au lieu de se l’approprier !».

L’intellectuel a fait preuve ce matin d’une attitude quelque peu arrogante envers les hommes et les femmes de gauche. Je l’ai entendu dire que si nous avions lu l’histoire socialiste de la Révolution française, nous saurions que Jaurès défendait Louis XVI. Autrement dit nous sommes des ignorants et nous n’avons aucune référence! Or Jean Jaurès a justement écrit cette histoire – qui fut publiée sous forme de fasicules à livraison périodique à partir de 1900 – pour instruire le peuple français de sa propre origine révolutionnaire. Cette histoire devint en réalité une somme monumentale, objet de la considération des plus grands historiens du XX° siècle (Aulard, Mathiez, Lefebvre et Soboul). Elle a été réeditée aux éditions sociales à partir de 1983 pour préparer le bicentenaire de la Révolution et comporte six fasicules. La belle préface d’Ernest Labrousse commence ainsi : « Le socialisme français est un socialisme républicain. Républicain dans ses origines, dans ses réflexes, dans ses attitudes historiques, dans son implantation territoriale. Républicain au plus lointain et au plus profond de lui-même, au plus profond de son histoire et de sa géographie politique. » Cette  préface invite à la lecture de ces pages écrites « d’une plume magnifique, inspirée et attentive, éloignée de tout pédantisme ». Elle répond par avance aux objections de Finkielkraut. Jaurès concilie le matérialisme de Marx et le mysticisme de Michelet. Il insère les évènements dans l’histoire de la luttes des classes; Quant au roi, il ne cesse de montrer son double jeu avec force description et en s’appuyant sur des faits et des correspondances; Monsieur Finkielkraut voulait sans doute parler d’un passage de l’oeuvre « Ce qu’aurait pu être le procès du roi » dans lequel Jaurès écrit  : « Que de choses pourtant il (le roi) aurait pu opposer à ses juges… »Et Jaurès d’imaginer le roi se situant du point de vue de la Révolution et faisant valoir les pesanteurs historiques en moyens de défense. Mais conclut Jaurès « ce qui le condamne le plus, c’est qu’il n’ait fait aucun effort pour entrer dans cet ordre de pensée ; il en était empêché par la persistance du préjugé royal ; il en était empêché surtout par le poids secret de ses trahisons. Car il ne s’était pas efforcé seulement de modérer la Révolution : il avait appelé l’étranger pour la détruire. » Voilà ce que j’aurais aimé répondre à Monsieur Finkielkraut. Quand on attaque l’âme du socialisme il faut répondre avec son esprit, celui de Jaurès. Et si nous le lisons et intégrons dans nos pratiques sa conception socialiste et républicaine, ils ne pourront jamais se l’approprier pour le vider de sa substance et  liquider son héritage.

Xavier DUMOULIN

Sites et dossiers sur les symboles de la République et le 14 juillet

Les symboles de la République et le 14 juillet
http://elysee.fr/elysee/francais/les_symboles_de_la_republique/la_marseillaise/la_marseillaise.21106.html
Rubrique du site de la présidence de la République expliquant la portée historique et symbolique de la Marseillaise, le drapeau français, la devise liberté-égalité-fraternité, le sceau, le 14 juillet, la Marianne et le coq.

Archives audiovisuelles sur la Déclaration des Droits de l’Homme – Institut national de l’audiovisuel
http://www.ina.fr/voir_revoir/droits_homme/index.fr.html
La rubrique « histoire et société » du site de l’INA consacre une page à la déclaration universelle des droits de l’homme.

Martine Aubry : Un réformisme moderniste chevillé au corps

Créé par le 02 juin 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD

Energique et volontaire, telle m’apparaît Martine Aubry. A bien des égards, franche et sympathique aussi. Ambitieuse ? Sans doute mais avec du fonds ! Cette bosseuse en fit voir, dit-on, à ses collaborateurs successifs ! Son parcours ? Pour ce que j’en sais très droit et marqué d’un delorisme congénital. Elle n’y peut rien. C’est sa filiation naturelle et intellectuelle.

 Un peu « seconde gauche » et transcourant (cf son épisode au sein du club « Témoin »! ), elle a voulu oeuvrer utile, encore jeune énarque, en préparant les lois du député Jean Auroux. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Ce ne sont pas tant ces droits nouveaux votés par un parlement rose qui importent le plus mais peut être leur signification dans la « France socialiste » de l’époque paradoxalement fascinée par le modèle japonais et « les cercles qualité ». Je me souviens de ce temps où nous voulions assumer à gauche cet impossible compromis social avec un patronat pourtant bien campé sur ses positions de classe. Nous osions demander « de nouveaux droits pour les travailleurs » en échange « de nouveaux marchés pour les entrepreneurs ». Ce fut en fait plus de flexibilité pour gagner - disait-on au nom de la politique de l’offre – des parts de marché.

Plus tard, Martine Aubry promut les CES avant d’inventer les Emplois-Jeunes. Mieux que les TUCs lancés bien avant par Laurent Fabius, mais marqués de la même ambivalence. La ministre volontaire n’eut pourtant de cesse de vouloir faire reculer cette précarité alimentée par un néolibéralisme ne rencontrant aucune résistance de la part d’une gauche socialiste pratiquant la fuite en avant dans une Europe du « Grand Marché » toutes voiles ouvertes à la mondialisation capitaliste.

Elle  reprit son combat plus tard sous Jospin avec la CMU, les Emplois-Jeunes et les trente cinq heures qui lui valurent l’animosité conjuguée des bas salaires et de larges secteurs du patronat. En responsabilité dans les services publics de l’emploi et de la santé, j’ai pu, par ailleurs, apprécier professionnellement son oeuvre aux ministères du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité. Bilan d’ensemble mitigé mais qui reste impuissant à prendre à bras le corps les défis du temps présent. Ceux du chômage, du pouvoir d’achat et de la précarité.

Malgré son mauvais caractère notoire, dénoncé par son entourage militant ou professionnel, Martine Aubry reste tout auréolée d’une image de droiture et de dévouement à la chose publique. En dépit des attaques sur sa personne du fait des trente cinq heures, l’ancienne ministre est réputée plus sereine que sa rivale, jugée parfois trop exaltée. Martine, cette battante sait à vrai dire imposer un style volontaire qui plaît à gauche. Réputation surfaite ? Avec Ségolène nul ne disconviendra qu’elles possèdent toutes les deux un sacré tempérament ! Reste à l’employer utilement !

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La contre-révolution cathodique

Créé par le 02 mai 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD, a3-Civisme, citoyenneté et militance

J’ai regardé avec intérêt, hier au soir, l’émission de télé sur Georges Marchais le cathodique, avec comme titre principal : « part de Marchais ». Sans doute faisait-il recette à l’audimat, ce secrétaire général d’un PC résolument engagé dans l’union de la gauche en ces années 70.

 Georges Marchais combinait alors deux atouts. Celui de représenter un parti au score électoral encore élevé (un électeur Français sur quatre) et surtout ce tempérament, cet aplomb et ce culot d’acier qui prêtaient à rire. L’émission traduit formidablement cette révolution de la com’ chez ce dirigeant communiste en totale rupture avec ses prédécesseurs formés dans la tradition tribunitienne des meetings mais parfaitement incapables de présence cathodique, supposant un ton assuré et spontané mêlant humour, roublardise et réactivité.

Souvenez-vous les difficultés éprouvées dans ses débuts télévisuels par un François Mitterrand qui se rattrappa fort bien par la suite. Exit avec VGE, le style conférence de presse du Général pourtant si génial dans ses réactions et boutades publiques. Les années 70 marquent une énorme évolution de l’homme médiatique public. Pour le meilleur et pour le pire. Un peu pitre, Georges Marchais avait nous dit-on de l’appétit médiatique. Une attitude de fauve ! Les journalistes témoignent de ce tempérament quand ils se trouvaient eux-mêmes pris en proie alors qu’ils croyaient prendre ! Les grands succés de Georges Marchais ne tenaient-ils pas à sa capacité d’en imposer aux forts en thèmes déstabilisés par sa gouaille emportée et son style offensif ?

Ces succés médiatiques ont accompagné, il est vrai, une attitude plus ouverte du PCF sur l’évolution du monde dans une conjoncture nouvelle :  » le socialisme aux couleurs de la France » sous l’influence d’un Juquin ou d’un Fiterman et l’eurocommunisme prôné par les dirigeants italiens et espagnols. La perte d’audience du dirigeant français n’alla -t- elle pas de pair avec le retour à une posture plus sectaire d’un PCF en butte à l’hégémonie de ses alliés socialistes, tentés alors par « le virage à droite »?

 La rupture des négociations sur le programme commun entame alors un lent processus d’érosion du PC. Georges Marchais n’est plus à l’affiche dès son raté télévisuel en direct de Moscou lorsqu’il justifie l’invasion de l’Afghanistan par les soviétiques. Nous sommes alors en pleine crise des relations internationales avec un durcissement des rapports des deux super blocs  (en toile de fond des années quatre vingt : la guerre des étoiles conduites par les américains, l’implantation des SS20 soviétiques à l’Est et des fusées Pershing en Europe occidentale ) .

 Il y aurait beaucoup à dire sur le discrédit qui fut alors jeté sur le dirigeant communiste car, au-delà de sa personne n’était-ce point aussi l’effet des croisades anti-communistes et la poussée du néo-conservatisme avec Thatcher et Reagan ? Quoi qu’il en fût, Geoges Marchais ne pouvait compenser son déficit politique par sa présence médiatique, laquelle fut fortement entamée durant ce processus de décomposition électoral engagé dès les années 80. En fin d’émission, le témoignage de Pierre Juquin traduit assez bien ce basculement et relativise l’effet médiatique vis à vis du fond.

Une tout autre question reste pendante : celle de la surmédiatisation des hommes publics au détriment des débats de fond qui n’ont plus cours dans les grands médias. Une question importante pour le devenir de notre démocratie.

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