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Martine Aubry : Un réformisme moderniste chevillé au corps

Créé par le 02 juin 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD

Energique et volontaire, telle m’apparaît Martine Aubry. A bien des égards, franche et sympathique aussi. Ambitieuse ? Sans doute mais avec du fonds ! Cette bosseuse en fit voir, dit-on, à ses collaborateurs successifs ! Son parcours ? Pour ce que j’en sais très droit et marqué d’un delorisme congénital. Elle n’y peut rien. C’est sa filiation naturelle et intellectuelle.

 Un peu « seconde gauche » et transcourant (cf son épisode au sein du club « Témoin »! ), elle a voulu oeuvrer utile, encore jeune énarque, en préparant les lois du député Jean Auroux. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Ce ne sont pas tant ces droits nouveaux votés par un parlement rose qui importent le plus mais peut être leur signification dans la « France socialiste » de l’époque paradoxalement fascinée par le modèle japonais et « les cercles qualité ». Je me souviens de ce temps où nous voulions assumer à gauche cet impossible compromis social avec un patronat pourtant bien campé sur ses positions de classe. Nous osions demander « de nouveaux droits pour les travailleurs » en échange « de nouveaux marchés pour les entrepreneurs ». Ce fut en fait plus de flexibilité pour gagner - disait-on au nom de la politique de l’offre – des parts de marché.

Plus tard, Martine Aubry promut les CES avant d’inventer les Emplois-Jeunes. Mieux que les TUCs lancés bien avant par Laurent Fabius, mais marqués de la même ambivalence. La ministre volontaire n’eut pourtant de cesse de vouloir faire reculer cette précarité alimentée par un néolibéralisme ne rencontrant aucune résistance de la part d’une gauche socialiste pratiquant la fuite en avant dans une Europe du « Grand Marché » toutes voiles ouvertes à la mondialisation capitaliste.

Elle  reprit son combat plus tard sous Jospin avec la CMU, les Emplois-Jeunes et les trente cinq heures qui lui valurent l’animosité conjuguée des bas salaires et de larges secteurs du patronat. En responsabilité dans les services publics de l’emploi et de la santé, j’ai pu, par ailleurs, apprécier professionnellement son oeuvre aux ministères du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité. Bilan d’ensemble mitigé mais qui reste impuissant à prendre à bras le corps les défis du temps présent. Ceux du chômage, du pouvoir d’achat et de la précarité.

Malgré son mauvais caractère notoire, dénoncé par son entourage militant ou professionnel, Martine Aubry reste tout auréolée d’une image de droiture et de dévouement à la chose publique. En dépit des attaques sur sa personne du fait des trente cinq heures, l’ancienne ministre est réputée plus sereine que sa rivale, jugée parfois trop exaltée. Martine, cette battante sait à vrai dire imposer un style volontaire qui plaît à gauche. Réputation surfaite ? Avec Ségolène nul ne disconviendra qu’elles possèdent toutes les deux un sacré tempérament ! Reste à l’employer utilement !

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La contre-révolution cathodique

Créé par le 02 mai 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD, a3-Civisme, citoyenneté et militance

J’ai regardé avec intérêt, hier au soir, l’émission de télé sur Georges Marchais le cathodique, avec comme titre principal : « part de Marchais ». Sans doute faisait-il recette à l’audimat, ce secrétaire général d’un PC résolument engagé dans l’union de la gauche en ces années 70.

 Georges Marchais combinait alors deux atouts. Celui de représenter un parti au score électoral encore élevé (un électeur Français sur quatre) et surtout ce tempérament, cet aplomb et ce culot d’acier qui prêtaient à rire. L’émission traduit formidablement cette révolution de la com’ chez ce dirigeant communiste en totale rupture avec ses prédécesseurs formés dans la tradition tribunitienne des meetings mais parfaitement incapables de présence cathodique, supposant un ton assuré et spontané mêlant humour, roublardise et réactivité.

Souvenez-vous les difficultés éprouvées dans ses débuts télévisuels par un François Mitterrand qui se rattrappa fort bien par la suite. Exit avec VGE, le style conférence de presse du Général pourtant si génial dans ses réactions et boutades publiques. Les années 70 marquent une énorme évolution de l’homme médiatique public. Pour le meilleur et pour le pire. Un peu pitre, Georges Marchais avait nous dit-on de l’appétit médiatique. Une attitude de fauve ! Les journalistes témoignent de ce tempérament quand ils se trouvaient eux-mêmes pris en proie alors qu’ils croyaient prendre ! Les grands succés de Georges Marchais ne tenaient-ils pas à sa capacité d’en imposer aux forts en thèmes déstabilisés par sa gouaille emportée et son style offensif ?

Ces succés médiatiques ont accompagné, il est vrai, une attitude plus ouverte du PCF sur l’évolution du monde dans une conjoncture nouvelle :  » le socialisme aux couleurs de la France » sous l’influence d’un Juquin ou d’un Fiterman et l’eurocommunisme prôné par les dirigeants italiens et espagnols. La perte d’audience du dirigeant français n’alla -t- elle pas de pair avec le retour à une posture plus sectaire d’un PCF en butte à l’hégémonie de ses alliés socialistes, tentés alors par « le virage à droite »?

 La rupture des négociations sur le programme commun entame alors un lent processus d’érosion du PC. Georges Marchais n’est plus à l’affiche dès son raté télévisuel en direct de Moscou lorsqu’il justifie l’invasion de l’Afghanistan par les soviétiques. Nous sommes alors en pleine crise des relations internationales avec un durcissement des rapports des deux super blocs  (en toile de fond des années quatre vingt : la guerre des étoiles conduites par les américains, l’implantation des SS20 soviétiques à l’Est et des fusées Pershing en Europe occidentale ) .

 Il y aurait beaucoup à dire sur le discrédit qui fut alors jeté sur le dirigeant communiste car, au-delà de sa personne n’était-ce point aussi l’effet des croisades anti-communistes et la poussée du néo-conservatisme avec Thatcher et Reagan ? Quoi qu’il en fût, Geoges Marchais ne pouvait compenser son déficit politique par sa présence médiatique, laquelle fut fortement entamée durant ce processus de décomposition électoral engagé dès les années 80. En fin d’émission, le témoignage de Pierre Juquin traduit assez bien ce basculement et relativise l’effet médiatique vis à vis du fond.

Une tout autre question reste pendante : celle de la surmédiatisation des hommes publics au détriment des débats de fond qui n’ont plus cours dans les grands médias. Une question importante pour le devenir de notre démocratie.

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Retour sur le passé de Résistant de François Mitterrand

Créé par le 26 avr 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD, a3-Civisme, citoyenneté et militance

Bien avant la parution du livre de Pierre Péan « Une jeunesse française »,  je fus convié à la Sorbonne, en ma qualité d’animateur de France Libertés, pour assister à un colloque sur Vichy. Accompagné du très regretté Docteur Jean Blum, haut personnage du MRAP aux engagements inébranlables, j’avais salué la présidente de France Libertés qui nous fit part en aparté de son regret d’un certain manque de fermeté dans une dénonciation trop nuancée de la Collaboration. Les historiens lui paraissaient en effet trop enclins à une compréhension – qui frisait pour elle la justification sinon la complaisance - envers l’attitude de certains collaborateurs, exagérément démarquée de celle des collaborationnistes.

Nous eûmes ensuite tout le temps de prolonger cette conversation sur cette période avec mon ami qui m’informa, non sans  une certaine pudeur, de la véracité de l’épisode de la remise de la francisque au jeune Mitterrand. Connaissant le passé de Résistant de Jean et ses nombreux engagements, je ne pouvais que remettre en cause mon attitude constante de dénégation de cette histoire que j’attribuais jusqu’alors à un effet de propagande de la droite. Cette révélation me laissa songeur. Lorsque parut l’ouvrage de Pierre Péan, sa lecture me permit de comprendre le processus qui, selon l’auteur, aurait conduit Mitterrand de Vichy à la Résistance. J’en restais là dans cette approche d’une trajectoire d’une certaine façon tout à l’honneur de François Mitterrand si ce n’était cette proximité ultérieure avec René Bousquet, lequel accompagna, semble-t-il, dans l’après-guerre son ascension politique.

On peut sans doute déplorer le trop long silence de François Mitterrand sur cette période. On comprendra néanmoins la difficulté de l’évoquer dans l’adversité d’une droite déchaînée, faisant feu de tous bois pour empêcher l’accession au pouvoir de la gauche avant 81 puis sa volonté de la déstabiliser après l’arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République.

Aujourd’hui, on peut analyser la période avec plus de sérénité en prenant garde de ne pas tomber dans l’anachronisme des jugements. De ce point de vue tous les éclairages sont les bienvenus. On doit considérer dans cette affaire l’ensemble des matériaux. Les témoignages de Danielle Mitterrand restent d’une grande utilité. Ils sont bien sûr à considérer en prenant en compte la subjectivité et la charge émotionnelle de la veuve du président qui apporte cependant, dans les documents annexes de son livre, des pièces fort opportunes.

En faisant retour sur mes 24 ans, je ne saurais dire le niveau de lucidité qui eut été le mien si ils m’avaient confronté aux mêmes situations. Ce qui reste certain c’est que dans sa trajectoire, François Mitterrand apparaît comme un homme de conviction, engagé, généreux, le courage chevillé au corps dans la Résistance. Quant à  l’ambition, n’est-elle pas la qualité consubstantielle des hommes tentés d’écrire l’Histoire ?

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Eloge de la trivialité en politique, par un spectateur engagé

Créé par le 08 mar 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD, a3-Civisme, citoyenneté et militance

 Dans les joutes électorales, la tripotée de bois verts échangée de part et d’autre à la face des concurrents, traités à l’occasion de tous les noms d’oiseaux, vient pimenter des fins de campagnes harrassantes. Ces attaques ad hominem stigmatisent l’adversaire et interdisent les échanges sereins. Les plus sages peuvent bien dénoncer ces outrages dégradants, d’un usage pourtant constant. Leur jugement sévère mais par trop idéaliste fait fi d’une implacable réalité psychologique héritée du tréfonds de nos origines : celle de la horde aux moeurs archaïques et mue par cette agressivité animale.  Est-ce à dire qu’en politique il faille faire son deuil de préceptes civiques et moraux dans ces moments d’écart quand la pulsion prend le pas sur la raison de l’homme moderne ? Je n’ai sur ce point aucune autre opinion à professer que celle de ma propre expérience plutôt bien inspirée pour n’avoir jamais confondu ou réduit le militant en un homme de mains. Mais je n’ai jamais feint d’ignorer l’instinct grégaire du clientélisme de la Rome antique aux comités électoraux de la France républicaine. Il n’empêche que si l’homme est un animal politique, pour passer du registre psychologique à celui de la philosophie politique, dans ces considérations de tripots, il n’en demeure donc pas moins homme avec toutes ses passions et ses pulsions lorsque la fidélité aveugle, fille du clientélisme, l’emporte sur  le soutien critique. A l’heure où l’on voudrait réhabiliter les valeurs refuges, en recherchant peut être à l’excès ce supplément d’âme terriblement absent, on ne saurait oublier que la vie politique est faite aussi de contingences, de rencontres fortuites, et sans doute contradictoires, entre ambitions personnelles et mandats publics, affrontements d’idées et disputes triviales, inhérentes aux poussées paroxystiques du combat politique, lequel ne mérite guère ce regard trop moralisateur et quelque peu désincarné. Car nos novices contempteurs de la chose politique feraient bien de ne pas tirer prétexte de cette réalité politique multiséculaire d’opportunismes et de récupérations d’enjeux élevés à des fins personnelles, pour s’exonérer à bon compte de leurs devoirs citoyens plutôt que de retrousser les manches pour tenter de montrer un meilleur exemple à leur tour. A ne pas vouloir se coltiner avec le réel ces bonne âmes finissent par ressembler à ces chérubins d’anges aîlés, à jamais éloignés des contingences humaines. Ils peuvent bien garder les mains jointes, ces culs bénis qui pavoisent en choeur dans les retables et les culs-de-four des églises. Pour être plus explicite,  permettez-moi, cette triviale référence à Pascal : « Qui veut faire l’ange fait la bête ».

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P.S : Retenu dans mon institution depuis près de deux mois par de nobles et exigeantes tâches professionnelles chronophages (tous les professionnels autorisés vous le confirmeront), en cette période de campagne, je suis, bien malgré moi, resté coi et bouche bée. Je ne voulais surtout pas que l’on allât s’imaginer je ne sais quelle stupide et lâche posture vis à vis de tel candidat ou candidate. Je suis pleinement des vôtres camarades-citoyens ! Et j’aurai bien donné de ma petite voix pour repousser les calomnies et autres insultes de mauvaise guerre de Parentis à Saint Martin de Seignanx en passant par Mont de Marsan. A tous et à toutes, je souhaite la victoire et félicite par avance, en ce jour de la gent féminine, l’heureuse élue, de demain, communiste et républicaine du canton de Sore qui renouvelle le genre, ce qui nous change – c’est une litote - de ces trop nombreuses et masculines têtes de linotte !

No smoking

Créé par le 03 jan 2008 | Dans : a-le quartier libre de XD

Grâce à  la veillée d’armes  de Madame la Ministre en charge du dossier qui l’occupe à temps plein, le tohu-bohu médiatique et les annonces intempestives des tenanciers de bars et restaurants, après celles des buralistes, font place à l’espoir. Par la magie de la réglementation nous voici préservés dans notre intégrité physique aux heures de fréquentation de tous ces lieux de perdition.

Jamais plus ces  nuages de fumée que le courant d’air chasse toujours du mauvais côté et qui imprègnent nos vêtements jusqu’à faire douter de notre récente détermination affichée haut et fort dans une déclaration tonitruante, ce  » j’arrête  » récurrent et ostentatoire prenant à témoin l’humanité de notre bravoure en chaque début d’année. Fini, ce lâche acquiescement, par clins d’oeil et sous-entendus rituels, à cette autorisation arrachée et forcée, dans ce lieu confiné, par notre personne de rencontre obligée qui  oriente furtivement vers nous, comme pour s’exonérer par avance de tous reproches, le côté de son paquet d’où elle vient d’extraire, dans une goujaterie inqualifiable, une cigarette.  Dans la quasi-certitude d’arracher notre accord inaudible, elle grille promptement cette dernière que nous lui avons toujours refusée et d’où sortent ces magiques volutes, inhalées malgré nous, bien qu’elle nous toise de haut en bas, le regard de biais et le menton spartiate relevé, dans une attention feinte, après avoir veillé à une efficace aération qui nous gèle les os jusqu’à la moelle…

Quel challenge pour qui sait l’importance cumulé du facteur psychologique, de la dépendance à la nicotine et de l’usage symbolique de la cigarette. Une fois franchi ce stade de l’interdit, on peut à présent faire refluer les valeurs socio-culturelles qui sructurent l’usage du tabac. L’enjeu est de taille en matière de santé publique. Mais il soulève beaucoup de problèmes dans les registres de l’économie, de la culture et de l’éthique.

L’impact de la nouvelle réglementation sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics n’est plus à démontrer. Sachons cependant ne pas nous égarer dans une moralisation excessive du problème. Le modèle de société sans tabac ne risquerait-il pas  alors d’accompagner la marche vers un ordre moral attentatoire aux libertés comme l’annonçait le sociologue Alain Touraine dans un vieil article intitulé santé publique et libertés individuelles ?  » A nouveau est renforcée la frontière entre le bien et le mal, les bons citoyens et les éléments dangereux, les fumeurs et les non fumeurs, les buveurs d’alcool et les abstinents. A nouveau, ceux qui parlent de démocratie et des valeurs morales font de ces mots des barrières électrifiées qui protègent le paradis de l’enfer où pourrissent les minorités inférieures entraînées vers le bas par leur vice et leur hérédité culturelle « .

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