a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

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Henri Emmanuelli, figure emblématique de la gauche du PS…

Créé par le 23 mar 2017 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Parti socialiste

La disparition du député des Landes laisse ses compatriotes orphelins. Président du conseil départemental jusqu’à sa mort, l’ancien premier secrétaire du PS et président de l’Assemblée nationale aura bataillé toute sa vie pour une certaine idée de la gauche dont il voulait défendre les fondamentaux. Dans une posture combative qui pouvait s’accommoder de quelques raccourcis, ce cacique du parti socialiste a maintenu cette ligne du « tenir bon » malgré les vents hostiles. Cet orateur cinglant et offensif n’a pourtant jamais désespéré et sut imposer sa marque au fil des congrès socialistes tout en composant, presque malgré lui, avec cette dérive sociale libérale que visait pourtant son discours critique.

Je fus sans doute le premier étudiant socialiste et militant du CERES à le rencontrer dans la période qui entoura le congrès de Pau de 1975, date à laquelle ce jeune loup, fondé de pouvoir à la banque Rotschild, se tournait vers les Landes à l’invitation de François Mitterrand. Je revois sa silhouette élancée et son sourire avenant envers ses camarades quand, débarqué du train qui le ramenait de Paris pour le congrès fédéral de Morcenx, avec quelques numéros de l’Unité sous le bras, il nous tendait le journal en assortissant son geste de propos pertinents d’un homme très au fait de la vie nationale du parti. C’était ses toutes premières apparitions dans cette fédération des Landes tenue par le formidable Scognamiglio qui travaillait auprès du premier secrétaire fédéral au développement du nouveau parti socialiste. Je fis part à mes amis bordelais du CERES de cette forte personnalité émergente de la « mitterrandie » qui devait s’imposer comme nous en fîmes très vite l’expérience au congrès de Metz qui voyait se renouveler l’alliance CERES-Mitterrand sur une ligne de gauche…

Mon retour dans les Landes, beaucoup plus tard, m’a fait découvrir un autre personnage, plus distant, qui avait l’expérience du gouvernement et dirigeait d’une main de fer, mais avec brio, le département pour lequel il réalisa de grandes et bonnes choses dans un champ très vaste. Les rares rencontres personnelles avec ce mentor d’un socialisme ancré dans la ligne d’Epinay m’ont toujours montré un visage souriant et d’une extrême amabilité, tranchant avec cette dureté d’expression de l’homme de pouvoir. Il savait prendre ce ton et ce visage plein d’empathie envers ceux qu’il considérait de son camp fussent-ils, comme moi, des opposants notoires à ce délitement du PS. Pour autant, j’ai aussi subi ses regards désapprobateurs dans les années de rupture quand nous fondions le mouvement des citoyens après le vote du traité de Maastricht et la première guerre du Golfe. Et surtout lors de la campagne à la présidentielle de 2001 de Jean-Pierre Chevènement auprès duquel il tenta quelques éphémères rapprochements après la campagne du Non au référendum de 2005. Tout a été dit et écrit sur cet épisode qui signa la rupture d’avec une ligne accommodante avec la gestion sociale libérale.

Par delà la candidature de Benoît Hamon qui garde l’empreinte de son mentor, Henri Emmanuelli, malgré toute l’ambivalence de l’héritage rocardien, on peut questionner la réalité du socialisme français et se demander s’il reste en lui encore une place dans la fidélité de ce témoignage d’une vie militante au service du peuple et de l’intérêt général. S’il y avait une référence à ne jamais renier, ce serait sans doute, par delà les hommes susceptibles de l’incarner aujourd’hui,  celle d’un républicanisme solidaire et laïc dans la tradition du socialisme français…

Xavier DUMOULIN

Retour sur nos billets d’il y a dix ans au soir du second tour de la primaire socialiste ce 29 janvier 2017

Créé par le 29 jan 2017 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Cuadrilla, quadras et quadrature du cercle : d’une arène à l’autre …

Créé par le 22 juil 2007 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin

EXTRAITS

« Belle cuadrilla ces Boutil, Gorce, Hamon, Montebourg et autres Valls  en mal de célébrité, grandis pourtant dans les écuries, entrés dans la carrière quand leurs aînés  y étaient encore tous, ces aînés qui désertent aujourd’hui la place comme pour éviter la lidia sous la bronca de la base militante et sympathisante. Ceux-là aussi ne veulent  pas donner dans les jeux d’arènes et proclament haut et fort leur volonté de rompre avec les luttes de clans dans un parti en butte aux ambitions personnelles. La jeune garde du PS veut boucler le cycle d’Epinay. C’est la quadrature du cercle. « Nous souffrons d’un problème d’enfermement. L’appareil est trop tourné vers lui-même », a affirmé Montebourg, qui souhaite « la fin du nombrilisme » au PS. « Il faut peut-être tourner la page de l’organisation d’Épinay », ajoute le député de Saône-et-Loire, en souhaitant que le parti redevienne « une grande organisation politique capable de proposer un projet en accord avec les attentes de la société ». L’ancien porte-parole de Ségolène Royal a rendu hommage à la présidente de la région Poitou-Charentes « qui a fait faire des pas de géant au projet du PS », notamment sur les institutions et l’autorité républicaine. Pour sa part Gaetan Gorce entend aussi rénover de fond en comble. « Nous voulons sortir du langage gestionnaire pour aborder les sujets de manière transversale. Le monde change, pourquoi la gauche ne changerait-elle pas ? Les socialistes sont toujours dans l’hésitation et le compromis, il nous faut regarder la société en face. Dans sa campagne, Ségolène Royal a été dans l’intuition et la réflexion sur de nouveaux sujets de société qui étaient jusqu’alors les thèmes de prédilection de la droite. Il nous faut désormais aller au-delà. Et, cela ne veut pas dire « droitiser » le parti, au contraire, je crois que l’avenir du PS se joue à gauche. »

Seront-ils vraiment les leviers de cette rénovation bien différente d’une simple affaire générationnelle ? On peut craindre pour eux quelques bandérilles et autres estocades dans ces arènes tumultueuses et on leur souhaite beaucoup de bravoure dans leur combat. Mais sait–on vraiment ce qui se joue derrière ce retour de la bravitude ? S’agit-il vraiment de cette énergie virile, de cette virtù dont nous parlions hier dans notre billet, évoquant Machiavel et le Prince moderne ? »

Une position centriste radicale et républicaine par refus des vieilles politiques de chimères ou de renoncements

Créé par le 08 juil 2007 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin, Débats autour de la refondation de la gauche |

EXTRAITS

« Dans ces temps présents de nouveaux questionnements de toute la gauche après la victoire idéologique et politique de la droite à la présidentielle de 2007, la position « centriste » originale et originelle  - sur laquelle nous reviendrons plus loin – peut nous éviter un double écueil :

-  Celui de l’abandon par la gauche de l’essentiel de ses valeurs et principes au prétexte d’un prétendu  caractère indépassable de l’économie de marché dominée par le néolibéralisme.

- Celui du refuge dans la tradition séculaire néo-guesdiste – incarnée jadis par Guy Mollet –  du maximalisme verbal par des dirigeants enclins à plus de liberté de parole dans une cure prolongée d’opposition.

Pour sortir de ces impasses, la posture centriste pourrait se définir comme une ouverture aux réflexions des courants critiques de « la  gauche de gauche » et de  l’altermondialisme tout en assumant pleinement les réalités et évolutions historiques de la gauche. Inscrite définitivement dans la tradition républicaine du socialisme français – qui porte  haut l’exigence démocratique avec la visée laïque et citoyenne -, la gauche reste le creuset d’une perspective sociale audacieuse. Le néolibéralisme – qui n’est rien d’autre qu’une victoire du capitalisme financier sur le monde du travail –  doit donc être combattu avec détermination et réalisme. Il appartient ainsi aux forces de gauche d’entamer et de contester sa légitimité.

La question de la refondation de la gauche se pose dans cette problématique  »centriste » à la recherche de l’ambition du réalisme pour sortir des impasses ; celle d’une gauche de la gauche anti-libérale, cantonnée dans un rôle protestataire et celle d’un républicanisme sans visée affirmée de transformation sociale. D’où notre posture résolument éclectique, fondée sur la critique radicale du néolibéralisme mais profondément ancrée dans les fondamentaux républicains. Rompant avec des réflexes idéologiques pavloviens, ce nouveau  »centrisme » a besoin d’être expliqué pour devenir un nouveau point d’équilibre à gauche entre différentes sensibilités. C’est un défi encore loin d’être relevé ! »

X D

Au-delà de la la primaire socialiste, l’épuisement de la gauche l’oblige à explorer de nouveaux paradigmes

Créé par le 23 jan 2017 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Aucune surprise dans le niveau de participation d’un électorat de cette gauche introuvable qui a voté avec ses jambes quand il n’a pas exprimé, dans les urnes, cette motion de censure des gouvernements sociaux-libéraux du quinquennat.

Est-ce l’idée d’un revenu universel, – déjà questionnée dans les années 80 avant même l’émergence d’un revenu minimum d’insertion en 1988 -, ou bien le glissement vers les théories de la décroissance – qui pourraient n’être qu’une théorisation de l’impuissance économique et sociale de la gauche européenne à relever les défis de la croissance et de l’emploi – qui a fait de leur héraut, Benoît Hamon, le roi de la primaire au soir du premier tour? Est-ce sur ces même bases que le chantre de la démondialisation et du made in France, Arnaud Montebourg, rallie la candidature Hamon pour le second tour?

Quand ce dernier retourne à cette vision malthusienne néo-rocardiste sans en épouser cette perspective de lucidité et de réalisme dans cette fuite en avant vers un revenu universel avec une impasse sur son financement, force est bien de s’interroger sur les limites d’une possible dynamique autour d’un axe anti Valls.

L’ancien locataire de Matignon peut bien exciper de ses capacités à maîtriser les leviers du pouvoir et d’une gestion rigoureuse dans un contexte de menaces sur la sécurité, mais il peine à offrir une perspective concrète d’un projet progressiste et républicain, porteur d’une autre dynamique économique et sociale.

Le résultat du premier tour ne dissipe pas le risque d’impasse électorale du parti socialiste à la présidentielle. Les candidats ex-socialistes, prétendument hors système, peuvent se réjouir à bon compte. Mais ils devront à leur tour faire la démonstration que leurs perspectives respectives ne sont pas de vains discours mais offrent à l’appui une vraie sortie des vieilles politiques de chimères ou de renoncements.

Xavier Dumoulin

 

Royal en majesté?

Créé par le 25 oct 2016 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Olivier Philippe Viela nous régale de son commentaire qui alimente la rumeur du retour de Ségolène. Dans son billet de 20 Minutes publié hier soir, il cite la réponse de la ministre de l’écologie sur le plateau de France 3 dimanche « Pour l’instant, c’est François Hollande qui est candidat » . « Interrogée sur une possible candidature en 2017 à la place du président sortant, elle a rappelé l’échéance : décembre, quand l’actuel chef de l’Etat annoncera s’il tente de briguer un second mandat. Le jour-même, le Journal du Dimanche a barré sa Une d’un « L’hypothèse Royal » surplombant une photo de la ministre de l’Ecologie et de François Hollande ».

Aux dires du journaliste dans une conversation téléphonique entre Jean-Christophe Cambadélis et le député des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci, le premier secrétaire du P.S aurait indiqué que pour que la social-démocratie survive aux législatives, il faudrait qu’elle obtienne 18 % à la présidentielle. On comprend maintenant la possible participation de Royal à la primaire pour sauver les meubles de la maison socialiste. D’autant que la ministre qui préside la COP 21 semble bien en vue de nos compatriotes. Ils sont nombreux à apprécier le franc parler de cette politique à présent vengée des affronts publics et privés.

De là à imaginer que son Président d’ex-mari puisse favoriser sa candidature, il y a un pas à franchir avec une grande prudence. Certes l’hypothèse d’une candidature Valls qui chemine à grand renfort de complicité médiatique irait bien dans le sens d’une explication psychologique d’un François Hollande en mal de revanche vis à vis de son premier ministre trop intrigant.

Quoi qu’il en soit on notera l’attitude joviale de Jean-Louis Boorlo qui assistait à une interview dans laquelle l’ancienne candidate fait mine de rejeter cette hypothèse. A la question du journaliste qui prend à témoin l’ancien chef de file des centristes, ce dernier répond pince sans rire qu’elle n’a pas vraiment dit non.

Dans un paysage très perturbé, dans l’attente de primaires agressives à droite et sur fond de sondages mortifères pour la gauche, il y a peu être une part de vérité dans cette rumeur médiatique. Mais à quoi bon si en arrière plan la présumée candidate devait se contenter de poursuivre dans une voie sans issue pour la gauche et pour le peuple de France.

Xavier DUMOULIN

Trahir avec méthode?

Créé par le 02 sept 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

P1030266Telle serait l’œuvre de Macron selon le président Hollande qui dénonce ainsi son ministre (1). Un constat terrible qui place le président en bien mauvaise posture. Une frange de son électorat potentiel pourrait bien glisser sur le nom de cet amateur qui profita de ses fonctions à l’Elysée puis au gouvernement pour valoriser sa trajectoire dans une finalité électorale toute personnelle. En marche vers l’Elysée, sans troupe et sans expérience, le personnage ferait bien de se raviser à temps.

Si Montebourg représente un risque de destruction pour Hollande, Macron constitue une obstruction. Un comble pour ce président qui a fait la carrière politique de Macron! Ce dernier semble occuper une place auprès d’un électorat libéral, plutôt âgé et de droite. Celui qui se tournait, jadis, vers Bayrou. Macron pourrait ainsi piquer quelques « parts de marché de cette offre politique » à un Juppé, voir à un Beyrou dans l’hypothèse ou Sarkosy triompherait de la primaire à droite. Mais alors quel serait le départage de l’électorat captif des Beyrou et Macron sur l’un ou l’autre de ces mêmes protagonistes?

En attendant ces hypothétiques scénarios, le premier ministre n’est-il pas le gagnant de ce basculement au sein de son camp? Eliminé du paysage gouvernemental, Macron laisse le champ libre à Valls sur ce terreau libéral-sécuritaire. Un Valls récemment fragilisé par ses ministres Vallaud-Belkacem et Touraine qui n’ont guère caché leur opposition à l’approche du dossier des arrêtés anti-burkini. Avec en final un ministre de l’intérieur renforcé par sa posture équilibrée sur la question des rapports entre l’islam et la république, aidé en ce sens par l’émergence de son ami Jean-Pierre Chevènement qui l’a précédé dans cette fonction ministérielle sous le gouvernement Jospin de la « gauche plurielle ».

Après les candidatures Hamon, Duflot et Montebourg, l’espace d’un président-candidat se réduit comme peau de chagrin. Cette situation ne conviendrait-elle pas à un premier ministre qui affiche à l’envi son loyalisme et qui ne saurait disputer la place à une candidature  Hollande? Levée l’hypothèse d’une présentation à la primaire de l’ancien premier secrétaire du PS et actuel président pour un nouveau mandat, Valls aurait les mains libres. Si ce n’est une réelle difficulté à convaincre la base du parti, certes très étiolée et plutôt élitaire, et celle, plus large, des sympathisants socialistes, à désigner celui qui ne fit que 5% des voix aux précédentes primaires.

On n’en finirait pas d’épiloguer sur ces terribles projections qui débouchent in fine sur des impasses. Comme me le confiait hier, en aparté, un ami socialiste de toujours, la droite du parti pourrait bien trouver dans la sécession la réponse à ces questions. Le pire n’est jamais sûr dit-on. Mais au point où nous en sommes, une telle clarification ne ferait-elle pas l’affaire de Montebourg? Ce républicain socialiste aux accents gaulliens qui ne sont pas pour nous déplaire…

Xavier DUMOULIN

(1) « Il m’a trahi avec méthode! »

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