a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Articles archivés

Ce clan, des néocons aux prétendus anti-racistes, qui moque Chevènement…

Créé par le 31 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Odieux battage médiatique autour des propos du président de la fondation pour un islam de France. Certains rivalisent de griefs et d’invectives, masquant mal leur profonde mauvaise foi!
Prenant prétexte des souvenirs des femmes qui allaient sans voile dans les rues du Caire ou d’Alger,  il y a de cela quarante à cinquante ans, évoqués devant les auditeurs de France-Inter par un Jean-Pierre Chevènement interrogé par Patrick Cohen, des internautes niais, reprennent en boucle l’antienne selon laquelle Chevènement ne serait pas retourné en Algérie ou en Egypte depuis des décennies. Et d’aucuns de faire leur presse autour de ces réactions, entretenant ainsi l’ambiguité!
Plus grave : telle journaliste de France-Culture feint de croire ces internautes et s’esclaffe sans retenue aucune pour dénoncer la soi-disant méconnaissance du monde arabe de l’ancien ministre, trahissant dans le même temps son manque de déontologie professionnelle et surtout sa bêtise assortie d’une mauvaise foi inouïe!
Se voulant plus féroce encore, tel historien arabisant écrit sur son blog : »C’est faire un mauvais procès à Jean-Pierre Chevènement que de lui dénier une certaine connaissance du monde musulman. Ce qui est en revanche problématique, c’est le caractère biaisé et partiel de l’expérience accumulée par celui qui préside, depuis janvier 2011, l’Association France-Algérie »… »En vue d’asseoir son crédit, M. Chevènement a mis en avant des séjours « au Caire, à Alger, il y a quarante ou cinquante ans ». L’ancien ministre de l’intérieur ne cache pas sa nostalgie pour les grandes figures du nationalisme arabe qu’étaient Gamal Abdel Nasser, au pouvoir en Egypte de 1954 à 1970, ou Houari Boumediene, à la tête de l’Algérie de 1965 à 1978 (avec Abdelaziz Bouteflika aux affaires étrangères). Cette nostalgie d’une époque révolue ne favorise pas forcément l’imagination et l’inventivité indispensables pour contribuer à une nouvelle réalité de l’islam de France ». Et Jean-Pierre Filiou de dénoncer, dans la plus grande confusion, les positions diplomatiques de l’ancien ministre sur les dossiers de l’Irak et de la Syrie.
Nous approchons maintenant de la véritable motivation de ces détracteurs bien mal inspirés par ces néo-cons qui organisèrent la plus grande ratonnade de l’histoire récente avec les deux guerres du Golfe et leur cortège d’atrocités. Rappelons la position de l’ancien ministre de la défense dans cette affaire.
Quant au dossier syrien, les revirements de la diplomatie française ont donné raison à la posture initiale de Jean-Pierre Chevènement qui désignait Daesh comme principal adversaire. On connaît à présent le prix payé par la France du fait du développement de cet Etat terroriste.
Plus surprenante, cette cabale du président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, selon qui le souverainiste «a multiplié les confusions et les dérapages». Idem pour le député PS du département Mathieu Hanotin qui, auprès du Lab d’Europe 1, s’est dit «scandalisé à double-titre». «D’une, sa rhétorique paternaliste et colonialiste (…). De deux, ses propos scandaleux et racistes sur Saint-Denis. Il fait une confusion mentale entre être Français et être blanc. La ligne rouge a été franchie. Il faut que le président renonce le plus vite à nommer cette personne», exhorte-t-il.
Piteux arguments calomnieux que met en miettes Laurent Bouvet dans son entretien au Figaro, publié sur ce blog sous le titre « Attaques contre Chevènement : l’odieux clientélisme de la gauche antiraciste ».
Xavier DUMOULIN
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Pour sa sortie toulousaine, Mélenchon réussira-t-il son retour?

Créé par le 28 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

L’ambivalence du titre renvoie à celle du personnage. Installé dans un jeu tribunitien qui frise parfois la démagogie, Mélenchon, qui se pose en leadership de la « France insoumise », continue à surprendre. Cet apôtre de la révolution citoyenne oscille entre un radicalisme verbal au ton provocateur - son fameux « Qu’ils s’en aillent tous » – et le souci d’une image rassurante, celle du « bulletin de vote stable et sûr ».

Le paradoxe du « mélenchisme » réside un peu dans ce balancement entre une façon d’être agressive, dans ce paysage politico-médiatique assoiffé de spectaculaire et de scandale, et une volonté d’élever le débat citoyen au-delà des lieux communs. La présence, à ses côtés, d’un économiste raffiné, Jacques Généreux ou d’un philosophe reconnu, Henri Pena-Ruiz, manifeste cette légitimité intellectuelle et cette capacité attractive qui avait trouvé à s’exprimer avec force au premier tour des présidentielles de 2012.

Depuis, le tribun peine à se faire entendre. Il n’a plus le vent en poupe. Contesté par les siens au sein du Front de gauche, il a même dû faire le forcing pour imposer sa candidature sur laquelle les communistes et leur parti demeurent à ce jour réservés. A l’exception de ceux qui doutent d’une candidature alternative du même acabit. Les propos matinaux de Pierre Laurent sur France inter n’en demeurent pas moins ouverts sur l’hypothèse d’une candidature commune avec un Mélenchon ou un Montebourg…

Le candidat fait sa rentrée politique ce dimanche 28 août à Toulouse d’où il prononcera un discours « très large », selon son entourage, à l’occasion d’un pique-nique. Entre 500 et 600 militants de « La France insoumise », le mouvement créé par l’ancien patron du Parti de gauche pour soutenir sa candidature à la présidentielle, sont attendus dimanche. Ce rendez-vous précède la publication d’un livre  »Le Choix de l’Insoumission » à paraître le 8 septembre au Seuil et de l’organisation en octobre de la première convention nationale du mouvement pour se structurer et arrêter le programme.

Dans ce contexte, quelles peuvent être les chances d’un nouveau départ? Dans quel dessein et avec quel message?

Dans son interview au Monde auprès de Patrick Roger et de Raphaëlle Besse Desmoulières (1), le candidat situe le cadre de cette élection sans précédent du fait de « la décomposition de la société lors des derniers quinquennats » et de la perte des repères politiques. Avec cette possibilité d’une abstention massive ou bien d’une « participation punitive sévère pour en faire le coup de balai ».

La contestation de la loi El Khomri avait ouvert « un espace politique mis à mal par les délires sécuritaires » sur fond de terrorisme qui « ont déplacé le centre de gravité vers les thèmes morbides ».

Dans ce cadre difficile, les candidatures Hamon, Montebourg, Lienemann, Filoche et Duflot n’inquiètent aucunement Mélenchon qui pense même en bénéficier. Ne disent-elles pas comme lui que Hollande a échoué? « Ils travaillent pour moi », estime le candidat.

S’agissant de l’alliance avec le PC, la porte reste ouverte. Mais prévient Mélenchon la présidentielle et les législatives, c’et la même campagne. D’où cette dénonciation des alliances au cas par cas souhaitées par Pierre Laurent qui refuse l’idée d’un accord national.

A droite Mélenchon dénonce « les surenchères sécuritaires » et « la haine des musulmans ». Pour le reste Sarkosy représente « une barbarie sociale effrayante » (retraite à 64 ans, suppression de la durée hebdomadaire du travail…). Quand la droite veut charger le bulletin de vote de « communautarisme, d’ethnicisme, de questions religieuses », lui propose « des objectifs sociaux, écologiques et institutionnels ».

Le candidat s’en prend aux dogmes économiques et poltiques de « l’Europe à l’allemande » qui ont tout bloqué. Pour changer l’Europe – plan A-, il faut être capable de la quitter – plan B -! Car « s’il n’y a pas de plan B, le plan A ne fonctionne pas ». Ce qui distingue Mélenchon, selon lui, des autres courants de gauche, c’est « la nation comme levier de la bataille européenne ». Un nouveau traité est prévu pour 2017. Donc le choix du prochain président est un choix sur l’Europe. Mélenchon veut donc faire de la présidentielle « un référendum sur les traité européens ».

Interrogé sur l’affaire du burkini, Mélenchon s’insurge contre l’odieuse « instrumentalisation communautariste du corps des femmes » qui constitue « un affichage militant ». Mais Valls a tort d’en rajouter et « personne n’est dupe de ses indignations à géométrie variable ».

Quand à l’accueil en France des réfugiés qui se pressent aux portes de l’Europe, M. Mélenchon rappelle n’avoir « jamais été pour la liberté d’installation ». « Quand les gens arrivent, il faut une politique humaine et les traiter dignement », nuance le candidat mais « l’urgent est qu’ils n’aient plus besoin de partir de chez eux. Je suis pour la régularisation des travailleurs sans papiers mais pas pour le déménagement permanent du monde, ni pour les marchandises ni pour les êtres humains ». Prenant l’exemple des médecins, le candidat se dit même favorable à une politique des quotas.

On mesure le chemin parcouru dans la vision de la France, de la nation, de l’Europe ou sur les questions sociétales et de l’immigration. Pour avoir soutenu le traité de Maastricht avant de rejoindre le camp du Non en 2005, Mélenchon se refusait, il y a peu encore, à prendre des positions audacieuses,  par peur d’être caricaturé par cette gauche qui a trop longtemps rejeté les symboles républicains – marseillaise, drapeau bleu-blanc-rouge – et la défense de la nation.

Cette gauche écolo-bobo qui, sur les questions sociétales ou celle de l’immigration fait preuve d’un entêtement petit bourgeois dans le politiquement correct comme l’expriment à l’envi les réactions de rejet des propos de Jean-Luc Mélenchon au Monde (2).

On appréciera donc la liberté de ton d’un candidat qui combat à juste titre les politiques d’austérité à la racine et  l’angélisme des bien pensants de tous poils. On regrettera cependant son refus de dialogue avec les courants de cette même sensibilité républicaine. Cette critique vaudrait aussi pour l’ensemble des prétendants du camp républicain à la recherche d’une alternative à cet enfermement de la France dans une Europe néolibérale. Mais n’est-ce point dans la dynamique  d’une candidature à la présidentielle que se réalise l’émergence de cet homme de la nation?

 Xavier DUMOULIN

(1) En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/08/24/melenchon-le-choix-du-prochain-president-est-un-choix-sur-l-europe_4987092_4854003.html#gRLbxUoEZCKWkwze.99

(2) Cf Lucile MALANDAIN – AFP – samedi 27 août 2016

« Des déclarations vivement critiquées aux journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts à Lorient. « Il n’y a pas de populisme de gauche », commente David Cormand, le secrétaire national du parti. « Jean-Luc Mélenchon n’est ni raciste ni xénophobe mais il veut reconquérir un électorat qu’il considère lui être acquis et qui est parti au Front national, en lui donnant des gages », regrette-t-il.
« Plus la gauche déporte le débat sur la droite, plus les autres se radicalisent », estime Cécile Duflot. « Mais où est son discours de Marseille? », interroge-t-elle à propos de la dernière prise de parole publique du candidat du Front de gauche en 2012 où il défendait l’immigration et le vivre ensemble « tourné vers la Méditerranée ».
« Nous pensons qu’il faut aborder la question de l’immigration de manière positive et offensive », a également observé le secrétaire national du parti communiste venu à Lorient participer à une table-ronde sur la loi travail. « Il ne faut pas se laisser impressionner par ceux qui veulent nous faire renoncer à cette ambition là, le monde de demain est un monde de migration et de mobilité », poursuit l’ancien allié de M. Mélenchon. »

 

 

 

Postures primaires, retournements et arrières pensées…

Créé par le 24 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

A l’heure des primaires et autres déclarations de candidature à la présidentielle, chaque rival compte les siens. Bien sûr derrière les postures se cachent aussi les arrières pensées. Tel qui s’affiche candidat aux primaires pourrait bien se prêter à un petit jeu de participation pour négocier ensuite son désistement et promouvoir ensuite son positionnement favorable au sein d’une écurie présidentielle.

Prenez Henri Guaino dont on devine bien qu’il ne peut être qualifié pour la candidature finale. Quel est aujourd’hui le sens de sa présence? Hier caution gaulliste qui faisait vivre les idées d’un Séguin, à quelle fonction s’adonne-t-il dans ce jeu de quilles de l’ex-UMP? Certainement pas en soutien de Juppé, ce libéral qui occupe une partie du créneau jadis pris par un Bayrou. Pour autant, la posture identitaire d’un Sarkosy suffira-t-elle à permettre le ralliement d’un homme qui croit encore en l’Etat et s’attache à défendre la souveraineté de la nation?

A gauche, ne peut-on envisager la candidature de Benoît Hamon comme un faire valoir d’un frondeur qui saura bien, en temps voulu, rallier le leader qualifié? Ce chef de file du courant « un monde d’avance », lâché par son mentor Henri Emmanuelli, n’affiche aucune ambition programmatique sérieuse. L’économie sociale et solidaire ne fait pas un projet! La réduction du temps de travail est une recette un peu courte pour relever les défis de la compétitivité et de l’emploi. Alors Hamon est-il sérieusement positionné pour une qualification à la primaire ou bien cultive-t-il une stratégie personnelle pour tirer les marrons du feu et regagner sa place de leadership que lui dispute Lienmann?

A contrario cette dernière n’affiche-t-elle pas une réelle ambition dans le triptyque de son projet abordé dans un billet précédent sur ce blog? Et ne présente-elle pas des gages de fidélité à sa sensibilité par la longévité de son positionnement politique à gauche?

Il n’empêche que ces deux personnalités viennent curieusement du rocardisme au sein duquel ils fourbirent leurs premières armes avant leur repositionnement. L’une en faisant sa propre motion au congrès de Bourg en Bresse de 1983 sur les bases de l’écologie et de la décroissance. L’autre en passant avec armes et bagages durant la précédente décennie dans un courant de gauche émergeant du mitterrandisme pur et dur (1). Sacré porte-parole, puis chef de file de son courant en 2008, Benoît Hamon n’en conserve pas moins une sensibilité sinon un ancrage dans une vision « deuxième gauche ».

Ce jeu de recomposition des postures en rapport avec les enjeux de pouvoir reste la clé de compréhension des trajectoires politiques des éléphanteaux du PS. Songez à ces alliances de circonstances et à ces fâcheries ultérieures au sein de la gauche socialiste qui voyait au coude à coude les Mélenchon-Dray et Lienemann à la recherche d’une « belle alliance ». Ou bien au sein du courant poperéniste, orphelin de son leader éponyme, le tandem Ayraut- Vidalies. Lequel rejoignit vite Martine Aubry (mais fut néanmoins nommé ministre chargé des relations avec le Parlement dans le gouvernement Ayraut puis secrétaire d’Etat aux transports sous l’actuel gouvernement) quand Henri Emmanuelli, cette figure incontournable de la gauche mitterrandienne revendiquait son autonomie d’action, exaspéré jadis par l’influence d’un Fabius… Fidèle à lui-même mais toujours bougonnant et cassant dans ses rappels à l’orthodoxie et aux fondamentaux de la gauche, cet orateur cinglant se conduit en vrai suzerain qui fait et défait les minorités socialistes au service d’une certaine idée du parti. N’oubliez pas ce soutien à Peillon (qui devait marginaliser  Montebourg à tel congrès de recomposition dont je n’ai plus ni le nom ni la date en mémoire) quand l’ancien premier secrétaire du PS fit son nid dans le courant Montebourg en chassant quelque poussin à la manière d’un coucou…

Hamon et Montebourg ont été ainsi complètement recadrés par ce vénérable socialiste qui s’applique à déranger ses amis dans son entreprise de légitimation de  François Hollande pour sauver – pense-t-il sans doute –  la gauche du naufrage…

Pour en finir avec ce bavardage nourri d’anecdotiques leçons de choses socialistes, la candidature Montebourg apparaît à ce jour tout à fait consistante. La teneur du message, sa médiatisation, le parcours d’Arnaud et ses qualités personnelles offrent une réelle opportunité de faire « turbuler » le système. Cette guerre de position peut-elle sortir la gauche de l’ornière? Il est beaucoup trop tôt pour le dire. On attendra la suite et les postures au sein de l’ex Front de gauche pour apprécier l’ensemble des recompositions en œuvre dans le paysage politique. On oubliera ici les sensibilités écologistes qui illustrent cette hyper-personnalisation politicienne quand on ne voit plus les questions de fond dans les aventures individuelles des Duflot et autres protagonistes…

Avec, ne l’oubliez jamais, la présence discrète d’une extrême droite aux portes du pouvoir. Et ses jeux politiciens auxquels se livrent avec indécence les rivaux de la tribu Le Pen pour revenir à nos postures primaires…

L’internaute éclairé pardonnera toutes ces digressions de la part d’un citoyen lucide  qui pour s’être efforcé de ne jamais louvoyer n’en reste pas moins attentif aux enseignements de Machiavel qui savait distinguer la « virtù » de la « fortuna ». (2)

Xavier Dumoulin

(1) Ce courant mitterrandien est celui qui inspira l’alliance Mitterrand-CERES au congrès de Metz de 1979 (côté Mitterrandien Fabius-Jospin-Emmanuelli contre Mauroy et Rocard) qui tua dans l’œuf les velléités de Michel Rocard d’accéder à la magistrature suprême. Ce qui n’empêcha pas ce dernier d’exercer son influence idéologique sur la gauche non communiste pendant les années Mitterrand.

(2) Autant de platitudes nourriraient cette vision sidérante de la politique s’il n’y avait cet autre registre de “la grande politique”, laquelle ne refuse pas les emprunts à Machiavel, Rousseau, Marx ou Gramsci pour envisager d’arracher le monde à son destin et délivrer les politiques de leur trop étroites contingences. C’est le grand art machiavélien que de savoir utiliser la virtù – cette capacité subjective – pour faire fructifier la fortuna - les conditions objectives -, au lieu de se couler dans le cours objectif de l’histoire en s’y livrant pieds et poings liés.

La vie de ce penseur nous est racontée cet été sur France-Inter à cette heure matinale (avant les actualités de 8 heures) par l’historien Patrick Boucheron …A écouter https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-machiavel/un-ete-avec-machiavel-19-aout-2016

Frangy-en-Bresse, Montebourg et ses frangins de la frange socialiste…

Créé par le 21 août 2016 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Samedi, Henri Emmanuelli, ce mentor historique du courant « un monde d’avance », redoublait d’exaspération face aux candidatures socialistes de ses proches. Et il confiait au journal Sud-Ouest son dépit avec des mots peu amènes qui font le titre et la trame de son entretien : « Hamon et Montebourg sont irresponsables ». Les intéressés apprécieront  à leur juste mesure ces propos tranchants de l’ancien président de l’Assemblée nationale et secrétaire du Parti socialiste qui fut lui même le rival de Lionel Jospin pour la désignation du candidat à la présidentielle de 1995 !

Cette condamnation sans appel d’une démarche visant pourtant à ouvrir une perspective aux courants dits de gauche en dit long sur la confusion et l’impuissance qui règnent dans ces franges de la gauche d’un parti en pleine décomposition! D’autant qu’elle sort de la bouche du président du conseil départemental des Landes dont on connaissait pourtant l’intransigeance vis à vis des dérives social-libérales…

Pour la petite histoire, nos Landais de Solferino au coeur de ces terres socialistes où l’on chasse encore l’ortolan à la matole, semblaient beaucoup plus préoccupés du maintien des chasses traditionnelles  que de l’annonce de la candidature de leur ancien chef de file, Benoit Hamon (1). Ce dernier qui faisait traditionnellement carton plein à « la fédé des Landes » se retrouve ainsi, dans ce retournement, dépossédé de ses précieux appuis et devient presque une cible. Son programme n’est pourtant pas pour déplaire à sa base sans doute quelque peu dépitée : réduire le temps de travail, instaurer un revenu universel, booster l’économie sociale et solidaire et plus généralement, l’économie alternative. Avec sur le plan institutionnel, cette aspiration à une sixième république pour sortir de la « cinquième (qui) est une machine à trahir ». Et cette condamnation sans appel du pouvoir en place : « Les électeurs sont sans voix entre les deux scrutins présidentiels. La meilleure preuve est la manière dont la loi Travail leur a été imposée, alors qu’ils n’en veulent pas ».

Des propos qui font écho à ceux de cet autre socialiste encarté, candidat à la primaire, Gérard Filoche, caution de gauche qui mène de longue date une véritable guérilla au sein du PS sur les sujets qui fâchent dans le champ du social, du travail et de l’emploi…

Dans une récente déclaration, Marie-Noëlle Lienemann donne, elle aussi, sens à sa candidature dans la recherche d’une « voie alternative, nécessaire et crédible, (qui)doit se construire avec 3 priorités : La justice sociale, clé de voûte de la force de la France, de son redressement et de la création d’emplois ; Un nouveau souffle pour le pacte républicain et notre démocratie ; Une France plus indépendante sur la scène internationale. »

C’est dire, si l’on rajoute les candidatures écologistes, qu’il ne manque pas de protagonistes pour barrer la route à François Hollande! Lequel devra aussi faire face aux prétentions de la gauche de gauche, de l’ex-Front de gauche aux anti-capitalistes… Sans oublier le très libéral ministre Macron (Cf notre billet d’hier en lien en note 2)!

D’où la réaction ce jour de Jean-Christophe Cambadélis qui estime pour sa part, dans une interview au journal du Dimanche, que « pour beaucoup de responsables de gauche et de socialistes », la candidature du président à sa succession « est une nécessité » (3). Hollande « doit penser qu’on l’a enterré un peu trop vite », souligne encore le premier secrétaire du PS qui déplore le grand nombre de candidats à la primaire socialiste et affirme non sans raison que « la présidentielle, ce n’est pas la chasse aux Pokémon ! »

Le Monde réservait hier une pleine page 7 au « coup de poker d’Arnaud Montebourg ». L’ancien ministre de l’économie devrait se déclarer candidat à la présidentielle à l’occasion de la traditionnelle fête de rentrée – dite de la rose – de Frangy en Bresse, aujourd’hui rebaptisée « fête populaire ». On comprendra cette appellation dans la perspective de rassembler très au-delà des troupes des frondeurs socialistes. Ne s’agit-il pas d’abord, pour cet aspirant à la fonction suprême, d’une annonce devant le peuple qui fait fi des considérations partisanes et des procédures de désignation qui vont avec? Ce serait alors une ouverture et un appel aux soutiens de forces disponibles qui ne se retrouvent pas dans la nébuleuse socialiste de primaires fermées qui obligent ensuite à la discipline derrière un candidat officiel.

On suivra avec attention la logique et le contenu d’un projet pour la France. Comment assurer la sûreté et la sécurité des Français dans une géopolitique internationale qui appelle une rupture avec la diplomatie atlantiste? Comment revenir à plus de justice sociale et sortir de l’étau de la mondialisation libérale?Comment promouvoir « le made in France » dans cette zone atone des pays de l’euro? Comment vivifier le tissu industriel, l’économie et l’emploi dans la perspective d’un développement soutenable qui a besoin de préserver ses atouts tout en diversifiant ses ressources énergétiques? Comment rassembler les Français autour d’un nouveau pacte républicain et redonner un élan au vivre ensemble et à la démocratie?

Autant de sujets dictés par les attentes populaires, l’intérêt national et les exigences d’une période de menaces terroristes et sur lesquels on ne peut transiger pour sacrifier lâchement aux caprices d’une frange, celle de cet électorat écolo-bobo ! Surtout dans ce contexte d’une vraie menace de disqualification de la gauche au soir du premier tour si l’on restait impuissant à contrer la force d’attractivité du FN!

Xavier Dumoulin

(1) Comme l’exprime le titrage de Sud-Ouest du 20 août en couverture en haut en colonne de droite  « Politique Emmanuelli recadre la gauche » et juste dessous « La chasse à l’ortolan à cor et à cri Mont de Marsan Hier près de 2000 manifestants ont défendu les chasses traditionnelles et un certain art de vivre à la landaise selon eux menacés. Et l’article précise que « les participants, emmenés par leur « leader », le sénateur socialiste Jean-Louis Carrère, ont rappelé au représentant de l’État « leur attachement  viscéral à la chasse à la matole, une pratique immémoriale et un patrimoine endémique ».

 (2) Macron s’affiche avec de Villiers et jette le masque…

Posté par le 20 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

(3) Après Marie-Noëlle Lienemann, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg… Vous vous attendiez à autant de candidatures?
«  Il faut dire à tout un chacun que la présidentielle, ce n’est pas la chasse au Pokémon! L’élection qui vient est sûrement l’une des plus complexes et difficiles depuis 50 ans. Jamais les conditions n’ont été à ce point réunies pour que ­Marine Le Pen soit au centre du jeu… »

 

Macron s’affiche avec de Villiers et jette le masque…

Créé par le 20 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

 Macron s'affiche avec de Villiers et jette le masque... dans a-le quartier libre de Xavier Dumoulin Cjh3uidWUAA-RKp

Congratulations réciproques entre le très souverainiste de Villiers et le ministre Macron en visite au Puy du Fou!

Première personnalité du camp de gauche à venir saluer la réalisation de ce parc d’attraction, le ministre ne tarit pas d’éloges envers son hôte vendéen. « C’est le 2e parc d’attractions de France, juste derrière Eurodisney », a rappelé Emmanuel Macron. « Il y a eu l’engagement, la volonté d’un responsable politique qui est aussi véritablement un engagé de cette économie culturelle », a-t-il souligné.

De Villiers, cet entrepreneur culturel qui promeut tout à la fois l’emploi, l’économie locale, le spectacle autour d’une certaine vision de cette Vendée réactionnaire de la période révolutionnaire, lui rend bien cet hommage. Jouant de la métaphore, il voit en Macron, ce meneur,  une capacité à conduire des chars… Un vrai clin d’œil à son invité qui se draperait bien, dans son char imaginaire, des oripeaux du pouvoir à la manière toute césarienne d’un prétendant à la fonction suprême. Après Jeanne d’Arc à Orléans, le très libéral ministre de l’économie du gouvernement socialiste, travaille son image dans ses références diverses et contradictoires. Quand la pucelle d’Orléans boutait l’anglais hors de France, la chouannerie, plus de trois siècles après, voulait la victoire des coalisés contre la république.

Dans la gestion de ces paradoxes, pas de surprise dans cette communication magistrale. Interrogé par des journalistes qui s’étonnaient de sa présence aux côtés de M. de Villiers, fondateur du mouvement pour la France (MPF), Macron rétorque « Pourquoi c’est étonnant? (…) L’honnêteté m’oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste. Mais quelle importance? Quand vous êtes ministre, vous êtes ministre de la République et, donc, vous servez l’intérêt général ».

On rendra grâce au ministre de faire le job en encourageant toutes les initiatives qui favorisent l’essor touristique du pays mais on pourra continuer à s’interroger sur cette désinvolture qui frise la provocation auprès des siens. Sans pour autant focaliser sur l’étonnant parcours de cet ancien chevènementiste.  Après tout n’est-il pas le seul à confesser son reniement d’un socialisme dont on ne voit plus la portée réelle dans la gestion gouvernementale?

A l’approche des primaires qui font le plein des candidats frondeurs, cette attitude médiatique n’a-t-elle pas le mérite d’assumer une vision libérale dont on mesure à présent à gauche toute l’imposture?

Xavier Dumoulin

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