a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

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Postures primaires, retournements et arrières pensées…

Créé par le 24 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

A l’heure des primaires et autres déclarations de candidature à la présidentielle, chaque rival compte les siens. Bien sûr derrière les postures se cachent aussi les arrières pensées. Tel qui s’affiche candidat aux primaires pourrait bien se prêter à un petit jeu de participation pour négocier ensuite son désistement et promouvoir ensuite son positionnement favorable au sein d’une écurie présidentielle.

Prenez Henri Guaino dont on devine bien qu’il ne peut être qualifié pour la candidature finale. Quel est aujourd’hui le sens de sa présence? Hier caution gaulliste qui faisait vivre les idées d’un Séguin, à quelle fonction s’adonne-t-il dans ce jeu de quilles de l’ex-UMP? Certainement pas en soutien de Juppé, ce libéral qui occupe une partie du créneau jadis pris par un Bayrou. Pour autant, la posture identitaire d’un Sarkosy suffira-t-elle à permettre le ralliement d’un homme qui croit encore en l’Etat et s’attache à défendre la souveraineté de la nation?

A gauche, ne peut-on envisager la candidature de Benoît Hamon comme un faire valoir d’un frondeur qui saura bien, en temps voulu, rallier le leader qualifié? Ce chef de file du courant « un monde d’avance », lâché par son mentor Henri Emmanuelli, n’affiche aucune ambition programmatique sérieuse. L’économie sociale et solidaire ne fait pas un projet! La réduction du temps de travail est une recette un peu courte pour relever les défis de la compétitivité et de l’emploi. Alors Hamon est-il sérieusement positionné pour une qualification à la primaire ou bien cultive-t-il une stratégie personnelle pour tirer les marrons du feu et regagner sa place de leadership que lui dispute Lienmann?

A contrario cette dernière n’affiche-t-elle pas une réelle ambition dans le triptyque de son projet abordé dans un billet précédent sur ce blog? Et ne présente-elle pas des gages de fidélité à sa sensibilité par la longévité de son positionnement politique à gauche?

Il n’empêche que ces deux personnalités viennent curieusement du rocardisme au sein duquel ils fourbirent leurs premières armes avant leur repositionnement. L’une en faisant sa propre motion au congrès de Bourg en Bresse de 1983 sur les bases de l’écologie et de la décroissance. L’autre en passant avec armes et bagages durant la précédente décennie dans un courant de gauche émergeant du mitterrandisme pur et dur (1). Sacré porte-parole, puis chef de file de son courant en 2008, Benoît Hamon n’en conserve pas moins une sensibilité sinon un ancrage dans une vision « deuxième gauche ».

Ce jeu de recomposition des postures en rapport avec les enjeux de pouvoir reste la clé de compréhension des trajectoires politiques des éléphanteaux du PS. Songez à ces alliances de circonstances et à ces fâcheries ultérieures au sein de la gauche socialiste qui voyait au coude à coude les Mélenchon-Dray et Lienemann à la recherche d’une « belle alliance ». Ou bien au sein du courant poperéniste, orphelin de son leader éponyme, le tandem Ayraut- Vidalies. Lequel rejoignit vite Martine Aubry (mais fut néanmoins nommé ministre chargé des relations avec le Parlement dans le gouvernement Ayraut puis secrétaire d’Etat aux transports sous l’actuel gouvernement) quand Henri Emmanuelli, cette figure incontournable de la gauche mitterrandienne revendiquait son autonomie d’action, exaspéré jadis par l’influence d’un Fabius… Fidèle à lui-même mais toujours bougonnant et cassant dans ses rappels à l’orthodoxie et aux fondamentaux de la gauche, cet orateur cinglant se conduit en vrai suzerain qui fait et défait les minorités socialistes au service d’une certaine idée du parti. N’oubliez pas ce soutien à Peillon (qui devait marginaliser  Montebourg à tel congrès de recomposition dont je n’ai plus ni le nom ni la date en mémoire) quand l’ancien premier secrétaire du PS fit son nid dans le courant Montebourg en chassant quelque poussin à la manière d’un coucou…

Hamon et Montebourg ont été ainsi complètement recadrés par ce vénérable socialiste qui s’applique à déranger ses amis dans son entreprise de légitimation de  François Hollande pour sauver – pense-t-il sans doute –  la gauche du naufrage…

Pour en finir avec ce bavardage nourri d’anecdotiques leçons de choses socialistes, la candidature Montebourg apparaît à ce jour tout à fait consistante. La teneur du message, sa médiatisation, le parcours d’Arnaud et ses qualités personnelles offrent une réelle opportunité de faire « turbuler » le système. Cette guerre de position peut-elle sortir la gauche de l’ornière? Il est beaucoup trop tôt pour le dire. On attendra la suite et les postures au sein de l’ex Front de gauche pour apprécier l’ensemble des recompositions en œuvre dans le paysage politique. On oubliera ici les sensibilités écologistes qui illustrent cette hyper-personnalisation politicienne quand on ne voit plus les questions de fond dans les aventures individuelles des Duflot et autres protagonistes…

Avec, ne l’oubliez jamais, la présence discrète d’une extrême droite aux portes du pouvoir. Et ses jeux politiciens auxquels se livrent avec indécence les rivaux de la tribu Le Pen pour revenir à nos postures primaires…

L’internaute éclairé pardonnera toutes ces digressions de la part d’un citoyen lucide  qui pour s’être efforcé de ne jamais louvoyer n’en reste pas moins attentif aux enseignements de Machiavel qui savait distinguer la « virtù » de la « fortuna ». (2)

Xavier Dumoulin

(1) Ce courant mitterrandien est celui qui inspira l’alliance Mitterrand-CERES au congrès de Metz de 1979 (côté Mitterrandien Fabius-Jospin-Emmanuelli contre Mauroy et Rocard) qui tua dans l’œuf les velléités de Michel Rocard d’accéder à la magistrature suprême. Ce qui n’empêcha pas ce dernier d’exercer son influence idéologique sur la gauche non communiste pendant les années Mitterrand.

(2) Autant de platitudes nourriraient cette vision sidérante de la politique s’il n’y avait cet autre registre de “la grande politique”, laquelle ne refuse pas les emprunts à Machiavel, Rousseau, Marx ou Gramsci pour envisager d’arracher le monde à son destin et délivrer les politiques de leur trop étroites contingences. C’est le grand art machiavélien que de savoir utiliser la virtù – cette capacité subjective – pour faire fructifier la fortuna - les conditions objectives -, au lieu de se couler dans le cours objectif de l’histoire en s’y livrant pieds et poings liés.

La vie de ce penseur nous est racontée cet été sur France-Inter à cette heure matinale (avant les actualités de 8 heures) par l’historien Patrick Boucheron …A écouter https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-machiavel/un-ete-avec-machiavel-19-aout-2016

Frangy-en-Bresse, Montebourg et ses frangins de la frange socialiste…

Créé par le 21 août 2016 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Samedi, Henri Emmanuelli, ce mentor historique du courant « un monde d’avance », redoublait d’exaspération face aux candidatures socialistes de ses proches. Et il confiait au journal Sud-Ouest son dépit avec des mots peu amènes qui font le titre et la trame de son entretien : « Hamon et Montebourg sont irresponsables ». Les intéressés apprécieront  à leur juste mesure ces propos tranchants de l’ancien président de l’Assemblée nationale et secrétaire du Parti socialiste qui fut lui même le rival de Lionel Jospin pour la désignation du candidat à la présidentielle de 1995 !

Cette condamnation sans appel d’une démarche visant pourtant à ouvrir une perspective aux courants dits de gauche en dit long sur la confusion et l’impuissance qui règnent dans ces franges de la gauche d’un parti en pleine décomposition! D’autant qu’elle sort de la bouche du président du conseil départemental des Landes dont on connaissait pourtant l’intransigeance vis à vis des dérives social-libérales…

Pour la petite histoire, nos Landais de Solferino au coeur de ces terres socialistes où l’on chasse encore l’ortolan à la matole, semblaient beaucoup plus préoccupés du maintien des chasses traditionnelles  que de l’annonce de la candidature de leur ancien chef de file, Benoit Hamon (1). Ce dernier qui faisait traditionnellement carton plein à « la fédé des Landes » se retrouve ainsi, dans ce retournement, dépossédé de ses précieux appuis et devient presque une cible. Son programme n’est pourtant pas pour déplaire à sa base sans doute quelque peu dépitée : réduire le temps de travail, instaurer un revenu universel, booster l’économie sociale et solidaire et plus généralement, l’économie alternative. Avec sur le plan institutionnel, cette aspiration à une sixième république pour sortir de la « cinquième (qui) est une machine à trahir ». Et cette condamnation sans appel du pouvoir en place : « Les électeurs sont sans voix entre les deux scrutins présidentiels. La meilleure preuve est la manière dont la loi Travail leur a été imposée, alors qu’ils n’en veulent pas ».

Des propos qui font écho à ceux de cet autre socialiste encarté, candidat à la primaire, Gérard Filoche, caution de gauche qui mène de longue date une véritable guérilla au sein du PS sur les sujets qui fâchent dans le champ du social, du travail et de l’emploi…

Dans une récente déclaration, Marie-Noëlle Lienemann donne, elle aussi, sens à sa candidature dans la recherche d’une « voie alternative, nécessaire et crédible, (qui)doit se construire avec 3 priorités : La justice sociale, clé de voûte de la force de la France, de son redressement et de la création d’emplois ; Un nouveau souffle pour le pacte républicain et notre démocratie ; Une France plus indépendante sur la scène internationale. »

C’est dire, si l’on rajoute les candidatures écologistes, qu’il ne manque pas de protagonistes pour barrer la route à François Hollande! Lequel devra aussi faire face aux prétentions de la gauche de gauche, de l’ex-Front de gauche aux anti-capitalistes… Sans oublier le très libéral ministre Macron (Cf notre billet d’hier en lien en note 2)!

D’où la réaction ce jour de Jean-Christophe Cambadélis qui estime pour sa part, dans une interview au journal du Dimanche, que « pour beaucoup de responsables de gauche et de socialistes », la candidature du président à sa succession « est une nécessité » (3). Hollande « doit penser qu’on l’a enterré un peu trop vite », souligne encore le premier secrétaire du PS qui déplore le grand nombre de candidats à la primaire socialiste et affirme non sans raison que « la présidentielle, ce n’est pas la chasse aux Pokémon ! »

Le Monde réservait hier une pleine page 7 au « coup de poker d’Arnaud Montebourg ». L’ancien ministre de l’économie devrait se déclarer candidat à la présidentielle à l’occasion de la traditionnelle fête de rentrée – dite de la rose – de Frangy en Bresse, aujourd’hui rebaptisée « fête populaire ». On comprendra cette appellation dans la perspective de rassembler très au-delà des troupes des frondeurs socialistes. Ne s’agit-il pas d’abord, pour cet aspirant à la fonction suprême, d’une annonce devant le peuple qui fait fi des considérations partisanes et des procédures de désignation qui vont avec? Ce serait alors une ouverture et un appel aux soutiens de forces disponibles qui ne se retrouvent pas dans la nébuleuse socialiste de primaires fermées qui obligent ensuite à la discipline derrière un candidat officiel.

On suivra avec attention la logique et le contenu d’un projet pour la France. Comment assurer la sûreté et la sécurité des Français dans une géopolitique internationale qui appelle une rupture avec la diplomatie atlantiste? Comment revenir à plus de justice sociale et sortir de l’étau de la mondialisation libérale?Comment promouvoir « le made in France » dans cette zone atone des pays de l’euro? Comment vivifier le tissu industriel, l’économie et l’emploi dans la perspective d’un développement soutenable qui a besoin de préserver ses atouts tout en diversifiant ses ressources énergétiques? Comment rassembler les Français autour d’un nouveau pacte républicain et redonner un élan au vivre ensemble et à la démocratie?

Autant de sujets dictés par les attentes populaires, l’intérêt national et les exigences d’une période de menaces terroristes et sur lesquels on ne peut transiger pour sacrifier lâchement aux caprices d’une frange, celle de cet électorat écolo-bobo ! Surtout dans ce contexte d’une vraie menace de disqualification de la gauche au soir du premier tour si l’on restait impuissant à contrer la force d’attractivité du FN!

Xavier Dumoulin

(1) Comme l’exprime le titrage de Sud-Ouest du 20 août en couverture en haut en colonne de droite  « Politique Emmanuelli recadre la gauche » et juste dessous « La chasse à l’ortolan à cor et à cri Mont de Marsan Hier près de 2000 manifestants ont défendu les chasses traditionnelles et un certain art de vivre à la landaise selon eux menacés. Et l’article précise que « les participants, emmenés par leur « leader », le sénateur socialiste Jean-Louis Carrère, ont rappelé au représentant de l’État « leur attachement  viscéral à la chasse à la matole, une pratique immémoriale et un patrimoine endémique ».

 (2) Macron s’affiche avec de Villiers et jette le masque…

Posté par le 20 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

(3) Après Marie-Noëlle Lienemann, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg… Vous vous attendiez à autant de candidatures?
«  Il faut dire à tout un chacun que la présidentielle, ce n’est pas la chasse au Pokémon! L’élection qui vient est sûrement l’une des plus complexes et difficiles depuis 50 ans. Jamais les conditions n’ont été à ce point réunies pour que ­Marine Le Pen soit au centre du jeu… »

 

Macron s’affiche avec de Villiers et jette le masque…

Créé par le 20 août 2016 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

 Macron s'affiche avec de Villiers et jette le masque... dans a-le quartier libre de Xavier Dumoulin Cjh3uidWUAA-RKp

Congratulations réciproques entre le très souverainiste de Villiers et le ministre Macron en visite au Puy du Fou!

Première personnalité du camp de gauche à venir saluer la réalisation de ce parc d’attraction, le ministre ne tarit pas d’éloges envers son hôte vendéen. « C’est le 2e parc d’attractions de France, juste derrière Eurodisney », a rappelé Emmanuel Macron. « Il y a eu l’engagement, la volonté d’un responsable politique qui est aussi véritablement un engagé de cette économie culturelle », a-t-il souligné.

De Villiers, cet entrepreneur culturel qui promeut tout à la fois l’emploi, l’économie locale, le spectacle autour d’une certaine vision de cette Vendée réactionnaire de la période révolutionnaire, lui rend bien cet hommage. Jouant de la métaphore, il voit en Macron, ce meneur,  une capacité à conduire des chars… Un vrai clin d’œil à son invité qui se draperait bien, dans son char imaginaire, des oripeaux du pouvoir à la manière toute césarienne d’un prétendant à la fonction suprême. Après Jeanne d’Arc à Orléans, le très libéral ministre de l’économie du gouvernement socialiste, travaille son image dans ses références diverses et contradictoires. Quand la pucelle d’Orléans boutait l’anglais hors de France, la chouannerie, plus de trois siècles après, voulait la victoire des coalisés contre la république.

Dans la gestion de ces paradoxes, pas de surprise dans cette communication magistrale. Interrogé par des journalistes qui s’étonnaient de sa présence aux côtés de M. de Villiers, fondateur du mouvement pour la France (MPF), Macron rétorque « Pourquoi c’est étonnant? (…) L’honnêteté m’oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste. Mais quelle importance? Quand vous êtes ministre, vous êtes ministre de la République et, donc, vous servez l’intérêt général ».

On rendra grâce au ministre de faire le job en encourageant toutes les initiatives qui favorisent l’essor touristique du pays mais on pourra continuer à s’interroger sur cette désinvolture qui frise la provocation auprès des siens. Sans pour autant focaliser sur l’étonnant parcours de cet ancien chevènementiste.  Après tout n’est-il pas le seul à confesser son reniement d’un socialisme dont on ne voit plus la portée réelle dans la gestion gouvernementale?

A l’approche des primaires qui font le plein des candidats frondeurs, cette attitude médiatique n’a-t-elle pas le mérite d’assumer une vision libérale dont on mesure à présent à gauche toute l’imposture?

Xavier Dumoulin

Cuba, la moringa, le vieil homme et la mer… Castro un mythe vivant!

Créé par le 16 août 2016 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

manifestation du 1° mai 2016 à Jagueymanifestation du 1° mai 2016 à Jaguey Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

L’insularité offre certainement quelques clés de compréhension de la façon d’être cubaine. Mais la longévité du « caballo » qui fêtait samedi ses quatre vingt dix ans n’est pas réductible à la plante miraculeuse consommée et traditionnellement vantée par le commandante auprès de ses hôtes en visite à Cuba. François Hollande en a peu être pris de la graine!

Libé consacrait son éditorial et ses premières pages au « survivant » avec cette faconde pourtant peu amène vis à vis de celui qui incarne toujours le socialisme cubain. On ne s’étonnera pas du réflexe anti-cubain de ce journal fondé il y a plus de quarante ans sur l’anti-impérialisme et l’exotisme des guérillas révolutionnaires. En politique comme en amour, on ne déteste jamais assez ce que l’on adorait, fusse au prix d’un reniement s’accordant de tous les mensonges.

Pour disqualifier ce mythique héraut de la Révolution cubaine qui talonne encore le Che dans sa notoriété, aucune médisance ne sera épargnée envers Fidel qualifié par Lançon dans son éditorial d’ « ogre historique » doté d’un « extraordinaire instinct » de « séducteur mobile et implacable qui transforma en or tout ce qu’il touchait »!

Et dans des pages vénéneuses François-Xavier Gomez en rajoute sur le même ton d’un article intitulé « Castro bon pied, mauvais œil ». Ce papier, trop vite bouclé et pétri de contradictions, balance, sans subtilité, mille griefs en vrac. Pour un peu on pourrait croire que Raoul et Fidel se livrent à une guerre idéologique sur la question des privatisations ou du rapprochement diplomatique avec les Etats-Unis!

L’article mentionne les « Réflexions du camarade Fidel », cette « icône révolutionnaire »qu’il accuse de faire entendre sa voix, ce qui ne serait pas « une bonne nouvelle pour l’avenir de Cuba ».

Pour faire pièce à cette impitoyable accusation, nous livrons aux internautes le lien avec le blog de Fidel dont certains articles sont traduits en français. Nous en appelons à l’intelligence critique pour un autre regard sur l’histoire de ce pays en pleine ouverture…

Xavier Dumoulin

Le vert et le noir – intégrisme, pétrole, dollar

Créé par le 09 août 2016 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Le Che, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

memo00061.jpgCrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain.

J’ai relu ce matin ce livre écrit par Jean-Pierre Chevènement quatre années après la première guerre du Golfe. La justesse de sa vision de la poussée de l’intégrisme en pays musulman est, rétrospectivement, tout à fait saisissante! Les origines idéologiques de l’intégrisme, sa géographie et ses développements dans la fin du siècle dernier sont remarquablement exposés avec une prospective pénétrante. Après le désastre des interventions occidentales dans ces guerres pour le contrôle des gisements de pétrole ne subit-on pas à présent ce retour de bâton?

Cet essai, riche de références et d’expériences, met en perspective les questions géopolitiques, économiques, religieuses et culturelles autour de cet Orient dévasté dans sa confrontation avec les appétits d’une Amérique prédatrice et, dans son sillage, d’un Occident aveugle et sourd, prétendant toujours faire la guerre « au nom du droit » et conduire une « ingérence humanitaire ».

Cette approche intellectuelle et concrète de Jean-Pierre Chevènement, fruit d’un engagement précoce dans une vie politique d’une exceptionnelle densité, tranche en effet avec les discours convenus de ceux qui n’ont toujours pas mesuré les effets directs et collatéraux de cette diplomatie incohérente.

Je recommande à nos internautes la lecture de cet ouvrage qui débute par ces mots aujourd’hui chargés de sens : 

« De Bagdad à Jérusalem et Gaza, d’Alger à Tunis, je n’ai entendu qu’une question : la Méditerranée, demain, deviendra-t-elle un enfer?

Et en mon for intérieur, j’ai souci pour la France ».

On trouvera surtout un éclairage très actuel et d’une grande pertinence sur ces questions dans les travaux de la fondation Res Publica dirigée par ce républicain laïc instruit d’une expérience concrète du monde arabe,- et ce, dès la guerre d’Algérie -, à la lecture et à la rencontre des grands penseurs et dirigeants du monde arabe et dans sa réflexion partagée avec les plus grands spécialistes de l’Islam et de l’Orient, parmi lesquels son ami, le regretté Jacques Berque.

Depuis l’annonce présidentielle d’une probable nomination de l’ancien ministre d’Etat à la tête de la fondation pour un islam de France, j’ai espoir en l’acceptation par l’intéressé d’une telle mission. Sa vision laïque, subtile et équilibrée et sa notoriété au sein du monde arabo-musulman sont un gage de  capacité à accomplir une oeuvre d’une particulière nécessité dans cette période de confrontation de notre république aux crimes terroristes et à la violence  de l’intégrisme.

Xavier Dumoulin

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