a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

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Les actes racistes auraient bondi de 22% en 2015

Créé par le 21 jan 2016 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Le rapport officiel de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme publié mercredi fait état de 2032 actions et menaces racistes, antisémites et antimusulmanes. Ces dernières (les actions antimusulmanes) ont plus que triplées en un an,  un pic après les attentats de janvier et novembre.

Gilles Clavreul, responsable de la DILCRA relève ce dépassement de la barre des 2000 actes recensés, jamais atteint jusqu’alors et évoque ce « défi pour toute la société française ».

Dans le détail, le rapport recense : 434 actions racistes l’an dernier (+ 9% par rapport à 2014) et 1.598 menaces (+26%) avec ce large triplement des actes antimusulmans, qui ont bondi de 223% pour atteindre 429 l’an dernier, avec 305 menaces (propos, gestes menaçants, tracts…) et 124 actions (homicides, attentats, incendies, voies de fait…)

Ce niveau record serait largement imputable « à des violences en réaction aux attentats de janvier et de novembre », puisque les actes et menaces commis lors de ces deux mois représentent à eux seuls 58% du total de 2015 ce qui peut s’expliquer, selon le le responsable de la DILCRA, par la « désinhibition d’une violence qui se voulait vengeresse, punitive », tandis que la dimension plus « universelle » des attaques de novembre a peut-être « ressoudé la communauté nationale, avec la volonté de ne pas tomber dans le piège » de la division.

« Cela interpelle car c’est exactement ce que les terroristes cherchent: créer des fractures au sein de la société »,  estime encore Gilles Clavreul.

Au moment où d’aucuns s’interrogent sur l’impertinence du projet présidentiel de déchéance de la nationalité pour les seuls binationaux coupables de terrorisme, ces chiffres montrent le risque d’une stigmatisation accrue qui n’est peut être pas sans conséquence sur les comportements racistes. Autrement dit la mesure pourrait s’avérer fondamentalement contre productive. 

Sans refuser les mesures à caractère purement symbolique qui ne concerneraient tout au plus qu’une poignée de personnes malfaisantes, une déchéance de nationalité ou de citoyenneté – c’est la proposition alternative de l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault – devrait plutôt frapper également tout Français qui – par le fait de son implication criminelle avérée dans une activité terroriste  – se situe hors du champ de cette « communauté de citoyens » qui définit la nation républicaine. Le vouloir vivre ensemble,  » ce plébiscite de tous les jours », s’en trouverait renforcé sans porter un regard péjoratif sur une catégorie de nationaux mais , tout au contraire, en redonnant sens à la nationalité française et à son corolaire, l’exercice pleine et entière de la citoyenneté.

Sur cette problématique de déchéance de nationalité, nous entendons tout à fait les positions de l’ancien ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement (Cf son entretien à Atlantico publié sur le blog citoyen) :

  »Se greffe là-dessus la question de la double-nationalité. A mon sens, c’est une fausse question. La France doit déchoir de sa nationalité française toute personne mono-nationale ou binationale, qui a été condamnée pour crime de terrorisme. La Convention de l’ONU de 1961, que la France n’a d’ailleurs pas ratifiée, demande que soit simplement réduit le nombre des apatrides. Depuis un demi-siècle le contexte a changé : le terrorisme djihadiste est devenu un phénomène mondial et malheureusement pour un certain temps. J’ajoute, pour les bonnes âmes, que les apatrides sont protégés par les Conventions de New-York et d’Amsterdam. Les Français demandent à juste titre que leur nationalité soit respectée : la France n’est pas un gros mot, la Nation n’est pas un gros mot. Ça n’est pas par hasard si les Français se sont regroupés autour du drapeau tricolore, c’est parce que la France apparaît comme le rempart le plus solide contre le terrorisme. Les Français n’ont pas sorti des drapeaux européens pour les mettre à la fenêtre ».

Xavier DUMOULIN

 

 

A demain Gramsci

Créé par le 31 déc 2015 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Dans un opuscule portant le titre de ce billet (69 pages, éditions du CERF, collection le poing sur la table), Gaël Brustier décortique le processus de liquidation de la perte d’hégémonie idéologique de la gauche. Il démonte la façon d’être d’une gauche impuissante qui ne comprend plus le peuple et renonce à agir. Avec un brin d’ironie, le politologue oppose « François Hollande, un président si peu gramscien » au pape François, formé à l’école de la théologie de la libération et « sorte de héros gramscien » qui aurait entrepris la reconquête des esprits en prônant « l’inculturation de l’Evangile, c’est à dire…une évangélisation qui laisserait une large place aux cultures populaires et aux traditions locales » pour « remettre les pauvres au centre des préoccupations de l’Eglise ». Le propos de l’auteur ne vise pas le fond de l’action du pape argentin mais sa pédagogie adaptée à sa vision de la transformation de l’Eglise catholique. Avec justesse, Gaël Brustier décrit la démarche des dirigeants de Podemos, ces chercheurs en sciences politiques qui articulent l’action du mouvement avec   »le sens commun » cher à Gramsci et trouvent ainsi un débouché électoral et politique au fameux mouvement des Indignés qui protestaient sur les places d’Espagne en 2011.

A l’heure  d’un basculement inavoué de l’axe de gravité de la gauche gouvernementale vers un néo-conservatisme mal inspiré mais somme toute en adéquation avec son ralliement aux politiques néolibérales, cette leçon de choses politiques vient à point.

L’année 2015 a commencé en France par l’effroyable tuerie du mois de janvier et s’achève sur fond de projet liberticide après les évènements de novembre, comme si le salut venait de la captation des thèmes chers à la droite extrême. Une illustration grandeur nature de la confusion des genres d’une gauche déboussolée et sans idée!

On saura gré à l’auteur d’avoir dédié son ouvrage à Jacques Mandrin et de le terminer avec  une magistrale pédagogie dans un dernier paragraphe  intitulé « le vieux, la crise et le neuf », en clin d’œil au livre du Che français qui cosignait alors ses précédents ouvrages sous le pseudonyme de Jacques Mandrin (1).

A demain ensemble pour une nouvelle année!

Xavier DUMOULIN

 (1) « Le vieux, la crise et le neuf » écrit en 1974 sous la plume de Jean-Pierre Chevènement

Discipline républicaine ?

Créé par le 29 mar 2015 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

C’était l’expression consacrée pour signifier toute l’importance de la solidarité du bloc des gauches au second tour après la sanction du suffrage universel du premier. Même si ça ne plaisait pas toujours aux franges de la gauche, celles-ci, de tradition républicaine, épousaient ce slogan depuis des lustres sans jamais rechigner. N’en déplaise aux fines bouches qui voulaient pourtant en découdre avec le candidat de gauche le mieux placé au prétexte qu’il ne ralliait pas les positions que leur favori n’avait pu imposer dans les urnes.

Contre cette règle du jeu démocratique, on objectera à présent nombre d’arguments visant à délégitimer un scutin vicié par la prépondérance des deux partis dominants et par l’abstention massive de plus d’un Français sur deux! D’aucuns, a contrario, insisteront sur la nécessité d’un « Front républicain » contre le « Front national » dans l’hypothèse de triangulaires en refus du « ni ni ».

Fidèle à ses valeurs, l’électeur réformiste ou révolutionnaire, anti-capitaliste ou social-démocrate, communiste ou républicain, prolongera son vote d’adhésion du premier tour par un vote au bénéfice du candidat authentiquement républicain le mieux placé au second. Cet exercice citoyen ne met pour autant pas fin à d’autres affrontements sociaux et culturels. Loin s’en faut! 

Car le vote du second tour n’est utile que s’il fait sens dans la nécessaire défense de l’intérêt général face aux égoïsmes des puissances économiques. Celles qui mènent une vraie lutte des classes sans merci aux couches populaires et intermédiaires ainsi qu’ aux exclus, ces sans-voix relégués dans une marginalité qui atteint à présent des sommets! Lutte de classes intégrant les stratégies électorales de politiciens que rien n’arrête dans leur appétit de pouvoir. Ceux-là mêmes qui mènent implacablement la politique du diable en instrumentalisant, au besoin, le parti protestataire, prétendument anti-système mais, à la vérité, parfaitement intégré, et qui prospère à partir de la désespérance populaire et de l’exacerbation des masses!

Ces masses que l’on se gardera bien de diaboliser dans leur abstention massive ou, pour une frange d’entre-elles, dans l’expression de leur vote  dit « populiste » et auxquelles il conviendrait à présent de répondre par un changement complet de politique à l’échelle de l’Europe!

 

X.D

Faire face aux turbulences et aux politiques du chaos…

Créé par le 01 mai 2014 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Portrait XavierCette semaine de fronde parlementaire donne la mesure de l’exacerbation des contradictions au sein du parti dominant de la gauche. On ne voit plus très clair dans le jeu contestataire des franges des gauches socialistes. Simple expression de la difficulté d’exister dans un parti ficelé et muselé ou réelle capacité à déplacer l’axe majoritaire avec cette audace nouvelle des aubryistes qui prêtent main forte aux irréductibles contestataires?

Un chose est sûre : 44 parlementaires du groupe ne se retrouvent pas dans les choix du premier ministre et dans ses 50 milliards d’économie! Avec une dose de critique variable : celle d’un allègement et d’une réorientation des mesures ou bien, plus radicalement le refus de telles économies quand ont aurait besoin d’oxygène pour mener des politiques économiques anti-cycliques comme l’exprime avec vigueur le député des Landes Henri Emmanuelli suivant un peu, en cela, les parlementaires du MRC qui, eux, ne se sont pas contentés de s’ abstenir mais ont voté contre le plan de stabilité.

Dans un communiqué le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Luc Laurent s’explique :

« La motivation décisive de ce vote est notre choix de la souveraineté budgétaire contre toutes les procédures disciplinaires européennes »,

« La règle des 3% et le contrôle opéré par la Commission sur notre budget sont les symboles d’une Europe disciplinaire qui a vécu: il est du devoir du Premier Ministre de s’en affranchir et de faire entendre une autre voix à Bruxelles. En s’engageant dans cette voie, la France, assurément, trouverait des soutiens », ajoute le député du Val-de-Marne.

« Le programme de stabilité risque de ruiner les efforts pour rendre à la France sa compétitivité. La priorité doit impérativement être à la croissance et non aux expédients budgétaires visant à améliorer le déficit nominal », conclut-il.

Cette expression a le mérite d’aller jusqu’au bout d’une logique parfaitement assumée. Elle doit trouver son prolongement dans le refus de cautionner toute complicité politique avec les choix européistes des grandes formations politiques ( celles qui rivalisent davantage sur le terrain des conflits d’intérêt électoral que dans celui de l’approche de fond des questions européennes ). Tout en étant attentif à ne pas tomber dans le panneau de ceux qui voudraient cueillir les fruits pourris de cette décomposition du mythe européen…

Une question pourrait bien fixer notre attention : celle de la pertinence d’un vote blanc lors des prochaines élections des députés au parlement européen!

Xavier Dumoulin

 

Deux ou trois petites choses sans grande importance autour d’un remaniement

Créé par le 13 avr 2014 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

A vrai dire, je n’ai personnellement pas vécu cette épisode comme un temps fort de la vie publique. Le changement de titulaire de Matignon s’imposait-il sans doute suite à la déflagration des municipales. Avec la perte d’un grand nombre de mairies, la gauche défaite cherche ainsi de nouveaux ressorts dans ce remaniement.

Manuel Valls est peut être plus déterminé que son prédécesseur et assurément plus tranchant sur certains dossiers (sécurité, réforme des collectivités territoriales, économies budgétaires). Sa personnalité permettra-t-elle un rebond? J’en doute toujours.

Mes amis parlementaires expliquent qu’ils ont voté la confiance au bénéfice du doute. Certes, le personnage leur est familier. Pour preuve, Valls est venu à l’université du MRC de l’été dernier. A cette occasion, il donna raison à Jean-Pierre Chevènement sur la question corse qui fut au centre du conflit entre le ministre de l’intérieur démissionnaire et le premier ministre de l’époque, Lionel Jospin. Sur la question du traité constitutionnel européen, Valls avait initialement choisi de voter pour le Non au référendum de 2005 avant le ralliement de son parti aux vues de la droite chiraquienne. La politique de promotion de l’acquisition de la nationalité, préférée à la régularisation, conduite par Manuel Valls à l’intérieur, s’inspirait aussi de celle de Jean-Pierre Chevènement.

Mais les positions économiques du nouveau premier ministre en font un homme à la droite du P.S. Les franges de la gauche socialiste ne décolèrent pas. Et pour les formations à la gauche du P.S, c’est plutôt la désolation et l’opposition avec la manifestation de samedi dernier.

Je n’ai rien à commenter, par ailleurs, de l’exfiltration de l’ex-premier secrétaire du P.S. Sa nomination aux questions européennes ne présage rien de bon sur ce dossier majeur. Et son remplacement à Solferino par Cambadélis ne m’inspire pas davantage quand la gauche du P.S dénonce une procédure fort peu démocratique.

Le retour de Ségolène Royal n’est qu’une preuve de la pugnacité du personnage qui refait surface. Je reste dubitatif sur les capacités d’actions  d’Arnaud Montebourg  et sur la cohérence de la distribution des compétences ministérielles en matière de redressement productif. Je constate que la nomination de Benoît Hamon à l’éducation, ne suffit pas à neutraliser les critiques de fond de son mentor, Henri Emmanuelli qui n’a pas voté la confiance lors du vote d’investiture et dénonce un virage à droite à contre sens du message de l’électorat de gauche. Le parlementaire landais et président du conseil général refuse par ailleurs la suppression annoncée de l’échelon départemental.

Et, pour rester dans nos chères Landes, je ne peux que saluer le retour d’Alain Vidalies qui retrouve son siège de député, dans ma circonscription, après ces deux années à œuvrer auprès du premier ministre.

Ces commentaires vous permettront de constater la constance de notre posture sur ce remaniement qui, sans être un reniement, ne constitue pas, pour autant, un renouvellement à la hauteur des enjeux de la période…

Xavier Dumoulin

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