a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

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Discipline républicaine ?

Créé par le 29 mar 2015 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

C’était l’expression consacrée pour signifier toute l’importance de la solidarité du bloc des gauches au second tour après la sanction du suffrage universel du premier. Même si ça ne plaisait pas toujours aux franges de la gauche, celles-ci, de tradition républicaine, épousaient ce slogan depuis des lustres sans jamais rechigner. N’en déplaise aux fines bouches qui voulaient pourtant en découdre avec le candidat de gauche le mieux placé au prétexte qu’il ne ralliait pas les positions que leur favori n’avait pu imposer dans les urnes.

Contre cette règle du jeu démocratique, on objectera à présent nombre d’arguments visant à délégitimer un scutin vicié par la prépondérance des deux partis dominants et par l’abstention massive de plus d’un Français sur deux! D’aucuns, a contrario, insisteront sur la nécessité d’un « Front républicain » contre le « Front national » dans l’hypothèse de triangulaires en refus du « ni ni ».

Fidèle à ses valeurs, l’électeur réformiste ou révolutionnaire, anti-capitaliste ou social-démocrate, communiste ou républicain, prolongera son vote d’adhésion du premier tour par un vote au bénéfice du candidat authentiquement républicain le mieux placé au second. Cet exercice citoyen ne met pour autant pas fin à d’autres affrontements sociaux et culturels. Loin s’en faut! 

Car le vote du second tour n’est utile que s’il fait sens dans la nécessaire défense de l’intérêt général face aux égoïsmes des puissances économiques. Celles qui mènent une vraie lutte des classes sans merci aux couches populaires et intermédiaires ainsi qu’ aux exclus, ces sans-voix relégués dans une marginalité qui atteint à présent des sommets! Lutte de classes intégrant les stratégies électorales de politiciens que rien n’arrête dans leur appétit de pouvoir. Ceux-là mêmes qui mènent implacablement la politique du diable en instrumentalisant, au besoin, le parti protestataire, prétendument anti-système mais, à la vérité, parfaitement intégré, et qui prospère à partir de la désespérance populaire et de l’exacerbation des masses!

Ces masses que l’on se gardera bien de diaboliser dans leur abstention massive ou, pour une frange d’entre-elles, dans l’expression de leur vote  dit « populiste » et auxquelles il conviendrait à présent de répondre par un changement complet de politique à l’échelle de l’Europe!

 

X.D

Faire face aux turbulences et aux politiques du chaos…

Créé par le 01 mai 2014 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Portrait XavierCette semaine de fronde parlementaire donne la mesure de l’exacerbation des contradictions au sein du parti dominant de la gauche. On ne voit plus très clair dans le jeu contestataire des franges des gauches socialistes. Simple expression de la difficulté d’exister dans un parti ficelé et muselé ou réelle capacité à déplacer l’axe majoritaire avec cette audace nouvelle des aubryistes qui prêtent main forte aux irréductibles contestataires?

Un chose est sûre : 44 parlementaires du groupe ne se retrouvent pas dans les choix du premier ministre et dans ses 50 milliards d’économie! Avec une dose de critique variable : celle d’un allègement et d’une réorientation des mesures ou bien, plus radicalement le refus de telles économies quand ont aurait besoin d’oxygène pour mener des politiques économiques anti-cycliques comme l’exprime avec vigueur le député des Landes Henri Emmanuelli suivant un peu, en cela, les parlementaires du MRC qui, eux, ne se sont pas contentés de s’ abstenir mais ont voté contre le plan de stabilité.

Dans un communiqué le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Luc Laurent s’explique :

« La motivation décisive de ce vote est notre choix de la souveraineté budgétaire contre toutes les procédures disciplinaires européennes »,

« La règle des 3% et le contrôle opéré par la Commission sur notre budget sont les symboles d’une Europe disciplinaire qui a vécu: il est du devoir du Premier Ministre de s’en affranchir et de faire entendre une autre voix à Bruxelles. En s’engageant dans cette voie, la France, assurément, trouverait des soutiens », ajoute le député du Val-de-Marne.

« Le programme de stabilité risque de ruiner les efforts pour rendre à la France sa compétitivité. La priorité doit impérativement être à la croissance et non aux expédients budgétaires visant à améliorer le déficit nominal », conclut-il.

Cette expression a le mérite d’aller jusqu’au bout d’une logique parfaitement assumée. Elle doit trouver son prolongement dans le refus de cautionner toute complicité politique avec les choix européistes des grandes formations politiques ( celles qui rivalisent davantage sur le terrain des conflits d’intérêt électoral que dans celui de l’approche de fond des questions européennes ). Tout en étant attentif à ne pas tomber dans le panneau de ceux qui voudraient cueillir les fruits pourris de cette décomposition du mythe européen…

Une question pourrait bien fixer notre attention : celle de la pertinence d’un vote blanc lors des prochaines élections des députés au parlement européen!

Xavier Dumoulin

 

Deux ou trois petites choses sans grande importance autour d’un remaniement

Créé par le 13 avr 2014 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

A vrai dire, je n’ai personnellement pas vécu cette épisode comme un temps fort de la vie publique. Le changement de titulaire de Matignon s’imposait-il sans doute suite à la déflagration des municipales. Avec la perte d’un grand nombre de mairies, la gauche défaite cherche ainsi de nouveaux ressorts dans ce remaniement.

Manuel Valls est peut être plus déterminé que son prédécesseur et assurément plus tranchant sur certains dossiers (sécurité, réforme des collectivités territoriales, économies budgétaires). Sa personnalité permettra-t-elle un rebond? J’en doute toujours.

Mes amis parlementaires expliquent qu’ils ont voté la confiance au bénéfice du doute. Certes, le personnage leur est familier. Pour preuve, Valls est venu à l’université du MRC de l’été dernier. A cette occasion, il donna raison à Jean-Pierre Chevènement sur la question corse qui fut au centre du conflit entre le ministre de l’intérieur démissionnaire et le premier ministre de l’époque, Lionel Jospin. Sur la question du traité constitutionnel européen, Valls avait initialement choisi de voter pour le Non au référendum de 2005 avant le ralliement de son parti aux vues de la droite chiraquienne. La politique de promotion de l’acquisition de la nationalité, préférée à la régularisation, conduite par Manuel Valls à l’intérieur, s’inspirait aussi de celle de Jean-Pierre Chevènement.

Mais les positions économiques du nouveau premier ministre en font un homme à la droite du P.S. Les franges de la gauche socialiste ne décolèrent pas. Et pour les formations à la gauche du P.S, c’est plutôt la désolation et l’opposition avec la manifestation de samedi dernier.

Je n’ai rien à commenter, par ailleurs, de l’exfiltration de l’ex-premier secrétaire du P.S. Sa nomination aux questions européennes ne présage rien de bon sur ce dossier majeur. Et son remplacement à Solferino par Cambadélis ne m’inspire pas davantage quand la gauche du P.S dénonce une procédure fort peu démocratique.

Le retour de Ségolène Royal n’est qu’une preuve de la pugnacité du personnage qui refait surface. Je reste dubitatif sur les capacités d’actions  d’Arnaud Montebourg  et sur la cohérence de la distribution des compétences ministérielles en matière de redressement productif. Je constate que la nomination de Benoît Hamon à l’éducation, ne suffit pas à neutraliser les critiques de fond de son mentor, Henri Emmanuelli qui n’a pas voté la confiance lors du vote d’investiture et dénonce un virage à droite à contre sens du message de l’électorat de gauche. Le parlementaire landais et président du conseil général refuse par ailleurs la suppression annoncée de l’échelon départemental.

Et, pour rester dans nos chères Landes, je ne peux que saluer le retour d’Alain Vidalies qui retrouve son siège de député, dans ma circonscription, après ces deux années à œuvrer auprès du premier ministre.

Ces commentaires vous permettront de constater la constance de notre posture sur ce remaniement qui, sans être un reniement, ne constitue pas, pour autant, un renouvellement à la hauteur des enjeux de la période…

Xavier Dumoulin

Bloc républicain

Créé par le 12 avr 2014 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

L’émergence d’un bloc républicain ne serait-elle pas la meilleure réponse politique en cette période de totale déshérence?

Quand les positionnements des partis hégémoniques ne font plus sens sur des questions essentielles comme celles de l’ Europe, de la politique industrielle et énergétique, de la politique budgétaire, du pouvoir d’achat, voire même des services publics, il ne peut plus s’opérer de mobilisation autour de thèmes qui fédéraient classiquement les sensibilités citoyennes de droite et de gauche. Ces dernières restent frustrées en l’absence de toute offre politique constructive et se réfugient ainsi dans le vote protestataire ou l’abstention.

Dans une république moderne, le clivage doit se faire autour de solides propositions programmatiques et non seulement par fidélité aux vielles lunes. Faute de sérieux nos électeurs se sentent trahis passé le cap de l’élection et désespèrent à tout jamais de pouvoir concrétiser leurs attentes au travers d’une élection. Ils sanctionnent plus qu’ils n’approuvent et rejettent plus qu’ils n’adhèrent.

On sent bien les limites d’un tel fonctionnement avec en arrière plan, pour amplifier la crise systémique, l’essoufflement d’un régime semi-présidentiel incapable de débloquer la situation. L’évolution vers un système présidentiel constituerait peut être la réponse actuelle pour revivifier la démocratie comme le suggère, aujourd’hui, le député des Landes Henri Emmanuelli suivant en cela une réflexion plus ancienne de la fondation Res Publica (1).

Mais au-delà de toute réflexion sur les évolutions institutionnelles, l’urgence politique n’est-elle pas dans la définition d’un rassemblement populaire autour de quelques axes de progrès? Il ne manque pas de pistes de proposition alternatives à la doxa politique hégémonique européiste et néolibérale pour travailler à la co-construction d’un projet cimentant les forces républicaines  de ce pays car au-delà de la gauche et de la droite il y a la République, cette idée toujours neuve qui n’a pas épuisé la force propulsive de son message universel.

Dans une grande alliance des forces productives contre l’hégémonie de la finance et pour la reconquête démocratique, ce bloc républicain s’affirmerait aussi sur le plan de l’Europe par la défense des nations et de leurs peuples.

Xavier Dumoulin

(1) Extrait de notre article ci-dessous précédemment publié à propos de la réforme des institutions lors du précédent quinquennat.

« Notre régime politique est souvent qualifié fort abusivement de présidentiel par une opinion qui confond la fonction du président de la République, clé de voûte des institutions, avec la nature du régime à proprement parler. Depuis la Constitution de 1958, notre cinquième République a évolué, selon les constitutionnalistes, vers un régime parlementaire rationalisé, devenu, après la réforme de 1962 instituant l’élection du président au suffrage universel direct, présidentialiste ou semi présidentiel.

La différence de nature entre le régime présidentiel et parlementaire tient à la stricte séparation des pouvoirs dans le premier modèle et à leur collaboration dans le second. A l’instar du système américain, le régime présidentiel s’appuie en principe sur un exécutif monocéphale et un parlement qui ne peut mettre en cause la responsabilité politique du président, lequel ne dispose pas du droit de dissolution. Tout autre est le fonctionnement des institutions toujours parlementaires, en théorie, de la V° République reposant sur des mécanismes de censure du gouvernement – et non du président -, après adoption d’une motion par la majorité des députés, avec en contrepoint symétrique, le droit de dissolution de l’Assemblée par le président.

Le parlementarisme rationalisé issu du texte de 1958 a strictement encadré la procédure d’élaboration des textes de loi : prééminence des projets de loi sur les propositions, domaine de compétence limité du législateur, pouvoir restreint des commissions en matière de projets de loi, contrôle de l’ordre du jour par le gouvernement, procédure du vote bloqué combinée parfois avec la mise en jeu de la responsabilité gouvernementale…

L’évolution « présidentialiste » tient à la forte légitimité du président, élu au suffrage universel direct, s’accompagnant d’une prédominance du chef de l’Etat sur le premier ministre en dehors des périodes de cohabitation. L’adoption du quinquennat - conduisant à la juxtaposition des élections, présidentielles et législatives – conforte l’idée de changement de régime.

« Un régime présidentiel à la française » – évoqué dans un récent colloque de la fondation Res Publica - pourrait assurer le retour du Parlement dans ses fonctions législatives et de contrôle de l’exécutif. Le maintien des mécanismes de mise en cause de la responsabilité du gouvernement et du pouvoir de dissolution du chef de l’Etat s’accompagnerait d’une automaticité de remise en jeu du pouvoir en cas de dissociation entre majorité présidentielle et parlementaire. Le peuple souverain trancherait ainsi ce conflit suite à une consultation électorale. Ce modèle innovant mettrait fin aux critères distinctifs traditionnels en introduisant un système hybride équilibré… »

X D

Quelques vrais enjeux autour de la réforme des institutions

Posté par le 13 juil 2007 à 16:42 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin, a4-Le blog citoyen croque la droite

 

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D’une élection l’autre…

Créé par le 01 avr 2014 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

Sans redressement industriel point de sortie possible du cercle vicieux qui plonge aujourd’hui la France et les Français dans le plus grand désarroi. Et sans une réorientation de l’Europe autour de l’intérêt bien compris des Etats qui la constituent, pas de perspectives de croissance, d’emploi et de solidarité à la hauteur des attentes de ses peuples.

Vouloir concilier l’efficacité économique et la justice sociale n’est pas, en soi, une mauvaise orientation. Mais sa déclinaison sous la forme du pacte de responsabilité assorti d’un ajustement en faveur du pouvoir d’achat des plus modestes par une baisse des cotisations et des impôts des salariés nous laisse quelque peu sceptique. Surtout quand cette annonce du président Hollande s’accompagne d’un cap d’économie budgétaire dans la logique des engagements européens adoptés en début de quinquennat.

On pourra bien rétorquer qu’il s’agit là d’une inflexion de la politique en faveur de la justice sociale et que des secteurs comme la santé, l’éducation ou la sécurité seraient – aux dires du président Hollande – préservés de cette purge des services publics auxquels nos concitoyens restent pourtant très attachés.

Par delà le discours présidentiel, on attend du premier ministre une traduction  politique d’engagements au service de la Nation par une équipe animée d’un esprit de salut public. Faute de quoi les Français ne manqueraient pas d’amplifier leur rejet d’une politique de gribouille dès les prochaines échéances électorales : celles de l’élection de députés de notre peuple au parlement européen.

Cette élection qui suit sera de toute façon l’occasion d’une clarification politique sur la nécessaire réorientation de cette Europe libérale. Notre région du monde concentre des atouts importants. Elle ne doit plus s’abandonner dans une mondialisation libérale qui trouve ses chantres et ses fers de lance au sein même de nos prétendues élites. C’est elles qui fixent la doxa d’une politique dont on connait les effets ravageurs en France, sur les plans économiques et sociaux.

La sortie de l’euro fort et le retour à une politique européenne de croissance et d’emploi suppose en effet un tournant radical qui va bien au-delà de timides annonces…

X.D

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