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De la tourmente impérialiste aux tourments de l’anticapitalisme par Xavier Dumoulin

Créé par le 24 avr 2026 | Dans : a2-Blog-notes politique de XD

Lettre à l’adresse des camarades participants au débat de la section du Bas-Armagnac à Perquie, le 17 avril 2026, avec les remerciements de Xavier Dumoulin, citoyen attaché à la cause de la paix et au combat contre l’impérialisme.

La violence de l’agression impérialiste américaine se voudrait l’expression de sa toute-puissance stratégique économique et militaire, au prix d’une dévastation du Proche et Moyen-Orient dans son soutien à la politique de guerre totale et génocidaire de Benjamin Netanyahou à Gaza et dans toute la région. Mais, dans le même temps, ses méthodes de confrontation avec les nations et les peuples ne cessent de provoquer des réactions de stupéfaction, de méfiance ou de rejet dans sa gestion impérialiste des affaires du monde : des bras de fer autour des droits de douane en 2025 aux virevoltes dans le conflit d’Ukraine en passant par les velléités de conquête du Groenland, l’enlèvement du président vénézuélien, les menaces sur Cuba et, surtout, les ravages de la guerre contre l’Iran avec, en cascade, cet emballement et ses effets désastreux sur le Liban et les pays du Golfe… Cette politique trumpiste, contestée jusque dans les propres rangs du président américain, met à nu la violence systémique d’une Amérique hégémonique mais déclinante.

L’internationalisme trouve, ici et là, dans le monde, en Europe, en France et dans nos Landes, des points d’appui dans une expression de solidarité avec les peuples en proie aux guerres, principalement celles conduites par les gouvernements israéliens, américains et russes pour ne parler que des plus visibles. Dans d’autres régions (Afrique, Asie), dictateurs et guerres perpétuent des crimes de masse trop souvent ignorés. Dans ce drame mondial qui voit le Sud global confronté à l’Occident collectif, les forces ayant vocation à combattre le capitalisme «qui porte en lui la guerre comme la nuée l’orage» doivent œuvrer aux mobilisations populaires contre les horreurs de la guerre en articulant leur combat avec celui de toutes les forces de paix (syndicats, associations, société civile, élus nationaux et/ou des collectivités, mouvements politiques, etc.).

Ce combat, tout à fait complémentaire de celui des peuples et des nations unies, exige une claire lucidité sur la nature et les enjeux de ces conflits dénoncés dans des mots d’ordre pertinents. La seule réfutation de l’unilatéralisme hégémonique américain ne saurait suffire à comprendre et révéler les contradictions actuelles d’un monde en proie aux rivalités pour le leadership mondial.

Dans cet ensemble, les forces anticapitalistes devraient mettre à nu tous les facteurs de tensions et de guerres dans la recherche d’une expression juste et équilibrée au service d’actes concrets pour un nouvel ordre mondial renouant avec les principes du droit international, ce droit cher aux Nations Unies et que d’aucuns voudraient d’ores et déjà enterrer.

Nos présentations documentées et datées dans ces textes en P.J qui accompagnent cet envoi restent bien parcellaires et incomplètes. Elles offrent néanmoins un complément d’informations venant d’un citoyen de bonne volonté pour contribuer aux débats en toute sérénité et dissiper des malentendus sur les points suivants :

-          La montée des rivalités entre le capitalisme d’Etat impérial chinois face à l’impérialisme américain dans l’examen de «la Chine dans la mondialisation» (étude de XD de décembre 2024 à l’université de Paris-Nanterre) ;

-          Une présentation des idées et concepts autour de l’impérialisme et du socialisme (figurant parmi nos annexes accompagnants notre biographie de Didier Motchane, dans une soutenance universitaire récente en juin 2025).

 

Dans cette modeste livraison, la critique de ces textes situés et datés, peut alimenter la réflexion et n’a d’intérêt que s’ils participent ici et maintenant au combat contre le capital et l’impérialisme sur des bases démocratiques.

Xavier Dumoulin, le 18 avril 2026, dans la poursuite des échanges de la veille à l’initiative de la section du Bas-Armagnac du PCF et des orateurs que l’on remercie d’avoir ouvert ce débat bien utile.

X.Dumoulin : L’examen critique des spécificités historiques du socialisme français à contre-courant des représentations trop courantes

Créé par le 22 avr 2026 | Dans : a2-Blog-notes politique de XD

Histoire de quelques idées et concepts comme points d’articulation ou de contestation du Socialisme international et français

L’examen critique des spécificités historiques du socialisme français à contre-courant des représentations trop courantes

Références : Xavier Dumoulin

Sommaire

§1-La drôle de trajectoire du courant communiste en France !

§2-L’heureuse et précoce conversion du PCF au réformisme révolutionnaire ou «  l’impensé communiste »

§3-Les (im)postures de la radicalité politique à gauche

§4-Le « socialisme à la française » a-t-il vécu ?

§5-La démocratie à l’épreuve du néolibéralisme et du néo-conservatisme

§ 6-La gauche de gauche ou la gauche de la gauche ?

§ 7-les retournements de la gauche

§ 8-Penser à gauche ou repenser la gauche ? Vers d’autres horizons de pensées…

§ 9- Le pari de la citoyenneté

Présentation

La social-démocratie a longtemps incarné cette promesse d’une redistribution des richesses dans une démocratie où les forces du travail participent à la gestion économique et sociale du pays. Il est vrai que les spécificités françaises du mouvement ouvrier avec d’une part l’indépendance syndicale vis-à-vis du politique posée dans la charte d’Amiens en 1906, dans le prolongement de la tradition anarcho-syndicaliste et le développement de la CGT sur ces bases, la pratique guesdiste d’autre part refusant « le ministérialisme » prôné par un Jaurès socialiste républicain (la controverse nationale et internationale sur la participation du socialiste Millerand, au «  gouvernement de défense républicaine »), ont freiné toute intégration de la classe ouvrière dans la nation jusqu’en 1914. Le retournement de Jules Guesde du fait de l’échec de la 2e internationale dans son combat pour «l’unité du prolétariat international» contre la guerre et l’entrée au gouvernement d’Union sacrée de ministres et collaborateurs de cabinet issus de la SFIO (Guesde, Albert Thomas, Marcel Sembat, Léon Blum), ou d’un socialisme indépendant (Viviani, Millerand, futur président du conseil en 1920 et président de la République en septembre de la même année, ayant déjà rallié la droite avant sa participation au gouvernement de Viviani  d’août 1914 à octobre 1915), ont changé la donne. Mais l’expérience de l’Union sacrée reste paradoxale. Elle tend à modifier les relations du mouvement ouvrier et de l’Etat. Jaurès, tenant de «l’évolutionnisme révolutionnaire» avait déjà analysé et souligné les contradictions d’un Etat exprimant «les rapports de classes» et marqué par l’empreinte des conquêtes sociales et démocratiques (législations industrielles de l’époque, instruction publique, laïcité et libertés publiques héritées des réformes républicaines). Mais la CGTU campera longtemps dans une opposition aux lois sociales (retraites ouvrières notamment) suivant en cela la tradition anarcho-syndicaliste jusqu’à la réunification de la CGT en 1936. La SFIC devait par ailleurs sa naissance en décembre 1920 au congrès de Tours à la faillite de la 2e internationale et aux protestations du monde du travail attisées par la répression de ses grèves par un Clémenceau ou un Millerand, tour à tour président du Conseil depuis 1917. Avec cette condition d’adhésion à la 3e Internationale subordonnant l’action syndicale au parti d’avant-garde. Léon Blum se veut le gardien de la vieille maison SFIO sans renoncer à un processus susceptible de conduire la transition de l’exercice à la conquête du pouvoir (au sens que Léon Blum accordait respectivement à ces deux termes d’un mouvement graduel de réformes puis de basculement révolutionnaire dans une équivoque doctrinale opportuniste) dont la condition dynamique parait toujours celle du chemin vers l’hégémonie culturelle et politique d’un socialisme démocratique, donc aux racines républicaines, selon la perspective jaurésienne réaffirmée par Ernest Labrousse.

§1-La drôle de trajectoire du courant communiste en France !

Les limites d’une lecture léniniste de la social-démocratie viennent paradoxalement de l’analyse minutieuse de la trajectoire du courant communiste en France. Notons au passage cette dénonciation de l’impérialisme qui va de pair avec l’idée d’une aristocratie ouvrière dans les pays capitalistes du centre, aristocratie qui, bénéficiant des miettes des profits liés à l’exploitation des peuples de « la périphérie », constituerait une base populaire pour une social-démocratie des pays du « centre », au cœur  du capitalisme, impliquée dans l’exploitation coloniale. Nous avons écarté ici cette dimension qui interrogerait les politiques coloniales ou néocoloniales des gouvernements de défense républicaine et du bloc républicain (fin XIXe et début XXe), puis, (sans omettre de rendre justice à la virulente opposition de Jaurès aux politiques colonialistes précédant et expliquant le première guerre mondiale) des socialistes sous la IVe République (Indochine, Algérie, Canal de Suez, etc.), les premiers communistes s’étant illustrés dès les années vingt par leur engagement internationalistes (les secteurs de la jeunesse notamment contre l’occupation de la Ruhr, l’Affaire du Rif au Maroc) avant de soutenir, par nécessité d’alliance, des politiques ambiguës (en 46 vote des crédits militaires pour le corps expéditionnaire en Indochine avant le changement de position deux mois plus tard, vote des pouvoirs spéciaux en Algérie cette année 56 remplies d’épreuves avec le XXe congrès du PCUS, le rapport secret de Khrouchtchev, le bouleversement de Varsovie et la tragédie de Budapest! ) dénoncées plus tard avec des ruptures d’alliances dans un contexte de tensions internationales très marquées entre Est et Ouest. Le PCF aurait, il est vrai, bien des comptes à rendre sur ses postures historiques vis à vis de l’hégémonisme soviétique du temps de la guerre froide, voire même de la détente, en distinguant d’ailleurs les problématiques de l’interventionnisme soviétique dans les pays satellites de «souveraineté limitée» de celles liées à l’expansionnisme de l’URSS (avec toutes les ambiguïtés de ses interventions dans d’autres régions). Le tout dans des réalités objectives plus complexes que les principes abstraits et avec des positions mouvantes dans ses réactions alternées d’allégeance (Hongrie et Tchécoslovaquie en 56) et d’indépendance (timide dénonciation de l’intervention soviétique à Prague en 68, affirmation d’une voie française du « Socialisme aux couleurs de la France » au 22e congrès du PCF). On n’a pas encore tiré au clair la position de Marchais dans la période de renégociation du programme commun quand ses postures prosoviétiques en politique étrangère allaient à contre-courant de sa stratégie unitaire du 22e congrès à laquelle on peut penser qu’il tenait avant tout (dans cette contradiction difficilement surmontable : Brejnev préférant Giscard à Mitterrand). Ces éléments n’ont plus, de fait, d’autre intérêt qu’historique avec le renouvellement profond du parti lié aux départs ou disparitions de nombre de ses militants historiques et/ou intellectuels de grande valeur, sa perte d’influence électorale et sa crise d’identité avec l’abandon de fait de la référence léniniste au profit d’une conception jaurésienne d’un évolutionnisme révolutionnaire. Lire la suite »

X.Dumoulin : De l’impérialisme aux nouvelles approches de la domination, du capitalisme financier et de la mondialisation

Créé par le 22 avr 2026 | Dans : a2-Blog-notes politique de XD

Histoire de quelques idées et concepts comme points d’articulation ou de contestation du Socialisme international et français

De l’impérialisme aux nouvelles approches de la domination, du capitalisme financier et de la mondialisation

Références : Xavier Dumoulin

Sommaire

§ 1- Karl Polanyi

§ 2-Ernest Mandel

§ 3-Didier Motchane

§ 4-Les études post-coloniales

§ 5-François Frusset  à propos de l’ouvrage de Jean-Loup Amselle «  L’Occident décroché. Enquêtes sur les post-colonialismes »

§6-Du compromis fordiste au capitalisme financier mondialisé

Présentation

§ 1- Karl Polanyi

Avant d’évoquer les travaux d’auteurs marxistes, et pour mieux les saisir, rappelons qu’en 1944, Karl Polanyi dans « La Grande Transformation » critique radicalement la vision d’une internationalisation des économies comme « un processus organique de croissance amorcé au niveau local et dont la division du travail [chère à Adam Smith] serait le vecteur essentiel ». C’est le commerce au long cours qui va donner le départ d’une institutionnalisation du marché et envahir la vie économique occidentale avant de s’étendre à la planète précise Jacques Adda commentant  l’œuvre de Polanyi  qui s’appuie sur les travaux d’anthropologues du début du siècle (Bronislaw Malinovski et Richard Thurnwald notamment). « Polanyi montre bien que jusqu’à la révolution industrielle, l’institution du marché, bien qu’elle-même fort ancienne, n’a joué qu’un rôle secondaire dans la vie économique des différentes civilisations. […] Le propre des sociétés précapitalistes, du point de vue de l’organisation économique, est en effet que l’économie n’y existe pas en tant que sphère autonome mais se trouve systématiquement encastrée dans les relations sociales. En d’autres termes, le système économique, dans ses dimensions de production et de répartition du produit, est géré non en fonction d’une rationalité individuelle fondée sur la quête du gain, mais selon des mobiles non économiques aux premiers rangs desquels figurent les relations de parenté et les représentations religieuses. » Et J.Adda, poursuivant son commentaire du livre de Polanyi, précise que l’institution du système concurrentiel est l’œuvre de l’Etat des monarchies centralisées d’Europe occidentale, Angleterre et France notamment et « le marché comme institution gouvernant l’ensemble de la vie économique et sociale trouve son fondement dans le commerce international. »

§ 2-Ernest Mandel

Pour éclairer plus précisément les propos de Didier Motchane sur la mondialisation, situons-les dans les références marxistes plus larges au moment où celles-ci renouvellent les approches de l’impérialisme. Examinons d’abord les travaux d’Ernest Mandel développés au chapitre XIII sur l’impérialisme dans le troisième tome de son remarquable Traité d’économie marxiste. Cet économiste et théoricien marxiste de la IVe internationale de grand renom aborde ainsi avec force détails historiques les relations des nations occidentales et de leurs colonies, la genèse et le développement de l’impérialisme et notamment les flux économiques dans les différentes phases et formes de l’accumulation du capital. Il présente l’apport décisif des « capitaux volés » pour « l’accumulation du capital commercial et du capital argent qui, de 1500 à 1750, crée les conditions propices à la révolution industrielle ». Plus tard, « avec la révolution industrielle, et la production d’une masse sans cesse croissante de plus-value par le prolétariat d’Europe occidentale, le pillage direct des pays d’outre-mer passe au deuxième plan des sources d’enrichissement des classes bourgeoises occidentales […] (et) ne joue plus qu’un rôle d’appoint dans l’accumulation du capital européen. Il permet tout au plus l’entrée brusque dans la classe bourgeoise d’aventuriers qui s’enrichissent rapidement aux dépens des “races inférieures”. Mais les relations entre l’Occident et les pays déjà sous-développés n’en deviennent pas pour autant humanitaires ou égalitaires. Au pillage succède le commerce; mais ses effets seront souvent plus meurtriers encore que ceux des guerres de conquête. » Le colonialisme se développe ensuite particulièrement à l’âge du capitalisme des monopoles. « La bourgeoisie monopoliste n’est plus affamée de capitaux nouveaux; elle est affamée de surproduits, et trouve à sa disposition une pléthore de capitaux qui cherchent des champs d’investissements nouveaux… L’exportation de capitaux vers des pays lointains n’implique pas la même attitude envers le colonialisme que l’exportation de marchandises. […] Les prêts à l’étranger sont immobilisés dans des installations minières, industrielles, portuaires ou dans des plantations qu’il s’agit de défendre contre la masse “ignorante”, “paresseuse”, “fanatique” ou “xénophobe” des “indigènes”. L’époque du capitalisme des monopoles devient donc rapidement l’époque d’une revalorisation du colonialisme. Saisir des territoires étrangers et les fermer à la concurrence étrangère comme marché de produits finis, source de matières premières et de main d’œuvre à bon marché ou champ d’investissements de capitaux à exporter – c’est-à-dire comme source de surprofits : voilà ce que devient le motif central de la politique étrangère des pays capitalistes dès les années 1880.»

§ 3-Didier Motchane

« L’impérialisme, précise Didier Motchane, théoricien du Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (CERES), dans ses clefs pour le socialisme, est une conséquence de la concentration du capital et de la baisse tendancielle du taux de profit. […] La colonisation et la polarisation progressive du monde autour de blocs militaro-industriels constituent les deux aspects politiques principaux de l’impérialisme. Le colonialisme au sens strict correspond à la phase européenne de l’impérialisme et à un stade préliminaire de la constitution du capitalisme monopoliste d’Etat. Dès la fin du XIXe siècle, le colonialisme s’est manifesté, on le sait, non seulement par les conquêtes coloniales, mais par des démembrements de souveraineté imposées, pour garantir leur placement financier, par les grandes puissances capitalistes, à des Etats demeurés théoriquement indépendants (Chine, Turquie, Argentine, etc.). La quasi-disparition, dans les vingt années qui suivent la deuxième guerre mondiale, des formes directes du colonialisme politique a coïncidé avec le développement mondial de l’impérialisme. » D’où les conflits entre nationalisme et impérialisme qui opposent à l’intérieur de chaque bloc rivaux, aux époques de la guerre froide et de la détente, «  des Etats secondaires à la puissance politique et économique dominante ». Le mouvement des non-alignés ne relèvera pas les défis de sa tentative d’autonomie quand « à l’extérieur des blocs, les pays qualifiés assez improprement d’Etats ou de peuples du Tiers-Monde sont affrontés alternativement ou concurremment à l’hégémonie des deux grandes puissances mondiales. »

§ 4-Les études post-coloniales

C’est aussi à l’aune des critiques des études postcoloniales, jamais abordées par Motchane, qu’il conviendrait de compléter et de confronter sa lecture des processus en cours de mondialisation du capitalisme. Lire la suite »

X.Dumoulin : Des clés pour comprendre l’entrée de la Chine dans la mondialisation et les rivalités sino-américaines

Créé par le 22 avr 2026 | Dans : a2-Blog-notes politique de XD

La Chine dans la mondialisation – Des clés pour comprendre l’entrée de la Chine dans la mondialisation

Texte de Xavier DUMOULIN décembre 2024

Ces deux dernières décennies, la Chine[1] est entrée de plain-pied dans la mondialisation marchande, elle-même boostée par l’explosion de la production et de l’exportation de produits asiatiques. Bien après le miracle japonais et dans la suite de l’émergence des nouveaux dragons, la spectaculaire croissance chinoise des années post-maoïstes, sous l’effet des réformes économiques libérales de Deng Xiaoping, impacte vertigineusement les nouvelles relations commerciales internationales. Le retour sur quelques grandes étapes du développement chinois[2] permet de mesurer et de comprendre cet envol des parts de marché.

La guerre de l’opium contre la dynastie Quing est initiée par l’Angleterre qui s’empare de Hong-Kong et brise les barrières douanières au milieu du XIXe siècle ouvrant les marchandises étrangères au marché chinois[3]. Dans les décennies suivantes, d’autres puissances impérialistes s’emparent, par les armes, de concessions où elles établissent leurs zones commerciales. Il s’ensuit des révoltes populaires contre la dynastie Quing et son renversement au bénéfice d’une première république en 1920[4]. C’est dans un contexte de guerres (contre le Japon puis entre Chiang Kai-Shek et les communistes) que le parti communiste chinois (PCC) entreprend sa longue marche[5] vers le pouvoir[6]. La Chine se retire du General Agreement on Tariffs and Trade, le GATT, le 5 mai 1950, peu après la révolution communiste et la fondation de la République populaire de Chine. Mao développe ensuite, à marche forcée et au travers d’expériences souvent dramatiques[7] («le grand bond en avant» et «la grande révolution culturelle prolétarienne»[8]), l’économie du pays dans un cadre de planification strictement définit par le PCC.

Les observations de Michel Aglietta et de sa collègue chinoise Guo Bai[9] dans « la voie chinoise capitalisme et empire»[10], sont intéressantes et introduisent de la nuance dans le dénigrement de la politique maoïste (M Aglietta ne parle que du point de vue économique et non pas social ou humain!)[11]. Après la mort de Mao (1976) et la liquidation de «la bande des quatre» on assiste à une véritable inflexion du pouvoir communiste sous Deng Xiao Ping, figure de proue du courant libéral[12]. Ce dernier a remporté la dernière grande bataille : l’heure était à l’introduction des mécanismes de marché dans l’économie nationale et dans ses relations avec le reste du monde. Le marché était ainsi censé promouvoir une utilisation plus efficiente des ressources, elle-même porteuse de croissance et de progrès technologique. La sortie de crise, supposait de libéraliser –ou, pour le dire autrement, assouplir les éléments socialistes de la Chine. Ce courant libéral se nourrit de l’expérience des Tigres en l’adaptant aux particularités de la Chine. C’est au XIIe congrès national du PCC en 1982, peu après la reprise des relations diplomatiques avec les États-Unis, que Deng Xiaoping a esquissé la nouvelle feuille de route : «Nous devrions aussi apprendre de pays étrangers et tirer parti de leur expérience, mais l’application mécanique de l’expérience étrangère et la copie de modèles étrangers ne nous mèneront nulle part.»

Pour mémoire, le pays connait des phases successives de libéralisation des prix et du commerce dont nous rendons compte ici en empruntant nos éléments en note dans les développements suivants à l’ouvrage magistral de Benjamin Burbaumer[13] et à ses commentaires[14].

 

1e 1979-1992 : double prix et zones économiques spéciales : des prix d’Etat plus faibles que ceux du marché, une production hors plan, un nouveau management avec une possibilité de licenciement[15].

2e En 1992 sous Deng on change de paradigme socialiste[16].[17].

3e-En 2001, la Chine, demandeuse de longue date, est prête à être accueillie dans l’OMC[18]. C’est donc un processus initialisé dans l’émergence d’une rivalité commerciale complice.

Après ces précisions, examinons l’entrée de la Chine et son intégration dans la mondialisation marchande sous l’angle d’une dialectique entre la libéralisation économique du modèle chinois et son ouverture au monde (1) s’accompagnant d’une guerre économique dans une géopolitique à visée hégémonique (2). Lire la suite »

Motchane et le CERES : un combat pour le socialisme et la République

Créé par le 27 oct 2024 | Dans : a2-Blog-notes politique de XD, Actualité de la pensée de Didier Motchane

Caractères Librairie Café Social Club, 17 rue du Maréchal Bosquet, Mont de Marsan

CERES

 Motchane et le CERES : un combat pour le socialisme et la République dans a2-Blog-notes politique de XD

Librairie Caractères

Mercredi 13 novembre 2024 18h45

Didier Motchane et le CERES :  un combat pour le Socialisme et la République

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