a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin

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La République face au djihad, par Xavier Dumoulin

Créé par le 17 juil 2016 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin

La tuerie de Nice - revendiquée par Daesh – constitue une attaque sans précédent avec cette forme nouvelle de criminalité terroriste le jour de notre fête nationale. Avec ses drapeaux en berne pour ces jours de deuil national, la République laïque, une et indivisible doit affronter avec courage et dans l’unité cette nouvelle épreuve.

Par delà le prolongement de l’Etat d’urgence, comment faire face au djihadisme, ce phénomène de voyous radicalisés parfois peu de temps avant leur passage à l’acte? Ne doit-on pas s’interroger à la manière d’un Jean Birnbaum sur cette impasse du camp progressiste vis à vis de ces actions terroristes? Et notamment réfuter ce discours sur le  »rien à voir » ( comprenez avec l’islam) trop catégorique et qui voudrait exorciser le mal à bon compte. Car pour l’auteur de « Un silence religieux- la gauche face au djihadisme », l’islamisme politique n’est pas sans lien avec l’islam religieux, même s’il en constitue une perversion.  

On saura gré à Jean Birnbaum de se dégager des lieux communs pour questionner la gauche sur ce silence qui trouve son origine dans une perspective philosophique voyant dans la religion l’opium du peuple, lequel trouverait aussi dans la religion des leviers de révolte. Il en fût ainsi pendant la guerre d’Algérie avec toutes les méprises de cette intelligentsia française sur l’ambivalence idéologique du FLN : un discours quasi islamique en direction des populations autochtones et plutôt marxisant auprès des pieds-rouges et intellectuels de gauche. Lesquels auraient mis, selon Birnbaum,  plus de trente ans à intégrer cette réalité originelle!

On peut nuancer le propos comme le fait Philippe Corcuff et sortir du manichéisme en agrégeant plusieurs dimensions dans l’explication du terrorisme islamique telles que les facteurs socio-économiques ou les composantes géopolitiques du phénomène. Mais le sociologue rend grâce à Birnbaum de son interprétation de « l’islamisme comme symptôme d’une léthargie spirituelle ».

Telle est du reste la quête « Pour une spiritualité sans dieux » de notre sociologue bourdieusien et libertaire dans son dernier ouvrage qui fait écho au questionnement de Birnbaum.

On ne saurait ignorer ces deux ouvrages traversés d’interrogations sur la promotion d’une spiritualité laïque peut être salutaire dans ce monde sans conscience et sans boussole.

Xavier DUMOULIN

 

 

Le mystère de l’histoire d’un symbole : les trois couleurs

Créé par le 14 juil 2016 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin

Selon Raoul Girardet, la version la plus communément admise fait naître l’emblême tricolore le 17 juillet 1789. Trois jours après « la prise de la Bastille », Louis XVI, reçu à Paris, à l’Hôtel de ville, par son maire, Bailly, aurait, à la demande de ce dernier,  coiffé son chapeau habillé d’un ruban bleu et rouge – couleurs de Paris – aux cotés de la cocarde blanche. 

L’emblême aux trois couleurs serait apparue quelques jours plus tôt. Le commandant de la nouvelle garde nationale, La Fayette, aurait uni le blanc de l’uniforme des gardes françaises, ralliées au mouvement insurectionnel, au bleu et au rouge de la milice parisienne.

Le blanc n’était pas la couleur royale mais celle de la marque distinctive du commandement militaire : la cornette blanche.

La nouvelle cocarde pouvait légitimement apparaître comme un symbole d’alliance et de concorde. « Tout se passe en somme comme si, dans ce moment décisif de l’histoire de l’idée de nation, celle-ci exigeait une représentation visuelle, un signe tangible d’identité et de reconnaissance ».

Un décret du 15 février 1794 précise que « le pavillon national sera formé de trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales, posées verticalement de manière que le bleu soit attaché à la gauche du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs ».

Après l’arrestation du souverain, le drapeau blanc trouva sa place à la tête de l’insurrection vendéenne et des volontaires de l’armée des princes.

C’est en 1830, à la chute de Charles X, que la nouveau roi, Louis Philippe, décrète à nouveau : « La nation reprend ses couleurs. Il ne sera plus porté d’autre cocarde que la cocarde tricolore ». Eugène Pottier, le futur auteur de l’Internationale, chante la résurrection du  » drapeau de la Liberté ».

En 1848, le 25 février, le drapeau rouge flotte au dessus de l’Hôtel de ville parisien. mais Lamartine s’opposa de toutes ses forces , avec succès, à ce que l’on changeât le drapeau tricolore.

Sous la commune de Paris, le drapeau rouge fut à nouveau hissé sur le fronton de l’Hôtel de ville.

En 1873, le comte de Chambord échoua pour avoir conditionné son retour au rétablissement du drapeau blanc. Cette exigence était devenue insoutenable, même pour l’extrême droite de l’époque.

Sous la III° République, le drapeau tricolore redevenait celui de la réconciliation entre la fidélité à 1789, « face aux ultimes tentatives des tenants du droit divin », et aux principes de stabilité, d’équilibre et de continuité.

Les socialistes, sous l’influence de Jean Jaurès, ont adopté les symboles de la République, repris par le Front Populaire.

Les résistants et les forces politiques de la Libération devaient manifester le plus grand attachement à ces symboles, renouant avec le patriotisme républicain.

Depuis les années 1980, avec la montée du FN, d’aucuns rechignent à exalter les vertus du patriotisme républicain, laissant le terrain à Le Pen et à ses émules. Quel abandon!

Loin d’être une idée saugrenue, la défense des symboles républicains constitue une pièce importante d’un dispositif de reconquête de l’identité républicaine qui appartient au Peuple français.

Xavier DUMOULIN d’après Raoul Girardet dans  » Les lieux de mémoire », Quarto Gallimard, 1997.

La Marseillaise et autres articles ayant trait à La Marseillaise et à la Révolution déja publiés sur ce blog

Les paroles et le lien vers des chants révolutionnaires 

1er couplet

Allons enfants de la Patrie, Le jour de gloire est arrivé ! Contre nous de la tyrannie, L’étendard sanglant est levé, (bis) Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans vos bras Egorger vos fils et vos compagnes !

Refrain

Aux armes, citoyens, Formez vos bataillons, Marchons, marchons ! Qu’un sang impur Abreuve nos sillons !

2

Que veut cette horde d’esclaves, De traîtres, de rois conjurés ? Pour qui ces ignobles entraves, Ces fers dès longtemps préparés ? (bis) Français, pour nous, ah ! quel outrage Quels transports il doit exciter ! C’est nous qu’on ose méditer De rendre à l’antique esclavage !

3

Quoi ! des cohortes étrangères Feraient la loi dans nos foyers ! Quoi ! ces phalanges mercenaires Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis) Grand Dieu ! par des mains enchaînées Nos fronts sous le joug se ploieraient De vils despotes deviendraient Les maîtres de nos destinées !

4

Tremblez, tyrans et vous perfides L’opprobre de tous les partis, Tremblez ! vos projets parricides Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis) Tout est soldat pour vous combattre, S’ils tombent, nos jeunes héros, La terre en produit de nouveaux, Contre vous tout prêts à se battre !

5

Français, en guerriers magnanimes, Portez ou retenez vos coups ! Epargnez ces tristes victimes, A regret s’armant contre nous. (bis) Mais ces despotes sanguinaires, Mais ces complices de Bouillé, Tous ces tigres qui, sans pitié, Déchirent le sein de leur mère !

6

Amour sacré de la Patrie, Conduis, soutiens nos bras vengeurs Liberté, Liberté chérie, Combats avec tes défenseurs ! (bis) Sous nos drapeaux que la victoire Accoure à tes mâles accents, Que tes ennemis expirants Voient ton triomphe et notre gloire !

7

Nous entrerons dans la carrière Quand nos aînés n’y seront plus, Nous y trouverons leur poussière Et la trace de leurs vertus (bis) Bien moins jaloux de leur survivre Que de partager leur cercueil, Nous aurons le sublime orgueil De les venger ou de les suivre

 Extrait d’un billet d’humeur en réplique à Monsieur Finkielkraut

 Quant à Jaurès, …, le philosophe a lancé : «Que la gauche le lise au lieu de se l’approprier !».

L’intellectuel a fait preuve ce matin d’une attitude quelque peu arrogante envers les hommes et les femmes de gauche (c’était durant la campagne électorale des présidentielles en 2007 NDLR). Je l’ai entendu dire que si nous avions lu l’histoire socialiste de la Révolution française, nous saurions que Jaurès défendait Louis XVI. Autrement dit nous sommes des ignorants et nous n’avons aucune référence! Or Jean Jaurès a justement écrit cette histoire – qui fut publiée sous forme de fasicules à livraison périodique à partir de 1900 – pour instruire le peuple français de sa propre origine révolutionnaire. Cette histoire devint en réalité une somme monumentale, objet de la considération des plus grands historiens du XX° siècle (Aulard, Mathiez, Lefebvre et Soboul). Elle a été réeditée aux éditions sociales à partir de 1983 pour préparer le bicentenaire de la Révolution et comporte six fasicules. La belle préface d’Ernest Labrousse commence ainsi : « Le socialisme français est un socialisme républicain. Républicain dans ses origines, dans ses réflexes, dans ses attitudes historiques, dans son implantation territoriale. Républicain au plus lointain et au plus profond de lui-même, au plus profond de son histoire et de sa géographie politique. » Cette  préface invite à la lecture de ces pages écrites « d’une plume magnifique, inspirée et attentive, éloignée de tout pédantisme ». Elle répond par avance aux objections de Finkielkraut. Jaurès concilie le matérialisme de Marx et le mysticisme de Michelet. Il insère les évènements dans l’histoire de la luttes des classes; Quant au roi, il ne cesse de montrer son double jeu avec force description et en s’appuyant sur des faits et des correspondances; Monsieur Finkielkraut voulait sans doute parler d’un passage de l’oeuvre « Ce qu’aurait pu être le procès du roi » dans lequel Jaurès écrit  : « Que de choses pourtant il (le roi) aurait pu opposer à ses juges… »Et Jaurès d’imaginer le roi se situant du point de vue de la Révolution et faisant valoir les pesanteurs historiques en moyens de défense. Mais conclut Jaurès « ce qui le condamne le plus, c’est qu’il n’ait fait aucun effort pour entrer dans cet ordre de pensée ; il en était empêché par la persistance du préjugé royal ; il en était empêché surtout par le poids secret de ses trahisons. Car il ne s’était pas efforcé seulement de modérer la Révolution : il avait appelé l’étranger pour la détruire. » Voilà ce que j’aurais aimé répondre à Monsieur Finkielkraut. Quand on attaque l’âme du socialisme il faut répondre avec son esprit, celui de Jaurès. Et si nous le lisons et intégrons dans nos pratiques sa conception socialiste et républicaine, ils ne pourront jamais se l’approprier pour le vider de sa substance et  liquider son héritage.

Xavier DUMOULIN

 

Archives audiovisuelles sur la Déclaration des Droits de l’Homme – Institut national de l’audiovisuel http://www.ina.fr/voir_revoir/droits_homme/index.fr.html La rubrique « histoire et société » du site de l’INA consacre une page à la déclaration universelle des droits de l’homme.

14 juillet 2016 : Des symboles pour éveiller et élever la conscience républicaine

Créé par le 14 juil 2016 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin

Les fêtes civiques nationales  participent du rituel républicain institué à la fin du XIX° siècle avec en premieu lieu ce choix du 14 juillet, toujours chargé de sens. Adoptée par les députés républicains en 1880, la commémoration du 14 juillet correspond aux idéaux de la jeune république qui affiche sa filiation révolutionnaire. Non pas avec celle de 1830, trop connotée d’orléanisme ou de 1848, lyrique mais éphémère, après la disqualification de l’idée d’une célébration du 4-Septembre 1870 ou du 18-Mars 1871, proclamation de la République et de la Commune.

La référence à la grande Révolution de 1789 s’imposa donc mais le choix de la date souleva aussi bien des interrogations. Dans la chronologie révolutionnaire, l’ouverture des états généraux, le 5 mai, le serment du Jeu de Paume prêté par le Tiers Etat le 20 juin,  la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen le 26 août et les journées des 5 et 6 octobre qui ramenèrent le Roi aux Tuileries, pour ne prendre que l’anné 89, offraient bien des références. Elles souffraient néanmoins de critiques rédhibitoires, au même titre que celles du renversement  de la monarchie, le 10 août 1792, de la bataille de Valmy les 20 et 21 septembre 1792 et de la proclamation de la République à l’unanimité de la Convention, ce même 21 septembre. Le 14 juillet fit consensus et l’emporta sur le choix de  la nuit du 4 août, date symbolique de la double abolition de la féodalité et des privilèges. Cette date bicéphale célèbre tout à la fois la prise de la Bastille et la fête de la Fédération, ralliant ainsi jacobins et modérés. Mais le 14 juillet 1789 constitue la vraie référence des républicains : celle de l’émergence du Peuple dans l’espace national, saluée par cet anniversaire.

Tout à la fois recherche de l’esprit public, vantée jadis par Condorcet, et exercice pédagogique, cette commémoration vise surtout à forger le lien politique. Mais aujourd’hui célébrer ne relève plus de la seule instruction ou institution. Cela engage à la réflexion, conformément à la nature laïque de l’institution des fêtes nationales républicaines dégagées des marques de transcendance religieuse.

XD

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