a3-Civisme, citoyenneté et militance

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Face au risque pandémique, y a-t-il place pour l’éthique et le civisme ?

Créé par le 27 août 2009 | Dans : a-le quartier libre de XD, a3-Civisme, citoyenneté et militance

L’importance des intérêts économiques en jeu dans la pandémie grippale – avec les bénéfices des gagnants, laboratoires et officines pharmaceutiques – et des préjudices pour les populations des pays pauvres mais aussi chez nous des personnes fragiles et, dans une moindre mesure, des publics  (activités scolaires et économiques dans les secteurs du spectacle, du sport et du tourisme) - constitue à peu près la seule certitude. Sujet d’aubaine que cette affaire pour journalistes en panne d’idées et exutoire commode pour des pouvoirs publics impuissants sur d’autres fronts de l’activité économique, du social et de  l’emploi.

Au moment où les spots publicitaires dispensent des messages de bon sens, nul ne peut vraiment prédire l’ampleur de l’épidémie annoncée et déjà à nos portes. Je ne suis ni médecin ni devin mais citoyen et les deux ou trois choses que je sais de cette menace pandémique me semblent bien fragiles quand  des voix d’experts aux thèses contradictoires rivalisent parfois à leur tour d’irrationnalité dissimulant parfois mal quelques mauvaises arrières-pensées.

Sans trop caricaturer, une posture  archaique et primitive s’exprime dans  une attitude irresponsable mêlant fatalisme et passivité. Attendre et voir ! Puisque de toute façon ça doit arriver, à quoi bon s’exciter. L’autre posture, sous-jacente, fondée sous le prétexte du rejet d’un délire collectif, en vient à nier la gravité même du problème : la grippette… et alors ! On a entendu ça récemment.

Une posture plus raisonnable sous tendue par une approche privilégiant la dimension psychologique vise à rassurer, pour conjurer les mouvements de panique et les comportements irrationnels – la « grippette » est contagieuse mais pas létale - et surtout à adapter la « com » aux exigences du moment tant que le pire est devant nous… Soit. Elle reste acceptable lorsqu’elle s’accompagne d’une démarche active de prévention qui épouse l’attitude optimiste qui voudrait encore croire aux comportements rationnels, civiques et éthiques et qui semble prévaloir chez madame la Ministre en charge du dossier. Sensibilisation, information, éducation à la santé, veille sanitaire, préparation des vaccinations, organisation pour la continuité des soins…

Cette stratégie n’ignore pas l’irrésistible ascension d’un virus qui frappe actuellement l’hémisphère Sud. Elle repose d’abord sur une volonté d’évitement de survenue d’un pic brutal qui mettrait à mal soudainement tout le pays. D’où les efforts bandés sur la contention maximale du phénomène, véritable guerre de position pour en garder autant que faire se peut la maîtrise. C’est toute la différence. Pour être efficace sans être forcemment efficiente, cette démarche d’endiguement n’en demeure pas moins incontournable. Sa gestion fait toute sa place aux considérations éthiques dans une période proche où le bénéfice de la vaccination ou du traitement et les restrictions d’accès aux soins pour d’autres pathologies poseront aux décideurs la question du sens. Pour peu qu’il soit encore possible de la poser si le « sauve-qui-peut » devait l’emporter dans la tourmente.

Question éminemment difficile  dans le brouhaha médiatico-politique du moment ! De quoi retrousser les manches et actionner les méninges. Avec, on l’espère, une bonne dose de civisme dans le comportement de tout un chacun !

X D

14 juillet

Créé par le 14 juil 2009 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance

 Des symboles pour éveiller la conscience républicaine

Les fêtes civiques nationales  participent du rituel républicain institué à la fin du XIX° siècle avec en premieu lieu ce choix du 14 juillet, toujours chargé de sens. Adoptée par les députés républicains en 1880, la commémoration du 14 juillet correspond aux idéaux de la jeune république qui affiche sa filiation révolutionnaire. Non pas avec celle de 1830, trop connotée d’orléanisme ou de 1848, lyrique mais éphémère, après la disqualification de l’idée d’une célébration du 4-Septembre 1870 ou du 18-Mars 1871, proclamation de la République et de la Commune.

La référence à la grande Révolution de 1789 s’imposa donc mais le choix de la date souleva aussi bien des interrogations. Dans la chronologie révolutionnaire, l’ouverture des états généraux, le 5 mai, le serment du Jeu de Paume prêté par le Tiers Etat le 20 juin,  la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen le 26 août et les journées des 5 et 6 octobre qui ramenèrent le Roi aux Tuileries, pour ne prendre que l’anné 89, offraient bien des références. Elles souffraient néanmoins de critiques rédhibitoires, au même titre que celles du renversement  de la monarchie, le 10 août 1792, de la bataille de Valmy les 20 et 21 septembre 1792 et de la proclamation de la République à l’unanimité de la Convention, ce même 21 septembre. Le 14 juillet fit consensus et l’emporta sur le choix de  la nuit du 4 août, date symbolique de la double abolition de la féodalité et des privilèges. Cette date bicéphale célèbre tout à la fois la prise de la Bastille et la fête de la Fédération, ralliant ainsi jacobins et modérés. Mais le 14 juillet 1789 constitue la vraie référence des républicains : celle de l’émergence du Peuple dans l’espace national, saluée par cet anniversaire.

Tout à la fois recherche de l’esprit public, vantée jadis par Condorcet, et exercice pédagogique, cette commémoration vise surtout à forger le lien politique. Mais aujourd’hui célébrer ne relève plus de la seule instruction ou institution. Cela engage à la réflexion, conformément à la nature laïque de l’institution des fêtes nationales républicaines dégagées des marques de transcendance religieuse.

Dans cet esprit,  nos amis du mouvement politique d’éducation populaire ( MPEP ) offrent sur leur blog des pertinentes réflexions à partir de cet évènement phare. Sous le titre  » 14 juillet 1789, le peuple devient souverain « , ils développent sept points clés pour comprendre les enjeux du combat politique d’aujourd’hui :

I.- COMPRENDRE LES ORIGINES ET L’INTERET DE LA SOUVERAINETE ; II.- LA SOUVERAINETE NATIONALE ; III.- LA SOUVERAINETE POPULAIRE ; IV.- LA LAÏCITE ; V.- L’ETAT ; VI.- INTERNATIONALISME ET SOUVERAINETES ; VII.- LA QUESTION LINGUISTIQUE .

Je me permets de vous en recommander la lecture tout en saluant cette utile et riche contribution.

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http://www.m-pep.org/

14 JUILLET 1789 : LE PEUPLE DEVIENT SOUVERAIN

 

Le mystère de l’histoire d’un symbole : les trois couleurs

Selon Raoul Girardet, la version la plus communément admise fait naître l’emblême tricolore le 17 juillet 1789. Trois jours après « la prise de la Bastille », Louis XVI, reçu à Paris, à l’Hôtel de ville, par son maire, Bailly, aurait, à la demande de ce dernier,  coiffé son chapeau habillé d’un ruban bleu et rouge – couleurs de Paris – aux cotés de la cocarde blanche. 

L’emblême aux trois couleurs serait apparue, en fait, quelques jours plus tôt. Le commandant de la nouvelle garde nationale, La Fayette, aurait uni le blanc de l’uniforme des gardes françaises, ralliées au mouvement insurectionnel, au bleu et au rouge de la milice parisienne.

Le blanc n’était pas la couleur royale mais celle de la marque distinctive du commandement militaire : la cornette blanche.

La nouvelle cocarde pouvait légitimement apparaître comme un symbole d’alliance et de concorde. « Tout se passe en somme comme si, dans ce moment décisif de l’histoire de l’idée de nation, celle-ci exigeait une représentation visuelle, un signe tangible d’identité et de reconnaissance ».

Un décret du 15 février 1794 précise que « le pavillon national sera formé de trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales, posées verticalement de manière que le bleu soit attaché à la gauche du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs ».

Après l’arrestation du souverain, le drapeau blanc trouva sa place à la tête de l’insurrection vendéenne et des volontaires de l’armée des princes.

C’est en 1830, à la chute de Charles X, que la nouveau roi, Louis Philippe, décrète à nouveau : « La nation reprend ses couleurs. Il ne sera plus porté d’autre cocarde que la cocarde tricolore ». Eugène Pottier, le futur auteur de l’Internationale, chante la résurrection du  » drapeau de la Liberté ».

En 1848, le 25 février, le drapeau rouge flotte au dessus de l’Hôtel de ville parisien. mais Lamartine s’opposa de toutes ses forces , avec succès, à ce que l’on changeât le drapeau tricolore.

Sous la commune de Paris, le drapeau rouge fut à nouveau hissé sur le fronton de l’Hôtel de ville.

En 1873, le comte de Chambord échoua pour avoir conditionné son retour au rétablissement du drapeau blanc. Cette exigence était devenue insoutenable, même pour l’extrême droite de l’époque.

Sous la III° République, le drapeau tricolore redevenait celui de la réconciliation entre la fidélité à 1789, « face aux ultimes tentatives des tenants du droit divin », et aux principes de stabilité, d’équilibre et de continuité.

Les socialistes, sous l’influence de Jean Jaurès, ont adopté les symboles de la République, repris par le Front Populaire.

Les résistants et les forces politiques de la Libération devaient manifester le plus grand attachement à ces symboles, renouant avec le patriotisme républicain.

Depuis les années 1980, avec la montée du FN, d’aucuns rechignent à exalter les vertus du patriotisme républicain, laissant le terrain à Le Pen et à ses émules. Quel abandon!

Loin d’être une idée saugrenue, la défense des symboles républicains constitue une pièce importante d’un dispositif de reconquête de l’identité républicaine qui appartient au Peuple français.

Xavier DUMOULIN d’après Raoul Girardet dans  » Les lieux de mémoire », Quarto Gallimard, 1997.

La Marseillaise et autres articles ayant trait à La Marseillaise et à la Révolution déja publiés sur ce blog

Les paroles et le lien vers des chants révolutionnaires 

1er couplet

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils et vos compagnes !

Refrain

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !

2

Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !

3

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

4

Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

5

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

6

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

7

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre

Verbatim

Posté par sr07 le 26 mar 2007 | Dans : Non classé, Battre campagne Edit This

«La Marseillaise», s’est écriée Ségolène Royale, «c’est le chant de la lutte contre toutes les forces de la tyrannie, c’est le chant du peuple qui s’est levé contre toute les forces de l’Ancien Régime».

Et Bové d’ânonner avec une grotesque suffisance : «Je dirais à Mme Royal que le chauvinisme et le nationalisme n’ont jamais été des valeurs de gauche. Le fait de vanter le « sang impur qui abreuve nos sillons », c’est plutôt attiser les haines que préparer la paix.»

 Albert Soboul fut un des éminents historiens de l’historiographie révolutionnaire. Il écrivit : « Le 26 avril, à Strasbourg, Rouget de Lisle avait lancé son Chant de guerre pour l’armée du Rhin, dont l’ardeur, à la fois nationale et révolutionnaire ne fait aucun doute : dans l’esprit de celui qui l’écrivit, comme de ceux qui le chantèrent, révolution et nation ne se distinguaient pas. Les tyrans et les vils despotes qui méditent de rendre la France à l’antique esclavage sont dénoncés, mais aussi l’aristocratie, les émigrés, cette horde d’esclaves, de traitres, ces parricides, ces complices de Bouillé. La patrie dont l’amour sacré est exalté, à la défense de qui l’on appelle (« Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats… »), c’est celle qui, depuis 1789 s’est faite contre l’aristocratie et la féodalité.

On ne saurait séparer ce qui devint bientôt l’Hymne des Marseillais de son contexte historique : la crise du printemps 1792. Elan national et poussée révolutionnaire furent inséparables ; un conflit de classes sous-tendait et exacerbait le patriotisme. Les aristocrates opposaient le roi à la nation qu’ils méprisaient, ceux de l’intérieur attendaient l’envahisseur avec impatience, les émigrés combattaient dans les rangs ennemis… » ( Histoire de la révolution française de la bastille à la gironde,  p 286, Albert Soboul, idées-Gallimard, 1974)

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Des censeurs en plein contre sens historique

Posté par sr07 le 25 mar 2007 | Dans : Billet du jour de Xavier Dumoulin Edit This

Misère d’une politique de l’invective à la  gauche de la gauche! Nos prétendus esprits révolutionnaires éclairés vont raillant Ségolène Royal à propos des symboles de la France républicaine. Ils ont tout simplement oublié les références de notre histoire nationale.

Le premier dit préférer la musique aux paroles de La Marseillaise qu’il conviendrait donc de modifier. Et d’évoquer les paroles sanguinaires! Il prêche ainsi pour le révisionisme historique en toute sincérité. L’idée, chère à Albert Soboul, d’un Peuple révolutionnaire portant un élan national lui est tout à fait étrangère. Lisons plutôt le grand historien.

« Le 26 avril, à Strasbourg, Rouget de Lisle avait lancé son Chant de guerre pour l’armée du Rhin, dont l’ardeur, à la fois nationale et révolutionnaire ne fait aucun doute : dans l’esprit de celui qui l’écrivit, comme de ceux qui le chantèrent, révolution et nation ne se distinguaient pas. Les tyrans et les vils despotes qui méditent de rendre la France à l’antique esclavage sont dénoncés, mais aussi l’aristocratie, les émigrés, cette horde d’esclaves, de traitres, ces parricides, ces complices de Bouillé. La patrie dont l’amour sacré est exalté, à la défense de qui l’on appelle (« Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats… »), c’est celle qui, depuis 1789 s’est faite contre l’aristocratie et la féodalité.

On ne saurait séparer ce qui devint bientôt l’Hymne des Marseillais de son contexte historique : la crise du printemps 1792. Elan national et poussée révolutionnaire furent inséparables ; un conflit de classes sous-tendait et exacerbait le patriotisme. Les aristocrates opposaient le roi à la nation qu’ils méprisaient, ceux de l’intérieur attendaient l’envahisseur avec impatience, les émigrés combattaient dans les rangs ennemis… » ( Histoire de la révolution française de la bastille à la gironde,  p 286, Albert Soboul, idées-Gallimard, 1974)

Pauvres esprits asphixiés par l’air du temps et prêts à liquider tous les symboles républicains! Quel manque de perspective !  Quel contre sens historique ! Il ne faudrait pas traiter les paroles de La Marseillaise comme du transgénique. Qui disait que seule la vérité est révolutionnaire? Quand nous aurons le temps nous parlerons du drapeau bleu-blanc-rouge qui semble donner des boutons à nos censeurs. Avant de railler, mieux vaudrait ne pas dérailler.

A bon entendeur salut… et fraternité.

Xavier DUMOULIN

Quand Finkielkraut évoque Jaurès…

Posté par sr07 le 07 fév 2007 | Dans : Billet du jour de Xavier Dumoulin Edit This

Alain Finkielkraut a démenti soutenir Nicolas Sarkozy sur France Inter. Tout en jugeant que ce soutien ne serait «pas monstrueux», il a précisé que c’était «faux». Refusant l’étiquette d’intellectuel de gauche comme celle d’intellectuel de droite, il s’est dit favorable «à la continuité de la nation» et a estimé que la gauche était «dans le coma». «Je serais d’accord avec elle pour parler d’un désordre de la mondialisation», a-t-il dit avant de regretter que la gauche ait été «michael moorisée». Quant à Jaurès, revendiqué par Sarkozy, le philosophe a lancé : «Que la gauche le lise au lieu de se l’approprier !».

L’intellectuel a fait preuve ce matin d’une attitude quelque peu arrogante envers les hommes et les femmes de gauche. Je l’ai entendu dire que si nous avions lu l’histoire socialiste de la Révolution française, nous saurions que Jaurès défendait Louis XVI. Autrement dit nous sommes des ignorants et nous n’avons aucune référence! Or Jean Jaurès a justement écrit cette histoire – qui fut publiée sous forme de fasicules à livraison périodique à partir de 1900 – pour instruire le peuple français de sa propre origine révolutionnaire. Cette histoire devint en réalité une somme monumentale, objet de la considération des plus grands historiens du XX° siècle (Aulard, Mathiez, Lefebvre et Soboul). Elle a été réeditée aux éditions sociales à partir de 1983 pour préparer le bicentenaire de la Révolution et comporte six fasicules. La belle préface d’Ernest Labrousse commence ainsi : « Le socialisme français est un socialisme républicain. Républicain dans ses origines, dans ses réflexes, dans ses attitudes historiques, dans son implantation territoriale. Républicain au plus lointain et au plus profond de lui-même, au plus profond de son histoire et de sa géographie politique. » Cette  préface invite à la lecture de ces pages écrites « d’une plume magnifique, inspirée et attentive, éloignée de tout pédantisme ». Elle répond par avance aux objections de Finkielkraut. Jaurès concilie le matérialisme de Marx et le mysticisme de Michelet. Il insère les évènements dans l’histoire de la luttes des classes; Quant au roi, il ne cesse de montrer son double jeu avec force description et en s’appuyant sur des faits et des correspondances; Monsieur Finkielkraut voulait sans doute parler d’un passage de l’oeuvre « Ce qu’aurait pu être le procès du roi » dans lequel Jaurès écrit  : « Que de choses pourtant il (le roi) aurait pu opposer à ses juges… »Et Jaurès d’imaginer le roi se situant du point de vue de la Révolution et faisant valoir les pesanteurs historiques en moyens de défense. Mais conclut Jaurès « ce qui le condamne le plus, c’est qu’il n’ait fait aucun effort pour entrer dans cet ordre de pensée ; il en était empêché par la persistance du préjugé royal ; il en était empêché surtout par le poids secret de ses trahisons. Car il ne s’était pas efforcé seulement de modérer la Révolution : il avait appelé l’étranger pour la détruire. » Voilà ce que j’aurais aimé répondre à Monsieur Finkielkraut. Quand on attaque l’âme du socialisme il faut répondre avec son esprit, celui de Jaurès. Et si nous le lisons et intégrons dans nos pratiques sa conception socialiste et républicaine, ils ne pourront jamais se l’approprier pour le vider de sa substance et  liquider son héritage.

Xavier DUMOULIN

Sites et dossiers sur les symboles de la République et le 14 juillet

Les symboles de la République et le 14 juillet
http://elysee.fr/elysee/francais/les_symboles_de_la_republique/la_marseillaise/la_marseillaise.21106.html
Rubrique du site de la présidence de la République expliquant la portée historique et symbolique de la Marseillaise, le drapeau français, la devise liberté-égalité-fraternité, le sceau, le 14 juillet, la Marianne et le coq.

Archives audiovisuelles sur la Déclaration des Droits de l’Homme – Institut national de l’audiovisuel
http://www.ina.fr/voir_revoir/droits_homme/index.fr.html
La rubrique « histoire et société » du site de l’INA consacre une page à la déclaration universelle des droits de l’homme.

Notre billet de juillet 2009 sur Michel Rocard : L’étrangeté en politique

Créé par le 10 juil 2009 | Dans : a-le quartier libre de XD, a3-Civisme, citoyenneté et militance

L’étrange Michel Rocard titre un quoditien, évoquant les différentes missions confiées par le président Sarkozy à l’ancien Premier ministre. Lequel vient d’accepter sa nomination aux côtés d’un autre ancien Premier ministre, Alain Juppé, à la tête d’une commission chargée de réfléchir au grand emprunt national.

Cet E.T de la politique qui remettra sous peu, au gouvernement, son rapport favorable à l’instauration d’une taxe carbone, n’a pourtant rien d’un petit homme vert. Pour n’avoir, à vrai dire, jamais partagé les conceptions de celui qui se fit le chantre de la société civile contre l’Etat, dans son opposition interne au « socialisme archaïque, étatique et jacobin » des années de conquête précédant l’exercice du pouvoir rose mitterrandien – dont il fut in fine et paradoxalement le principal inspirateur -, je me sens d’autant plus autorisé à reconnaître au personnage une capacité à s’émanciper des pesanteurs conformistes de la vie politique.

Et je rejoindrai presque, sur ce point, l’analyse élogieuse d’un Vincent Duclert, qui, dans son dernier et excellent ouvrage « La gauche devant l’histoire » ( publié aux éditions du Seuil en avril 2009 ) retrace la trajectoire exceptionnelle de cet homme courageux qui démarra son engagement  en enquêtant sur les regroupements opérés par l’armée française en Algérie et sur les conditions de vie dans les camps cause d’une surmortalité effrayante. L’impact de la guerre d’Algérie sur la deuxième gauche fut en effet tout à fait considérable et explique ce divorce durable d’avec la SFIO et le parti socialiste jusqu’aux « assises du socialisme » qui replacèrent Rocard dans le jeu socialiste au détriment du CERES avant l’échec historique de sa candidature à l’élection présidentielle de 1981.

A la différence de Duclert, je ne crois cependant pas qu’un Rocard incarne à lui seul l’héritage d’un socialisme humaniste et pratique. Un inventaire plus précis mériterait de faire une part plus large aux autres parcours jauressiens ou mendésiens. Ce qu’entreprit avec bonheur l’auteur en collaboration avec Christophe Prochasson dans le dictionnaire critique de la République ( nouvelle édition 2007 chez Flammarion ) qui évoque dans son épilogue – « des Républicaines et des Républicains en France »  – quarante figures individuelles qui ont incarné la République ou un moment de son histoire.

L’étrangeté en politique relève sans doute de ces parcours surprenants quant on ne sait pas toujours démêler les véritables facteurs explicatifs d’une trajectoire avec ses filiations et ses ruptures. Chez les hommes au delà de la mêlée, on pourra toujours s’étonner de leur prise de positions quand elles contrarient les conformismes ambiants ou s’exonèrent de la recherche effrénée  d’une notoriété à bon compte. Si l’on veut bien examiner avec lucidité et intelligence les raisons d’agir de quelques grandes figures, on trouvera en elles des traits constants par delà toutes les vicissitudes de la politique : l’incarnation d’une cohérence, d’une posture courageuse souvent singulière et d’une certaine hauteur de vue.

Ce modèle devient hélas une exception en politique, pour ne pas dire une étrangeté !

X D

N.B : Pour une critique de fond de la nouvelle gauche et du rocardisme, lire nos billets sur ce blog. Nous assumons ces écrits, datés, tout en revendiquant le droit à leur auto-critique.

Du gauchisme au centrisme, qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? 

Révolution conservatrice

L’honneur de Jean Pierre Chevènement

Les obscurs desseins de monsieur Rocard : perseverare diabolicum

Clefs pour le ségolisme : une démarche pour un vrai changement

Martine Aubry : Un réformisme moderniste chevillé au corps

Créé par le 25 nov 2008 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance

Energique et volontaire, telle m’apparaît Martine Aubry. A bien des égards, franche et sympathique aussi. Ambitieuse ? Sans doute mais avec du fond ! Cette bosseuse en fit voir, dit-on, à ses collaborateurs successifs ! Son parcours ? Pour ce que j’en sais très droit et marqué d’un delorisme congénital. Elle n’y peut rien. C’est sa filiation naturelle et intellectuelle.

 Un peu « seconde gauche » et transcourant (cf son épisode au sein du club « Témoin »! ), elle a voulu oeuvrer utile, encore jeune énarque, en préparant les lois du député Jean Auroux. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Ce ne sont pas tant ces droits nouveaux votés par un parlement rose qui importent le plus mais peut être leur signification dans la « France socialiste » de l’époque paradoxalement fascinée par le modèle japonais et « les cercles qualité ». Je me souviens de ce temps où nous voulions assumer à gauche cet impossible compromis social avec un patronat pourtant bien campé sur ses positions de classe. Nous osions demander « de nouveaux droits pour les travailleurs » en échange « de nouveaux marchés pour les entrepreneurs ». Ce fut en fait plus de flexibilité pour gagner - disait-on au nom de la politique de l’offre – des parts de marché.

Plus tard, Martine Aubry promut les CES avant d’inventer les Emplois-Jeunes. Mieux que les TUCs lancés bien avant par Laurent Fabius, mais marqués de la même ambivalence. La ministre volontaire n’eut pourtant de cesse de vouloir faire reculer cette précarité alimentée par un néolibéralisme ne rencontrant aucune résistance de la part d’une gauche socialiste pratiquant la fuite en avant dans une Europe du « Grand Marché » toutes voiles ouvertes à la mondialisation capitaliste.

Elle  reprit son combat plus tard sous Jospin avec la CMU, les Emplois-Jeunes et les trente cinq heures qui lui valurent l’animosité conjuguée des bas salaires et de larges secteurs du patronat. En responsabilité dans les services publics de l’emploi et de la santé, j’ai pu, par ailleurs, apprécier professionnellement son oeuvre aux ministères du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité. Bilan d’ensemble mitigé mais qui reste impuissant à prendre à bras le corps les défis du temps présent. Ceux du chômage, du pouvoir d’achat et de la précarité.

Malgré son mauvais caractère notoire, dénoncé par son entourage militant ou professionnel, Martine Aubry reste tout auréolée d’une image de droiture et de dévouement à la chose publique. En dépit des attaques sur sa personne du fait des trente cinq heures, l’ancienne ministre est réputée plus sereine que sa rivale, jugée parfois trop exaltée. Martine, cette battante sait à vrai dire imposer un style volontaire qui plaît à gauche. Réputation surfaite ? Avec Ségolène nul ne disconviendra qu’elles possèdent toutes les deux un sacré tempérament ! Reste à l’employer utilement !

Billet de X D écrit le 2 juin 2008

François Deluga, candidat du rassemblement de la gauche sur la 8° circoncription de la Gironde

Créé par le 06 nov 2008 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance, Battre campagne

J’ai écouté avec beaucoup d’attention le débat qui opposait, ce soir sur France 3, François Deluga, maire du Teich et conseiller régional, au maire UMP d’Arcachon. Ce dernier quelque peu péremptoire et vindicatif procède par affirmation, érigeant en argument d’autorité ses copinages politiques à droite. Le candidat sarkozyste m’est apparu plutôt à court d’idée face au président de la communauté du bassin parfaitement à l’aise sur les dossiers d’une circonscription dont il fut le député.

Nous suivrons avec intérêt cette campagne. Son issue reste importante pour sanctionner l’échec de la droite et promouvoir le projet de la gauche porté par François Deluga au service de la défense des habitants et travailleurs de la circonscription, du Cap Ferret à Bazas, face à la crise.

X D

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