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Le néolibéralisme obsessionnel du président

Créé par le 19 sept 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a4-Le blog citoyen croque la droite

Dans une récente livraison de l’été nous dénoncions la pyromanie présidentielle envers notre modèle social dans un pamphlet intitulé « les feux de l’été du foutriquet ». Au lendemain du discours au Sénat, on peut affirmer que le cauchemar continue. Rien ne sera épargné pour sacrifier aux dogmes néolibéraux qui voient dans la protection sociale la source de tous nos maux.

Siphonner de la sorte les dispositifs sociaux c’est purger notre modèle social avant d’opérer sa mise à mort. Sans tabou, le président évoque d’ailleurs l’assurance individuelle contre le risque dépendance dont on pensait qu’il devait au contraire trouver consécration dans une protection socialisée. Avec les retraites, la santé, l’emploi, il s’agit toujours d’une marche implacable vers la liquidation des dispositifs actuels en prétextant outrageusement que ces réformes assureraient en fait leur survie, ce qui ne semble pas résister à l’analyse lorsque l’on considère les logiques en oeuvre dans la politique gouvernementale.

Le pays a besoin d’une autre direction pour adapter son modèle de protection aux enjeux de la période. La résistance des  citoyens suppose une capacité de riposte unitaire sur des bases offensives. Il appartient à la gauche d’offrir au pays un projet alternatif à l’hégémonie néolibérale dans le strict respect de l’autonomie de réflexion et d’action des forces syndicales qui ont fort à faire avec un pouvoir insolant et totalement décompléxé, au point de rallier sur tous les plans les perspectives du MEDEF.

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Succès diplomatique ou charlatanisme ?

Créé par le 07 août 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a4-Le blog citoyen croque la droite

L’affaire des otages libyens va -t- elle devenir celle du couple présidentiel après les « révélations » de Saïf al-Islam Kadhafi ? Beaucoup de flou entoure encore les conditions supposées ou réelles de l’extradition des infirmières bulgares et du médecin palestinien en Bulgarie. Sauf à faire preuve de grande naïveté, on ne saurait cependant reprocher à la France de défendre des positions commerciales en Libye. On doit même, de notre point de vue, dissocier très clairement les questions sur la nature des transactions (armement, nucléaire civil, santé, etc.) avec un pays souverain tel que la Libye de celles qui encombrent l’heureux dénouement de cette affaire.

Cet empressement excessif du président Sarkozy à transformer en succès diplomatique la visite de son épouse, alimente ainsi le doute sur ce qui pourrait n’être en fait, selon certaines rédactions de la presse française et internationale,  que l’acceptation des termes de l’échange basé sur un odieux chantage. C’est en tous cas la thèse du fils de Kadhafi envers lequel on ne devrait cependant pas prêter plus de crédit qu’aux dénégations du président français. Ceci met gravement en cause, tant d’un point de vue moral que politique, l’action de la France car, force est de constatre qu’un doute profond s’installe dans l’esprit d’une opinion surprise par cette mise en scène d’une Cécilia, glorieuse ambassadrice  des bonnes causes. Bernard Kouchner, ce numéro zéro de la diplomatie française dans cette affaire, éprouve quelques difficultés à justifier l’attitude française devant les parlementaires de l’opposition, hier encore ses proches amis. C’est qu’il boit le calice jusqu’à la lie, le French doctor assoiffé de notorité et mis cependant à l’écart de façon peu élégante, en contradiction avec  les usages diplomatiques jusqu’alors en vigueur.

Dans cette affaire, les méthodes du président pourraient bien ternir l’image de la France et affaiblir à terme nos capacités d’initiatives internationales. Notre opinion, désabusée par cette grimace aux principes diplomatiques, risque même de jeter le bébé avec l’eau du bain. S’il s’avérait en effet que les contrats conclus par des entreprises porteurs d’intérêts français étaient d’une certaine façon viciés par les conditions de leur signature, il y a fort à parier que notre  » patriotisme économique «  en subirait quelque affaiblissement. A force de tout mélanger et de confondre la gloire médiatique éphémère avec la défense des intérêts nationaux, le président Sarkozy pourrait  non seulement salir sa réputation mais entamer celle de la France en Europe et dans le monde. Qui oserait alors encore parler de succès diplomatique ? Quant à savoir si l’on doit fournir le nucléaire à la Libye c’est un autre sujet à part entière.

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Une fois n’est pas coutume ou l’heureuse référence à Tocqueville de Philippe Sollers

Créé par le 04 août 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a4-Le blog citoyen croque la droite

« On peut prédire qu’il ne restera de grandeur intellectuelle que chez ceux qui protesteront contre le gouvernement de leur pays, et qui resteront libres au milieu de la servitude universelle. S’il y apparaît de grands esprits, ce ne sera pas parce que rien ne se fait de grand dans le pays, mais parce qu’il se trouvera des âmes qui conserveront encore l’empreinte de temps meilleurs.«  

Dans un papier plein de drôleries l’écrivain Philippe Sollers moquait, il y a une semaine, dans les colonnes du JDD, l’empereur Sarkozius qui devait inspirer bien plus tard un certain Bonaparte. Extraits : 

 » Le dernier grand coup d’éclat, ce sont les infirmières bulgares. Cécilia est parfaite, Sarkozius a un rêve africain, il ira voir le super humaniste Kadhafi à Tripoli, mais, croyez-moi, Kadhafi, bien fol est qui s’y fie. L’opéra du futur ne s’appellera plus Cosi fan tutte , mais Sarko fa tutto. Bravo (  NDLR : « Ainsi font-elles toutes », en italien est un opéra-bouffe en deux actes, mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart ).
Pendant ce temps-là, le vieux pape Benedictus essaie de rassembler ses troupes. Sarkozius se dit catholique, bien sûr, mais enfin on ne sait jamais. « Le pape ? Combien de divisions ?« , dira plus tard un autre Empereur. Il faut reconnaître que les ouailles de Benedictus sont un peu déboussolées, surtout en France. La plupart pensent qu’elles font désormais partie d’une vaste amicale humanitaire, et Benedictus est obligé de leur rappeler un peu de latin. Scandale dans les sacristies, régression, retour en arrière ! Benedictus tombe dans le fanatisme intégriste, c’est un réactionnaire démasqué. La Gazette de l’Empire n’a pas de mots assez durs pour lui faire la leçon. Mais il y a pire: Benedictus, non content de remettre du latin dans son vin, fait savoir que son Eglise « est la seule et unique Eglise du Christ« . Après les progressistes du monde entier, voilà qu’il se met à dos les protestants et les orthodoxes, et ça fait du monde. » 
 

Bigre ! Avec de tels propos sectaires et de tels coups médiatiques, puisés dans notre récente actualité, on ne ferait pas mieux pour rallumer la voix du Père Duchesne qui s’en prenait à la calotte et vilipendait la reine ! Vite, vite, amis spartakistes et sans-culottes des temps présents, dénonçons le retour du sacre et du goupillon et activons nos liens

http://www.lejdd.fr/cmc/chroniques/200730/le-journal-du mois_42352.html 

pour lire le libelle du libertin Sollers. Il faut avouer que ça crée un sacré  lien, entre libres-penseurs, ces impostures inqualifiables qui nous acculent au blasphème.

Mais, pour ne pas succomber à la tentation de bas amalgames,  tournons nous surtout vers César pour lui rendre ce qui lui revient ; cet ordre nouveau, teinté de communautarisme, qui sacrifie sur l’autel de la République ses propres et sacro-saints principes de Liberté, d’Egalité et de Laïcité dans cette époque consacrant tous les débordements de l’espace privé sur l’espace public : de la nomination, jadis, d’un préfet musulman à la soi-disant diplomatie de la first lady maquillant les transactions des marchands de canons et autres gros intérêts de maquignons. 

Notre illustre président serait bien inspiré de sortir de sa frénésie médiatique et de ne plus emboîter le pas, dans sa fuite en avant, à la dynastie Bush – qui fait toujours le lit de l’intégrisme - . Bien lui ferait, tout au contraire, de  prendre le recul qui sied à sa fonction et de mettre à profit ses très chères vacances, à la façon d’un Tocqueville, ce démocrate de raison, parti étudier, in vivo, la démocratie en Amérique. C’était, il est vrai, à une époque où elle pouvait encore nous éclairer pour nous arracher définitivement à l’Ancien régime…

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 N.B :  » Après le séjour sur le yacht de Bolloré, les week-ends à Brégançon, les deux équipées libyennes de Cécilia Sarkozy constituent une sorte de bande-annonce. Redoutablement efficace. L’image de la «French first lady» en polo saluant les soignants bulgares à leur sortie de l’Airbus siglé «République française» sur le tarmac de Sofia, a fait le tour du monde. C’est l’irruption d’une nouvelle figure sur la scène diplomatique internationale : «Les Sarkozy» , comme le titre la presse. Qu’importe qu’elle n’ait aucun mandat officiel. Nicolas est prêt à tout pour que l’ombrageuse Cécilia incarne avec lui le couple exécutif idéal. »

Lu dans Libé du samedi 4 août 2007 sous le titre de  » Cécilia Sarkozy, une ombrageuse sous les projecteurs « . 

Les feux de l’été du foutriquet : de la fiscalité aux franchises, des fonctionnaires à l’amalgame de tous les fauteurs de troubles …

Créé par le 01 août 2007 | Dans : a4-Le blog citoyen croque la droite, a6-Les colères du dogue patriote

Monsieur Sarkozy a de la suite dans les idées mais il a de bien mauvaises idées. Il croit à son génie et à sa destinée. Vous allez voir ce que vous allez voir, se convainc sans doute ce président agité en pressant son entourage de conduire à pas de jogging son satané programme ! Mesures symboliques et réformes profondes s’enchevêtrent pour signifier à une opinion engourdie et ébahie sa fidélité à son projet de rupture. Enrichissez-vous ! A bas le fiscalisme et dehors la chienlit ! La droite, la vraie, gouverne… et ne fait pas semblant. Et tous les empêcheurs de tourner en rond n’ont qu’à bien se tenir ! Avis aux grèvistes ! Et pas de quartier pour les jeunes récidivistes ou clandestins !

La logique de cette furieuse politique repose sur une vision économique très libérale couplée d’une idéologie néo-conservatrice sur fond de volontarisme et de personnalisation d’un pouvoir hyperconcentré, le tout façon  Second Empire. La cohérence dans tout ça ? Inutile de se prendre la tête. Fichtre ! On fait dans la caricature manichéenne : d’un côté l’ordre, l’initiative, le travail, l’argent, l’effort récompensé ; de l’autre le laxisme, l’assistanat, la bureaucratie envahissante et parasitaire. Les réponses, inspirées de nos déclinologues experts et des franges de l’extrême-droite, ne coulent-elles pas de source ? La soi-disant revalorisation du travail derrière laquelle on masque une politique tout à l’avantage des riches. Pour donner le change N. Sarkozy use de faux-semblants et de longues litanies ;  les exonérations des cotisations sont instituées pour permettre aux salariés de gagner plus, les suppressions de postes dans la fonction publique,  pour mieux payer les fonctionnaires, le bouclier fiscal et l’exonération des droits de succession, pour faire revenir les entrepreneurs… Comment aller à l’encontre de si bonnes intentions quand les repentis et ralliés bien récompensés cautionnent cette politique décomplexée ? Prenez la dernière et généreuse trouvaille annoncée hier dans la capitale du thermalisme ; les franchises sur les soins, destinées à la recherche et à la prise en charge de l’Alzeimer, c’est à dire les malades payant pour les malades. Il fallait y penser. Et, surtout, oser.

Cette ambiance idéologique délétère, jouant sur l’opposition des Français, se répand dans la plus grande confusion des genres. En réalité, d’où vient l’argent facile ? De quelques aides aux plus fragiles, toujours allouées sous conditions sociales peu enviables quand les revenus du travail décrochent par rapport à ceux du capital ?   Ou bien des stock-options, des revenus du capital et de la rente ? Mais qui sont alors  les profiteurs du système quand les bas salaires sont légion et la précarité au travail devient un modèle  à généraliser ? « L’amour aussi est précaire », se plaît à déclamer Laurence Parisot, alors pourquoi pas le travail ? Histoire de hâter, côté patronal, la réforme attendue du contrat de travail. Foutre ! Et ce matin voici la très précieuse Roselyne Bachelot moquant sur les ondes la mesquinerie de ceux qui refuseraient de payer quelques euros de plus pour vaincre l’Alzeimer ! Dans la gêne pas de plaisir : on exonère les riches des droits de succession, on leur offre un bouclier fiscal, on augmente les honoraires des médecins et on voudrait culpabiliser les couches populaires. 

Entendrons-nous bientôt proférer des insultes à l’encontre de la « Gueuse » ? On risquerait alors de ressusciter le Père Duchêne apostrophant ainsi  » Messieurs les foutriquets aristocrates à culottes serrées, à grosses cravates, à petites cocardes…  » auxquels il s’adressait pour s’exclamer menaçant dans sa 26°lettre  » n’agacez pas le dogue patriote « .

Les remèdes de chien de notre docteur Diafoirus, partent d’un diagnostic vicié pour une thérapie de choc qui pourrait bien être fatale. La redistribution à l’envers c’est un manque à gagner considérable avec un effet mécanique sur le niveau d’endettement sauf à tailler dans le vif des dépenses publiques, d’où les suppressions de postes de fonctionnaires par dizaines de milliers. C’est assurément de l’argent qui va à l’argent et non à la consommation dont on connait l’impact décisif sur la croissance et l’emploi. Les franchises, ce sont des bombes à retardement pour tous ceux qui diffèrent les soins et se trouvent ensuite dans une situation sanitaire aggravée. Ce dispositif n’est-il pas la négation d’une politique de prévention dont on sait l’importance ? En raison d’un prétendu service minimum, c’est la remise en question du droit de grève. Dans tous les domaines, c’est le triomphe d’une réaction contre l’Etat social, la protection des travailleurs et des plus vulnérables.

Le sens caché de cette boulimie de réformes, autant iniques qu’ineptes, mérite d’être dénoncé avec la sévérité qui sied à pareille entreprise de destabilisation économique, sociale et idéologique. Car ça devrait pourtant tomber sous le sens ce non sens au pouvoir d’un pouvoir pourtant chargé de sens. A sens unique, bien sûr. 

  »le dogue patriote »

Quelques vrais enjeux autour de la réforme des institutions

Créé par le 13 juil 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a2-Blog-notes politique de XD, a3-Civisme, citoyenneté et militance, a4-Le blog citoyen croque la droite

Notre régime politique est souvent qualifié fort abusivement de présidentiel par une opinion qui confond la fonction du président de la République, clé de voûte des institutions, avec la nature du régime à proprement parler. Depuis la Constitution de 1958, notre cinquième République a évolué, selon les constitutionnalistes, vers un régime parlementaire rationalisé, devenu, après la réforme de 1962 instituant l’élection du président au suffrage universel direct, présidentialiste ou semi présidentiel.

La différence de nature entre le régime présidentiel et parlementaire tient à la stricte séparation des pouvoirs dans le premier modèle et à leur collaboration dans le second. A l’instar du système américain, le régime présidentiel s’appuie en principe sur un exécutif monocéphale et un parlement qui ne peut mettre en cause la responsabilité politique du président, lequel ne dispose pas du droit de dissolution. Tout autre est le fonctionnement des institutions toujours parlementaires, en théorie, de la V° République reposant sur des mécanismes de censure du gouvernement – et non du président -, après adoption d’une motion par la majorité des députés, avec en contrepoint symétrique, le droit de dissolution de l’Assemblée par le président.

Le parlementarisme rationalisé issu du texte de 1958 a strictement encadré la procédure d’élaboration des textes de loi : prééminence des projets de loi sur les propositions, domaine de compétence limité du législateur, pouvoir restreint des commissions en matière de projets de loi, contrôle de l’ordre du jour par le gouvernement, procédure du vote bloqué combinée parfois avec la mise en jeu de la responsabilité gouvernementale…

L’évolution « présidentialiste » tient à la forte légitimité du président, élu au suffrage universel direct, s’accompagnant d’une prédominance du chef de l’Etat sur le premier ministre en dehors des périodes de cohabitation. L’adoption du quinquennat - conduisant à la juxtaposition des élections, présidentielles et législatives – conforte l’idée de changement de régime.

« Un régime présidentiel à la française » – évoqué dans un récent colloque de la fondation Res Publica - pourrait assurer le retour du Parlement dans ses fonctions législatives et de contrôle de l’exécutif. Le maintien des mécanismes de mise en cause de la responsabilité du gouvernement et du pouvoir de dissolution du chef de l’Etat s’accompagnerait d’une automaticité de remise en jeu du pouvoir en cas de dissociation entre majorité présidentielle et parlementaire. Le peuple souverain trancherait ainsi ce conflit suite à une consultation électorale. Ce modèle innovant mettrait fin aux critères distinctifs traditionnels en introduisant un système hybride équilibré.

La pratique sarkozienne bonapartiste, revient de facto sur le bicéphalisme de l’exécutif pourtant consacré par notre constitution . La logique de cette dérive – qui franchit un degré nouveau avec cette omnipotence décomplexée du chef de l’Etat, véritable Janus absorbant toute la fonction gouvernementale -, ne nous entraîne-t-elle pas vers une dégénérescence du régime ( sauf à penser qu’elle n’est que l’aboutissement d’une pratique de dénégation du chef du gouvernement initiée par le Général et ses successeurs ) ? Le pire en effet serait alors de renforcer le présidentialisme sans garantir une véritable indépendance du Parlement - alors que ce dernier devrait se trouver au contraire conforté dans ses prérogatives de législateur -. Cette tentation illustre l’un des enjeux de la réflexion sur la réforme des institutions qui devrait s’entourer des meilleures compétences dans le cadre d’une méthode de travail irréprochable.

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