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La France trahie !

Créé par le 16 jan 2008 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a4-Le blog citoyen croque la droite, La France trahie

L’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de révision constitutionnelle par 304 voix pour, 77 contre et 95 abstentions en provenance, en grande part, de parlementaires PS. Cela augure mal de l’avenir. Pourtant le vote des 140 députés en faveur de l’amendement communiste, soutenu par Alain Vidalies dans son intervention en séance du 15 janvier ( Cf texte intégral de son allocution ci-dessous ), constituait en soi une bonne nouvelle pour les tenants du respect scrupuleux du parallélisme des formes.

Ce déni de démocratie de la part de M. Sarkozy et de sa majorité parlementaire n’aura donc pas suscité la riposte suffisante de l’opposition quand une fraction de députés incohérents se prête au jeu du président.  S’il n’avait pour dessein que de faciliter l’adoption du traité, cet abandon de souveraineté populaire devrait à présent  inspirer à ces parlementaires de tous bords un lâche soulagement.

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N.B. : L’Assemblée nationale s’étant prononcée mercredi 16 janvier sur le projet de révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité de Lisbonne, il y a tout lieu de craindre à présent cette suite logique :

le 29 janvier, le Sénat se prononcera à son tour sur le projet de révision,

le 4 février, le Congrès (députés et sénateurs) se réunira à Versailles pour rendre la Constitution compatible avec les dispositions du traité de Lisbonne. Tout se jouera à ce moment là car, sauf refus des 2/5 ièmes de parlementaires de voter la révision de la constitution,

l’Assemblée puis le Sénat se prononceront sur la ratification du traité européen les 6 et 7 février.

Selon l’analyse officielle, 95 députés du groupe socialiste ont suivi la consigne de leur dirigeant. Cinq élus socialistes – dont Jean Glavany –, qui ont voté “non” ont dit vouloir la suivre, et évoqué des erreurs dans le vote. Ce qui laisse toutefois 46 députés qui assument leur “non”, auquel avaient continué d’appeler, mardi, Henri Emmanuelli et d’autres adversaires du texte. Parmi eux, Laurent Fabius, Alain Vidalies ou Arnaud Montebourg.

Au tableau d’honneur, voici les députés du peuple qui ont refusé cette violation de la démocratie et qui garderont toute notre confiance pour avoir tenu leurs engagements de campagne (sous réserve d’assumer pleinement leur vote contre le projet de révision constitutionnelle et de le confirmer lors du vote du Congrès).

51 députés PS ont voté contre : MM. Jean Paul Bacquet, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Thierry Carcenac, Bernard Cazeneuve, Jean Paul Chanteguet, Pierre Cohen, Frédéric Cuvillier, Marc Dolez, Jean Pierre Dufau, Jean Louis Dumont, Jean Paul Dupré, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Mme Martine Faure, MM. Michel Françaix, Jean Claude Fruteau, Jean Glavany, Daniel Goldberg, Christian Hutin, Mme Françoise Imbert, MM. Serge Janquin, Régis Juanico, Mmes Marietta Karamanli, Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Jean Yves Le Bouillonnec, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean Claude Leroy, Serge Letchimy, Jean Mallot, Mme Marie Lou Marcel, MM. Philippe Martin, Jean Michel, Arnaud Montebourg, Alain Néri, Christian Paul, Jean Claude Perez, Philippe Plisson, Mmes Marie Line Reynaud, Chantal Robin Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, MM. Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean Michel Villaumé.

21 députés communistes ont voté contre : Mme Marie Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean Pierre Brard, Mme Marie George Buffet, MM. Jean Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean Paul Lecoq, Alfred Marie Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean Claude Sandrier et Michel Vaxès.

3 députés non-inscrits ont voté contre : Mme Véronique Besse, MM. Nicolas Dupont Aignan et François Xavier Villain.

 Assemblée nationale : intervention de Christian Hutin sur le traité de Lisbonne

Christian Hutin est député Apparenté Socialiste, radical, citoyen et divers gauche (12è circonscription du Nord), membre du MRC.

Séance du mardi 15 janvier 2008
Modification de l’article 15 de la Constitution en vue de la ratification du Traité de Lisbonne

M. le Président
La parole est à Monsieur Christian Hutin

M. Christian Hutin
Permettez moi d’abord, Monsieur le Président, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, de recourir nuitamment à une citation latine, comme l’a fait cet après-midi un de nos collègues, certes plus éminent, plus ancien et plus expérimenté. « Primum non nocere », d’abord ne pas nuire, nous recommande le serment d’Hippocrate.
A l’examen, ce texte révèle un certain nombre de nuisances, qu’un parlementaire a l’obligation morale et politique d’éviter, par respect de la démocratie, et même de la République. Personnellement, je ne me reconnais pas le droit, ni même la légitimité, de revenir sur ce que le peuple souverain a décidé.


M. Patrick Roy
Très bien !

M. Christian Hutin
« La souveraineté des citoyens composant la société politique est plus importante que celle de ses représentants » a dit le gaulliste René Capitant, bien avant le référendum du 28 avril 1969.

M. Lionel Luca
Le référendum a eu lieu le dimanche 27 !

M. Christian Hutin
Pardonnez-moi : je suis encore un jeune député novice (Sourires). Le 28 avril, donc, après le rejet du référendum par le peuple français, démission du général. Le 29 mai 2005, rejet par le peuple français d’un autre référendum. Les suites données à ces deux rejets sont, vous en conviendrez, très différentes : d’un côté, une démission, un départ auquel certains trouvent de la grandeur.

M. Lionel Luca
Un départ sans obligation !

M. Christian Hutin
En effet. De l’autre côté, un déni de démocratie. Il y a un gouffre entre ces deux réactions.
Le référendum, c’est une question de confiance posée au peuple français. C’était dans l’esprit de la Ve République : referre rem ad aliquem, s’en remettre au jugement de quelqu’un.
Dans la confiance, il y a l’assurance, qui est une forme de certitude. En l’espèce, l’assurance du peuple souverain qui a décidé n’est pas respectée. Parmi les synonymes de « confiance », on compte aussi « crédulité ». Or, c’est précisément de l’incrédulité que suscite ce qui se passe aujourd’hui dans notre hémicycle. Je souhaite bon courage à tous ceux qui pousseront les citoyens à aller voter, à faire leur devoir civique lors du prochain référendum ! Il va vraiment falloir les bousculer.
« Il faut qu’il existe un Parlement destiné à représenter la politique de la nation, à voter des lois, à contrôler l’exécutif sans se permettre de sortir de son rôle ». Ces mots ont été prononcés par Charles de Gaulle le 4 septembre 1958. Or, ici, nous sortons de notre rôle.

M. Lionel Luca
Il n’y a plus que les socialistes qui citent de Gaulle !

M. Christian Hutin
Je ne suis pas socialiste ! Le Président de la République a cité Jaurès. Je peux le faire aussi : « Toute notre histoire proteste aujourd’hui ». Pour ma part, je le rappelle : Primum non nocere. Le seul député du Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement présent dans l’hémicycle ne votera pas ce projet de loi
(Applaudissements sur les bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine et sur quelques bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche).

Source : Assemblée nationale
Voir la
fiche de Christian Hutin sur le site de l’Assemblée nationale

Proposition de loi constitutionnelle du groupe GDR, relative à l’article 11 de la constitution 

Mardi 15 janvier 2008

Intervention d’Alain Vidalies 

Cette proposition touche doublement à l’actualité, d’une part en raison de l’imminence du débat sur le traité de Lisbonne, d’autre part en raison de la réflexion en cours sur la nécessaire réforme de nos institutions.

Qu’elle soit directement liée au traité de Lisbonne n’a rien de scandaleux. Ce n’est pas la première fois que le Parlement débat d’un projet dont la nécessité est dictée par l’actualité. Et il est difficile de reprocher à un groupe de l’opposition de défendre une proposition de circonstance, quand c’est une pratique à laquelle le Gouvernement recourt systématiquement ! Il y a quelques jours, Madame la ministre, n’avez-vous pas expliqué que votre projet sur la rétention de sûreté était directement inspiré d’un fait divers ?

Sur le contenu, M. Lequiller a répondu à M. Emmanuelli qui regrettait l’abandon des symboles de l’Europe, qu’il ne fallait pas prôner le non au référendum. Mais on n’en est plus au débat entre le oui et le non, c’est le peuple français qui a choisi le non. La question est désormais de savoir quelles conséquences nous en tirons.

Ce sont ceux qui font fi du résultat de 2005 qui ont un débat de retard !

Le traité de Lisbonne est un succédané de celui qu’ont rejeté les peuples français et néerlandais. M. Valéry Giscard d’Estaing, dont chacun connaît l’expertise en la matière, juge lui-même que ce n’est qu’un catalogue illisible d’amendements aux traités précédents qui reprend intégralement, mais dans le désordre, les propositions institutionnelles du traité constitutionnel. Nous voilà rassurés !

Le Président de la République fait une lecture contestable de l’article 89 de la Constitution, qui établit clairement le recours au suffrage populaire comme procédure de droit commun et, dans un deuxième temps seulement, le vote en Congrès comme solution alternative à n’utiliser, dans l’esprit des constituants, que pour des réformes mineures telles que la modification des dates de session parlementaire adoptée en 1963, par exemple.

Cette intention initiale s’est perdue avec le temps. La plupart des réformes constitutionnelles ont fait l’objet d’un vote par le Congrès. Pour autant, s’agissant d’un texte qui reprend les dispositions que le peuple a rejetées il y a moins de deux ans, le recours au référendum va de soi, et le refuser serait un déni de démocratie. Seul le peuple peut défaire ce que le peuple a fait !

Au-delà de son seul exposé des motifs, cette proposition de loi mérite un débat approfondi.

Elle s’inscrit ensuite dans le débat sur la réforme de nos institutions, à l’heure où le comité Balladur rend ses conclusions censées inspirer une future révision constitutionnelle et dont les plus audacieuses, hélas, ne seront pas retenues. Ainsi, elle complète les propositions de ce comité, suggérant l’instauration d’un droit d’initiative populaire à l’article 11. Ce droit, déjà préconisé dans le rapport Vedel de 1993, renforcerait la souveraineté populaire que les constituants de 1958 souhaitaient déjà garantir grâce au référendum, notamment. La dernière révision de l’article 11, en 1995, élargit d’ailleurs le champ du référendum aux questions économiques et sociales.

La présente proposition de loi est une synthèse féconde et indispensable entre démocratie directe et démocratie représentative. Notre Constitution ne prévoit aucune disposition particulière en cas de rejet d’un projet de loi par référendum, qui engage naturellement la responsabilité politique. Ainsi, en 1969, le général de Gaulle a tiré les conséquences du vote des Français.

De même, les Français ayant réprouvé le projet de Constitution en mai 1946, on procéda à l’élection d’une nouvelle Assemblée constituante. Dans l’esprit des fondateurs de nos institutions, le vote du peuple était l’expression directe et irrévocable de la souveraineté nationale. Le vote populaire ne pouvait être contourné par un vote parlementaire. Comment penser que le Parlement, qui tient sa légitimité du peuple, peut contredire celui-ci ? Avec cette proposition de loi, nous écrirons noir sur blanc ce que le bon sens impose déjà : quand le peuple a tranché, la représentation s’incline.

En l’adoptant, nous protègerons l’expression du suffrage populaire. Au-delà du seul traité de Lisbonne, elle évitera tout contournement futur de la volonté du peuple qui, je le répète, peut seul défaire ce qu’il a fait. En préférant la voie parlementaire, vous défiez le peuple. Pire encore, vous cédez à une condition imposée par nos partenaires. Vous dénaturez le rôle du Parlement en l’utilisant pour contourner le peuple. Adoptons cette proposition de loi : elle seule permettra d’éviter de tels errements !

 

Dans le 9-3, MAM se défend de revenir à la « Pol-prox » avec ses UTQ : décryptage

Créé par le 15 jan 2008 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a4-Le blog citoyen croque la droite

A l’occasion de l’annonce de son plan sécurité pour la Seine Saint Denis, MAM lance les unités territoriales de quartier sur les trois sites sensibles  de Saint-Denis, Clichy-Montfermeil et La Courneuve. Malgré des précautions sémantiques, ces UTQ ressemblent comme deux gouttes d’eau à la police de proximité initiée par Jean Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur. On se souvient de l’inqualifiable légèreté avec laquelle Nicolas Sarkozy, flinguant cette heureuse initiative, dénonçait cette police qui « n’est pas là pour organiser des tournois sportifs mais pour arrêter des délinquants ».  Vindicatif, le ministre de l’Intérieur ironisait alors sur cette police devant son créateur Jean-Pierre Havrin, ex-conseiller de Jean-Pierre Chèvènement nommé directeur départemental de sécurité publique en Haute-Garonne après les émeutes explosives de 1999 au Mirail.   »Vous n’êtes pas des travailleurs sociaux » s’était alors exclamé M. Sarkozy. On connait la suite…

S’il faut se réjouir de cette volte-face on doit cependant s’inquiéter des moyens alloués et du caractère isolé de cette timide expérimentation. L’UNSA-Police déplore « la légèreté du dispositif ».  Pour Jean Pierre Havrin, cité aussi dans Libé, «On a perdu cinq ans. Et c’est trois siècles. On est passé de l’état de policier adversaire, bien connu dans la tradition française de Guignol, au rang d’ennemi sur lequel on tire comme à Villiers-le-Bel».

En parlant de « Guignol » …

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Une politique de civilisation ?

Créé par le 01 jan 2008 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a4-Le blog citoyen croque la droite

Dans un irrépressible élan d’hyper-activivisme, notre président « touche à tout » démonte à marche forcée, depuis près de huit mois, toutes les mécaniques d’une société solidaire. Cette fuite en avant insensée rencontre le scepticisme croissant d’une opinion désabusée. Les prix des biens et services de première nécessité s’envolent, le pouvoir d’achat s’érode et la croissance n’est plus qu’un mirage. Il fallait donc pallier ces carences par un verbe assuré pour tenter d’endiguer l’inquiétude montante. Mais l’éloquence du menton et le direct – avec ce débit de paroles significatif de la façon d’être d’un président qui fait mine de maîtriser son message quand il a le regard rivé sur un prompteur -  ne suffisent pas à donner sens et vraissemblance à un  discours d’auto-congratulations mal à propos, au demeurant trop foisonnant . Les voeux du président martelés dans un  » one man show  » de circonstance sacrifient peut être à l’usage. Ils ne répondent nullement aux véritables attentes. Le président peut bien croire à ses propres balivernes quand il se prend les pieds dans le tapis. La plasticité de son discours renvoie à présent à la versatilité du personnage. On ne dirige pas un Etat à coup de  feuilleton médiatique et l’émotion ne saurait détourner l’esprit critique du citoyen avisé.

Entendons nous bien : loin de contester à M. Sarkozy sa place à la tête de l’Etat, nous nous alarmons du fait qu’il mésuse de la fonction présidentielle. Car, à dire vrai,  ces pantalonnades assorties de promesses éjaculatoires prêteraient à sourire si elles n’engageaient pas irrémédiablement notre pays vers le point de non retour : celui d’un alignement consternant vers le monde anglo-saxon, cette nouvelle Rome du néo-conservatisme. Ne s’agit-il pas de cela lorsque M. Sarkozy parle de politique de civilisation en recherchant,  pour l’essentiel, son inspiration dans la boîte à penser des idéologues du choc des civilisations ? Allégeance aux religions dans la fonction présidentielle, remise en cause de la laïcité issue de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, adoption d’un certain communautarisme, affirmation du principe de discrimination positive au détriment de celui d’égalité, atteintes aux libertés publiques,  alignement sur la réalpolitik américaine, diplomatie manichéenne s’accompagnant de menaces d’intervention militaire… le tout sur fond de servitude à l’endroit du capitalisme financier.

Cette tendancieuse et néfaste inspiration en référence implicite à la pensée néo-conservatrice américaine suscite inquiétudes et désapprobations. Pour endiguer cette chute vertigineuse il faut se référer plus que jamais à l’esprit des Lumières. L’universalisme, la force de la raison et le contrat social contre la barbarie rampante ! Nous appelons de nos voeux cette vraie politique de civilisation, chère aux humanistes, aux démocrates et à tous les hommes de bonne volonté.

Vive la « République indivisible, laïque, démocratique et sociale » !

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Ce faste si néfaste…

Créé par le 22 déc 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a4-Le blog citoyen croque la droite

Les pages Rebonds dans Libé accueuillent aujourd’hui deux tribunes dénonçant avec un humour décapant la subversion du politique par la société de spectacle. Evoquant la une de Libé du 19 décembre « Président bling-bling « , Didier Péron taille un portrait de  » la nouvelle espèce sonnante d’homme politique qui conduit désormais la nation « , un tout autre genre que celui d’un Chirac  » un président qui faisait «pschitt» dans les flonflons de son palais élyséen « . Mathieu Lindon salue  » le président bionique « , artiste et transformiste « .  » Un jour il libère les infirmières bulgares, un jour il est à deux doigts de casser la gueule aux pêcheurs, un jour il est à Disneyland, un jour il délivre ses amis les riches d’un coup de paquet fiscal … On dirait un prodige technologique, un président bionique « .

Ce matin sur France inter, Christian Salmon a présenté son livre   » Storytelling «  ( aux éditions La Découverte  » (1) ).  Dénonçant la médiatisation actuelle de la sphère politique, aux antipodes des exigences démocratiques, l’auteur analyse ce phénomène extravagant de sa propre mise en feuilleton par un président qui entend ainsi masquer la réalité d’une entreprise de déconstruction sociale. Le risque est fort de voir la fiction rattrapée par la réalité. Une bonne idée de lecture pour décrypter cet imbécile processus en oeuvre.

La mise en scène du pouvoir vient de loin, comme en témoigne les écrits d’un Norbert Elias sur  » La société de Cour « , mais sa pipolisation (2) constitue en revanche un véritable retournement de communication qui attente à la conception même de la dévolution démocratique du pouvoir.  A vouloir tout exhiber, on peut craindre qu’il y ait beaucoup à cacher. Tout comme l’ombre suppose la lumière, c’est l’envers d’un décor savamment planté. L’étalage des fastes  élyséens veut faire rêver le petit peuple transformé en public infantilisé de conte de fées. A l’audimat ça donne à plein. Mais gare aux retournements.  Le peuple condamné au fast-food doit se serrer la ceinture. Il n’est pas tout à fait dupe. Après le temps des fêtes et des frasques, il pourrait vite faire une indigestion de tant d’étalage de ce faste insolent. Occupé à mille petites histoires, notre premier consul inscrira -t- il son nom dans les fastes de la grande Histoire ?

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(1). Storytelling – La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits ; Christian Salmon ; La Découverte

(2). Aucun contresens n’est possible sur la peopolisation ! Le pouvoir du peuple c’est du  » pipo «  pour les people.

La médiologie revisitée par la néo-com’

Créé par le 21 déc 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a4-Le blog citoyen croque la droite

 Ne connaissant pas grand chose à la médiologie, je suis allé sur le web faire mes courses. Je tire en trois secondes une idée imprécise et passe-partout de ce terme abscons.  » Élucider les mystères et paradoxes de la transmission culturelle – tel est le but de la médiologie. On s’efforce de comprendre comment une rupture dans nos méthodes de transmission et de transport suscite une mutation dans les mentalités et les comportements et, à l’inverse, comment une tradition culturelle suscite, assimile ou modifie une innovation technique.  » C’est bien ça ! J’avais besoin urgemment ( tiens, j’croyais pas qu’c'était dans l’ Littré tellement qu’ça sonne bien ! ) de ce digest pour vous entraîner vers une problématique qui  » s’origine « - comme on dit maintenant dans les colloques -dans l’actualité. Le président Sarko avec ses allures décontractées joue les branchés tout en sacrifiant les principes les plus basiques de la république laïque. Et ça m’agace, vous l’aviez compris ! 

Côté com’, il assure et , d’une certaine façon, ça marche plutôt bien.

Style branché, exhibition de la vie privée avec épisode du type »plus belle la vie », étalage orgiaque  et débauches de lucre avec dîner au Fouquet’s et autres croisières en yacht affrété par quelques milliardaires avant l’été texan… J’t'en fous plein la vue et t’en r’demandes et j’t'en redonne et les caméras sont toujours là au bon moment. Com’ du temps où, encore ministre de l’intérieur, les journalistes étaient conviés à des opération coups de poing transformées pour la circonstance en véritables coups de com’.

Style bon garçon déférent, presqu’enfant de coeur à faire sa cour au pape, flanqué du curé des loubards et de M G ( non, pas monseigneur Gaillot, Max Gallo! Et dire que je les ai tutoyés bien avant lui ces deux là – je dis ça histoire de gonfler le torse moi aussi -). Le chanoine obligé de sa sainteté n’oublie pas de trafiquer son portable pendant la réception. Révérencieux mais pas coincé du tout le monseigneur !

Style j’parle au peuple moi  sur le mode  » descends de là toi voir si tu l’oses et si t’en as …  » devant les manifestants et les ouvriers  pour faire oublier les temps de chien où il s’était interdit de séjour dans certains quartiers pas chics du tout.

Cette débauche de com’ inquiète quelques uns dans l’indifférence générale. Ben voyons, quelle ringardise ces perdants qui veulent pas tourner la page et voudraient nous empêcher de jouir comme il nous plaît ! C’est vrai quoi. C’est bien sympa. On rigole et ça change.

Désarmant pour la critique : dans ce vacarme médiatique, pas de place à la réflexion sur la laïcité, la justice sociale, la démocratie…

Selon les usages de l’époque, je reviens sur la toile à ma médiologie de départ  » un mode original de connaissance, consistant à rapporter un phénomène historique aux médiations, institutionnelles et pratiques, qui l’ont rendu possible. On se conduit en médiologue chaque fois qu’on tire au jour les corrélations unissant un corpus symbolique (une religion, une doctrine, un genre artistique, une discipline, etc.), une forme d’organisation collective (une église, un parti, une école, une académie) et un système technique de communication (saisie, archivage et circulation des traces). Ou, plus simplement, quand on met en ligne un dire, la façon de le dire et qui tient à le redire.  » Ou la la ça d’vient chiant même sur le web vite fait comme ça. Faut arrétêr là. On dépasse les cinq minutes…

Il y aurait place pour une réflexion fouillée sur ces nouveaux ressorts d’un comportement qui trouve à s’exprimer dans la débauche d’un système politico-médiatique complètement vérolé. Mais finalement plus que de néo-com’ n’est-ce point les signes de la montée en puissance des néo-con’s ?

X D

 


 

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