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Assemblée citoyenne à l’initiative de la Fédération des Landes et Pyrénées Atlantiques du MRC : Le PG- le PC- le PRG- le PS- le MRC et l’AGAUREPS-Prométhée réunis, débattent, sur le fond, des politiques pour la croissance et le redressement productif

Créé par le 12 jan 2013 | Dans : AGAUREPS-Prométhée, Fédérations MRC d'Aquitaine, Front de gauche, Gauche anti-libérale, MRC-PS, Parti socialiste

Assemblée citoyenne à l'initiative de la Fédération des Landes et Pyrénées Atlantiques du MRC : Le PG- le PC- le PRG- le PS- le MRC et l'AGAUREPS-Prométhée réunis, débattent, sur le fond, des politiques pour la croissance et le redressement productif dans AGAUREPS-Prométhée assemblee-citoyenne-a-mont-de-marsan-300x225tribune-assemblee-citoyenne-300x225 dans Fédérations MRC d'Aquitaine De gauche à droite sur les 1° et 2° diapositives, Josette Robert, secrétaire nationale du MRC, Florence Delaunay, députée des Landes (PS), Xavier Dumoulin, premier secrétaire MRC Aquitaine et Bruno Moschetto, Maître de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales(HEC) et à l’Université de Paris 1, par ailleurs secrétaire national du MRC aux questions économiquesvue-de-lassemblee-cotoyenne-300x225 dans Front de gauche vuesvue-de-lassemblee-citoyenne-montoise-300x225 dans Gauche anti-libérale de l’assembléeseance-dedicace-bruno-maschetto-300x225 dans MRC-PSséance dédicace du livre de B.Maschetto « Tout savoir – ou presque – sur la face cachée de l’Euro », préface de Jean-Pierre Chevènement

 

Lire l’intervention de Bruno Moschetto lors de l’assemblée citoyenne montoise

DU MYTHE DE LA COMPETITIVITE A LA SORTIE DE L’EURO DANS L’EURO

Tel pourrait être – mes chers camarades – mes chers compagnons – le fil d’Ariane  des réflexions que je souhaiterais développer devant vous. Tout d’abord celles-ci passent par une analyse de la réelle compétitivité à l’irréelle croissance.
Premier point de mon intervention.

DU  MYTHE DE LA COMPETITIVITE

Dans notre environnement européen contemporain  le concept de compétitivité n’est-il pas fondamentalement paradoxal ? La compétitivité qu’est-ce-à dire ? S’agit-il  des ou de la compétitivité ?

Les compétitivités peuvent être sectorielles. Ainsi elles peuvent concerner le secteur agricole, le secteur  automobile, le secteur aéronautique, le secteur hôtelier, le secteur financier. Issues de la productivité c’est-à-dire du rapport entre la production et les moyens mis en œuvre pour l’obtenir, les compétitivités  se mesurent en prix, c’est-à-dire de nos jours en monnaie. Ce grand commensurable selon la formule d’Aristote dans l’Ethique à Nicomaque. Dans un pays déterminé, les taux de compétitivité sectorielles peuvent se compenser et permettre dans les échanges internationaux de bénéficier d’avantages dits comparatifs en fait  compétitifs. Où chacun s’enrichit de ses mutuelles différences. Le fait par exemple que la première de nos grandes  écoles de commerce  caracole en tête depuis plus d’une décennie dans le classement du Financial Times des business schools européennes est un témoignage éclatant d’une compétitivité sectorielle.

Mais la somme des  compétitivités forme un bloc de compétence et elle devient par là globale. Celle là tient compte du prix des produits marchands que ce soient des actifs corporels ou non corporels,  c’est-à-dire le prix des biens et des  services qui dans le combat économique extérieur se réduit au solde de la balance des transactions courantes, alors que seul le déficit de la balance commerciale stigmatise, à tort, les faiblesses compétitives d’une nation.

Mais dans la compétitivité globale,  il y  a aussi celle issue des produits marchands et celle issue des produits non marchands  tels que la protection sociale, les services publics, et plus généralement l’art de vivre. Tout ceci résulte d’un choix démocratique et culturel exercé par chacune des nations. Ainsi, nous déroulons effectivement un tapis rouge à nos amis anglais lorsqu’ils viennent se faire opérer dans les 18 jours de leur arrivée  alors qu’il leur aurait fallu attendre 18 mois dans leur pays avec le risque de passer de vie à trépas !

De nos jours, l’accent est mis dans le couple franco-allemand, sur la seule compétitivité des produits  marchands et qui se traduit par un insolent excédent de la balance commerciale   pour l’Allemagne (150 MD€) et d’un déficit récurrent  pour la France (75 MD€ )La France est ainsi  réputée être à la traine de l’Allemagne . Mais à la réflexion, l’Allemagne ne tire-t-elle pas par cette soi- disant réussite l’ensemble de ses partenaires de l’Europe, dont la France, vers le bas ?
C’est le rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les tendances mondiales de l’emploi en Europe dont les conclusions sont reprises par le Monde du 25 Janvier 2012 – Article qui s’intitule - : « la crise de la zone euro : la faute à Berlin » et qui pose cette impertinente question.

Pour l’OIT les bas salaires outre -Rhin sont une raison majeure de la crise en zone euro « la baisse relative du coût du travail allemand depuis une décennie a mis sous pression la croissance de ses concurrents avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques. En se convertissant à la rigueur dès le milieu des années 90, l’Allemagne a créé au niveau européen les conditions d’un marasme économique prolongé, poursuit le rapport de l’institution onusienne. L’OIT épingle au passage les réformes Schröder qui ont eu  pour effet de réduire les revenus du bas de l’échelle notamment dans les services. Je rappellerai simplement que l’heure de baby sitting se rémunère en Allemagne 4€ contre 8 € en France. Tout ceci correspond à ce que l’on appelle la dévaluation interne qui se fait au détriment du monde du travail.

Nul doute qu’il faut pour l’Europe,  tout sauf de l’austérité, ( Bruno Moschetto –La Tribune – 20 mars 2010)  puisque dans l’équilibre économique ,  les dépenses des uns sont les revenus des autres. La cure de 30 MD€ annoncée par François Hollande  dimanche 9 septembre 2012,  équivaut à 1 ½% de la production intérieure brute (PIB)  et  se traduira immanquablement  par une contraction  mécanique de l’activité,  c’est-à-dire de  la croissance tant désirée et qui le sera encore plus. D’ailleurs Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie,  estime que l’Europe court à sa perte en persistant à mener des politiques d’austérité défendues principalement par l’Allemagne, dans une déclaration télévisée faite  le même dimanche, et  rapportée par le Monde du 11 septembre 2012.

Sans compter qu’à l’instar de la Chine –atelier du monde – l’Allemagne est devenue celui de l’Europe :   puisqu’elle achète des produits à bas coût dans son hinterland : les pays de l’Europe de l’Est , les assemble et les vend aux pays de l’Europe de l’Ouest – essentiellement ceux de la zone euro à pouvoir d’achat plus élevé  et où,  selon la formule de Jacques Sapir, les produits made by Germany remplacent ceux made in Germany.

Ces effets déflationnistes  dévastateurs entrainent  dans l’opinion et les médias  la création  d’une chaine de contrevérités . Celle –ci part du constat de l’analyse de la balance commerciale où il apparaît que les pays vertueux se situent au Nord et par là les non vertueux se situent au Sud ; d’où ceux du Sud doivent s’aligner sur ceux du Nord. Il s’agit là d’un véritable contresens .  Celui-ci est dénoncé par la parabole du jeu de billes de Jacques Rueff aux termes de laquelle les gagnants de billes (de devises)  équivalent billes en matière d’échange internationaux doivent les prêter aux perdants de billes (de devises)sinon il n’y a tout simplement plus de jeu de billes ni de jeu commercialinternational.

Ce contresens est poussé à son paroxysme par le slogan selon lequel l’Allemagne ne veut pas payer pour les pays du Club Med d’ailleurs, il ne s’agit pas de payer mais de prêter. Et s’il n’y a plus de Club Med parce que ces pays  ne disposeraient plus de devises i.e. de billes pour acheter,  il n’y aurait plus d’Allemagne qui, assise sur son tas de billes i.e.  devises  ne pourrait plus vendre ses produits.. Dans le même esprit on peut prétendre  que le Club Med dont la Grèce  a réellement payé pour l’Allemagne du fait de la surévaluation de sa monnaie – l’euro ! Alors comment en sortir ?

D’où les esquisses de solutions. Un autre prix Nobel d’Economie , Paul Krugman dans son dernier livre paru  le 5 septembre 2012, intitulé « Sortez-nous de cette crise ;maintenant »  en évoque trois possibles.   La première l’inflation sur les prix des flux. C’est-à-dire celle qui résulte d’un déséquilibre persistant entre l’offre de produits et la demande de produits sur l’ensemble des marchés de biens et de services.  

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ASSOCIATION POUR LA GAUCHE REPUBLICAINE ET SOCIALE– Prométhée

Créé par le 05 oct 2012 | Dans : AGAUREPS-Prométhée

 

Courriel : agaureps@orange.fr   

Site internet : www.agaureps.org

  

Compte-rendu de la réunion du 04 octobre 2012 à Mont de Marsan

 

1 / La demi-heure de l’actualité : Présentation du livre « L’Ecole du peuple. Pour l’égalité et
l’émancipation
 »

Francis DASPE
présente le livre co-écrit avec François COCQ qui vient de paraître aux éditions Bruno Leprince. Il dresse un rapide panorama des attaques subies par le système éducatif au cours des dernières années (économies budgétaires drastiques, marchandisation, remise en cause de la laïcité, gestion managériale, casse des statuts, conception minimaliste et utilitariste des savoirs etc.),

Le changement de majorité au printemps dernier a apporté une respiration bienvenue à l’institution scolaire. Mais quelques unes des orientations envisagées par le ministre en vue de la future loi d’orientation pour l’éducation posent problème et ne s’inscriront pas en rupture avec les années précédentes (concept libéral d’égalité des chances synonyme de renoncement à l’ambition collective dévolue à l’Ecole de la République, mirages d’une autonomie que l’on voudrait faire croire pouvoir être différente de celle portée par la droite, volonté de promouvoir un socle commun de compétences vecteur pédagogique d’une école à plusieurs vitesses etc.).

Quelques unes des mesures envisagées dans le livre sont débattues : allongement de l’obligation scolaire aussi bien en amont qu’en aval de 3 à 18 ans, allocationexclusive des fonds publics à l’école publique, résorption de la précarité, débat sur les mesures à envisager pour le collège unique, moyens de rétablir impérativement davantage de mixité sociale, maintien des cadres nationaux garants d’une égalité territoriale, systèmes de pré recrutement à même de susciter les vocation et d’élargir les bases sociales du corps enseignant.

Il est souligné d’appréhender de manière globale l’ensemble de ces mesures et de ne pas les couper d’un contexte plus large, ceci afin qu’elles produisent pleinement les effets attendus.

 

2 / Le grand débat : A l’heure du TSCG et du MES : changer l’Europe ouchanger d’Europe ?

            Xavier Dumoulin introduit la question mise en débat en montrant son actualité immédiate. Il détaille les différents dispositifs de chacun de ces deux textes, traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance d’une part, mécanisme européen de stabilité.
Il note leur singularité, nouveau saut qualitatif dans les dérives de la construction européenne, mais les constantes repérables depuis les origines de cette même construction. Prolongées et approfondies par les différentes interventions, trois idées forces sont mises en évidence.

Il s’agit d’un déni démocratique, aussi bien par les modalités d’élaboration, les processus de ratification, l’abandon de la souveraineté budgétaire des Etats par l’instauration d’une seule politique possible dans la lignée du TINA thatchérien, les diktats de la troïka (Commission, BCE, FMI).

Tout cela repose sur des aveuglements idéologiques tragiques. C’est ainsi que les solutions préconisées sont en réalité les causes de la crise (affaiblissement du pouvoir d’achat, précarisation des salariés etc.). Aucune leçon n’est tirés de l’Histoire : les mêmes politiques fondées sur l’austérité, nommées alors politiques déflationnistes, ont été vouées à l’échec dans les années trente et ont conduit à la catastrophe, les dégâts occasionnés par les plans d’ajustement structurel du FMI sont visiblement oubliés. La règle d’or voudrait faire croire que l’on doit gérer les finances publiques en « bon père de famille ». Les non investissements d’aujourd’hui sont en fait les dettes et le chômage de demain.

Ces choix conduisent à des régressions sociales de grande ampleur. La casse des services publics et des systèmes de protection sociale est froidement programmée. Le droit du travail, curieusement perçu comme une rigidité et un obstacle à la compétitivité, est démantelé. Toutes les formes de dumping sont encouragées. Une règle s’établit subrepticement : les pertes sont socialisées, les profits sont privatisés.  L’inégal partage des richesses sera donc cyniquement aggravé

Des Actes plus développés et circonstanciés seront rédigés par Xavier Dumoulin. Ils permettront de retranscrire la grande richesse des débats.

 

Pour l’AGAUREPS-Prométhée, le Secrétaire général, Francis DASPE

Du sarkozysme à la régression antidémocratique : l’AGAUREPS-Prométhée explore les analyses et réflexions de Sami Naïr et Jacques Généreux

Créé par le 04 mai 2012 | Dans : a4-Le blog citoyen croque la droite, AGAUREPS-Prométhée

 

Posté par sr07 le 19 avr 2012 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique, AGAUREPS-Prométhée, Articles de fond Modifier

Quels sont les symptômes de cette régression ? quelle est sa logique ? dans quels champs s’opère -t-elle ?

Pourquoi cette tendance régressive (1) en œuvre depuis les années 70 (2) connaît-elle une soudaine amplification sous N.Sarkozy?

Comment situer dans ce cadre l’actualité politique et sociale et particulièrement

-         l’agression contre une population stigmatisée et désignée en terme ethnique dans une circulaire – j’évoque les Roms- ;

-         l’agression contre le monde du travail au travers la remise en cause du droit à la retraite – puisque contrairement aux dires du gouvernement il s’agit bel et bien d’une attaque frontale, d’une contre-réforme.

Cette régression de la démocratie sociale et des principes républicains resurgit avec l’aggravation de la crise du capitalisme financier mondialisé et sur fond de délitement du lien social.

Les symptômes sont nombreux.

Dans le champ du social : le chômage et la précarité ; les conditions de travail (productivité-flexibilité) ; les bas salaires ; les retraites…

Dans celui de la santé : les difficultés d’accès aux soins avec notamment l’augmentation des charges à reste pour les assurés (3) ; le développement des accidents du travail ( risques psycho-sociaux-organisationnels ) et des maladies professionnelles ; le phénomène sociétal des conduites addictives…

Dans le champ idéologique : entre le néo-libéralisme conservateur et le néoconservatisme libéral.

Le tout sur fond de délitement de la société ( invalidant à présent les références à la sociologie de Durkeim) et de dislocation des économies dans le processus de la globalisation ( au-delà des théories marxistes sur la crise du capitalisme monopoliste d’Etat).

Ce fond là offre un terreau particulièrement fécond au néo-conservatisme de N.Sarkozy.

Je voudrais évoquer à nouveau les deux exemples actuels qui, à mes yeux, restent bien signifiants de cette grande régression :

la remise en cause de la liberté de prendre sa retraite à soixante ans et de jouir d’une retraite décente ;

l’atteinte aux droits de l’homme et à sa dignité dans l’organisation administrative et policière d’une chasse ethnique.

Dans ces deux cas, ne s’agit-il pas de la négation des fondamentaux de notre construction démocratique, républicaine et sociale au nom d’une idéologie néo-conservatrice procédant par amalgame et dogmatisme pour tenter de masquer ses objectifs au service d’étroits intérêts de classe ?

Je poserai l’hypothèse d’une capacité d’alternative républicaine dans une visée d’émancipation sociale. Une capacité d’alternative au phénomène sarkozyste qui doit être préalablement analysé en profondeur. Car on peut aussi s’interroger sur le sarkozysme, cet état d’esprit qui, au delà de sa personne, contaminerait la société française !

A la manière d’un Sami Naïr, – à qui nous empruntons la réflexion qui suit pour vous la livrer toute entière et souvent avec ses mots -, dans sa dénonciation du détournement d’une politique de civilisation (politique présentée lors de vœux présidentiels en début de quinquennat ), on peut aller au-delà de la simple exhibition d’un style pour s’interroger.

De quoi Sarkozy est-il le symptôme ? Comment a-t-il conquis l’hégémonie dans son propre camp ? L’axe des forces économiques, financières et médiatiques qui l’ont porté aux nues, la projection de cette geste dans la Nation, l’adhésion de couches populaires et moyennes en réponse à une attente déçue par d’autres, tout cela constitue le phénomène Sarkozy porté dans un  premier temps par les sondages avec son omniprésidence. Est-ce Berlusconi ? Louis Napoléon Bonaparte ? Pétain ?

Pour le philosophe A.Badiou, Sarkozy est l’incarnation d’un vieux fond pétainiste, un humus réactionnaire rendu possible par le basculement à droite de couches moyennes et populaires écrasées sous la domination du capitalisme moderne.

Pour d’autres, c’est un Berlusconi (vulgarité, goût du tapage, culte de l’argent, mépris des règles du jeu, manipulation de puissants réseaux médiatiques, démagogie populiste, occidentalisme confessionnel conservateur, etc.).

Pour preuve, l’appui indéfectible du vrai Berlusconi dans l’épreuve qui voit la France dénoncée par les institutions de Bruxelles sur le minable et révélateur dossier des Roms fomenté par Hortefeux et le président Sarkozy.

Mais malgré le piteux état de la gauche et le brouillage de ses repères et références, la France n’est pas l’Italie ( avec le blocage de son système partisan – démocratie chrétienne et ex-P.C devenu parti démocrate libéral – faisant de Berlusconi un post Le Pen dont le succès est assuré par la désagrégation stucturelle de ces deux groupes centraux). Le contrôle des médias ne suffit pas à confondre Sarkozy et Berlusconi.

Reste la thèse du bonapartisme (caractérisé par le soutien électoral initial conjugué des couches populaires – certes à présent fortement érodé – et des aristocraties financières françaises mondialisées à l’instar de l’alliance des petits paysans « parcellaires » – cf Marx- et des couches aristocratiques, industrielles et financières ; caporalisation de la presse ; confessionnalisme).

Plus discutable, la comparaison avec les relations  prétendument charismatiques d’un président au-delà des médiations démocratiques. Sarkozy n’est pas à la hauteur de son modèle Napoléon le petit. Mais la posture plébiscitaire et la démagogie laisse place à cette possible inspiration : celle de mettre en place un système de re-légitimation permanent par l’opinion publique, un objectif en échec (après le remaniement gouvernemental de cet automne 2010).

Qu’elle est en fait la signification du sarkozysme ? Plus que le « bling-bling », n’est-ce point un nouveau temps de la politique, un temps désignant l’éclipse de la politique ?

Ce n’est pas un signe superficiel mais l’irruption d’une virtualité qui a tout balayé : culture, différenciation politique, repères identitaires. « Une variété typiquement française du postmodernisme américain », toujours selon Sami Naïr à qui nous empruntons encore l’essentiel de ces propos.

N. Sarkozy est un président conservateur et post moderne qui traduit l’américanisation de la vie politique, après celle du marché, de la culture, des codes vestimentaires, de la chanson…

Une certaine relation aux idées, à la politique, au savoir, à l’histoire, à l’être collectif.

Les idées en elles-mêmes n’ont aucune valeur et ne peuvent concurrencer les ressorts du faire humain, la lutte des intérêts particuliers et le culte de l’argent. Les valeurs, si elles existent, ne peuvent être réalisables dans ce monde. Seules comptent les essences confessionnelles.

Les idées n’auraient d’importance que dans leur utilité fonctionnelle et non pas dans leur vérité intrinsèque. Elles doivent être utilisées dans leur transitivité totale ( il n’y a pas de différence entre les valeurs de droite et de gauche). Ce qui importe c’est l’efficacité ! Il n’y a plus d’enjeux  dans la politique – ça passe ailleurs dans le marché – la politique n’est qu’un enjeu de pouvoir.

Le grand politique sait conquérir la machine, s’y imposer, la conserver. Les moyens priment sur la fin, le paradigme n’est plus dans l’articulation des fins et des moyens mais dans la pure assimilation du pouvoir comme fin en soi.

Cette geste sarkozienne n’épargne pas hélas ses adversaires !

Si les enjeux de valeurs et de civilisation ont disparu c’est qu’il n’y a plus d’histoire : c’est le post modernisme politique d’où l’histoire a disparu – il n’y a que la durée et des évènements.

Le style sarko c’est la victoire conjuguée de Fukuyama et de Huntington résumée par l’écran TF1 (des faits divers) !

Il n’y a pas davantage de social mais du culturel-identitaire. Il y a une platitude de l’histoire : tout bouge mais demeure étale – le chaud des conflits et le froid des consensus se valent parce que le but est le tiède et le mou. Attention à gauche à ne pas glisser dans la société du « care » !

Il n’y a plus de conscience d’un monde différent possible, sinon seulement des techniques élitaires de gestion des attentes et aspirations repérées avec omniscience par les instituts de sondage.

La politique travaille l’opinion, scrute ce qu’elle veut ici et maintenant !

Le sarkozysme la perçoit en coupes symptomales : tel segment sensible à la peine de mort doit avoir de la répression rétroactive pour les crimes sexuels ; tel autre défend le devoir de mémoire, donnons lui la concélébration rituelle ; celui-là trime sans succès et voit fondre son pouvoir d’achat, gorgeons le avec le « travailler plus pour gagner plus » !

Il y en a pour tout le monde. Le dirigeant politique est un héros de l’instant qui invente des coups médiatiques avec toujours une longueur d’avance.

Ca nous ramène aux Roms et à la contre-réforme des retraites. Le sarkozysme c’est l’agrégation des trois familles de la droite : conservatrice, libérale et néo-bonapartiste. Il voudrait rayonner avec cette dernière quand un vote interclassiste a pu réunir sur son nom en 2007 la France d’en haut de la dérégulation et celle du bas, de la boutique et de la petite entreprise, du salariat modeste en quête de sécurisation morale, abusée le temps d’un scrutin présidentiel par un candidat se posant en recours protecteur.

Il s’agit moins d’un bloc hégémonique durable que d’une coalition momentanée dans ce qui définit le sarkozysme agissant.

L’autoritarisme néo-bonapartiste de Sarkozy fonctionne certes sur fond de populisme mais aussi d’une conception de l’action politique : introduire partout la concurrence, la marchandisation, le profit et ce dans tous les domaines (santé, éducation, assurances sociales, retraites, etc.).

Dans ce post-modernisme, sur fond de néo-bonapartisme et de populisme, analysé par Sami Naïr, l’histoire est un processus heurté, conflictuel, où les meilleurs gagnent et où les vaincus ne doivent s’en prendre qu’a eux-mêmes. Car ces derniers ne sont pas victimes de la configuration des rapports sociaux mais d’un état naturel de lutte dans la société auquel ils n’auront pas su s’adapter ;

Que peut la tradition républicaine contre ce post-modernisme qui s’étend aux sociétés européennes parce qu’il résulte des contraintes inhérentes à la construction européenne, vecteur de la globalisation libérale ?

Le sarkozysme a du plomb dans l’aile pour n’avoir su transformer ses illusions dans la réalité quotidienne des gens. Sa trivialité paroxystique reste malgré tout intégrée à la manière d’être de l’homme économique réduit à l’individualisme méthodologique cher à Raymond Boudon. Elle nous met néanmoins au défi de repenser un socialisme néo-moderne défini par Jacques Généreux dans une approche anthropologique et de philosophie politique posant les bases théoriques d’une perspective de vraie politique de civilisation, chère à Edgar Morin et Sami Naïr. C’est toute la question du sens de la modernité de notre formation sociale, la France républicaine, de sa place, de son rôle et de son devenir dans un monde en mutation dominé par le marché.

Une politique de civilisation à l’intérieur du pays commence par une politique de citoyenneté, une politique de laïcité, une politique de solidarité.

A l’échelle internationale c’est un véritable engagement de la France dans une autre construction de l’Europe des peuples qui favoriserait la croissance et l’emploi, c’est une politique qui lutte pour introduire des règles dans le système mondial (réforme du FMI, de l’OMC avec l’introduction de clauses sociales et environnementales dans les transactions de marchandises et d’équipement, une promotion du commerce équitable).

C’est une politique pour un pacte historique avec les peuples du Sud ( modernisation des infrastructures, économie du savoir, création de biens communs universels : eau, mers, sols, agriculture, biens sociaux – santé, éducation, formation-).

Nous voici à présent bien loin des stigmatisations et des régressions sociales et proche du sujet central qui  occupa l’autre partie de cette rencontre du 22 septembre 2010 de l’AGAUREPS-Pométhée : l’éducation nationale bien nommée instruction publique dans le vocabulaire républicain. Un thème lui aussi axé sur l’émancipation sociale et humaine.

 

Eléments de l’intervention de X.D (Mont de Marsan) de l’AGAUREPS- Prométhée lors de la réunion du 22 septembre 2010

Réinventons la démocratie et faisons France

Créé par le 20 avr 2012 | Dans : AGAUREPS-Prométhée

 

A lire sur ce blog citoyen (en cliquant) une sélection d’articles de l’AGAUREPS-Prométhée AGAUREPS-Prométhée ou en allant sur nos liens

 AGAUREPS-Prométhée

Avec nos amis de l’association pour une gauche républicaine et sociale nous nous retrouvons sur l’essentiel.

« Quand les rêves d’une génération tombent en cendres, en arrive une autre pour ranimer la flamme. Cela est bel et bon. Aussi la liesse sera-t-elle du meilleur aloi, place de la Bastille, quand un autre « on a gagné » envahira grands et petits écrans. Un joli mai, en République, cela se fête, après cinq années où la vulgarité friquée nous aura tant fait honte. Le refus de l’humiliation par tous les moyens, légaux y compris, fait partie des droits de l’homme et du citoyen. Un blouson doré de Neuilly dans le fauteuil du général de Gaulle, c’était plus qu’une faute de goût, une atteinte à ce minimum d’estime de soi dont a besoin un républicain du rang pour ne pas baisser les yeux devant son voisin de pallier. » (1)

Ces élections sont, à l’évidence, un temps fort de notre combat citoyen. Il faut donc affirmer à cette occasion nos idées qui viennent de loin. Elles ouvrent la voie d’une véritable alternative.

Dans une perspective d’émancipation culturelle et sociale, chaque citoyen appréciera en conscience  pour qui voter dans la fidélité aux principes et aux combats républicains.

Vive la république sociale!

La rédaction du blog citoyen, socialiste et républicain pour 2012

(1) Régis Debray : Rêverie de gauche, Flammarion , 2012, 10 euros.

 

L’école face au fléau de la marchandisation, par François COCQ, secrétaire national à l’éducation du Parti de Gauche, et Francis DASPE, secrétaire général de l’Agaureps-Prométhée

Créé par le 20 avr 2012 | Dans : AGAUREPS-Prométhée

Point de vue Rubrique « Débats »

LEMONDE.FR | 27.08.10 |

L’offensive néolibérale n’épargne que bien peu de secteurs dans sa volonté de faire passer la plupart des activités humaines sous les fourches caudines de la loi du marché. L’éducation n’y échappe pas : il est vrai qu’elle aiguise les convoitises. Elle recèle en effet les potentialités d’un gigantesque marché mondial. On estime à près de 1 500 milliards d’euros les dépenses annuelles consenties par les Etats, dont les trois quarts environ sont le fait des pays développés.

En bon élève de la classe, la droite française s’échine, réformes après réformes, à démanteler le système public d’éducation pour favoriser son ouverture aux intérêts privés. Les opposants à cette dérive dénoncent une marchandisation de l’école. Si le slogan a fait florès, force est de constater qu’il existe encore des difficultés à faire percevoir à l’opinion publique la réalité concrète d’une politique délibérée de marchandisation du secteur éducatif. De quoi en retourne-t-il réellement ?

La marchandisation de l’éducation s’opère de manière plus facilement reconnaissable aux deux bouts de la scolarité obligatoire, mais aussi de manière davantage insidieuse au cœur même de celle-ci.

En amont, le détricotage de l’école maternelle pour lui substituer progressivement les jardins d’éveil privés en constitue une illustration éclairante : ainsi, suite aux fermetures de classes imposées par le gouvernement, le taux de scolarisation des 2 ans est passé de 35 % à 20 % depuis 2002, et s’est surtout effondré dans les classes populaires chez qui la socialisation et l’éducation en milieu collectif sont pourtant les plus nécessaires. Au-delà de la participation financière qui va être demandée aux familles, la qualité de l’accueil sera revue à la baisse avec une diminution drastique du taux d’encadrement qui va passer de un pour huit à un pour douze et une baisse des exigences en termes de qualification !

En aval, il s’agit de briser le système public des qualifications professionnelles : il devient alors plus aisé de faire des diplômes un produit de consommation ordinaire. Un nombre croissant de formations ne se fait plus que dans des lycées privés, les sections équivalentes de leurs homologues du public étant réduites ou fermées. Il en va de même de la réforme du bac professionnel en trois ans qui favorise de fait la voie de l’apprentissage pour des élèves fragiles lors du choix d’orientation en fin de collège. La logique de l’appel d’offres à laquelle est soumise la formation professionnelle prolonge cette dynamique de privatisation progressive des voies d’accès à la qualification professionnelle.

L’entreprise de marchandisation au cœur de la scolarité obligatoire se ressent d’abord avec les demandes croissantes de participation financière des familles qui font douter au final de la réalité des principes de gratuité et d’égalité. Il faut à cet égard se défier des réponses simplistes et individualistes comme le chèque éducation qui font fi de l’intérêt général et qui au final cautionnent ces politiques. Un second levier réside dans la véritable agression publicitaire permise par la circulaire du 28 mars 2001 dont le nom « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire » se passe de commentaires : parrainage d’initiatives par des entreprises privées, introduction de logos visibles dans le cadre de jeux promotionnels ou de la distribution de matériel. Ces actions permettent bien souvent à des marques de se donner bonne conscience et de se refaire une virginité à moindre frais…, sinon en s’accaparant par la contrainte culturelle de nouveaux marchés. Il est ainsi à regretter qu’en pleine crise financière, quand il faudrait justement gouverner face aux banques, des collectivités locales comme le conseil général socialiste de Seine-Saint-Denis aient succombé aux sirènes marchandes de BNP-Paribas pour mettre en place une fondation qui systématise l’intervention des entreprises dans le financement des projets pédagogiques.

Un cadre propice devait préalablement être mis en place pour permettre cette marchandisation. C’est tout l’objet de la double stratégie de la pénurie et du dénigrement. Pénurie en termes de moyens d’abord, financiers ou humains, afin de légitimer le recours au privé en le favorisant : alors que le nombre de postes offerts aux concours de recrutement des enseignants diminue drastiquement pour le public en 2010, dans le même temps il double dans le privé ! Pénurie en termes de transmission de connaissances avec des savoirs minimalistes et utilitaristes comme en attestent la définition du socle commun au collège, l’évaluation par compétences, la diminution de la place occupée par la philosophie au lycée ou de manière plus symbolique la suppression de l’Histoire et Géographie pour les terminales scientifiques.

La visée, prégnante, ne saurait être minimisée : elle repose sur le concept « d’investissement éducatif ». Au-delà d’un strict minimum qu’il incombe à un service public d’éducation réduit à la portion congrue de transmettre, les libéraux considèrent que l’usager en retirera un bénéfice individuel : l’obtention de connaissances et de diplômes ouvre la voie à un niveau de rémunération plus élevé. Par conséquent, il revient à la famille, et non à la collectivité, de payer ce qui constitue en définitive un investissement pour l’avenir. C’est ainsi qu’il faut comprendre la prolifération des cours particuliers et des entreprises privées de soutien scolaire bénéficiant de surcroît d’avantages fiscaux. Mais c’est aussi un moyen détourné de reproduction de classe, une sélection par l’argent, en permettant à ceux qui possèdent les finances pour cela de compléter la formation commune volontairement rabougrie de leurs enfants.

VISÉE UNIVERSALISTE ET ÉMANCIPATRICE

Le dénigrement ainsi orchestré surfe sur les craintes engendrées par une déstabilisation en règle de l’institution scolaire et devient une méthode systématique. Nous en avons eu un exemple récent avec l’inquiétude des jeunes professeurs néophytes devant l’indigence de la formation désormais dispensée dans le cadre créé par la réforme de la mastérisation. Pour se rassurer avant la prise en responsabilité de classes, certains se rabattent sur des stages de conseil au cours de l’été à 600 euros la semaine ! On pourrait pareillement ajouter les tentatives à peine voilées d’externaliser les tâches des conseillers d’orientation psychologues dont la présence dans les établissements se réduit.

Ces quelques exemples ont la vertu d’illustrer concrètement en quoi consiste une politique de marchandisation de l’éducation. Elle possède des implications quotidiennes dans la vie de tout un chacun, souvent sans qu’une prise de conscience ne s’opère pour percevoir l’injustice flagrante d’une telle situation qu’il serait facile d’infléchir pour peu que la volonté politique soit au rendez-vous. Les leviers sur lesquels agir pour endiguer la marchandisation de l’école sont déjà identifiés. Au niveau national se trouve la révision générale des politiques publiques (la fameuse RGPP) ; à l’échelon européen, la directive « Services » (métamorphose à peine modifiée de la célèbre directive Bolkestein) dont la transposition dans le droit français justifie l’inclusion de la petite enfance dans les activités ouvertes à la concurrence ; dans une perspective mondiale, ces tentatives constituent la déclinaison de la signature en 1994 sous le patronage de l’OMC de l’AGCS (Accord général sur le commerce des services) qui vise à étendre l’ensemble des services à la sphère marchande.

Le secteur de l’éducation, pour conserver sa visée universaliste et émancipatrice, ne peut pas être livré aux intérêts à court terme du marché contradictoires avec la réalisation de l’intérêt général. La mise en application du principe républicain « Fonds publics à école publique », cinquante ans après le serment de Vincennes appelant à l’abrogation de la loi Debré, contribuerait à endiguer la marchandisation de notre système éducatif.

François COCQ, secrétaire national à l’éducation du Parti de Gauche, et Francis DASPE, secrétaire général de l’Agaureps-Prométhée

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