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« Être libre en politique, c’est avoir l’intelligence de son temps » Tribune de Jean-Pierre Chevènement pour l’hebdomadaire « Le Point », parue le 2 mars 2021

Créé par le 20 mar 2021 | Dans : Articles de fond, Blog du Che

« Être libre en politique, c’est avoir l’intelligence de son temps »

Tribune pour l’hebdomadaire « Le Point », parue le 2 mars 2021

Être libre en politique, c’est d’abord savoir « où on habite. » Tel se vit comme « citoyen du monde. » Je me vois, quant à moi, comme citoyen français. Partout chez lui, le premier n’habite nulle part. Je m’inscris pour ma part dans une Histoire, celle de la nation française. Cette appartenance à la France ne m’empêche pas d’appartenir à l’humanité. Au contraire, elle me le permet : c’est à travers la France que je peux prendre mes responsabilités vis-à-vis du monde. Aussitôt entends-je s’élever un cri : « Et l’Europe ? Que faites-vous, là-dedans, de l’Europe ? » Certes, la France fait partie de la grande famille des nations européennes. Mais bien que la construction européenne ait été proposée – par la France justement – comme le moyen de surmonter l’antagonisme franco-allemand, au lendemain des deux guerres mondiales, je sais que le sentiment d’appartenance à l’Europe est encore loin d’atteindre chez les différents peuples européens, la force du sentiment d’appartenance nationale. Or c’est celui-ci qui permet l’exercice de la démocratie, c’est-à-dire l’acceptation provisoire par une minorité du fait majoritaire. À l’ignorer, l’Union européenne s’exposerait à de graves mécomptes. La construction de l’Europe est utile et même nécessaire dans un monde que domine de plus en plus la rivalité des États-Unis et de la Chine, mais la construction de ce « tiers acteur » ne peut se faire que d’une manière très pragmatique. Elle s’effectue dans la réalité de façon quelque peu désordonnée, selon une règle assez éloignée de la démocratie, proche du « consensus implicite ». Lire la suite »

« A Voix nue » avec Jean-Pierre Chevènement

Créé par le 14 juin 2020 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Le Che

« A Voix nue » avec Jean-Pierre Chevènement : une série d’entretiens produite par Gérard Courtois et réalisée par Marie Plaçais. Diffusée du lundi 23 au vendredi 27 mars sur France Culture de 20h à 20h30 et publiée en intégralité sur franceculture.fr.


"Jean-Pierre Chevènement, républicain ombrageux",  une série d'entretiens sur France Culture
« Depuis un demi-siècle, Jean-Pierre Chevènement est l’une des voix et des personnalités les plus singulières de la vie politique française. Allié exigeant de François Mitterrand, il aura été l’un des principaux acteurs de la reconstruction du Parti socialiste et de l’aventure de l’union de la gauche dans les années 1970. Après la victoire de 1981, il sera un ministre entreprenant à la recherche, l’industrie, l’éducation nationale, la défense, enfin l’intérieur. Mais il démissionnera à trois reprises et se présentera à l’élection présidentielle de 2002 pour défendre ses convictions républicaines contre les « renoncements » ou les « impasses » de la gauche au pouvoir, notamment sur la politique européenne.A ses yeux, la force des idées est le moteur de la politique, c’est-à-dire de l’histoire en train de se faire. Faire avancer l’histoire aura été son ambition constante, sans souci des conforts de carrière et sans crainte des marginalités passagères.Episode 1 : Belfort-Paris, en passant par l’Algérie
Jean-Pierre Chevènement évoque son enfance pendant la guerre, sa famille d’instituteurs, ses études brillantes qui le conduisent à Sciences-Po et à l’ENA, puis le choc de la guerre l’Algérie qui marque son passage à l’âge adulte.

 

Episode 2 : Mousquetaire de l’union de la gauche
De l’adhésion au Parti socialiste à la victoire de François Mitterrand en passant par le congrès d’Epinay, Jean-Pierre Chevènement retrace la longue marche de la gauche vers le pouvoir et ses premiers pas ministériels.

 

Episode 3 : Le grand schisme européen
Jean-Pierre Chevènement est homme de convictions : son désaccord est fondamental avec le grand dessein européen de Mitterrand. A ses yeux, cette Europe néolibérale est aux antipodes du projet de la gauche.

 

Episode 4 : Le « miraculé de la République »
Jean-Pierre Chevènement revient au premier plan en 1988 (à la défense) puis en 1997, à l’intérieur dans le gouvernement de gauche plurielle. Un an plus tard, il réchappe miraculeusement d’un accident opératoire. Le dossier corse mettra un terme à son partenariat avec Lionel Jospin.

 

Episode 5 : D’une turbulence l’autre
Candidat à l’élection présidentielle de 2002, Jean-Pierre Chevènement veut faire « turbuler le système » des partis qu’il juge obsolète. Ce big bang dont il a rêvé sans succès, Emmanuel Macron l’a réalisé, quinze ans plus tard. »

 

Plan de sortie de crise CGT/ATTAC/Greenpeace les propositions et les débats (vidéo fête de l’Humanité septembre 2020)

Créé par le 26 mai 2020 | Dans : Articles de fond, Projet politique

https://france.attac.org/IMG/pdf/le_plan_de_sortie_de_crise.pdf

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Raquel Garrido : « Clémentine Autain a ouvert la discussion, alors discutons »

Créé par le 01 juin 2019 | Dans : Articles de fond, Débats autour de la refondation de la gauche

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Entretien de Jean-Pierre Chevènement pour Le Monde, propos recueillis par Sylvia Zappi, 16 février 2019.

Créé par le 19 fév 2019 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Projet politique

"Il faut retrouver l’esprit de la Ve République, le sens de l’intérêt public"

Le Monde : Quel regard portez-vous sur la situation sociale créée par les « gilets jaunes » ? Jean-Pierre Chevènement : C’est une crise française mais aussi européenne. Elle touche tous les pays engagés dans la mondialisation depuis près d’un demi-siècle. Il n’y a pas une nation européenne qui ne soit en crise. En France, celle-ci revêt des caractéristiques originales. Les « gilets jaunes » s’inscrivent dans une tradition de jacquerie, d’émeute populaire. On pourrait évoquer le sans-culotisme. Encore que ce dernier débouchait sur un projet républicain, plus ou moins illuministe, au sens des Lumières, ou égalitariste, au sens du babouvisme. Rien de comparable avec les « gilets jaunes ». Mais nous constatons, à l’aune de cette crise, une fracture sociale, territoriale, démocratique, institutionnelle et européenne qui vient de loin. C’est-à-dire ?

La fracture sociale est l’effet d’une désindustrialisation consentie depuis quarante ans par nos classes dirigeantes : la part de notre industrie dans notre production est passée de plus de 20 % à 10 %. Les classes moyennes inférieures sont socialement les plus touchées, en France comme dans les pays les plus anciennement industrialisés.

Vient ensuite la fracture territoriale : treize trop grandes régions et le relèvement à 15 000 habitants du seuil des intercommunalités. On en est même venu à vouloir élire leurs présidents au suffrage universel ! C’est le meilleur moyen de délégitimer les maires et de saper la commune en tant qu’échelon de base de la démocratie.

A quarante ou cinquante communes, les décisions ne sont plus prises par les maires mais par le directeur général des services !

 
A cela s’ajoute une crise de la démocratie représentative…

Le sentiment que tout est permis et qu’il n’y a plus de règles de vie collective s’est banalisé. Le déclin du civisme ne peut nourrir que l’extrême droite.

La crise est aussi institutionnelle. Le quinquennat a excessivement durci les institutions de la Ve République : les députés, élus dans la foulée de l’élection présidentielle, apparaissent comme les agents du gouvernement et non plus comme les représentants du peuple. Il faudrait revenir sur cette mesure qui, à l’usage, comporte plus de défauts que d’avantages. Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron, cette démocratie corsetée éloigne les citoyens du politique. Lire la suite »

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