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« A Voix nue » avec Jean-Pierre Chevènement

Créé par le 14 juin 2020 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Le Che

« A Voix nue » avec Jean-Pierre Chevènement : une série d’entretiens produite par Gérard Courtois et réalisée par Marie Plaçais. Diffusée du lundi 23 au vendredi 27 mars sur France Culture de 20h à 20h30 et publiée en intégralité sur franceculture.fr.


"Jean-Pierre Chevènement, républicain ombrageux",  une série d'entretiens sur France Culture
« Depuis un demi-siècle, Jean-Pierre Chevènement est l’une des voix et des personnalités les plus singulières de la vie politique française. Allié exigeant de François Mitterrand, il aura été l’un des principaux acteurs de la reconstruction du Parti socialiste et de l’aventure de l’union de la gauche dans les années 1970. Après la victoire de 1981, il sera un ministre entreprenant à la recherche, l’industrie, l’éducation nationale, la défense, enfin l’intérieur. Mais il démissionnera à trois reprises et se présentera à l’élection présidentielle de 2002 pour défendre ses convictions républicaines contre les « renoncements » ou les « impasses » de la gauche au pouvoir, notamment sur la politique européenne.A ses yeux, la force des idées est le moteur de la politique, c’est-à-dire de l’histoire en train de se faire. Faire avancer l’histoire aura été son ambition constante, sans souci des conforts de carrière et sans crainte des marginalités passagères.Episode 1 : Belfort-Paris, en passant par l’Algérie
Jean-Pierre Chevènement évoque son enfance pendant la guerre, sa famille d’instituteurs, ses études brillantes qui le conduisent à Sciences-Po et à l’ENA, puis le choc de la guerre l’Algérie qui marque son passage à l’âge adulte.

 

Episode 2 : Mousquetaire de l’union de la gauche
De l’adhésion au Parti socialiste à la victoire de François Mitterrand en passant par le congrès d’Epinay, Jean-Pierre Chevènement retrace la longue marche de la gauche vers le pouvoir et ses premiers pas ministériels.

 

Episode 3 : Le grand schisme européen
Jean-Pierre Chevènement est homme de convictions : son désaccord est fondamental avec le grand dessein européen de Mitterrand. A ses yeux, cette Europe néolibérale est aux antipodes du projet de la gauche.

 

Episode 4 : Le « miraculé de la République »
Jean-Pierre Chevènement revient au premier plan en 1988 (à la défense) puis en 1997, à l’intérieur dans le gouvernement de gauche plurielle. Un an plus tard, il réchappe miraculeusement d’un accident opératoire. Le dossier corse mettra un terme à son partenariat avec Lionel Jospin.

 

Episode 5 : D’une turbulence l’autre
Candidat à l’élection présidentielle de 2002, Jean-Pierre Chevènement veut faire « turbuler le système » des partis qu’il juge obsolète. Ce big bang dont il a rêvé sans succès, Emmanuel Macron l’a réalisé, quinze ans plus tard. »

 

Plan de sortie de crise CGT/ATTAC/Greenpeace

Créé par le 26 mai 2020 | Dans : Articles de fond, Projet politique

https://france.attac.org/IMG/pdf/le_plan_de_sortie_de_crise.pdf

« Pour les communistes de 1946, les retraités sont des travailleurs comme les autres » Entretien de P Chaillan avec Bernard Friot dans l’Huma du 16janvier

Créé par le 16 jan 2020 | Dans : Articles de fond, Projet politique, Santé-social-logement

Bernard Friot : « Pour les communistes de 1946, les retraités sont des travailleurs comme les autres »

Jeudi, 16 Janvier, 2020

Auteur de Vaincre Macron (la Dispute, 2017) et le Travail, enjeu des retraites (la Dispute, 2019), le ­sociologue et économiste rappelle l’objectif des communistes qui ont bâti le système solidaire et appelle à retrouver cette ambition fondatrice. Entretien.

Bernard Friot Sociologue et économiste

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En quoi la création du système solidaire s’inscrit-elle dans le combat d’émancipation en France de ­dépassement du capitalisme, le communisme ?

Bernard Friot L’organisation capitaliste de la production invente des générations. Les jeunes comme « futurs travailleurs » ont le droit non pas au salaire, mais à des mesures jeunes et à des prêts qui anticipent leur capacité de remboursement quand ils seront insérés. Les actifs entre la fin de phase d’insertion, vers 35 ans, et la retraite sont les seuls « travailleurs » ayant droit au salaire à la qualification et ils cotisent sur celui-ci pour rembourser les prêts ou pour anticiper le chômage ou la retraite. Et les « anciens travailleurs » ont droit non pas au salaire, mais au différé de ce qu’ils ont mis au pot commun. Cette discrimination par l’âge face au travail repose, comme la discrimination par le genre, sur le fait que dans le capitalisme nos personnes sont étrangères au travail productif, dont la définition et l’organisation sont le monopole de la bourgeoisie. Or, si hommes et femmes sont complémentaires pour faire des enfants, si jeunes et vieux sont solidaires dans la famille, tous doivent être identiques face au travail, qu’ils soient homme ou femme, qu’ils aient 18 ou 88 ans. Pour les communistes de 1946, les retraités sont des travailleurs comme les autres. Leur ambition est de généraliser à tous la situation des retraités de la fonction publique : le droit à la poursuite de leur meilleur salaire. C’est le décret de Marcel Paul sur le statut des électriciens et gaziers qui définit la pension comme la poursuite du salaire, c’est la transposition par Ambroise Croizat des règles de la pension de fonction publique dans le régime général.

En quoi cette réforme des retraites est-elle ­capitale pour le pouvoir Macron ?

Bernard Friot La fécondité des initiatives ­communistes de 1946 est telle qu’aujourd’hui, même dénaturé, le droit au salaire continué des retraités est la base du calcul des trois quarts des pensions (240 sur 320 milliards) dans lequel aucun compte n’est tenu des cotisations des intéressés. Au contraire, Macron veut calculer toutes les pensions comme elles le sont aujourd’hui dans l’Agirc-Arrco pour parachever la victoire patronale de mars 1947 contre Croizat. En créant pour les cadres un régime complémentaire par points étendu, contre l’avis de la CGT, à tous les salariés du privé dans les années 1950 (l’Arrco est de 1961), le patronat a remis le salaire dans le carcan de l’emploi et réimposé l’étrangeté du travail productif à nos personnes : un retraité n’a pas droit au salaire, la qualification ne peut pas passer du poste de travail à la personne du travailleur, ce sont les postes qui sont le support du salaire, pas les personnes. On voit d’ailleurs le lien entre l’offensive de Macron contre le droit au salaire des retraités, son refus du droit au salaire des chômeurs et la haine qu’il a de la fonction publique ou des statuts de La Poste, d’EDF ou de la SNCF, dans lesquels le support du salaire est non pas le poste de travail, mais le travailleur lui-même, à travers son grade.

Comment peut-on avoir aujourd’hui la même ambition que le projet d’Ambroise Croizat ?

Bernard Friot On peut y parvenir en proposant un régime général de retraite géré par les seuls travailleurs et qui, à compter de l’âge de 50 ans, assure à tous 100 % de la rémunération nette des six meilleurs mois de travail, pension portée à un plancher qui devrait dépasser 2 000 euros net par mois et limitée par un plafond de 5 000 euros afin de resserrer la hiérarchie des salaires. Et cela en supprimant la condition de durée de la carrière, cette double peine pour les femmes. Ces cinquantenaires enfin titulaires de leur salaire seront par ailleurs dotés d’une protection contre le licenciement afin qu’ils puissent devenir les moteurs de l’appropriation de leur travail par les travailleurs, dans un conflit frontal avec des directions qui sont, dans les services publics comme dans les entreprises, en parfaite servilité vis-à-vis du capital. La réappropriation de leur travail par des salariés qui n’en peuvent plus de supporter des directives avec lesquelles ils sont en désaccord doit devenir le ferment de l’affirmation concrètement vécue qu’ils sont les seuls créateurs de la valeur, et donc qu’ils doivent en décider. Et donc qu’ils doivent devenir propriétaires de l’outil, décideurs de l’investissement.

Mais comment relancer alors ce projet communiste face à la fuite en avant néolibérale du capitalisme mondialisé incarné par BlackRock ?

Bernard Friot Il faut se saisir de tous les conflits pour conquérir des droits permettant de ravir à la bourgeoisie son monopole sur le travail productif, comme je viens de l’évoquer à propos de la retraite. La bourgeoisie n’est maîtresse de l’argent que parce qu’elle est maîtresse du travail. C’est son pouvoir sur le travail qu’il faut lui ravir si on veut lui ravir son pouvoir sur l’argent. Le communisme est un défi anthropologique : passer de la propriété capitaliste d’outils d’exploitation de « l’individu libre » (c’est-à-dire à poil avec la maigre bouée du compte personnel d’activité et de la sécurisation des parcours professionnels) à la propriété communiste d’outils au service de travailleurs habillés, de 18 ans à leur mort, de la reconnaissance de leur capacité à produire, et à diriger la production. Une reconnaissance inscrite dans les droits à la propriété de l’outil, à la décision sur la production, et au salaire, trois droits politiques à attacher à la personne quand elle devient majeure.

Pourquoi le dossier des retraites cristallise-t-il autant les colères et les mouvements sociaux ?

Bernard Friot Il faut alimenter les caisses de grève des cheminots et des salariés de la RATP, et surtout faire comme eux ! Les fonctionnaires, dont le passage aux points dévasterait leur pension, sont mobilisés. Reste à trouver le mot d’ordre fédérateur qui mettra en mouvement le secteur privé, notamment présent par les professions libérales et les gilets jaunes.

Entretien réalisé par Pierre Chaillan

Raquel Garrido : « Clémentine Autain a ouvert la discussion, alors discutons »

Créé par le 01 juin 2019 | Dans : Articles de fond, Débats autour de la refondation de la gauche

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Entretien de Jean-Pierre Chevènement pour Le Monde, propos recueillis par Sylvia Zappi, 16 février 2019.

Créé par le 19 fév 2019 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Projet politique

"Il faut retrouver l’esprit de la Ve République, le sens de l’intérêt public"

Le Monde : Quel regard portez-vous sur la situation sociale créée par les « gilets jaunes » ? Jean-Pierre Chevènement : C’est une crise française mais aussi européenne. Elle touche tous les pays engagés dans la mondialisation depuis près d’un demi-siècle. Il n’y a pas une nation européenne qui ne soit en crise. En France, celle-ci revêt des caractéristiques originales. Les « gilets jaunes » s’inscrivent dans une tradition de jacquerie, d’émeute populaire. On pourrait évoquer le sans-culotisme. Encore que ce dernier débouchait sur un projet républicain, plus ou moins illuministe, au sens des Lumières, ou égalitariste, au sens du babouvisme. Rien de comparable avec les « gilets jaunes ». Mais nous constatons, à l’aune de cette crise, une fracture sociale, territoriale, démocratique, institutionnelle et européenne qui vient de loin. C’est-à-dire ?

La fracture sociale est l’effet d’une désindustrialisation consentie depuis quarante ans par nos classes dirigeantes : la part de notre industrie dans notre production est passée de plus de 20 % à 10 %. Les classes moyennes inférieures sont socialement les plus touchées, en France comme dans les pays les plus anciennement industrialisés.

Vient ensuite la fracture territoriale : treize trop grandes régions et le relèvement à 15 000 habitants du seuil des intercommunalités. On en est même venu à vouloir élire leurs présidents au suffrage universel ! C’est le meilleur moyen de délégitimer les maires et de saper la commune en tant qu’échelon de base de la démocratie.

A quarante ou cinquante communes, les décisions ne sont plus prises par les maires mais par le directeur général des services !

 
A cela s’ajoute une crise de la démocratie représentative…

Le sentiment que tout est permis et qu’il n’y a plus de règles de vie collective s’est banalisé. Le déclin du civisme ne peut nourrir que l’extrême droite.

La crise est aussi institutionnelle. Le quinquennat a excessivement durci les institutions de la Ve République : les députés, élus dans la foulée de l’élection présidentielle, apparaissent comme les agents du gouvernement et non plus comme les représentants du peuple. Il faudrait revenir sur cette mesure qui, à l’usage, comporte plus de défauts que d’avantages. Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron, cette démocratie corsetée éloigne les citoyens du politique. Lire la suite »

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