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Créé par sr07 le 14 jan 2007 | Dans : Articles de fond, Economie
Mais pour qui nous prenez-vous M. Copé ? Le gouvernement que vous représentez oeuvre-t-il dans l’interêt général ou dans celui de vos soi-disantes “classes moyennes”, que vous définissez fort mal. Vous pensez peut-être que nous sommes des moutons mais depuis le 29 mai 2005, vous n’avez toujours pas vu que le MOUTON est NOIR ! Il est vrai que votre camp nous a habitué à être déconnecté de la réalité… Rappelons-nous par exemple Edouard Balladur avouant ne pas connaître le prix du ticket de métro parisien, lui premier ministre de l’Etat français.
En confondant volontairement le salaire mensuel et les revenus du foyer fiscal, le gouvernement espère inquiéter un grand nombre de travailleurs appartenant aux couches moyennes supérieures. Peut-être l’UMP a-t-elle peur que Ségolène Royal, entendue des jeunes et des moins favorisés, soit écoutée des travailleurs plus aisés. Mais, franchement quelle offense faite au Peuple français de penser qu’un amalgame aussi grossier soit recevable.
Par ailleurs, le but politique d’une désignation de la classe moyenne, intégrant pêle-mêle des revenus modestes et des hautes tranches d’imposition (plus de 4000 € mensuel imposable ou 10.000 € pour un couple sans enfant) n’a-t-il pas pour unique but de nier la réalité des classes ? Gommer artificiellement les inégalités de revenus en rassemblant tout le monde au sein d’une même famille n’est-ce point une entreprise idéologique visant à nier la lutte des classes. En intégrant les travailleurs au sein d’une grande classe moyenne on interdit toute tentative d’identification et donc on amoindrit les capacités d’influence du groupe social privé des leviers des moyens de production et du capital.
Il s’agit également d’un merveilleux outil de manipulation. Lorsqu’un gouvernement annonce des baisses d’impôts, tout le monde se réjouit, que l’on économise quelques dizaines d’euros ou plusieurs milliers, et ce qui est paradoxal parfois même les non-imposables se laissent abuser. Cet exemple est-il propre au réflexe de rejet de l’impôt ? Il serait mal venu de se moquer de celui qui, fier d’obtenir le sésame d’entrée dans la grande famille des classes moyennes, se réjouit d’une mesure favorisant davantage les notables de “sa famille” que les siens et ses proches.
Enfin, encore une fois dans cette campagne éléctorale, l’opposition public-privé se fait par le biais des enseignants. Précisons simplement que le salaire brut d’un certifié débutant représentait 2,07 fois le salaire minimum en 1981 contre 1,25 fois en 2006 (source SNES-FSU document US n°641 du 16/09/2006). Au regard de cette évolution, à corréler au pouvoir d’achet des enseignants, il est inadmissible d’annoncer comme l’a fait M. Copé que les enseignants sont, en fin de carrière, l’exemple des hauts salaires évoqués par le parti socialiste. Cette annonce est grotesque. Si le ridicule ne tue pas, il décrédibilise et disqualifie.
Mathieu Dumoulin
Créé par sr07 le 13 jan 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, Articles de fond, Economie
http://www.lexpansion.com/art/0.152924.0.html
F. Hollande, dans la continuité du projet socialiste, propose de réduire les avantages fiscaux accordés aux deux plus hautes tranches de revenus par la réforme Villepin. Cela concerne les salaires bruts dépassant 5000 euros ( 4000 net) soit 200000 personnes, avec un seuil d’application de 10000 euros pour les couples sans enfant. Le ministre du Budget, J.F. Copé s’est aussitôt élevé contre cette proposition avec des arguments très spécieux. M. Copé, dans la grande tradition de la droite réactionnaire veut faire peur. Mais il s’est cassé les dents. En affirmant que la réforme s’adresserait à 1,2 million de foyers fiscaux, il a reçu un démenti des personnels de son ministère. Le syndicat unifié des impôts et le budget ont une approche de 300 à 450000 selon le journal l’expansion qui a commenté ces éléments de débat. En prenant comme exemple de situations visés par la proposition, les professeurs certifiés en fin de carrière ou les conducteurs de TGV, le ministre a reçu d’autres démentis du SNES-FSU et du porte-parole de la SNCF sur l’évaluation des salaires, selon le même journal ( voir l’article ).
Ce débat concerne la gauche qui doit s’attaquer surtout aux revenus spéculatifs. La proposition de J. Chirac de diminuer l’impôt sur les bénéfices des sociétés va dans les sens d’une Europe du dumping fiscal. C’est tout le contraire de l’action que devra mener la gauche au pouvoir pour conjuguer la nécessaire réorientation de l’Europe avec les exigences de justice sociale et fiscale en France.
Xavier DUMOULIN
Créé par sr07 le 13 jan 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a2-Blog-notes politique de XD, Articles de fond, Economie
http://www.lexpansion.com/art/4424.152913.0.html
L’expansion tente un bilan de la politique économique du quinquennat. Ce dernier nous explique E. Heyer a connu une croissance chaotique. Le début du quinquennat est celui de l’explosion de la bulle internet (la net économie sur laquelle spéculaient tant de bons esprits et de boursicoteurs).Très vite, les déficits publics ont à leur tour explosés : de 48,8 Milliards d’euros en 2002 -soit 3,1% du PIB- à 66,6 Milliards en 2003 -soit 4,2% du PIB. Chirac s’entête à vouloir baisser les impôts des plus aisés alors que les besoins de dépenses sociales restent importantes. Le budget n’est pas au service de la relance. La croissance mondiale atteint 5% en 2004. Elle n’est que de 2,3 en France. Quelle erreur de pilotage! Le gouvernement s’est enlisé dans une baisse d’impôts pour les riches qui favorise l’épargne plus que la consommation. Le commerce extérieur s’est également dégradé : +5 Milliards d’excédents en 2002, +26 Milliards de déficits en 2006. La politique de l’euro cher (cher aussi à nos libéraux et surtout cher pour les français qui en paient le prix!) fait ses ravages. Dans un cycle mondial favorable, la France connaît un déficit de 2,2% du PIB fin 2006, une dette qui se réduit. La situation du chômage (8,6% de la population active) n’est pas sans lien avec le traitement social du chômage (plan Borloo) selon Michel Didier. Les radiations de l’ANPE et l’augmentation du nombre de bénéficiares du RMI -du fait notamment du raccourcissement des délais d’indemnisation - minimisent de notre point de vue la portée sociale d’un tel plan.
Ces économistes dressent un constat pour le moins mitigé. On doit surtout regretter la perspective très libérale dans la conduite de la politique économique. Les salariés et les précaires en ont payé le prix fort quand les gouvernements se sont obstinés à sacrifier la croissance pour satisfaire des intérêts étroits ( la fameuse baisse des impôts promise par le candidat Chirac en 2002). La leçon de choses pour le retour de la gauche au pouvoir semble sur ce point avoir été comprise par le premier secrétaire du P.S . Il reste à la gauche beaucoup de chemin à parccourir pour s’émanciper des lieux communs du libéralisme : réorientation complète de l’Europe, politique industrielle, politique des revenus, politique sociale audacieuse etc. C’est un combat que la gauche devra mener au sein de l’Europe – en posant des exigences fortes – et sur le plan national. La politique a de beaux jours devant elle pour faire valoir ces arguments qui ne vont pas dans la pente de l’air du temps.
Xavier DUMOULIN
Créé par sr07 le 06 jan 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, Articles de fond, Battre campagne, Ségolène Royal
Ce sont les trois défis de la campagne pour faire gagner la gauche, toute la gauche. Derrière Ségolène Royal il faut une forte mobilisation des citoyens. Dans les Landes le dispositif de campagne a été présenté hier par Renaud Lagrave, premier secrétaire de la fédération des Landes entouré des responsables locaux du MRC, du PRG, du PS et de parlementaires socialistes. Le comité de campagne déjà bien représenté a beaucoup de travail en perspective. Des débats participatifs pernettront de larges échanges sur la vie chère, le logement, la lutte contre les violences et l’environnement. A partir de la semaine prochaine …
Ces rencontres constitueront la première phase de la campagne : celle de l’écoute et de l’échange.
La gauche doit aller à la rencontre des gens et parler de tout ce qui fait question. Sans tabou, sans arrogance, dans une posture franchement unitaire. On observe beaucoup de réserves de la part de citoyens de différents horizons. Ils ont d’ailleurs raison d’attendre un message fort traduisant leur volonté de créer les conditions d’une véritable alternative en France et d’une réorientation de l’Europe. Ces clarifications, il faut les exprimer en partant des attentes des gens et dans le cadre d’un débat constructif. La sensibilité républicaine qui propose des réponses sur le fond et qui ne s’accommode pas d’une gestion libérale, même dans sa version sociale, doit participer à ce travail militant. Une page a été tournée avec l’accord MRC-PS. Il faut écrire à présent la suite. Pour ma part je réponds présent, sans état d’âme et avec enthousiasme. Le premier secrétaire fédéral du MRC, Jean Marc Célerio, qui participait lui aussi à cette rencontre, le dira avec moi à tous ceux qui se reconnaissent dans les positions de Jean Pierre Chevènement. Mais dès à présent, c’est toute la gauche réunie, qui doit aller vers les gens. Et comme ceux-ci ont de bonnes raisons de s’interroger, nous les écouterons ensemble.
Créé par sr07 le 04 jan 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a2-Blog-notes politique de XD, Articles de fond, Santé-social-logement
Les problèmes du logement expriment une large part de la question sociale. Ils résument la convergence de trois logiques détestables en oeuvre au coeur du système socio-économique néolibéral.
La première, celle de la recherche effrénée du profit par laquelle le capital s’approprie la richesse sociale (déplacement de plus de dix points de la valeur ajoutée en deux décennies au profit des revenus du capital) trouve son ressort dans la précarisation du travail (temps flexible, pression sur les salaires, chômage, etc.). Les travailleurs ainsi précarisés sont en butte à des difficultés énormes d’accès au logement. Avec des revenus instables et trop bas, ils ne trouvent pas grâce auprès des bailleurs et des banquiers. Dans un contexte de mobilité accrue, cette logique ravageuse est responsable de la situation de travailleurs, souvent jeunes, privés de logement ( 30% des SDF).
La seconde logique, celle de la spéculation, est la soeur jumelle de la première. Foncière ou immobilière, cette spéculation chasse du coeur des villes les gens les plus modestes pour promouvoir ou rénover les beaux immeubles des classes supérieures et des maisons-mères des grandes sociétés. Elle éjecte à la périphérie les couches défavorisées, mal logées dans des zones de relégation.
Sous l’effet conjugué de ces courants néfastes, une troisième logique gangrène notre société; celle de la ségrégation. Elle produit une fracture spatiale qui reflète la fracture et la structuration sociale. Les cités ghetto concentrent tous les drames d’une société qui exclut plus qu’elle n’intègre. Cette logique en oeuvre mine notre modèle d’intégration républicain et ouvre la porte au communautarisme.
La question du logement est une dimension intrinsèque de la question sociale plus large. Elle appelle des réponses audacieuses à l’opposé des thérapies libérales voulues par la droite au service du capitalisme financier.
Xavier DUMOULIN