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Vincent Duclert – Jaurès, 1859-1914 la politique et la légende

Créé par le 14 jan 2018 | Dans : Articles de fond, Contre la guerre, Débats autour de la refondation de la gauche, Vive le blog citoyen

 

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« La République n’a pas de concessions à faire à l’ethnicisme » : Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro, samedi 9 décembre 2017, propos recueillis par Alexandre Devecchio.

Créé par le 09 déc 2017 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Projet politique

 A lire aussi sur le blog citoyen

« Une vie violente », un film pédagogique sur la violence terroriste à voir sur le grand écran

Créé par le 18 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin |

une vie violente« Un film incandescent au cœur de la chaudière nationaliste corse » titrait Jacky Goldberg dans sa critique du 23 mai dernier pour les Inrockuptibles à l’occasion de la semaine de la critique 2017. Notre cher critique talentueux compare ce second long métrage de Thierry de Peretti à « une tragédie grecque, avec son héros romantique et fataliste qui fonce droit dans la gueule du loup (pour venger ses copains assassinés), avec ses pythies attablées annonçant la catastrophe (superbe scène), avec enfin son attention extrême portée aux mots, à leur poids, à leur poésie. »
 
En ce moment de tragédies terroristes qui touchent l’Espagne, avec son cortège de victimes à Barcelone et à Cambrils, on est d’autant plus enclin à dénoncer cette violence aveugle qui  frappe sous tous les faux prétextes et, au-delà des victimes et de leurs proches, meurtrissent les cœurs de toutes ces communautés de citoyens solidaires attachées aux valeurs démocratiques et au respect des droits humains les plus élémentaires. Cette Espagne qui a déjà payé un si lourd tribut dans son histoire avant la chute du franquisme et, dans les dernières décennies, notamment la première du siècle, est rattrapée à nouveau par cette peste noire du terrorisme aveugle. A présent au nom de Daesh, hier de Al-Quaida ou de  l’ETA.
 
« Une vie violente » rentre de plein fouet dans cette machination infernale du crime quand la confusion entre militantisme indépendantiste du FLNC et mafia trouve à s’exprimer dans les exécutions sommaires et les règlements de compte avec la lâche complicité d’élus conduisant ce double jeu envers les institutions démocratiques au sein desquelles le poids des indépendantistes fragilise la république.
 
Inspirée de la mort de Nicolas Montigny le réalisateur met en scène Stéphane (Jean Michelangeli ), jeune bastiai qui se livre au traffic des armes dans un engagement au sein d’un mouvement indépendantiste radical se prétendant révolutionnaire de gauche. Avec son groupe d’amis il se trouve embarqué dans une sale logique de vendetta meurtrière que les protagonistes de l’action violente paieront de leur propre vie. « Le film souligne notamment le jeu de dupes dont furent victimes bon nombre d’activistes, exécutant, parfois jusqu’à l’assassinat commandité, les consignes des têtes pensantes, qui jouaient double jeu avec certains représentants de l’Etat central » souligne Mathieu Macheret dans sa critique du Monde du 23 mai.
 
Ce film d’une qualité cinématographique vraiment intéressante et, depuis la semaine passée, diffusé en salle,  mérite d’être vu. Il renvoie aussi au traitement du dossier Corse dans les dernières années du siècle précédent sous la mandature de Lionel Jospin. Ce dernier cédait, sous la pression d’une fraction  des élus insulaires qui avaient l’oreille attentive de son chef de cabinet, à la facilité de l’octroi d’un statut ultra-marin, sous condition de référendum remis à une date ultérieure, dans l’île de beauté. Fort heureusement celui-ci exprima le rejet d’une dérive autonomiste en 2004 grâce à l’action vigoureuse des républicains rangés derrière Emile Zuccarelli, cet ancien ministre démissionnaire de Lionel Jospin du temps de la gauche plurielle. Cette période qui devait conduire Jean-Pierre Chevènement, Ministre de l’Intérieur, à démissionner à son tour dans un conflit houleux entre la place Beauvau et Matignon. Nous sommes juste après le meurtre du préfet Erignac et l’affaire dite des paillotes qui servit de prétexte à la destitution du préfet Bonnet, son successeur. 
 
Le locataire de Matignon oublie alors sa parole et finit par arbitrer au bénéfice des lobbies autonomistes, lâchant sur l’essentiel. Quand le ministre de l’Intérieur souhaitait renforcer le développement de l’île tout en faisant évoluer son statut dans le cadre constitutionnel de la France, le chef du gouvernement de cohabitation octroyait tout de go des compétences législatives à l’assemblée de Corse, négociant ainsi sans préalable d’arrêt des violences en cette période de redoublement criminel qui fait l’arrière plan du film de cette « vie de violence ».
 
 
On retrouvera tous ces éléments sur la politique insulaire dans les écrits de deux protagonistes aux postures opposées. Ceux d’Olivier Schrameck, le chef du cabinet du Premier ministre, inspirateur des accords de renoncements, ratifiés par Jospin, qui pousseront le ministre de l’Intérieur à la démission. Ce dernier livre dans ses ouvrages sa vérité sur ce dossier. Nous recommandons ainsi tout particulièrement deux lectures aux positions totalement opposées sur la gestion du dossier Corse: « Matignon Rive gauche 1997-2001″ (au Seuil octobre 2001) par O.Schrameck et « Défis républicains par Jean-Pierre Chevènement ( chez fayard, 2004);
 
Ces lectures offrent un complément substantiel pour une analyse factuelle par delà l’émotion générée par ce film recommandé d’une qualité esthétique et pédagogique certaine .
  
 
Xavier DUMOULIN
 "La République n'a pas de concessions à faire à l'ethnicisme"
Le Figaro: Les nationalistes corses sont arrivés largement en tête lors du premier tour des élections territoriales sur l’Ile de Beauté. Comment expliquez-vous ce résultat?
Jean-Pierre Chevènement:
Je ne suis nullement surpris par le résultat des élections en Corse. La montée du nationalisme corse est le résultat de démissions successives de tous les gouvernements de droite et de gauche depuis une quarantaine d’années. C’est Valéry Giscard d’Estaing qui a créé l’université de Corte qui est devenue la matrice et le fief du nationalisme corse. La gauche a accordé à la Corse son premier statut et si ce n’avait été l’intervention du conseil constitutionnel, elle aurait reconnu la notion de «peuple corse». J’ai moi-même quitté le gouvernement pour ne pas entériner un transfert de pouvoir législatif à l’Assemblée de Corse. C’était en l’an 2000 et pourtant j’avais accepté que, contre tous les engagements antérieurs, le gouvernement abandonne la renonciation préalable à la violence qu’il exigeait des nationalistes. C’est ainsi que s’est ouvert le processus dit de «Matignon». Je fais également observer que l’Etat français s’est assis sur le référendum de 2003. Les Corses avaient pourtant rejeté la fusion des deux départements. Ils voulaient garder un découpage territorial qui les rapprochait de la France continentale et n’acceptaient pas d’être transformés en territoire d’Outre-mer bis avec une collectivité unique. Le législateur, sous le précédent Président de la République, a fait fi des résultats de ce référendum. En 2003, toutes les forces politiques de droite et de gauche, ainsi que les nationalistes, voulaient la collectivité unique. Ne s’y opposaient que les radicaux de gauche, le PCF et moi-même. Les électeurs corses nous ont alors donné raison mais, en 2014, le Parlement leur a imposé la collectivité unique. Beau déni de démocratie!
 
Marine Le Pen, avec un programme qui se revendiquait souverainiste, est arrivée en tête au premier tour des présidentielles en Corse. Le vote nationaliste est-il un vote anti-France ou au contraire un signal d’alarme civilisationnel envoyé au continent?
Il s’agit d’abord d’un rejet des clans qu’ils soient de gauche ou de droite. La gauche dominait le Nord avec la dynastie Giacobbi et Paul Giacobbi sur le destin duquel je ne vais pas épiloguer (ndlr: il a été condamné à trois ans de prison ferme pour détournement de fonds publics). Au Sud et à droite, c’est le clan Rocca Serra qui régnait depuis 1962. Ces clans ont fait l’objet d’un réflexe «dégagiste» qui s’est traduit aux présidentielles par un vote Marine Le Pen. Il faut observer que moins d’un quart des électeurs corses inscrits ont voté pour les listes nationalistes. Le taux d’abstention, qui s’élève à près de 50%, est massif. Nous allons voir ce que nous verrons, mais moi qui connait les oiseaux, je conseille au gouvernement une grande vigilance. Je ne pense pas qu’on puisse satisfaire la revendication de la co-officialité de la langue corse. Cela voudrait dire une politique d’exclusion à l’égard de tous les continentaux. Je l’ai observé quand j’étais ministre de l’Education nationale lorsque tous les agrégés et certifiés d’origine continentale ont été renvoyés dans leur «douar» d’origine. Je pense qu’on a accordé aux nationalistes tout ce qu’ils demandaient en matière d’aménagement du territoire. Les Corses se plaignent de la spéculation, mais ce sont les élus locaux, soumis aux pressions que nous savons, qui octroient les permis de construire. En Corse, on n’est pas libre de s’exprimer. Déroger à la doxa ou aux oukases nationalistes, c’est prendre le risque de passer un mauvais quart d’heure. Il faut maintenant tenir compte du résultat de l’élection. Je suis un démocrate, mais je n’augure rien de bon de ce qui suivra. C’est pourquoi j’attends du gouvernement de la République française qu’il reste ferme sur ses principes: la République n’a pas de concessions à faire à l’ «ethnicisme». D’autant que ce type de revendication peut se révéler contagieux.
La situation est-elle comparable à celle de la Catalogne? Lire la suite »

Aquitaine, le passage fantastique des oiseaux, par Claude Feigné, animateur des programmes de gestion de la Réserve Ornithologique du Teich (33).

Créé par le 02 déc 2017 | Dans : Articles de fond

La migration se définit comme le mouvement saisonnier et régulier, accompli entre deux territoires distincts par tout ou partie des individus d’une espèce d’oiseaux. Eclairage historique et culturel

A lire dans Sud-Ouest

http://www.sudouest.fr/2017/11/23/aquitaine-le-passage-fantastique-des-oiseaux-3972973-10275.php

La migration des oiseaux est un phénomène naturel identifié depuis toujours dans le Sud Ouest comme un marqueur symbolique du passage des saisons. Dans toute la région, les cohortes de grands voyageurs font lever les yeux au ciel, déclenchant des réactions passionnelles chez « l’homo aquitanus ». Cette situation, qui va jusqu’à se réclamer de « l’identitaire », ne doit cependant pas sa genèse au seul registre culturel. Une observation de la géographie de l’Aquitaine et de l’écologie des oiseaux concernés permet d’en approcher les fondements originels. Lire la suite »

Hommage à Max Gallo

Créé par le 24 nov 2017 | Dans : Articles de fond, Blog du Che

 

Intervention de Jean-Pierre Chevènement au colloque de la Fondation Res Publica du 21 novembre 2017 « Max Gallo, la fierté d’être français ».

http://www.chevenement.fr/Hommage-a-Max-Gallo_a1957.html


1. Ce qui dominait chez Max c’était l’empathie naturelle, la simplicité, la capacité, comme l’a dit Philippe Meyer, de créer de la fraternité, c’était la puissance généreuse de son intelligence, sa capacité à aller à l’essentiel, par exemple, ce qu’il appelait après Braudel « la problématique centrale de la nation ». Max disait : « J’ai toujours eu le désir de comprendre comment cela fonctionne ». Il excellait à décentrer ou plutôt à recentrer votre regard en situant le problème dans la longue durée. Il n’était pourtant nullement un déterministe, encore moins un marxiste. Il croyait à la responsabilité des individus et particulièrement à la responsabilité des intellectuels. Parce qu’il croyait en la liberté, il n’écartait pas la possibilité du surgissement d’un « génie » individuel. 2. Nos relations se sont nouées après son départ du dernier gouvernement Mauroy, auquel d’ailleurs je ne participais plus. Le ralliement de François Mitterrand et du PS au néolibéralisme ambiant, au prétexte de l’Europe à construire, éloignait progressivement le CERES de François Mitterrand.

La guerre du Golfe et la lecture du Traité de Maastricht achevèrent de nous rapprocher. Max n’avait pas le lien affectif qu’avait créé, entre François Mitterrand et moi, le Congrès d’Epinay et la mise sur orbite de l’union de la gauche, quinze années durant.

Max fut après Jacques Berque, mais aussi avec Didier Motchane et Régis Debray, un de ceux qui m’aidèrent à franchir le pas difficile que me dictaient aussi bien une connaissance du monde arabe qui remontait à la guerre d’Algérie que la vision de la montée du fondamentalisme islamique depuis 1979.

Le jugement de Max sur les choix qu’opéra alors François Mitterrand ne s’encombrait pas de considérations affectives.

C’est peu dire qu’il n’aimait pas le Parti Socialiste, et peut-être encore moins François Mitterrand. Peut-être avait-il gardé de sa prime jeunesse, où il avait adhéré au Parti Communiste, comme adolescent humilié plus qu’en intellectuel convaincu, un certain mépris que vouaient les communistes aux sociaux-démocrates, ces « sociaux-traîtres » au regard de la doxa léniniste. Le regard de Max procédait aussi d’autres sources : de sa brève collaboration avec François Mitterrand comme porte-parole du gouvernement et surtout de sa culture d’historien. Là où le CERES voyait chez François Mitterrand une conversion rédemptrice, il voyait surtout la trajectoire d’une ambition. Mais surtout, le Parti Socialiste n’avait plus d’autre ambition que le « dur désir de durer », comme dit Paul Eluard, bref d’exercer le pouvoir pour le pouvoir, en oubliant les raisons qu’il avait de l’exercer. François Mitterrand lui avait appris à durer au gouvernement mais aussi à aimer le pouvoir pour lui-même. Ainsi notre rencontre intellectuelle et politique se fit-elle au croisement de la conversion républicaine à laquelle j’avais appelé la gauche dès qu’elle fut parvenue au pouvoir qui contrariait évidemment la conversion libérale opérée par le Parti Socialiste dans ces années-là, et de l’évolution de Max vers une forme de patriotisme enraciné que je ne récusais pas, bien au contraire, dès lors qu’elle restait ouverte sur l’universel et ne contrariait pas le message de la citoyenneté. Or, comme je le montrerai, Max est toujours resté un républicain. Lire la suite »

Les entretiens avec Didier Motchane novembre 2010, été 2011 puis mai 2017, après l’élection présidentielle

Créé par le 01 nov 2017 | Dans : Articles de fond

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