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Le Monde : Fabien Roussel pourra compter sur le soutien des ex-socialistes Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann

Créé par le 10 mar 2022 | Dans : Battre campagne

Outre le soutien de la Gauche républicaine et socialiste, parti fondé par des anciens socialistes et ex-soutiens de Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel gagne aussi l’appui de Mouvement républicain et citoyen, des Radicaux de gauche et de la Nouvelle Gauche socialiste.

Le Monde avec AFP

 

Dans cette dernière ligne droite de l’élection présidentielle, les défections et les ralliements aux divers candidats s’accélèrent. Mercredi 9 mars, le candidat communiste, Fabien Roussel, a pour sa part reçu le soutien de plusieurs formations de gauche : celui de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), des Radicaux de gauche, du Mouvement républicain et citoyen (MRC) et de la Nouvelle Gauche socialiste.

« Depuis le début, j’ai dit que nous avions vocation à rassembler très largement la gauche, à incarner une gauche populaire, celle du travail, des bons salaires, des services publics et du pouvoir d’achat (…) une gauche républicaine qui défend la souveraineté de la France et se bat farouchement contre les traités européens libéraux », et « une gauche laïque » qui défend la loi de 1905, a expliqué M. Roussel, lors d’une conférence de presse conjointe tenue avec ces partis.

Candidat de « la laïcité, de la réindustrialisation, du bien vivre-ensemble »

Dans la matinée, la GRS, formation politique fondée par les anciens socialistes et ex-soutiens de Jean-Luc Mélenchon Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, avait déjà annoncé leur soutien par voie de communiqué de presse, précisant avoir pris cette décision lundi « à la majorité de ses membres ». En octobre, le parti avait annoncé soutenir Arnaud Montebourg dans la course à l’Elysée, avant que celui-ci ne renonce à se présenter trois mois plus tard.

« On avait beaucoup de militants et d’élus qui ne voulaient pas rester l’arme au pied », a expliqué M. Maurel, estimant que le candidat du PCF, « est le plus proche de [leurs] convictions » et incarne « une gauche qui sait où elle va et pour qui elle se bat », et « veut reconquérir les couches populaires ». Il a notamment salué le fait que le candidat communiste donne « la priorité au pouvoir d’achat et au salaire, la réindustrialisation du pays, l’écologie populaire, la souveraineté énergétique et alimentaire, et la laïcité ».

« Nous avons décidé d’apporter un soutien ferme, raisonné, lucide et enthousiaste à Fabien Roussel », a déclaré à son tour Jean-Luc Laurent, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), fondé par Jean-Pierre Chevènement en 2003, qui a, pour sa part, décidé de soutenir Emmanuel Macron. « Sans être en accord avec toutes les propositions de Fabien Roussel, c’est là où nous nous retrouvons le mieux », a expliqué M. Laurent.

C’est mardi soir que « les Radicaux de gauche ont décidé, à la quasi-unanimité, de soutenir Fabien Roussel », a renchéri Paul Dhaille, membre du bureau national de la formation. « Nous avons choisi notre camp, le camp de la gauche, pour une refondation démocratique, la réhabilitation des corps intermédiaires, des collectivités locales, des syndicats, des associations », et « la défense des services publics » et de « la laïcité », a-t-il expliqué.

Quant à Nouvelle Gauche socialiste, qui avait elle aussi d’abord soutenu Arnaud Montebourg, elle était « en recherche d’un programme et d’un candidat qui incarnent les valeurs que nous défendons, de la laïcité, de la réindustrialisation, du bien vivre-ensemble », a fait savoir son porte-parole, Damien Thomas.

Le Monde avec AFP

Emmanuel Maurel : « Fabien Roussel incarne cette gauche qui sait où elle va et pour qui elle se bat »

Créé par le 10 mar 2022 | Dans : Battre campagne

ENTRETIEN dans l’HUMA

Le député européen Emmanuel Maurel annonce son soutien à la candidature communiste à la présidentielle. Son parti, la Gauche républicaine et socialiste, l’a décidé à « une très large majorité » lundi soir.

Publié le

Mardi 8 Mars 2022

 

Ce jeudi à l’occasion du meeting de Fabien Roussel au Cirque d’Hiver, à Paris, le député européen Emmanuel Maurel prendra la parole aux côtés de la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Tous deux sont dirigeants du parti de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) qui a officiellement décidé lundi soir « à une très large majorité » de soutenir le candidat du PCF à la présidentielle. Élu en 2019 sur la liste FI, Emmanuel Maurel explique les raisons de ce choix.

Quelles raisons ont présidé au choix de votre formation de soutenir la candidature de Fabien Roussel ?

J’ai toujours combattu les institutions de la Ve République à la fois archaïques et infantilisantes, mais c’est une élection importante et il fallait faire un choix. Nous nous étions reconnus dans les propositions d’Arnaud Montebourg qui n’a pu aller au bout. Dès lors, nous avions un parti, des élus, des militants qui ne voulaient pas rester l’arme au pied. Nous avons décidé de faire un choix de conviction qui s’est portée sur la candidature de Fabien Roussel parce qu’elle jette les bases d’une gauche de rupture, de combat, à la fois solide sur ses fondamentaux et tournée vers l’avenir. C’est un choix qui n’allait pas de soi car, pour un très grand nombre d’entre nous, on vient de la famille socialiste, mais sa vision de la France et de sa place dans le monde nous correspond assez bien. Surtout, l’ambition au cœur de sa campagne est de reconquérir le cœur et les têtes des classes populaires. Fabien Roussel incarne cette gauche qui sait où elle va et pour qui elle se bat.

À un mois du premier tour et dans un contexte que bouscule la guerre en Ukraine, quelles priorités s’agit-il de défendre dans la campagne ?

À la fois avec la pandémie et la guerre, on entre dans un monde nouveau et dangereux où nombre de questions stratégiques se posent. Par exemple, la pénurie de blé, de pétrole et de gaz qui s’annonce pose celle de la souveraineté énergétique comme alimentaire. C’est précisément l’angle choisi par Fabien Roussel depuis le début de cette campagne alors que le Covid avait déjà mis en lumière cette interdépendance très grande. Les fondamentaux de la gauche, parfois un peu oubliés, doivent aussi être à l’ordre du jour comme la priorité au pouvoir d’achat et au salaire, la promotion des services publics, la réindustrialisation. Face au changement climatique, la question d’une écologie populaire, qui met à contribution les plus riches sans être punitive pour les autres, est absolument fondamentale. Nous sommes également un courant républicain attaché à la laïcité, dont je trouve vital qu’elle soit posée avec autant de force et de vigilance.

Quels enjeux se jouent à gauche à l’occasion de ce scrutin ?

Une élection est toujours un moment de vérité et annonce toujours des reconfigurations. Celle-ci le sera aussi. Il me paraît important d’avoir une gauche résolument tournée vers la transformation sociale qui soit, à défaut d’être majoritaire, motrice dans le pays. La campagne doit être une première étape d’une recomposition de la gauche avec des partis plus en phase avec le mouvement social et syndical, clairs sur le rôle de l’État dans la vie économique et sociale, sur la volonté de limiter la société de marché.

Arnaud Montebourg : « Il faut unir le bloc populaire pour briser la tenaille entre les blocs bourgeois et réactionnaire »

Créé par le 08 juin 2021 | Dans : Battre campagne, Projet politique

 

Tribune du Monde du 7 juin 2021

Arnaud Montebourg

Ancien ministre de l’économie

En vue de l’élection présidentielle de 2022, l’ex-ministre socialiste de l’économie appelle, dans une tribune au « Monde », à une union des forces populaires qui passe selon lui par un programme politique interventionniste, régulationniste, républicain et laïc, mais aussi par le contrôle de l’immigration et la lutte contre l’islamisme politique.

Temps de Lecture 7 min.

Tribune. Il y a dix ans, les sociaux-libéraux encourageaient la gauche à persister dans sa dangereuse préférence pour les questions sociétales, les minorités et le goût pour une certaine bourgeoisie libérale s’épanouissant dans l’individualisme et une mondialisation heureuse. Triomphait alors la version française du « clintonisme » qui avait uni dans un même programme politique Wall Street et Hollywood, symbolisant un mépris implicite pour les classes populaires qui se jetaient à l’inverse dans les bras de Trump.

Pour les gauches mondiales, il n’était plus nécessaire de s’attaquer aux excès du système économique néolibéral et mondialisé puisqu’il était prétendument bon pour nos sociétés. Le protectionnisme devait rester l’apanage des supposés populistes alors que chacun comprend l’urgente nécessité de rééquilibrage écologique et social d’une mondialisation sauvage et destructrice de nos sociétés occidentales. La question des salaires et de l’amour du travail était abandonnée au profit de la seule redistribution, par les impôts et le revenu universel, célébrant ainsi curieusement l’union de Bill Gates avec Benoît Hamon.

En acceptant ainsi le monde tel qu’il était devenu, la gauche du quinquennat Hollande fit grossir de 15 points le Front national par sa politique austéritaire, parachevée par le quinquennat Macron, champion du mépris de classe en apportant les 15 points de plus qui manquaient pour atteindre les 50 % du corps électoral. Le résultat de ce choix est maintenant connu : les « gilets jaunes » s’affrontèrent en fracture ouverte avec Macron en défendant désespérément le droit de vivre de leur travail ; aujourd’hui la famille Le Pen est aux portes du pouvoir, plusieurs régions sont sur le point d’être gagnées par le Rassemblement national, et tous les candidats se revendiquant de la gauche (Mélenchon, Jadot, Hidalgo) seraient battus par Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Tout comme Macron qui n’en est plus très loin et devrait entrer dans l’histoire pour avoir minutieusement installé le RN au pouvoir, par incompétence ou cynisme.

Extrême centre et extrême droite

François Mitterrand avait exprimé clairement une vérité lors de son célèbre discours d’investiture du 21 mai 1981 : avec la victoire de la gauche, « la majorité sociale a enfin rencontré la majorité politique ». Avec Emmanuel Macron, c’est la minorité sociale d’un bloc bourgeois qui a arraché une majorité politique, gouvernant pour une base étroite avec arrogance. Cette recomposition découle de choix délibérés d’indifférenciation idéologique et de conversion de la gauche à la pensée unique. Depuis si longtemps, gauche et droite se succèdent au pouvoir pour mener les mêmes politiques néolibérales aux dépens des droits économiques et sociaux des classes moyennes et populaires.

Dans l’affrontement scénarisé à l’avance entre le bloc bourgeois d’Emmanuel Macron et le bloc réactionnaire de Marine Le Pen, les classes populaires sont expulsées du jeu politique, condamnées à un non-choix entre l’extrême centre et l’extrême droite. La majorité sociologique du pays qui a fait l’élection de Chirac (« la fracture sociale »), de Sarkozy (« travailler plus pour gagner plus »), ou de Hollande (« mon adversaire, c’est la finance ») n’est plus représentée ni par la gauche ni davantage par la droite qui court après son électorat perdu. Faute de proposition correspondant à ses aspirations, le corps central du pays se donnera donc à la famille Le Pen.

 

Dans la recomposition qui doit se poursuivre, seule l’unification politique du bloc populaire autour d’une force républicaine briserait la tenaille constituée d’un côté par le bloc bourgeois qui représente l’élite et de l’autre par le bloc réactionnaire qui prétend représenter par opposition tous les autres, c’est-à-dire le peuple. Pour réussir ce défi, il lui faut offrir une unification de ces deux composantes dans un nouveau choix démocratique capable de devenir majoritaire en 2022.

Cette force populaire est le rassemblement des forces politiques défendant l’intérêt du plus grand nombre autour de l’intérêt général, cette France des gens ordinaires, qui faute de trouver leur représentation politique, désespèrent, abandonnent, se radicalisent, ou choisissent l’indifférence. De quoi cette nouvelle majorité sociale serait-elle faite ? De tous ceux qui forment cette France contre laquelle le quinquennat d’Emmanuel Macron s’est fracassé après dix-huit mois : la France des déclassés, des enracinés, des « quelque part », des « premiers de corvée », des diplômés précarisés, de « ceux qui ne sont rien » selon la triste formule présidentielle. Mais également une bourgeoisie d’intérêt général – chefs d’entreprise, hauts fonctionnaires, intellectuels, créateurs – qui refuse de faire sécession de la nation et reste fidèle au destin commun de cette République qui nous lie. Des populations qui aspirent à s’en sortir par leur travail et à en vivre dignement, qu’ils soient anciennement affiliés à la droite (petits commerçants, artisans, travailleurs indépendants, agriculteurs) ou à la gauche (ouvriers, employés, fonctionnaires de première ligne). Tous ceux-là peuvent former une nouvelle majorité. Mais quel serait leur projet unificateur, au moment où la gauche cherche son unité sans la trouver ?

Renforcement du nucléaire

Tous ceux-là veulent à coup sûr un travail pour en vivre, plutôt que la proclamation hasardeuse de la fin du travail assortie d’allocations universelles. Ils voudraient des augmentations de salaires, plutôt que d’assister dans la classe politique à un concours Lépine des impôts nouveaux.

Tous ceux-là veulent à coup sûr que la France s’organise enfin contre la mondialisation qui nous étrille, quand on entend encore chanter les louanges de la mondialisation heureuse. Ils voudraient rétablir un minimum de souveraineté de la France face à une Union européenne incapable de résoudre les problèmes des Français et des Européens, car la démocratie est le seul moyen dont dispose le plus grand nombre pour reprendre le contrôle.

Tous ceux-là ont bien compris que les mythes de la réussite individuelle, du ruissellement, de la « start-up nation » cachent la faillite de notre capacité à permettre à chacun de se réaliser dans un pays bloqué. Ces mythes sont les cache-sexes de l’abandon total de l’industrie française, du made in France, de ses emplois et territoires, aux sirènes du laisser-faire pour les puissants, pendant qu’on ne laisse rien faire à tous les autres dans le pays de l’ultra-bureaucratie. Beaucoup voudraient ainsi en finir avec cet Etat Léviathan bureaucratique, privatif de nos libertés, facteur de blocage du pays, auteur des errements sanitaires dans la crise Covid-19, quand les partis politiques peuplés d’énarques continuent à défendre aveuglément une haute administration qui travaille en roue libre. A l’inverse, les Français ont commencé à reconstruire leur territoire abandonné, et cherchent dans leur vie quotidienne des solutions concrètes, lorsque la plupart des dirigeants ne semblent s’intéresser qu’aux métropoles.

Tous ceux-là veulent à coup sûr que la France produise et relocalise selon de nouveaux modèles écologiques ce qu’elle consomme, en organisant une collaboration entre toutes les générations, climat et boomers. Ils savent que la lutte contre le dérèglement climatique passe aussi par le renforcement du nucléaire et d’EDF comme service public national assurant une électricité bon marché.

Cette force politique existe

Tous ceux-là pensent également que l’immigration n’est pas sous contrôle et pèse sur les conditions de vie des plus modestes, face au slogan facile du « accueillons-les tous ! ». Ils voudraient pourtant à coup sûr défendre l’application intransigeante de l’état de droit, le droit à la sûreté et à une police au service de la population face à l’insécurité qui atteint des sommets, tout comme le droit à la justice, qu’on soit puissant ou misérable. Finalement, ils veulent corriger les injustices cruelles et criantes de leur vie quotidienne, et dire non aux arrangements du monde en faveur de quelques-uns.

Tous ceux-là veulent enfin que l’Etat les débarrasse de l’islamisme politique qui cherche à pervertir ou détruire les règles de la République délibérées en commun, quand quelques dirigeants s’aveuglent encore sur la dangerosité de cette autre forme de fascisme, l’autre versant de la peste brune.

Au second tour de l’élection présidentielle de 2017, 4 millions de citoyens ont voté blanc ou nul et 12,1 millions se sont abstenus dans le choix entre En marche ! et le FN, considérant que l’incendie totalitaire ne se combat pas avec le briquet du néolibéralisme qui a servi à l’allumer. Ces électeurs sont majoritairement issus des classes moyennes et populaires. Cette force existe donc, mais l’inconnue pour 2022 est de savoir s’il est possible de réunifier cette force populaire et républicaine sur un programme politique interventionniste, régulationniste, républicain et laïc, dans et en dehors des partis. Réunifier les premiers de corvée sur un nouveau compromis historique avec les milieux économiques et les forces sociales, avec la bourgeoisie d’intérêt général et les mouvements populaires, c’est dessiner là un nouveau compromis entre des forces qui se sont affrontées mais qui, dans l’intérêt commun de relèvement du pays, chercheraient un accord en échangeant les concessions réciproques. Tel est l’enjeu de 2022 auquel les hommes et femmes de bonne volonté doivent désormais s’atteler.

Arnaud Montebourg est ancien ministre socialiste de l’économie, ­du redressement productif et du numérique (2012-2015) et entrepreneur.

Arnaud Montebourg(Ancien ministre de l’économie)

Communiqué de Jean-Pierre Chevènement suite au 2nd tour des élections municipales du 28 juin 2020

Créé par le 29 juin 2020 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Projet politique

La poussée écologiste dans les métropoles est incontestable mais ne doit pas faire oublier deux choses. L’électorat des métropoles n’est pas tout l’électorat, loin de là. L’hétérogénéité du vote exprime déjà la fracture sociale. Par ailleurs, devant l’urgence environnementale, il y a l’urgence démocratique. L’abstention touche principalement l’électorat populaire. La poussée écologiste risque de télescoper la crise sociale à l’horizon. Il faudra beaucoup d’intelligence aux responsables politiques, quelle que soit leur sensibilité, pour concilier la lutte pour une économie décarbonée et le souci d’une croissance sociale.
 

Rédigé par Chevenement.fr le Lundi 29 Juin 2020 à 09:56 

Jean-Pierre Chevènement était l’invité d’Audrey Crespo-Mara sur LCI, vendredi 5 mai 2017.

Créé par le 05 mai 2017 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

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