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Arnaud Montebourg : « Il faut unir le bloc populaire pour briser la tenaille entre les blocs bourgeois et réactionnaire »

Créé par le 08 juin 2021 | Dans : Battre campagne, Projet politique

 

Tribune du Monde du 7 juin 2021

Arnaud Montebourg

Ancien ministre de l’économie

En vue de l’élection présidentielle de 2022, l’ex-ministre socialiste de l’économie appelle, dans une tribune au « Monde », à une union des forces populaires qui passe selon lui par un programme politique interventionniste, régulationniste, républicain et laïc, mais aussi par le contrôle de l’immigration et la lutte contre l’islamisme politique.

Temps de Lecture 7 min.

Tribune. Il y a dix ans, les sociaux-libéraux encourageaient la gauche à persister dans sa dangereuse préférence pour les questions sociétales, les minorités et le goût pour une certaine bourgeoisie libérale s’épanouissant dans l’individualisme et une mondialisation heureuse. Triomphait alors la version française du « clintonisme » qui avait uni dans un même programme politique Wall Street et Hollywood, symbolisant un mépris implicite pour les classes populaires qui se jetaient à l’inverse dans les bras de Trump.

Pour les gauches mondiales, il n’était plus nécessaire de s’attaquer aux excès du système économique néolibéral et mondialisé puisqu’il était prétendument bon pour nos sociétés. Le protectionnisme devait rester l’apanage des supposés populistes alors que chacun comprend l’urgente nécessité de rééquilibrage écologique et social d’une mondialisation sauvage et destructrice de nos sociétés occidentales. La question des salaires et de l’amour du travail était abandonnée au profit de la seule redistribution, par les impôts et le revenu universel, célébrant ainsi curieusement l’union de Bill Gates avec Benoît Hamon.

En acceptant ainsi le monde tel qu’il était devenu, la gauche du quinquennat Hollande fit grossir de 15 points le Front national par sa politique austéritaire, parachevée par le quinquennat Macron, champion du mépris de classe en apportant les 15 points de plus qui manquaient pour atteindre les 50 % du corps électoral. Le résultat de ce choix est maintenant connu : les « gilets jaunes » s’affrontèrent en fracture ouverte avec Macron en défendant désespérément le droit de vivre de leur travail ; aujourd’hui la famille Le Pen est aux portes du pouvoir, plusieurs régions sont sur le point d’être gagnées par le Rassemblement national, et tous les candidats se revendiquant de la gauche (Mélenchon, Jadot, Hidalgo) seraient battus par Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Tout comme Macron qui n’en est plus très loin et devrait entrer dans l’histoire pour avoir minutieusement installé le RN au pouvoir, par incompétence ou cynisme.

Extrême centre et extrême droite

François Mitterrand avait exprimé clairement une vérité lors de son célèbre discours d’investiture du 21 mai 1981 : avec la victoire de la gauche, « la majorité sociale a enfin rencontré la majorité politique ». Avec Emmanuel Macron, c’est la minorité sociale d’un bloc bourgeois qui a arraché une majorité politique, gouvernant pour une base étroite avec arrogance. Cette recomposition découle de choix délibérés d’indifférenciation idéologique et de conversion de la gauche à la pensée unique. Depuis si longtemps, gauche et droite se succèdent au pouvoir pour mener les mêmes politiques néolibérales aux dépens des droits économiques et sociaux des classes moyennes et populaires.

Dans l’affrontement scénarisé à l’avance entre le bloc bourgeois d’Emmanuel Macron et le bloc réactionnaire de Marine Le Pen, les classes populaires sont expulsées du jeu politique, condamnées à un non-choix entre l’extrême centre et l’extrême droite. La majorité sociologique du pays qui a fait l’élection de Chirac (« la fracture sociale »), de Sarkozy (« travailler plus pour gagner plus »), ou de Hollande (« mon adversaire, c’est la finance ») n’est plus représentée ni par la gauche ni davantage par la droite qui court après son électorat perdu. Faute de proposition correspondant à ses aspirations, le corps central du pays se donnera donc à la famille Le Pen.

 

Dans la recomposition qui doit se poursuivre, seule l’unification politique du bloc populaire autour d’une force républicaine briserait la tenaille constituée d’un côté par le bloc bourgeois qui représente l’élite et de l’autre par le bloc réactionnaire qui prétend représenter par opposition tous les autres, c’est-à-dire le peuple. Pour réussir ce défi, il lui faut offrir une unification de ces deux composantes dans un nouveau choix démocratique capable de devenir majoritaire en 2022.

Cette force populaire est le rassemblement des forces politiques défendant l’intérêt du plus grand nombre autour de l’intérêt général, cette France des gens ordinaires, qui faute de trouver leur représentation politique, désespèrent, abandonnent, se radicalisent, ou choisissent l’indifférence. De quoi cette nouvelle majorité sociale serait-elle faite ? De tous ceux qui forment cette France contre laquelle le quinquennat d’Emmanuel Macron s’est fracassé après dix-huit mois : la France des déclassés, des enracinés, des « quelque part », des « premiers de corvée », des diplômés précarisés, de « ceux qui ne sont rien » selon la triste formule présidentielle. Mais également une bourgeoisie d’intérêt général – chefs d’entreprise, hauts fonctionnaires, intellectuels, créateurs – qui refuse de faire sécession de la nation et reste fidèle au destin commun de cette République qui nous lie. Des populations qui aspirent à s’en sortir par leur travail et à en vivre dignement, qu’ils soient anciennement affiliés à la droite (petits commerçants, artisans, travailleurs indépendants, agriculteurs) ou à la gauche (ouvriers, employés, fonctionnaires de première ligne). Tous ceux-là peuvent former une nouvelle majorité. Mais quel serait leur projet unificateur, au moment où la gauche cherche son unité sans la trouver ?

Renforcement du nucléaire

Tous ceux-là veulent à coup sûr un travail pour en vivre, plutôt que la proclamation hasardeuse de la fin du travail assortie d’allocations universelles. Ils voudraient des augmentations de salaires, plutôt que d’assister dans la classe politique à un concours Lépine des impôts nouveaux.

Tous ceux-là veulent à coup sûr que la France s’organise enfin contre la mondialisation qui nous étrille, quand on entend encore chanter les louanges de la mondialisation heureuse. Ils voudraient rétablir un minimum de souveraineté de la France face à une Union européenne incapable de résoudre les problèmes des Français et des Européens, car la démocratie est le seul moyen dont dispose le plus grand nombre pour reprendre le contrôle.

Tous ceux-là ont bien compris que les mythes de la réussite individuelle, du ruissellement, de la « start-up nation » cachent la faillite de notre capacité à permettre à chacun de se réaliser dans un pays bloqué. Ces mythes sont les cache-sexes de l’abandon total de l’industrie française, du made in France, de ses emplois et territoires, aux sirènes du laisser-faire pour les puissants, pendant qu’on ne laisse rien faire à tous les autres dans le pays de l’ultra-bureaucratie. Beaucoup voudraient ainsi en finir avec cet Etat Léviathan bureaucratique, privatif de nos libertés, facteur de blocage du pays, auteur des errements sanitaires dans la crise Covid-19, quand les partis politiques peuplés d’énarques continuent à défendre aveuglément une haute administration qui travaille en roue libre. A l’inverse, les Français ont commencé à reconstruire leur territoire abandonné, et cherchent dans leur vie quotidienne des solutions concrètes, lorsque la plupart des dirigeants ne semblent s’intéresser qu’aux métropoles.

Tous ceux-là veulent à coup sûr que la France produise et relocalise selon de nouveaux modèles écologiques ce qu’elle consomme, en organisant une collaboration entre toutes les générations, climat et boomers. Ils savent que la lutte contre le dérèglement climatique passe aussi par le renforcement du nucléaire et d’EDF comme service public national assurant une électricité bon marché.

Cette force politique existe

Tous ceux-là pensent également que l’immigration n’est pas sous contrôle et pèse sur les conditions de vie des plus modestes, face au slogan facile du « accueillons-les tous ! ». Ils voudraient pourtant à coup sûr défendre l’application intransigeante de l’état de droit, le droit à la sûreté et à une police au service de la population face à l’insécurité qui atteint des sommets, tout comme le droit à la justice, qu’on soit puissant ou misérable. Finalement, ils veulent corriger les injustices cruelles et criantes de leur vie quotidienne, et dire non aux arrangements du monde en faveur de quelques-uns.

Tous ceux-là veulent enfin que l’Etat les débarrasse de l’islamisme politique qui cherche à pervertir ou détruire les règles de la République délibérées en commun, quand quelques dirigeants s’aveuglent encore sur la dangerosité de cette autre forme de fascisme, l’autre versant de la peste brune.

Au second tour de l’élection présidentielle de 2017, 4 millions de citoyens ont voté blanc ou nul et 12,1 millions se sont abstenus dans le choix entre En marche ! et le FN, considérant que l’incendie totalitaire ne se combat pas avec le briquet du néolibéralisme qui a servi à l’allumer. Ces électeurs sont majoritairement issus des classes moyennes et populaires. Cette force existe donc, mais l’inconnue pour 2022 est de savoir s’il est possible de réunifier cette force populaire et républicaine sur un programme politique interventionniste, régulationniste, républicain et laïc, dans et en dehors des partis. Réunifier les premiers de corvée sur un nouveau compromis historique avec les milieux économiques et les forces sociales, avec la bourgeoisie d’intérêt général et les mouvements populaires, c’est dessiner là un nouveau compromis entre des forces qui se sont affrontées mais qui, dans l’intérêt commun de relèvement du pays, chercheraient un accord en échangeant les concessions réciproques. Tel est l’enjeu de 2022 auquel les hommes et femmes de bonne volonté doivent désormais s’atteler.

Arnaud Montebourg est ancien ministre socialiste de l’économie, ­du redressement productif et du numérique (2012-2015) et entrepreneur.

Arnaud Montebourg(Ancien ministre de l’économie)

Communiqué de Jean-Pierre Chevènement suite au 2nd tour des élections municipales du 28 juin 2020

Créé par le 29 juin 2020 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Projet politique

La poussée écologiste dans les métropoles est incontestable mais ne doit pas faire oublier deux choses. L’électorat des métropoles n’est pas tout l’électorat, loin de là. L’hétérogénéité du vote exprime déjà la fracture sociale. Par ailleurs, devant l’urgence environnementale, il y a l’urgence démocratique. L’abstention touche principalement l’électorat populaire. La poussée écologiste risque de télescoper la crise sociale à l’horizon. Il faudra beaucoup d’intelligence aux responsables politiques, quelle que soit leur sensibilité, pour concilier la lutte pour une économie décarbonée et le souci d’une croissance sociale.
 

Rédigé par Chevenement.fr le Lundi 29 Juin 2020 à 09:56 

Jean-Pierre Chevènement était l’invité d’Audrey Crespo-Mara sur LCI, vendredi 5 mai 2017.

Créé par le 05 mai 2017 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

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«Arnaud président!» Ambiance dimanche à la fête de Frangy-en-Bresse …

Créé par le 21 août 2016 | Dans : Battre campagne, Gauche anti-libérale

L’ancien ministre a annoncé sa candidature à la présidentielle. Ambiance bon enfant mais solennelle selon l’envoyée spéciale du scan politique du Figaro  à Frangy-en-Bresse, Sophie de Ravinel.

« Arnaud Montebourg est arrivé chez ses camarades à midi, à l’heure du poulet de Bresse. Lui-même invité d’honneur pour cette 44e édition de sa Fête populaire de Frangy-en-Bresse, ex «Fête de la Rose», il a été accueilli par un nombre conséquent de militants, et autant de journalistes ».

« Le suspense sur la teneur de son discours est totalement nul. Arnaud Montebourg se présente pour succéder à François Hollande. Et selon François Kalfon, désormais son directeur de campagne, il compte cogner dru et direct contre le chef de l’Etat. «Celui à cause de qui nous en sommes là», précise Kalfon.
A table, Arnaud Montebourg s’est assis à droite de la députée PS de la Côte-d’Or Kheira Bouziane, toujours présentée comme aubryste. A la droite du candidat, sa compagne et députée Aurélie Filippetti, et en face la députée Cécile Untermaier. Une quinzaine de parlementaires sont présents, ses proches habituels et d’autres, comme l’aubryste Pierre-Alain Muet, la chevènementiste Françoise Bechtel ou Catherine Lemorton, présidente de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée… »
«Arnaud président!»
« Parmi les militants, comme chaque année pour cette fête de fin d’été, l’ambiance est bon enfant. Mais la solennité avec laquelle Montebourg veut entrer dans la campagne présidentielle influe sur tout le monde. On ne rigole plus. La danse du ban bourguignon n’est pas de mise. Lorsque l’ancien boss du département passe au milieu des tables, on lance «Arnaud président!».
Lire la suite  http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/08/21/25001-20160821ARTFIG00091-arnaud-montebourg-ce-moment-la-il-l-attend-depuis-qu-il-est-tout-gamin.php#xtor=AL-202

Lire aussi sur le contenu du discours http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2016/08/21/25002-20160821ARTFIG00129-arnaud-montebourg-je-suis-candidat-a-la-presidence-de-la-republique.php et des premières propositions

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/08/21/97001-20160821FILWWW00039-presidentielle-2017-montebourg-devoile-ses-premieres-propositions.php

Landfried : « Devedjian est en position de faiblesse »

Créé par le 19 oct 2012 | Dans : Battre campagne

Lu dans Le Nouvel Obs

Créé le 18-10-2012 à 17h07-

L’élection du député UMP des Hauts-de-Seine vient d’être invalidée, ce qui fait naître l’espoir chez le candidat de la gauche. Interview.

Mots-clés : MRC, Julien Landfried

C’était l’une des surprises des élections législatives du mois de juin. Non pas la victoire de Patrick Devedjian, baron UMP des Hauts-de-Seine, mais son score plus qu’étriqué face à un quasi inconnu : Julien Lanfried, candidat du MRC de Jean-Pierre Chevènement, soutenu du bout de lèvres par des socialistes divisés. 191 voix séparaient les deux hommes.

Ce jeudi 18 octobre, le Conseil constitutionnel vient de rebattre les cartes en invalidant l’élection de Patrick Devedjian. Julien Landfried explique au « Nouvel Observateur » pourquoi il croit plus que jamais en ses chances lors de ce match retour.

Vous attendiez-vous à cette décision ?

- Ce n’est pas une surprise. Si on a déposé un recours en juin, c’est qu’on était sûr de notre bon droit. Je me félicite de la décision du Conseil constitutionnel, qui confirme que le code électoral est quelque chose de sérieux. Il n’y avait pas un constitutionnaliste qui pensait que Patrick Devedjian pouvait avoir raison.

Il avait choisi un suppléant qui s’appelle Georges Siffredi et est le maire UMP de Châtenay-Malabry. Or, celui-ci était déjà suppléant sur les listes sénatoriales. Il est interdit de cumuler une suppléance à l’Assemblée nationale et une suppléance au Sénat. Ce qui est logique puisqu’un suppléant doit être disponible à tout moment pour remplacer le titulaire, le cas échéant.

Quel avantage électoral pouvait-il en tirer ?

- Châtenay-Malabry est la ville la plus à gauche de la circonscription mais Georges Siffredi a un poids politique personnel. S’il n’avait pas été suppléant, j’aurais gagné l’élection. Patrick a confirmé qu’il serait à nouveau candidat, mais il aborde cette nouvelle élection en position de faiblesse. Il ne peut plus avoir le suppléant le plus important politiquement de la circonscription.

Existe-t-il d’autres raisons d’y croire ?

- Oui parce que la gauche n’était pas unie derrière moi au premier tour en juin. Désormais, j’ai le soutien du MRC, du PS et du PRG. On verra si Europe-Ecologie-Les Verts présente ou non un candidat ; on est en train d’en discuter.

A l’inverse, une législative partielle est toujours délicate pour le parti au pouvoir…

- Ca dépend. Des élections de députés de droite avaient été annulées lors des dix dernières années et certains avaient été réélus. Ce qui est vrai, c’est qu’une élection législative partielle est une élection avec moins de participation. A nous de faire une campagne de terrain pour mobiliser.

On espère aussi nationaliser la campagne, que des ministres viendront nous aider. Comme d’ailleurs Patrick Devedjian, qui a annoncé qu’il ferait de la campagne un enjeu national. On a 50% de chances de gagner parce que ça correspond à l’équilibre des forces politiques sur la circonscription.

Quel est le programme des prochaines semaines ?  Lire la suite dans http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20121018.OBS6270/landfried-devedjian-est-en-position-de-faiblesse.html

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