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Chevènement : « Hollande et Sarkozy me semblent prisonniers de l’horizon du triple A »

Créé par le 09 nov 2011 | Dans : Battre campagne

Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen, candidat à l’élection présidentielle | LEMONDE | 07.11.11 | 15h34   •  Mis à jour le 08.11.11 | 21h06

 Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010, à la 38e fête de la rose d'Arnaud Montebourg.

Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010, à la 38e fête de la rose d’Arnaud Montebourg.AFP/JEFF PACHOUD

L’intégralité du débat avec Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen, candidat à l’élection présidentielle, mardi 8 novembre 2011

Antoine : Soutenez-vous les indignés qui manifestent à la Défense ?

Jean-Pierre Chevènement : Oui, je suis de cœur avec eux. Cette crise fait beaucoup de victimes. Y compris, souvent, chez les jeunes. Pour beaucoup, l’avenir s’est rétréci. Il est scandaleux que l’Europe soit enkystée dans une stagnation économique de longue durée. L’euro devait nous protéger mais dans la zone euro, il y a plus de 10 % de chômeurs.

Est-il normal que la Banque centrale européenne puisse prêter des centaines de milliards d’euros aux banques à 1,25 %, que les banques puissent acheter des titres d’Etat qui leur rapportent entre 2 et 7 %, et que la Banque centrale ne puisse pas intervenir sur les marchés de la dette pour casser d’emblée la spéculation?

Si on savait que la Banque centrale pouvait casser une spéculation à la hausse, les spéculateurs y perdraient leurs chemises, ils renonceraient. Pour moi, la seule manière de sauver la monnaie unique serait de donner à la Banque centrale européenne les mêmes prérogatives que celles de la Banque centrale américaine, la Fed. Cette dernière a acheté près de 2 000 milliards de bons du trésor américain.

Visiteur :  Quel est votre avis sur la façon avec laquelle Nicolas Sarkozy (et ses ministres de l’intérieur) a (ont) traité la question des minorités en France ?

Jean-Pierre Chevènement : Ils ont oublié que le peuple français se définit comme un peuple de citoyens. Je suis hostile à la stigmatisation aussi bien qu’à l’instrumentalisation de telle ou telle minorité ou communauté.

J’aimerais dire quelque chose à propos de M. Sarkozy. Tel Tarzan qui saute de liane en liane, il ébaubit le peuple. Mais jusqu’à quand ? Prenons le sommet de Bruxelles. Le Fonds de stabilité européen se révélait insuffisant. On allait créer un véhicule spécial pour attirer les investisseurs internationaux, chinois, brésiliens, américains, etc… et M. Sarkozy de tendre la sébile à M. Hu Jintao [le président chinois] et à Mme Tilma Roussef [la présidente brésilienne].

Que croyez-vous qu’il arriva ? La sébile resta vide. Le mendiant aurait dû ravaler son humiliation. Heureusement, M. Obama, lui-même en mal de réélection, l’a couvert d’éloges. Ceux-ci ont fait oublié l’échec sensationnel du G20 dont personne ne semble encore s’être avisé. Mais maintenant, c’est M. Fillon qui a saisi une autre liane, nous entraînant dans un ballet torride dont les Français commencent à se demander s’il ne serait pas temps de l’arrêter.

Guest : Comment jugez-vous les résultats de la politique industrielle menée ces dernières années ? Que proposez-vous pour les années à venir ?

Jean-Pierre Chevènement : La France a abandonné sa politique industrielle depuis une trentaine d’années. Elle a choisi la monnaie forte et celle-ci a favorisé les délocalisations industrielles.

Une monnaie moins chère est une condition essentielle de la réindustrialisation de la France. Ce n’est évidement pas la seule. Il faut mettre le paquet sur les technologies nouvelles et, d’abord, sur celle du numérique. Sans oublier aucun des secteurs que vous avez mentionnés.

Car comme me le disait un de mes prédécesseurs, Pierre Dreyfus, il n’y a pas de vieilles industries, il n’y a que des technologies obsolètes. Bien entendu, il faudrait canaliser notre épargne très importante, 17 % de notre revenu, vers l’industrie plutôt que vers des placements à l’étranger.

Savez-vous que ceux-ci étaient de 80 milliards d’euros quand j’étais ministre de l’industrie en 1982, et qu’ils dépassent aujourd’hui 1 600 milliards ?

Minitel  : La crise financière, la crise de l’Euro vous donne en grande partie raison. Comment se fait-il alors que votre parti soit si marginal et votre candidature jugée illégitime ?

Jean-Pierre Chevènement : Je ne sais pas si j’ose vous répondre par une citation de Barrès : « Le ventre et l’esprit se nourrissent à des sources différentes ».

AutrePolitique : Peut-on réindustrialiser la France sans quitter l’Union Européenne, qui interdit le protectionnisme ?

Jean-Pierre Chevènement : L’Europe doit se protéger des concurrences déloyales. Elle le pourrait mieux déjà si sa monnaie n’était pas surévaluée de 25 % par rapport au dollar et bien davantage par rapport au yuan. Il sera difficile d’aller vers un protectionnisme européen, compte tenu de l’opposition de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et des PECO. Mais on peut sans doute créer une taxe carbone et maintenir des droits anti-dumpings sur un fondement social ou environnemental.

Ce sont les Etats-Unis qui donneront le la en matière de protection. L’Europe en est malheureusement incapable.

Franck : Vous critiquez l’horizon du triple A, mais quelle alternative proposez vous pour pouvoir continuer a emprunter ?

Jean-Pierre Chevènement : Je propose une action politique vigoureuse auprès de l’ensemble des acteurs politiques et sociaux, en Allemagne d’abord, mais aussi dans les autres pays d’Europe. Le but serait d’élaborer un plan de relance à l’échelle européenne se substituant à la conjugaison d’un grand nombre de plans d’austérité dans pratiquement tous les pays d’Europe.

Pour cela, il faudrait admettre que la Banque centrale puisse faire des avances au Fonds européen de stabilité financière. Les moyens de celui-ci sont dramatiquement insuffisants, avec 250 milliards d’euros disponibles alors que la dette des cinq pays sous tension dépasse 3 000 milliards. L’Italie, aujourd’hui, emprunte à 6,7 % à dix ans.

Ces échéances de dettes en 2012 atteindront 300 milliards d’euros. C’est intenable. On nous a beaucoup parlé de la Grèce, mais l’arbre grec nous cache la forêt de l’euro et d’abord l’arbre italien, sans parler de l’arbre espagnol, de l’arbre portugais et peut-être un jour de l’arbre français.

La deuxième préconisation, c’est un emprunt européen pour financer, par exemple, un plan de transition énergétique, la construction de transports et de villes durables, un grand effort de recherche dans toutes les technologies de l’avenir (biotechnologie, nanotechnologie, énergies nouvelles, etc.).

Marini : L’écologie est-elle un concept incompatible avec la croissance et donc toute sortie de crise ?

Jean-Pierre Chevènement : Non. Encore faut-il s’entendre sur ce que l’on appelle écologie. Si on entend par là la conscience des limites physiques de notre planète, je suis pour. Mais trop souvent, l’écologie sur le plan culturel se présente comme une idéologie de la peur. Cette idéologie s’est développée en Allemagne après la fin de la deuxième guerre mondiale. Un philosophe allemand, Hans Jonas, avait parlé de l’heuristique de la peur. En français, la peur est bonne conseillère.

Cela a donné la société du risque d’Ulrich Beck et puis le principe de précaution qui a été introduit dans notre constitution en 2004, alors que ce principe n’a rien de scientifique. Pour ma part, je reste cartésien, je crois aux ressources de la raison. Je suis pour la liberté de la recherche et je crois que celle-ci peut apporter beaucoup de solutions aux problèmes que nous nous posons et qui peuvent rester provisoirement irrésolus.

L’homme n’a vraiment volé qu’avec Clément Ader puis Louis Blériot. Il a attendu pour cela quelques millénaires.

Lazzuli  : Que pensez-vous de la déclaration de François Hollande qui veut préserver la construction d’un EPR de Flammanville ?

Jean-Pierre Chevènement : C’est l’intérêt de la France. L’électricité d’origine nucléaire est deux fois moins chère que celle qui provient de l’éolien marin. Et cinq à six fois moins cher que celle qui vient du solaire photovoltaïque, dont les panneaux sont fabriqués en Chine. Nous sommes en négociation avec la Grande-Bretagne (six EPR), la Chine (deux EPR), l’Inde (deux EPR), la Finlande, la Pologne, la République tchèque et d’autres pays encore.

Ginette Dugeno  : Voulez-vous faire sortir la France de l’Union européenne ?

Jean-Pierre Chevènement : Non. Mais je pense que l’Union européenne n’est pas mûre pour le fédéralisme. Elle peut être une confédération car les nations européennes sont une famille de peuples.

Il faut faire évoluer avec pragmatisme la construction européenne sans jamais perdre de vue l’objectif qu’avait fixé jadis le général de Gaulle. Une Europe européenne, actrice de son destin qui soit elle-même un pôle dans le monde de demain qu’on nous décrit comme multipolaire. Bien entendu, cette Europe sera à géométrie variable. Il faut avancer avec ceux qui le veulent, conformément à la doctrine posée par la jurisprudence de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

Je regrette que trop peu de Français ne connaissent pas ses attendus. Ceux-ci sont pourtant lumineux. L’Union européenne est une organisation internationale, elle juxtapose une trentaine de peuples et la souveraineté réside dans chacun d’eux. C’est pourquoi les droits du Parlement, en l’occurrence le Bundestag doivent être respectés. Il faut réconcilier l’Europe avec le progrès et avec la démocratie. Voilà ma ligne, elle n’est pas nationaliste, ni souverainiste, elle est tout simplement républicaine.

sim :  Vous êtes candidat à l’élection présidentielle, qu’est-ce qui vous distingue de Nicolas Dupont-Aignan ?

Jean-Pierre Chevènement : Nous n’avons pas le même itinéraire, même si nous pouvons converger sur de nombreux points. J’ai de l’estime pour M. Dupont-Aignan. Je pense néanmoins que sa préconisation de sortie de l’euro a besoin d’être sérieusement étayée, nuancée. Autant, on pouvait être contre le traité de Maastrich, qui a créé la monnaie unique en 1992, autant, aujourd’hui, la monnaie unique est un fait, certes fragile, attaqué de toute part par la spéculation. Mais quand un avion a pris de la hauteur, on ne saute pas par le hublot, on cherche à en prendre les commandes pour atterrir en douceur.

Je me résume. Je souhaite que de cette période très difficile, les peuples d’Europe puissent se sortir à moindres frais.

CMC  : Pourquoi n’avez vous pas été candidat à la primaire socialiste ?

Jean-Pierre Chevènement : Parce que c’étaient des primaires socialistes. Ouvertes, certes, mais le centre de gravité devait inévitablement déboucher sur la désignation d’un candidat social libéral. Sur ce point, François Hollande et Martine Aubry ne se distinguent guère. Arnaud Montebourg est arrivé troisième avec un score remarquable de 17 % qui m’a impressionné.

Je ne suis pas sûr que je l’aurais fait, même si j’aurais fait mieux que 0,6 % comme M. Baylet. Bref, je ne voulais pas me mettre à la merci de l’opinion majoritaire au sein du Parti socialiste ou dans sa mouvance. Je représente une sensibilité républicaine. Je suis un homme de gauche indépendant. Je préfère avoir un dialogue avec les autres partis de gauche. Sans me fondre d’emblée dans une absence épaisse.

Yoann : Que répondez-vous à ceux qui pensent que votre candidature risque de nous faire revivre le même scénario que le 21 avril 2002 ?

Jean-Pierre Chevènement : Le 21 avril 2002, c’est l’extincteur du débat politique. Une fois que l’on a crié « 21-avril », il n’y a plus de place pour argumenter. En 2002, je critiquais déjà l’omnipotence des marchés financiers, je préconisais le redressement de l’Europe, l’élargissement des missions de la Banque centrale européenne au soutien à la croissance et à l’emploi, le renouveau de la politique industrielle, l’affirmation de repères clairs en matière d’éducation, de sécurité et d’intégration. Je n’avais que le tort d’avoir raison trop tôt.

Louloutte : Que pensez-vous de la candidature de Mélenchon ?

Jean-Pierre Chevènement : M. Mélenchon a fait beaucoup de progrès depuis le traité de Maastricht. J’ai de la sympathie pour son effort qui est méritoire. Mais je ne crois pas qu’il sera présent au second tour.

Sim : Quels sont vos points de désaccord avec le Front de Gauche ?

Jean-Pierre Chevènement : Mon principal désaccord est le suivant. Je pense qu’il faut s’appuyer sur la souveraineté nationale pour exercer un effet de levier, en Europe et dans le monde. Accessoirement, bien que ces sujets soient importants, je ne suis pas pour la sortie du nucléaire, qui renchérirait de 50% la facture de l’électricité des couches populaires, auxquelles M. Mélenchon et moi-même nous nous adressons. Et je n’ai jamais été pour une régularisation générale des sans-papiers.

Relique : Quelles mesures soutenues par Hollande ou par Mélenchon pourraient vous permettre de les soutenir ?

Jean-Pierre Chevènement : Je pense que M. Hollande a défini deux axes qui me paraissent justes. La priorité à la jeunesse et à l’éducation et la nécessité d’une réforme fiscale qui réponde au souci de la justice sociale. L’effort est nécessaire, mais il doit être équitablement partagé. Et surtout, il doit avoir un sens. Or, aujourd’hui, M. Hollande comme M. Sarkozy me paraissent prisonniers de l’horizon du triple A.

Jean Bar : Arnaud Montebourg propose que les députés ne puissent être investis après 67 ans. Vous qui le soutenez, ne devriez-vous pas renoncer ?

Jean-Pierre Chevènement : Oui, c’est un léger point de divergence que j’ai avec lui. Beaucoup de nos grands hommes d’Etat avaient dépassé cet âge. Je ne suis pas pour des limites d’âge. Il y a des jeunes qui sont déjà vieux et des vieux qui restent jeunes très longtemps.

Aurélien  : Quel regard portez-vous sur le ralliement de plusieurs de vos anciens soutiens à Marine Le Pen ?

Jean-Pierre Chevènement : C’est le cas d’un seul, Bertrand Dutheil de La Rochère, qui a été exclu dans l’Eure et n’a entraîné absolument aucun militant derrière lui. Dutheil a oublié qu’entre le MRC et le FN, il y a une différence, c’est 1789, la citoyenneté, l’égalité humaine. Valeurs auxquelles nous avons la faiblesse de tenir.

Modeste : Vous engagerez vous à quitter votre appartement du parc social de la Ville de Paris que vous occupez depuis de nombreuses années afin qu’une personne plus nécessiteuse puisse en profiter à juste titre ?

Jean-Pierre Chevènement : Je ne suis pas dans un appartement HLM. Ma situation est parfaitement légale. Je paie le loyer que le bailleur me demande puisque je suis dans un appartement ILN, immeuble à loyer normal. Un homme politique doit s’attendre à toutes les attaques. Et celle-là ne me surprend pas.

Chat Modéré par Eric Nunès et Thomas Wieder

Présidentielle : Chevènement ne veut pas raccrocher

Créé par le 08 nov 2011 | Dans : Battre campagne

RécitL’ancien ministre a officialisé, samedi, sa candidature pour 2012. Une annonce qui rappelle l’échec des socialistes en 2002 et embarrasse le camp Hollande.

Par MATTHIEU ECOIFFIER, PASCAL VIROT dans libé du 7 novembre 2011

En 2002, il promettait, par sa candidature à l’Elysée, de faire «turbuler le système». Dix ans plus tard, Jean-Pierre Chevènement entend faire «bouger les lignes». Il l’a confirmé samedi soir sur France 2 puis hier, dans le Parisien, en officialisant son intention de postuler une seconde fois à la présidence de la République. Et tenter de faire mieux que les 5,33% recueillis en 2002. Certains amis de François Hollande ont aussitôt craint une réédition du 21 avril 2002. Quant au candidat socialiste, qui peut redouter, à l’image de Lionel Jospin, en 2002, une élimination prématurée, il a fait part de son expectative : «Je ne dirais rien qui soit désagréable ou irrespectueux, a confié le candidat socialiste hier à Libération(lire pages 2-4).Cette candidature est-elle utile ? Peut-elle permettre de faire gagner la gauche ? C’est en répondant à ces deux questions que Chevènement décidera ou non du maintien de sa candidature.»

«Défis». Depuis le printemps, le «Che», 72 ans, laissait planer la menace d’une candidature : «Je serai candidat pour faire bouger les lignes», claironnait-il déjà le 4 mai. Souverainiste, hostile au traité de Maastricht et à la Constitution européenne, le sénateur du Territoire-de-Belfort avait alors en ligne de mire la candidature – probable à l’époque – de Dominique Strauss-Kahn. Le forfait du directeur du FMI ne l’a pas fait changer d’un iota. Et la crise de la finance mondiale et de l’euro l’a conforté dans sa démarche. A la télévision, il a justifié sa volonté de franchir le Rubicon en voulant «mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant nous». «Le problème est de savoir ce qu’ont dit les candidats. Moi, j’ai mis en garde contre l’omnipotence des marchés financiers, j’ai proposé de redresser l’Europe […], de fixer des repères clairs dans la sécurité, l’école», a-t-il argué à la télévision.

«J’avais le tort, en 2002, d’avoir raison contre tous et je n’accepte pas que ceux qui ont fait le lit du Front national en se ralliant au néolibéralisme puissent me transformer en bouc émissaire», s’est encore expliqué l’ex-ministre, trois fois démissionnaire.

Au passage, il s’est payé Hollande, «homme intelligent», et se propose de «l’aider à se mettre à la hauteur». Interrogé par Libération, le candidat socialiste a répliqué : «Il s’agit bien de se mettre à la hauteur de l’enjeu. Les leçons de l’histoire existent. La gauche a plusieurs familles. A un moment, il faut savoir si elle veut gouverner la France ou si elle reste dans la contestation, la protestation et la proclamation pour faire de la figuration. Moi, je suis dans la gauche qui veut gagner pour changer la France.»

Chez les proches du député, la candidature du «miraculé de la République», qui a survécu à un grave accident d’anesthésie fin 1998, reste un brin mystérieuse. «Ils se sont vus avec Hollande. Chevènement n’était pas sur cette longueur d’onde. Si le candidat avait été DSK, il y aurait eu une logique à cette candidature», explique un fidèle. Qui craint une érosion du député de Corrèze : «Déjà que François Hollande est surévalué et condamné à s’affaiblir dans les sondages… Je trouve la candidature de Chevènement inutile et pénible.» Un fidèle du Corrézien est plus cruel : «Se lancer sans mouvement, sans argent, à 72 ans, est-ce la peur de mourir, de se faire oublier ? Il pouvait jouer un rôle sans passer par la case candidature. Comme c’est le cas de Jospin et de Rocard qui ont micros ouverts pour exercer leur magistère politique et moral.» Autrement dit, l’ex-ministre de la Défense (de François Mitterrand) et de l’Intérieur (de Lionel Jospin) dispose-t-il d’un espace politique suffisant pour éviter une candidature de témoignage ?

«Pont». L’entourage de Hollande se veut relativement serein : «On verra ce que ça donne dans les sondages, ce que ça peut provoquer. Chevènement est bouffé par Mélenchon, mais il a une stature.» Une analyse qui contraste avec celle d’Arnaud Montebourg, arrivé troisième de la primaire PS. Cette candidature «est parfaitement compatible avec celle de François Hollande, mon travail sera d’aider à faire ce pont» entre les deux, a lancé le député de Saône-et-Loire hier sur Canal +. Montebourg, qui s’était targué du soutien implicite de Chevènement à sa candidature, a conseillé à Hollande de «reprendre une partie des idées» du Belfortain. Reste les 500 parrainages nécessaires pour prendre place sur la ligne de départ de la course élyséenne. De ce point de vue, Chevènement s’est voulu rassurant : «Beaucoup de maires m’ont promis de me soutenir, a-t-il assuré hier dans le Parisien. J’ai déjà la moitié de mes parrainages. Je crois en la dynamique de ma campagne.» Et en sa capacité à secouer le shaker…

Les axes de campagne de M. Chevènement empiètent sur ceux de M. Mélenchon

Créé par le 08 nov 2011 | Dans : Battre campagne

LEMONDE | 07.11.11 | 11h25   •  Mis à jour le 07.11.11 | 18h17

La candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle ? « Une résurgence du passé », « une candidature isolée », « un dernier baroud ». Au Front de gauche, qui réunit le Parti de gauche (PG), le Parti communiste et plusieurs petits partis comme République et socialisme (d’anciens proches de M. Chevènement), certains ne mâchent pas leurs mots.

« C’est un peu daté, lâche Eric Coquerel, ancien secrétaire national du Mouvement républicain et citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement, aujourd’hui au Parti de gauche (PG). Chevènement a été candidat en 2002. Il faut maintenant des réponses neuves. » « Avec sa vision souverainiste de la France, il nous propose de nous renfermer sur nous-mêmes », renchérit Marie-George Buffet, ancienne candidate communiste à la présidentielle en 2007.

Opposant au traité de Maastricht en 1992 puis au traité constitutionnel européen en 2005, M. Chevènement, qui se définit comme un « patriote », explique se sentir « proche » du socialiste Arnaud Montebourg. Et certains de ces thèmes forts – la critique d’une Europe libérale, « la réindustrialisation », « la souveraineté populaire » – rejoignent ceux du Front de gauche.

Une « bonne nouvelle » pour Jean-Luc Mélenchon : « Il va labourer le terrain, nous aider à desserrer l’étau sur nos thèses, comme sur le traité de Lisbonne. Comme Montebourg, il va cristalliser des gens qui ensuite ne reviendront pas mécaniquement dans les rangs socialistes. »

Pour autant, le candidat du Front de gauche affirme ne pas être inquiet : « Je ne crois pas qu’il empiète sur mes idées, estime-t-il. Sur les questions d’écologie ou de politique de relance de l’activité, nous ne sommes pas sur le même terrain. Chevènement n’est pas du tout identifié dans la gauche de la gauche. Toutes les histoires sur les sauvageons sont des souvenirs assez douloureux. Pour moi, il n’est pas un problème, c’est pour le PS qu’il est un. Et peut-être aussi pour une partie de la droite, comme Nicolas Dupont-Aignan. »

SIXIÈME CANDIDAT À GAUCHE

La candidature de M. Chevènement sera la sixième à gauche. En 2002, ils étaient huit, et l’ancien ministre avait été accusé d’avoir fait perdre Lionel Jospin. « On agite la peur du 21 avril 2002 sans avoir tiré les leçons de cette tragédie, et avec seul argument la peur du FN », lance Alexis Corbière, secrétaire national du PG. De plus, au Front de gauche, on ne croit pas vraiment que le « che » aille jusqu’au bout de sa démarche.

Beaucoup rappellent avec gourmandise qu’en 2006, Jean-Pierre Chevènement avait déclaré sa candidature un 6 novembre sur TF1 avant de soutenir, quelques semaines plus tard, Ségolène Royal. « Est-ce qu’il ira au bout ? Permettez-moi d’en douter, avance Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche. Il est vraisemblable qu’il se rallie à Hollande. »

M. Mélenchon estime pour sa part que le sénateur du Territoire de Belfort « n’est pas en état organisationnel et politique d’arriver à trouver les 500 signatures et de partir en campagne ».

Reste que certains préféreraient voir M. Chevènement rallier M. Mélenchon que M. Hollande. Ils n’oublient pas qu’en 2002, l’ancien ministre de l’intérieur de Lionel Jospin avait réuni 5,33 % des suffrages.

« C’est une voix qui compte, reconnaît Eric Coquerel. Mon seul regret, c’est qu’il ait manifestement choisi de vouloir peser sur la candidature de Hollande. Aujourd’hui, il y a le Front de gauche et en termes d’efficacité, ce serait plus utile de nous rejoindre. »

Raphaëlle Besse Desmoulières

Une nouvelle saignée pour l’économie française

Créé par le 08 nov 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

Le Premier ministre a revêtu les habits du Docteur Diafoirus pour administrer une nouvelle saignée à l’économie française. Il s’agit non pas de protéger les Français mais de convaincre les agences de notation et d’enrayer la spéculation. La monnaie unique est un tonneau des Danaïdes où s’engloutit l’effort des Français. Le malade finira par mourir guéri.

Il y avait d’autres moyens : la mobilisation des ressources de la Banque centrale et un plan de relance à l’échelle européenne. Celui-ci permettrait de résorber la dette.

Jean-Pierre Chevènement, le 7 novembre 2011

Présidentielle 2012: La candidature Chevènement reçue sereinement à gauche, le PS espère encore discuter avec lui

Créé par le 06 nov 2011 | Dans : Battre campagne

20 Minutes 

Créé le 06/11/2011 à 18h32 — Mis à jour le 06/11/2011 à 18h55

L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010 à Frangy-en-Bresse.L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010 à Frangy-en-Bresse. Jeff Pachoud afp.com

La candidature de Jean-Pierre Chevènement à l’Elysée a été accueillie …

La candidature de Jean-Pierre Chevènement à l’Elysée a été accueillie sereinement à gauche, notamment dans le camp de François Hollande où l’on espère pouvoir discuter avec le fondateur du MRC, même si la crise de l’euro peut donner du crédit à sa candidature.

«Je ne suis pas candidat contre François Hollande», a lui-même dit le sénateur de Belfort, qui s’est déclaré candidat samedi soir, tout en déplorant que le projet socialiste ne cherche pas «une issue progressiste à la crise».

Evidemment, cette entrée en lice réveille à gauche le souvenir difficile du 21 avril 2002. «Il y a un vrai risque de dispersion des voix», affirme le sénateur PS André Vallini, proche de François Hollande, rappelant que la candidature Chevènement s’ajoute à celles d’Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon.

Scénario à la 2007

Mais le PS mise sur un scénario à la 2007, où l’ancien animateur du courant CERES au sein du parti avait soutenu la candidature de Ségolène Royal, après avoir fait mine de se présenter.

«Il y a encore un espace pour la discussion», veut croire André Vallini, «Jean-Pierre Chevènement a envie d’influer sur la campagne de François Hollande. On peut discuter sur le rôle de la banque centrale (européenne)», dont le candidat souverainiste veut renforcer les missions.

M. Chevènement, porte-parole du «non» de gauche au traité de Maastricht en 1992, refuse tout «saut fédéral» pour l’UE. M. Hollande ne s’est pas exprimé sur la question, fait observer M. Vallini.

«Mon travail sera d’aider à faire ce pont» entre MM. Hollande et Chevènement, a déclaré Arnaud Montebourg, fort de ses 17% à la primaire du PS sur le thème de la «démondialisation» et de la protection des frontières de l’Europe.

«Rendre inutile» la candidature Chevènement

«Le mieux, ce serait que François Hollande reprenne une partie de ses idées», et ainsi «de rendre inutile la candidature de Jean-Pierre Chevènement», espère le député de Saône-et-Loire.

«Plus le temps passe et plus les qualités de ma candidature ressortent», a réagi la candidate écologiste Eva Joly, semblant minimiser la candidature de celui qu’elle qualifie de «nucléocrate » et «souverainiste ».

A droite, l’ex-ministre et ami du chef de l’Etat Brice Hortefeux a salué la candidature d’un de ses prédécesseurs place Beauvau, alors que François Hollande devance encore largement Nicolas Sarkozy dans les sondages.

«Jean-Pierre Chevènement est un homme de gauche, sincère et expérimenté, c’est-à-dire tout le contraire du projet socialiste porté par François Hollande», a déclaré M. Hortefeux sur Radio J.

Loin de vouloir diviser pour continuer de régner, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a choisi l’ironie: «J’ai beaucoup d’admiration pour Jean-Pierre Chevènement, repartir au combat en sachant qu’on fera, quoi, 3, 4, 5 pour cent, c’est une force d’âme qui mérite le respect».

Course aux parrainages

Pour l’instant, le sénateur de Belfort n’est même pas testé dans les intentions de vote, rappelle Gaël Sliman de l’institut BVA.

«Le problème, c’est qu’il est peu audible depuis longtemps. Son image est liée au 21 avril 2002. Les gens pensent à tort qu’il a fait perdre Jospin». Et le politologue de conclure: «cela serait dommage de terminer sa carrière politique en faisant entre 1,5 et 2%».

Déjà candidat en 2002, l’ancien ministre de François Mitterrand et Lionel Jospin avait recueilli 5,3% des suffrages. Dimanche dans le Parisien il a affirmé qu’il était déjà assuré d’«à peu près la moitié» des 500 parrainages de maires nécessaires à sa candidature.

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