Bilan de la campagne présidentielle

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Les mots pour gagner de Nicolas Sarkozy

Créé par le 05 mar 2008 | Dans : Articles de fond, Bilan de la campagne présidentielle, Gouvernement

 Et si la rupture tant promise par Nicolas Sarkozy n’était que linguistique? C’est par cette hypothèse que s’ouvre le livre de Louis-Jean Calvet et Jean Véronis, «Les mots de Nicolas Sarkozy», à paraître jeudi (Editions du Seuil).

Une hypothèse étayée par l’étude, grâce à des outils d’analyse informatique, de plus de 300 discours du ministre et de l’ex-candidat à la présidentielle, entre 2004 et mai 2007, puis du Président, jusqu’au mois de septembre dernier.

Les deux linguistes constatent qu’un virage linguistique s’opère à partir du discours du 14 janvier 2007, date de son investiture au Congrès de l’UMP. Exit les mots «Karcher» et «racaille», les tics nerveux et les lunettes noires. Le futur Président «a changé». Il le répètera dix fois ce jour-là. Derrière ce «tournant décisif dans son vocabulaire et dans sa rhétorique» se cache une plume, celle d’Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.
C’est lui «qui sera en charge pendant la campagne de tous les grands discours généralistes» du candidat, rappellent Louis-Jean Calvet et Jean Véronis. Lui qui opérera cette «vampirisation linguistique» à l’égard des discours de la gauche, citant Blum et Jaurès (50 fois pour le premier, 97 fois pour le second pendant la campagne), de l’extrême droite, s’appropriant le thème de «l’identité nationale» (utilisé près de 90 fois pour 1.000 mots vers la fin de la campagne), et enfin du centre, Nicolas Sarkozy se découvrant  «humaniste» fin 2006.

Les mots pour gagner de Nicolas Sarkozy dans Articles de fond article_humanisme

Ce discours rassembleur, vidant de sa substance celui de ses adversaires, a pu se résumer en un seul mot, prononcé 22 fois un peu avant la victoire (le 23 avril à Dijon): «l’ouverture». Henri Guaino, «le ventriloque», et «sa poupée», Nicolas Sarkozy, ont alors achevé de couper l’herbe sous le pied des autres candidats pendant la campagne, puis de l’opposition après sa victoire.

Une question se pose, formulée ainsi par les auteurs de l’ouvrage: «Si un autre qu’Henri Guaino avait été aux commandes sémantiques et lexicales de sa campagne ( …), aurait-il au bout du compte gagné?» Et de citer quelques boulettes d’un Nicolas Sarkozy retrouvant son autonomie sur TF1 en février 2007 et évoquant «ces moutons qu’on égorge dans les appartements». L’inverse est vraie, quand le candidat s’aperçoit juste avant de monter sur scène de la «mauvaise foi» d’une phrase choc sur l’école («Entre Jules Ferry et mai 1968, ils ont choisi mai 1968»).

Après l’élection, «le duo Sarkozy-Guaino semble n’avoir plus aussi bien fonctionné», estime Jean Véronis, du discours de Dakar en juillet 2007, «porteur d’une vision anthropologique rétrograde» aux récents dérapages verbaux qui ont fait chuter la cote de popularité du Président. Mais selon le linguiste, «c’est surtout le décalage entre la rupture annoncée et incarnée par le discours et la politique menée après l’élection qui est à l’origine de cette baisse dans les sondages. Il(s) n’aurai(en)t pas tant promis, même à la gauche avec la fameuse ouverture, la chute serait moins dure», affirme-t-il à 20minutes.fr.

Sorti des chiffres et des analyses linguistiques sur la forme, Jean Véronis ne voit aucun signe de rupture sur le fond: «Sur le plan économique, Nicolas Sarkozy reste sur une tendance gaulliste-social à la Jacques Chirac et sur le plan des mœurs, il mène une politique conservatrice à l’américaine». Les mots vont-ils dès lors se transformer en maux? «L’avenir (à commencer par les échéances électorales de dimanche, ndlr) nous le dira», conclut le livre.

Catherine Fournier

20Minutes.fr, éditions du 05/03/2008 – 14h12

Main basse des « néolibéraux » sur l’Etat de droit

Créé par le 28 fév 2008 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, a4-Le blog citoyen croque la droite, Bilan de la campagne présidentielle

Comme elles paraissent archaïques ces discussions académiques du siècle passé entre libéraux, défendant l’Etat de droit, et marxistes, appuyant la dénonciation du libéralisme sur la critique des libertés formelles.

Le léninisme nourrissait encore une approche monolithique de l’Etat – entendu comme appareil répressif entièrement au service de la domination de classe – dans de larges fractions d’une intelligentsia européenne sous influence marxiste. Il est vrai qu’en Europe, la crise des dictatures, annoncée par Poulantzas, n’avait pas encore atteint son apogée. L’Espagne franquiste, le Portugal de Salazar et la Grèce des généraux illustraient tristement la répression brutale des masses par une violence des Etats fascistes au service des intérêts des classes dominantes, quelque trente ans après la chute des régimes fascistes italien et allemand et la Libération de la France. Ces modèles ne résistèrent pas, fort heureusement, à la pression des revendications démocratiques et populaires.

Tandis que Lénine exprimait sa conception univoque de l’Etat et frontiste de la Révolution, Jaurès avait pourtant très vite vu juste en théorisant sur l’Etat, expression des rapports de classes, sans pour autant gommer son rôle dans le maintien de l’hégémonie bourgeoise. D’où l’insistance du militant de l’unité des socialistes à promouvoir l’épanouissement de la République laïque et sociale, incarnation du socialisme. Et c’est Gramsci, tout en se revendiquant paradoxalement de Lénine, qui mit à nu – dans ses cahiers de prison sous la dictature fasciste de Mussolini – les mécanismes de la domination idéologique et culturelle véhiculée par les grands intellectuels (universitaires) et les couches de petits intellectuels (prêtres, instituteurs…) agrégées dans le bloc au pouvoir de la bourgeoisie. Cette hégémonie, assurant la cohésion idéologique et créant un consentement au pouvoir en place, pouvait donc modérer l’usage de la violence d’Etat, dans les pays connaissant une société civile développée, à la différence de la société civile gélatineuse de la Russie de Lénine. Cette analyse ouvrait la voie au combat pour l’hégémonie culturelle du prolétariat qui devait précéder une prise de pouvoir hors des schémas léninistes. Ces analyses n’enlèvent rien à la réalité du « monopole de la violence légitime » qui caractérise l’Etat pour reprendre les termes des constitutionnalistes libéraux. Le philosophe communiste Althusser, dans sa critique des appareils idéologiques d’Etat, nourrissait la réflexion sur l’Etat quand son parti, dénonçant le capitalisme monopoliste d’Etat, ralliait, à l’instar des Italiens, toujours précurseurs, une voie nouvelle et pacifique vers le socialisme, respectueuse de la légalité, du pluralisme et des libertés publiques. Mais à l’époque, la droite avait beau jeu de renvoyer l’opinion aux réalités du socialisme soviétique, pourtant lui-même largement critiqué de longue date au sein même de la gauche et de l’extrême gauche. L’histoire a tranché ce débat et la gauche française sut accompagner les mutations de la société par une éclosion de nouveaux droits trop souvent récupérés par la sphère marchande ( radios libres, chaînes privées, etc. ).

En France, le néolibéralisme constitue aujourd’hui, à bien des égards, une menace pour la tradition démocratique républicaine. Les débats qui traversent l’actualité en sont une illustration symptomatique. La remise en cause ouverte de la laïcité participe d’une entreprise idéologique néo-conservatrice, soucieuse de subvertir les valeurs de progrès et de modernité. L’atteinte aux principes de base de l’Etat de droit – non rétroactivité de la loi pénale, respect de la Constitution, indépendance du pouvoir judiciaire – prépare un retournement complet des rapports entre le pouvoir et le droit. Ce dernier subit les assauts répétés d’un président qui confond la modernité avec la liquidation d’un héritage précieux : celui de la République. On relève plus que jamais la pertinence de ce modèle, cher à la gauche, dans la résistance au néolibéralisme qui remet en cause le modèle social et les libertés au nom du marché et d’un retour à je ne sais quel ordre moral. Le combat politique passe par la capacité de la gauche à souder un vaste front social et culturel républicain pour mettrre à mal cette entreprise néolibérale et néo-conservatrice qui s’attaque purement et simplement à notre Etat de droit.

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Le néolibéralisme et le néo-conservatisme désactivent la démocratie

Créé par le 26 jan 2008 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, a4-Le blog citoyen croque la droite, Bilan de la campagne présidentielle

Le vocabulaire de la gauche radicale et mouvementiste emprunte souvent les termes de néolibéralisme et de néo-conservatisme pour désigner le système socio-économique et idéologico-politique dans lequel prospère le capitalisme financier légitimé par l’idéologie d’un nouvel ordre moral (3). L’analyse des relations entre capitalisme et posture morale n’est pas nouvelle. Le puritanisme protestant d’Outre-Manche et d’Outre-Rhin paraissait ainsi plus conciliable avec les processus d’accumulation du capital et de recherche du profit que le catholicisme romain, culturellement hostile à l’accumulation des richesses comme fin en soi. Le circuit du capital – « argent-marchandise-argent » qui permet à l’argent de faire des petits (A-M-A’) – , mis à nu par Karl Marx, s’épanouissait sans entraves auprès des anglo-saxons alors qu’il devait combattre, auprès des latins, bien des préjugés moraux hérités de la dénonciation de la recherche effrénée du profit (2). Pour Max Weber, cette attitude mentale fondait la tentative d’explication de l’avancée relative du capitalisme des pays anglo-saxons.

Aujourd’hui le retour à l’ordre moral pourrait apparaître, d’une certaine façon, comme antinomique de l’explosion et de la sacralisation du marché, ce Veau d’or des sociétés occidentales. Dans sa préface à l’ouvrage de Wendy Brown, récemment traduit en français, « Les habits neufs de la politique mondiale – néolibéralisme et néoconservatisme », Laurent Jeanpierre nous éclaire sur les rapports complexes du néolibéralisme et du néo-conservatisme (1). Ce dernier serait en réalité « une virtualité inhérente à la rationalité politique néolibérale », étudiée jadis par Michel Foucault sous le terme de « gouvernementalité ». Ces concepts peuvent se définir comme « conduite des conduites ». « Ils réunissent, nous dit Jeanpierre citant Foucault,  » l’ensemble constitué par les institutions, les procédures, les analyses et les réflexions, les calculs et les tactiques » qui permettent d’imposer des normes de comportement à des individus et des groupes. » Le néolibéralisme étant pour Brown « l’ensemble des techniques de contrôle d’autrui et de soi par accroissement des choix plutôt que par diminution de la liberté, ou plutôt par accroissement des choix ( et réduction de la liberté à l’acte de choisir), non seulement la liberté se doit d’y être autolimitée mais elle ne peut l’être désormais qu’en étant moralisée. » Ces analyses nous éclairent sur les processus en oeuvre d’intrusion du religieux dans l’espace public de notre France laïque que N. Sarkozy vilipende et voue aux gémonies devant le Pape et la dynastie souveraine d’Arabie saoudite. A nous de décrypter le sens de ces processus pour les délégitimer, faute de quoi, ils pourraient asseoir durablement l’hégémonie des néo-cons, indispensable semble-t-il aux avancées du néolibéralisme. Avec cet ouvrage de Wendy Brown, il y a ainsi matière à méditer car sous les coups de buttoir et les effets conjugués du néolibéralisme et du néo-conservatisme, c’est la démocratie qui succombe ! Cette démocratie inventée à Athènes et remise à l’honneur par les courants républicains dans le sillage des Lumières avant que les libéraux n’en usurpent plus tard toute la paternité.

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(1) Wendy Brown : « Les habits neufs de la politique mondiale – néolibéralisme et néoconservatisme » ; édition les prairies ordinaires ; novembre 2007.

(2) Le taux de profit est le rapport du profit au capital, lequel intègre capital constant (locaux, machines, matières premières etc.) et capital variable (salaires). La baisse tendancielle du taux de profit est liée à l’augmentation de la composition organique du capital, c’est-à-dire de la modification du rapport entre capital constant et capital variable au détriment du capital variable seul créateur de plus-value. Absolue (plus de temps volé) ou relative (captation des gains de productivité liés à l’augmentation de l’investissement – en quelque sorte le travail mort – et à l’organisation du travail), la plus-value est en effet extorquée aux travailleurs sous forme de sur-travail (non rémunéré).

Selon les économistes marxistes, cette modification est une contradiction forte du capitalisme qui continue cependant à accroître ses profits malgré cette tendance en trouvant de nouvelles formes d’exploitation à l’âge de l’impérialisme et des monopoles – pillage du tiers monde, spéculation financière accrue avec la globalisation, etc. – ou de nouveaux cadres d’intervention – le capitalisme monopoliste d’Etat (CME) qui assure une certaine socialisation des coûts par la collectivité nationale (industrie nationale permettant des tarifs bas pour les entreprises – électricité, transport, infrastructures, etc.- des prestations sociales et de services liés à la reproduction de la force de travail – couverture sociale, chômage, santé, vieillesse, hôpitaux, éducation nationale, etc). Ainsi externalisés, ces coûts ne rentrent plus dans la composition du capital. Cependant une partie d’entre eux sont à la charge des entreprises du fait des prélèvements sociaux obligatoires, sorte de salaires différés.

Aujourd’hui, la théorie du CME n’est plus à même de traduire la réalité du nouveau capitalisme à l’âge de la globalisation. Annoncée par Lénine et en vogue jusqu’à la fin des années 70, cette théorie analysait la connivence entre le grand capital monopolistique – national et international – et l’Etat. La sphère publique prenait en charge les activités non rentables et les investissements collectifs lourds, facilitant la rentabilité des grandes entreprises, ainsi allégées dans leurs coûts de production tandis que les commandes publiques dans des secteurs porteurs assuraient d’importants débouchés. La réalité actuelle a sensiblement modifié les rapports entre l’Etat et les monopoles. D’une part, l’internationalisation du capital et l’interpénétration des économies se sont considérablement développées, rendant plus difficile la régulation étatique nationale, d’autre part, la globalisation financière a radicalement réorienté les stratégies des entreprises, à la recherche de placements financiers spéculatifs plus rémunérateurs que l’investissement productif – d’où le phénomène des licenciements boursiers. La socialisation des grands moyens de production à l’échelle nationale promue par les théoriciens du CME n’est donc plus une réponse pertinente, la gauche gouvernementale ayant par ailleurs totalement renoncé à mener une politique industrielle dans le cadre d’une planification démocratique. L’Etat perd la maîtrise des secteurs bancaires, énergétiques et productifs et remet en cause sa sphère d’intervention sociale, laissant plus de place à la régulation par le marché dans un processus de financiarisation de l’économie. Xavier DUMOULIN le 07/12/04

(3) Mon article dans ce blog sur les sept piliers du néolibéralisme

Dans son manifeste altermondialiste, l’association ATTAC développe ses analyses pour servir le débat public. L’introduction est réservée au diagnostic du néolibéralisme.

Le premier pilier du néolibéralisme c’est le libre échange et la libre ciculation des capitaux, les deux facettes du même processus de marchandisation du monde. L’OMC assure une concurrence directe des travailleurs et des systèmes sociaux et exacerbe les contradictions entre les pays du centre et ceux de la périphérie. On assiste au laminage des souverainetés populaires, à l’apauvrissement des peuples soumis aux plans d’ajustements structurels imposés par le FMI et la Banque mondiale. L’Union européenne s’attache aux mêmes objectifs, soumettant ses états à la concurrence libre et non faussée. L’affirmation des souverainetés populaires est nécessaire pour contrer ce processus.

Le deuxième pilier est une approche de la nature comme réserve inépuisable et comme dépotoir. Elle se traduit par l’accaparement des ressources naturelles et de la biodiversité par les multinationales du Nord et des pays émergents tandis que les pays pauvres du Sud sont voués à accueuillir les déchets polluants et dangereux et sont surexposés aux changements climatiques. La réponse est dans l’affirmation des biens publics et communs (eau, énergie,etc.).

Le troisième pilier est la mise sous tutelle de la démocratie. Le néolibéralisme affirme le lien entre les libertés économiques et politiques en taisant les contre-exemples (Chili de Pinochet ou Chine). ATTAC dénonce la politique africaine de la France dictée par des considérations économiques ( pétrole et phosphate). Pour libérer la démocratie de ses tutelles il faut de nouvelles formes de participation populaire, une formation à la citoyenneté garantie par l’éducation, le droit d’être informé et le droit d’informer.

Le quatrième pilier c’est les politiques publiques au service des propriétaires du capital. Les dérégulations publiques profitent au tout marché. Les politiques publiques garantissent l’attractivité des territoires pour les entreprises par la stabilité de la monnaie, les taux d’intérêts élevés, la circulation des biens, des services et des capitaux. Les politiques publiques sont aussi internationales : FMI, Banque mondiale et OCDE formée des trente pays les plus riches et dont les études et les préconisations apparaissent comme une machine de guerre idéologique pour la promotion des politiques libérales.

Le cinquième pilier c’est le pouvoir absolu des actionnaires dans l’entreprise qui marque une rupture avec les modes de gestion de l’après-guerre fondés sur un compromis entre les entreprises, les pouvoirs publics et les syndicats. Les actionnaires recherchent le profit au détriment de l’investissement. Les transactions financières et les opérations sur le marché des changes s’opèrent dans un marché mondial dérégulé qui tue la démocratie sociale : licenciements boursiers, délocalisations, absence de démocratie dans les entreprises.

Le sixième pilier c’est la guerre permanente et les politiques sécuritaires. La guerre sert le contrôle des ressources énergétiques avec l’appui des régimes réactionnaires chez qui prospère le fondamentalisme. Le rôle des Etats Unis et même de la France est dénoncé par ATTAC.

Le septième pilier relève du formatage des esprits. La mondialisation est présentée comme inévitable et souhaitable. L’entreprise idéologique est conduite sous l’égide des grands médias, des élites administratives, politiques et parfois syndicales. Elle s’appuie sur la critique du totalitarisme et du populisme (stigmatisation de la politique de Chavez). Elle développe sa légitimité dans l’industrie américaine du cinéma porteur de l’ « american way of life ». Le refus de l’impérialisme culturel et linguistique par la promotion de la diversité des cultures et des langues constitue la réponse à cette offensive.

Nous prolongerons ces analyses fort intéressantes dans des prochaines notes qui aborderons la lutte contre toutes les dominations, l’Europe et la démocratie. Ce diagnostic introductif permet de mieux cerner le néolibéralisme. Ce manifeste est disponible en librairie. « Manifeste altermondialiste » aux éditions mille et une nuits, janvier 2007 (2,50 euros). Xavier DUMOULIN le 20/01/07

P.S : Dans Libé du  28 janvier 2008 : «Une marche festive» plutôt timide à Paris, «une journée d’action globale» plutôt tentaculaire dans le monde. C’est un premier bilan du Forum social mondial 2008 décentralisé. S’ils étaient un millier à battre le pavé à Paris au rythme de la batucada, la mobilisation contre la «précarisation des vies» et «la destruction de la planète» a capitalisé plus de 700 événements dans plus de 80 pays, à travers une foultitude de forums, d’ateliers, de performances et de discussions pour «un autre monde» possible. Le prochain FSM se déroulera à Belém, au Brésil, sur les terres de la première édition, en 2001, à Porto Alegre.

Trois élections présidentielles : démocratie «moderne» et refondation républicaine de la gauche

Créé par le 31 août 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Blog du Che, Le Che

JPC Dans ce long texte, Jean-Pierre Chevènement étudie l’« américanisation » de la vie politique à travers médias et sondages, propose une analyse comparée des trois dernières élections présidentielles (1995, 2002, 2007), revient sur la campagne présidentielle de 2007 et les contradictions non tranchées du Parti socialiste, et estime enfin que le PS doit résoudre son problème avec la nation.

Rapport préparatoire de Jean-Pierre Chevènement au colloque « La démocratie peut-elle survivre au système politico-médiatico-sondagier ? » organisé par la Fondation Res Publica le lund 10 septembre 2007 à la Maison de la chimie à 18h.I – L’« américanisation » de la vie politique à travers médias et sondagesLe fonctionnement de la démocratie a été profondément bouleversé par le rôle croissant des médias et, depuis quarante ans, des sondages.Ce système médiatico-sondagier a-t-il sonné le glas de la démocratie classique, où le citoyen éclairé par la raison, ou si l’on préfère guidé par son bon sens, décide, après un débat républicain argumenté, de ce qui lui paraît bon pour l’intérêt général ? Le rôle de la télévision paraît écrasant : l’Ecole permet-elle encore l’exercice de l’esprit critique ? Peut-on soutenir que la réintroduction de l’éducation civique, opérée en 1985, pèse de quelque poids dans l’élaboration de la volonté générale ? Que reste-t-il du rôle de médiation des intellectuels ! Reste-t-il d’ailleurs des intellectuels ? Et quelle est la place, dans la formation de l’esprit public, de la presse écrite dont le tirage diminue sans cesse ? La télévision semble jouer dans l’information le rôle des divisions blindées en 1940.

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«On est passés à une bataille d’images »

Créé par le 30 juil 2007 | Dans : Articles de fond, Bilan de la campagne présidentielle

Christian Delporte, professeur d’histoire, analyse les rapports entre politiques et médias :

Par NATHALIE RAULIN

QUOTIDIEN : lundi 30 juillet 2007

Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Christian Delporte (1) est directeur de la revue le Temps des médias. Il explique les raisons pour lesquelles la pipolisation de la vie politique s’est accentuée en France.

Cette campagne, plus qu’aucune autre précédemment, a été rythmée par l’intimité des deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Est-on entré dans l’ère du tout people ? 

Il n’y a pas de rupture. Ce qu’on appelle aujourd’hui «pipolisation des hommes politiques», s’appelait «politique-spectacle» dans les années 70 et «américanisation de la politique» dans les années 60 ! Quand Lecanuet posait pour les photographes avec femme et enfants ou en ciré jaune sur son voilier, c’était un signe avant coureur de cette pipolisation. Les Américains avaient montré le chemin. La campagne de Kennedy au début des années 60 est à cet égard instructive : il n’hésite ni à s’entourer de stars du show-business ni à jouer de l’image de sa femme pour donner à voir un couple idéal. Il est sans doute un des premiers à utiliser la médiatisation de son intimité à des fins de communication politique. En revanche, le phénomène a pris ces dernières années une autre dimension.

Comment expliquer cette nouvelle starisation ? 

La personnalisation de la vie publique, inscrite dans les institutions de la République, en est le socle : la présidentielle place les individus au centre du débat. Plusieurs facteurs se sont conjugués pour renforcer cette caractéristique institutionnelle. Avec l’affaissement des clivages idéologiques, on est peu à peu passés d’une bataille d’idées à une bataille d’images. Pour que ce mouvement s’opère, deux conditions techniques devaient être remplies : il fallait disposer de puissants médias d’image et d’instruments de mesure. A partir des années 60, les sondages commencent à évaluer l’image personnelle des hommes politiques et la télévision se répand dans les foyers français. Le phénomène n’a été qu’en s’amplifiant, au point qu’aujourd’hui toute la politique se fait à la télévision. La défiance croissante de l’opinion publique vis-à-vis des politiques et la crise durable de la démocratie de représentation ont consolidé la tendance. Peu à peu, les téléspectateurs ont déserté les émissions et débats politiques, obligeant les hommes politiques à chercher d’autres espaces pour toucher leurs électeurs.

La faute au voyeurisme des médias ? 

On peut accuser les médias, mais rien ne se fait sans le consentement des hommes politiques. Le début de «l’Etat spectacle», la formule est de Roger-Gérard Schwartzenberg, remonte aux années 60. Avec le départ de De Gaulle et l’arrivée de Pompidou à l’Elysée, on change d’âge politique en changeant de principe de gouvernement : le leitmotiv n’est plus «je vous guide parce que je suis l’Histoire» mais «je vous guide parce que je suis comme vous». On n’imagine pas de Gaulle en people ! Pompidou, lui, déclare vouloir être un président «humain», «proche des Français», et marque le début de son septennat en faisant plusieurs fois la une de Paris Match aux côtés de son épouse. En avril 1970, les Pompidou invitent les caméras de télévision jusque dans leur maison de campagne, à Cajarc : les Français découvrent un président à leur image, en famille, qui pouponne et appelle sa femme «Bibiche». Cette proximité factice a contribué à banaliser la politique. La pipolisation actuelle n’est que le résultat de la désacralisation de la politique.

Tout de même, on a le sentiment d’avoir récemment franchi de nouvelles bornes. 

L’ambition présidentielle de Sarkozy a beaucoup joué. Longtemps, seul le chef de l’Etat a exposé son intimité dans les médias. Parfois à outrance, comme VGE. Sarkozy est le premier à avoir nettement transgressé cette règle : en 2002 dans une émission d’ Envoyé spécial, il dévoile son intimité, Cécilia, le petit Louis. Il s’agit pour lui de remonter sa cote de sympathie, alors assez basse, dans l’opinion. Les médias se sont précipités dans la brèche. C’est d’ailleurs une grande tradition de la presse populaire depuis la fin du XIXe siècle que de publier des échos sur les coulisses du monde politique. Cela fait vendre. Un seul exemple : quand, en couverture, VSD exhibe Ségolène Royal en maillot de bain en août 2006, le magazine multiplie ses ventes par trois !

(1) La France dans les yeux, une histoire de la communication politique de 1930 à nos jours. Flammarion.

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