Bilan de la campagne présidentielle

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« Etroit Sarkozy » par Eric Dupin

Créé par le 08 mai 2007 | Dans : Articles de fond, Bilan de la campagne présidentielle

Sur son blog, Eric Dupin, journaliste politique talentueux qui a su anticiper dans de remarquables réflexions le paysage idéologique de la France du deuxième tour, livre son analyse du vote du 6 mai. http://ericdupin.blogs.com/  Dans les analyses livrées sur son blog, nous ne partageons pas du tout sa sévérité excessive à l’égard de la campagne de Ségolène Royal. En revanche nous apprécions et recommandons nombre de ses pertinentes analyses développées dans son dernier ouvrage « A droite toute », Fayard, 239 p, janvier 2007.

La droite a remporté une victoire franche le 6 mai 2007, mais elle n’a pas envahi le territoire de la gauche. Les 46,9% des suffrages exprimés recueillis par Ségolène Royal témoignent de la résistance d’un camp qui s’est senti menacé par la dynamique électorale de Nicolas Sarkozy. C’est un vote identitaire et défensif qui a permis à la candidate de gauche d’échapper à une défaite trop cuisante.
    Alors que 63% des électeurs de Sarkozy ont voulu manifester dimanche leur « adhésion à ce candidat », ce n’est le cas que pour 47% de ceux qui ont choisi Royal. La motivation du « refus de l’autre candidat » (50%) l’emporte dans l’électorat de cette dernière. Les employés et surtout les ouvriers, qui ont majoritairement voté à gauche, sont les catégories sociales qui ont le plus fréquemment émis un vote de refus et non d’adhésion.
    Les reports de voix montrent que la polarisation droite-gauche a pleinement fonctionné dimanche. La traditionnelle échelle d’auto-positionnement droite-gauche garde toute sa pertinence : 91% des électeurs qui se situent « au centre gauche » ont voté Royal tandis que 92% de ceux qui se placent « au centre droit » choisissaient Sarkozy. C’est ainsi que l’électorat de François Bayrou s’est divisé en deux parties égales. Les uns ont rejoint la gauche et les autres la droite, chacun tombant du côté où il penchait. Le centre n’apparaît alors que comme un lieu instable soumis en dernière analyse à la bipolarisation.
    Les extrêmes ne se sont pas plus évadés de la dialectique droite-gauche, n’en déplaise à Jean-Marie Pen. Dans une proportion équivalente de l’ordre des deux tiers, la grande majorité des électeurs d’extrême droite et d’extrême gauche a conforté le candidat de son camp.
    Les frontières traditionnelles se retrouvent dans l’analyse sociologique du vote. En dépit de ses efforts pour conquérir l’électorat populaire, particulièrement courtisé au cours de cette compétition présidentielle, Sarkozy n’a guère réussi à déborder du territoire classique de la droite. Le profil sociologique du vote en sa faveur est même nettement plus étroit que celui de Jacques Chirac en 1995. L’homme de la « fracture sociale » avait alors séduit une majorité de jeunes électeurs. Son successeur, pour sa part, ne devient majoritaire qu’à partir de 50 ans. Avec seulement 40% des suffrages des 18-24 ans, Sarkozy obtient quinze points de moins que Chirac dans cette tranche d’âge. Le candidat de l’UMP renforce, à l’inverse, ses positions chez les électeurs les plus âgés pour culminer à 64% chez les plus 65 ans. On note que les électeurs de plus de 50 ans constituent 52% de son électorat contre seulement 37% de celui de Royal.
    Sarkozy n’est majoritaire que chez les retraités et inactifs (58%) ainsi que dans la catégorie traditionnellement très marquée à droite des artisans, commerçants et chefs d’entreprises (82%). Royal domine dans l’ensemble des catégories salariées, des cadres aux ouvriers même si l’on remarque que la sous-catégorie des salariés du secteur privé à majoritairement voté à droite. Il n’empêche que Sarkozy a perdu du terrain, toujours par rapport à Chirac, chez les employés et les ouvriers où la gauche a respectivement recueilli 57% et 59% des suffrages. Royal est parvenue à garder le soutien des milieux populaires qui avaient massivement voté à gauche lors des régionales et des européennes de 2004.
    Le candidat de l’UMP a néanmoins marqué des points dans une fraction de cet électorat populaire. La droite progresse par rapport à 1995 parmi les électeurs du niveau d’éducation le plus modeste. On remarque aussi que Sarkozy, s’il obtient son meilleur score dans la tranche des plus hauts revenus, a été majoritaire parmi les Français aux ressources les plus limitées.
    Géographiquement, les territoires de chaque camp sont également respectés. Les zones de forces de Sarkozy ressemblent à celles de Chirac d’il y a douze ans, à l’exception des départements proches de la Corrèze où se situait le fief du président sortant. Le candidat de l’UMP obtient cependant des scores plus élevés que son prédécesseur dans le Nord-Est de la France où Le Pen avait enregistré ses meilleurs résultats le 22 avril. Ce sont généralement dans les départements où le FN reste le plus influent que Sarkozy progresse le plus d’un tour à l’autre.
    La carte du vote Royal de second tour trahit également l’influence des reports de voix. La candidate du PS a progressé à la fois dans les départements où la « gauche non socialiste » avait été la plus présente, comme l’Allier ou le Cher, mais aussi dans les zones de forces de Bayrou comme l’Ouest breton.
    Les événements des derniers jours de la campagne ont pesé sur le résultat final sans qu’ils aient profondément bousculé les rapports de forces. Le fameux débat du 2 mai semble avoir avantagé Sarkozy mais dans des proportions relativement équilibrées: il est cité comme un événement qui a compté dans le vote de 38% des électeurs de Sarkozy et dans 31% de ceux de Royal. De même, 15% de ceux qui ont voté pour le candidat de droite disent avoir fait leur choix « après le débat entre les deux candidats » contre 12% de ceux qui se sont prononcés en faveur de la candidate de gauche.
    Si Sarkozy a réussi à créer une dynamique d’adhésion en sa faveur, une hostilité personnelle à son endroit a limité l’ampleur de son succès. Les électeurs de Royal qui ont d’abord voté pour s’opposer à lui ne citent son « programme » qu’en troisième raison après « certains propos qu’il a tenus » et « sa personnalité ». La stratégie du « tout sauf Sarkozy » était insuffisante pour assurer la victoire de la gauche mais le nouveau président de la République devra tenir compte des réticences d’une partie importante de la population envers lui. Son élection ne suscite d’ailleurs pas un large enthousiasme dans l’opinion : seulement 50% des électeurs se disent « satisfaits » de sa victoire contre 41% de « mécontents ».
    Les limites du succès de Sarkozy se lisent encore au travers de son pourcentage par rapport aux votants. Les bulletins blancs et nuls ont représenté 4,2% des votants (soit à peu près autant qu’en 2002 et 1995). Le candidat victorieux a recueilli 50,8% des suffrages des électeurs qui se sont rendus aux urnes dimanche. C’est toutefois mieux que Chirac qui avait été élu, en 1995, sans obtenir la majorité absolue des votants…

Article publié dans Le Figaro du 8 mai 2007.

HENRI EMMANUELLI. — Le député des Landes juge « irresponsables » les critiques en interne et prend date pour l’après-législatives

Créé par le 08 mai 2007 | Dans : Battre campagne, Bilan de la campagne présidentielle

« C’est le premier secrétaire qui doit mener la bataille »

: Lionel Niedzwiecki

du journal « Sud Ouest »

Loin de l’agitation parisienne, Henri Emmanuelli a passé la journée d’hier à son domicile de Laurède, au coeur d’une Chalosse qui a voté à plus de 55 % pour Ségolène Royal. Le député socialiste a examiné les résultats à la loupe. Il dit prendre « le temps de la réflexion et de l’analyse » avant de se rendre à Paris, en fin de semaine, pour assister au conseil national du PS. « Je souhaite que samedi nous débattions librement mais de façon sereine, avec un seul objectif : réaliser le meilleur score possible aux législatives. » La sérénité n’est pourtant pas de mise à gauche, où déjà tensions et zizanie menacent. Les salves de Laurent Fabius et surtout de Dominique Strauss-Kahn, dès l’annonce des résultats dimanche soir, ont agacé le président du Conseil général des Landes. « Je trouve ça inconvenant. La candidate a fait tout ce qu’elle a pu. Donner le sentiment que l’on profite d’une défaite pour se pousser du col et faire passer son positionnement futur avant la bataille immédiate est non seulement regrettable, c’est tout simplement médiocre ! »

Survie démocratique. Comme il l’avait fait au moment de la campagne de désignation, le député landais en appelle à François Hollande. Il demande au numéro un du parti de reprendre le gouvernail et de le tenir fermement. « La candidate a bien sûr sa place dans le dispositif, mais c’est le premier secrétaire qui doit à présent mener la bataille. L’enjeu est de taille. Il s’agit de s’adresser à toutes celles et ceux qui refusent une concentration des pouvoirs dans ce pays. Nous sommes dans une perspective de rééquilibrage politique, condition essentielle de la vie et de la survie démocratique. »
Henri Emmanuelli ne mettra pas sur le tapis, samedi, son grand parti progressiste. « Le processus devra s’enclencher rapidement, mais après les législatives. » Pour autant, il ne cédera rien sur l’orientation politique. « Nicolas Sarkozy a mené une campagne idéologique qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Face à cette droite dure, la gauche ne doit pas être équivoque. Plus que jamais, après cette élection, je considère qu’il existe un camp progressiste et un autre conservateur. Et ce n’est pas une vision manichéenne de la politique. Après, je n’ai nulle envie de jouer les gardes-barrières. C’est à chacun de se reclasser. »

Jean-Pierre Chevènement souhaite voir naître un grand parti qui récupère les valeurs républicaines : «La gauche doit savoir où elle habite»

Créé par le 08 mai 2007 | Dans : Articles de fond, Bilan de la campagne présidentielle, Blog du Che, Débats autour de la refondation de la gauche, Le Che, Projet politique

Présidentielle La bataille à gauche Jean-Pierre Chevènement souhaite voir naître un grand parti qui récupère les valeurs républicaines :

«La gauche doit savoir où elle habite»

Par Renaud DELY

QUOTIDIEN LIBERATION : mardi 8 mai 2007

      

Pilier de la campagne de Royal, Jean-Pierre Chevènement plaide pur un nouveau «grand parti de gauche rassembleur» qui n’exclue pas de nouer des alliances au centre.

Cette défaite, c’est la faute de la candidate, de la stratégie, du projet ? 

Très clairement, ce n’est pas de la faute de la candidate, qui a donné le meilleur d’elle-même. C’est le résultat de l’état relatif de la gauche et de la droite. Nicolas Sarkozy a su, depuis des années, détourner un certain nombre de valeurs républicaines : le travail ­ c’est un comble ! ­ l’effort, le mérite, la nation même, valeurs que la gauche n’aurait jamais dû laisser choir. Notre candidate a cherché à les récupérer. Elle a insisté sur l’indissociabilité des droits et des devoirs, le «gagnant-gagnant», le refus de l’assistanat. Mais elle ne pouvait, à elle seule, pallier en peu de mois l’insuffisance d’une réflexion et d’une action collectives.

Une panne qui remonte au désastre du 21 avril 2002 ? 

Bien avant. Depuis la fin des années 80, le PS n’a pris aucune distance avec son tournant social-libéral. Il ne l’a ni critiqué, ni assumé. Il n’a pas fait sa conversion républicaine, il a fait, sans le dire, sa conversion libérale. Les socialistes auraient pu prendre le temps de trier le bon grain de l’ivraie. Mais, sous François Mitterrand, c’était le règne des «Commandements de Dieu». Puis vint l’époque d’un «droit d’inventaire» qui, de fait, n’a jamais été exercé. Enfin, depuis le 21 avril 2002, la gauche s’est tétanisée. Il n’y a pas eu de critique réfléchie des années 1997- 2002. Cette période est devenue taboue. Ségolène Royal a été amenée à faire des avancées qui étaient plutôt des échappés belles mais solitaires, sur des questions comme la République, la nation, dont on ne parlait plus beaucoup à gauche depuis longtemps, la sécurité ou l’Education.

Avec «l’ordre juste», ou l’autorité, certains reprochent à Royal de s’être placée sur le terrain de l’adversaire… 

C’est une erreur fondamentale. Historiquement, ce sont des valeurs républicaines. Mai 68 a été un moment de l’Histoire mais il serait absurde de lui opposer Jules Ferry. Moi-même, j’ai souhaité que l’école de la République relève les défis de la modernité dès que je suis devenu ministre de l’Education en 1984. L’habileté de Sarkozy a été d’enfermer la gauche dans cette caricature de laxisme et d’esprit soixante-huitard. La gauche n’avait pourtant aucune raison de se laisser ainsi «encager». Sarkozy a exploité abusivement les incidents de la gare du Nord en rejetant Ségolène Royal du côté des délinquants. Sarkozy a amalgamé dans une sorte d’enclos les immigrés, les «assistés» et les délinquants, en dressant contre eux la masse des «honnêtes gens», comme on disait au XIXe siècle. C’est la technique classique du bonapartisme : «Que les méchants tremblent et que les bons se rassurent !» 

Alors, sur quelles bases refonder la gauche ? 

Il faut que la gauche récupère la République, dont les valeurs sont aussi le travail, la liberté, la laïcité, le refus des communautarismes, le patriotisme, etc. Elle doit se réapproprier le regard républicain, qui s’oppose au regard ethnique et voit dans l’autre ses qualités avant de voir s’il a le cheveu crépu ou la tignasse blonde. Il est nécessaire de trouver ces «points justes» qui permettront à la gauche de reconquérir une hégémonie culturelle.

Redoutez-vous que les dirigeants du PS veuillent «rénover» la gauche en s’inspirant de Tony Blair ? 

Sur beaucoup de choses, Tony Blair n’a pas eu tout faux, par exemple sur les services publics. Et je l’ai moi aussi souvent cité : «Dur avec le crime, dur avec les causes du crime.» Mais on ne peut pas importer en France le modèle britannique. Depuis deux siècles, le modèle français, c’est le modèle républicain. La gauche doit se doter d’un projet ouvert à ceux qui se disent sociaux-démocrates, communistes, radicaux, démocrates, chrétiens progressistes et, bien sûr, aux républicains de tradition socialiste, qui sont beaucoup plus nombreux que les adhérents du MRC.

Vous souhaitez un nouvel Epinay ? 

A terme, oui. Le cycle inauguré en 1971 s’est achevé. Il n’y a plus de bipolarité du monde. L’influence du PCF est résiduelle. Cela ne veut pas dire qu’il faille plier devant la globalisation, la dictature de l’actionnariat, le capitalisme financier sans frontières. Il faut comprendre le monde pour le transformer. La gauche française manquerait à sa vocation si elle n’était que gestionnaire. Il faut trouver le centre de gravité d’un grand parti de gauche, rassembleur, qui renoue avec un débat d’idées qui nous a beaucoup manqué depuis une vingtaine d’années.

Ce parti pourrait-il se tourner vers le centre ? 

Il ne doit exclure aucune stratégie d’alliances, mais les alliances ne viennent qu’après. Avant de pratiquer l’ouverture, il faut savoir où l’on habite, sinon l’on n’est qu’un camp volant. Je suis contre une gauche sans domicile fixe. Bâtir un nouveau parti réformiste ? Pourquoi pas. Mais avec une grille de lecture du monde et la volonté de le changer.

Quel rôle doit jouer Royal ? 

Elle a un rôle évident. On ne rassemble pas impunément 17 millions d’électeurs. Mais je crois à la force de l’élaboration collective.

Vous souhaitez des états généraux de la gauche ? 

Pourquoi pas ? Mais il faut que ce genre de rendez-vous soit bien préparé. Quelle perspective pour la France dans la mondialisation ? Telle est la question à laquelle la gauche doit répondre. Il y a dans la société française un bouillonnement qu’il faut savoir capter. Nous avons su le faire, sur un projet, lors du congrès d’Epinay. Il faut le refaire. Pour ma part, j’y consacrerai mes efforts.

Henri Weber : «Nous devons faire plus qu’une simple rénovation»

Créé par le 08 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Projet politique

Présidentielle La bataille à gauche Henri Weber, eurodéputé et fabiusien, veut repositionner le PS au centre d’une grande coalition :

Par Muriel GREMILLET

QUOTIDIEN LIBERATION  : mardi 8 mai 2007

Proche de Laurent Fabius, Henri Weber est député européen. Il souhaite repousser tout bilan critique à l’après-législatives.

Quelle analyse faites-vous de la défaite de Ségolène Royal ? 

C’est une défaite dure à vivre, d’autant que nous avions de nombreux atouts en main, car la droite, au gouvernement, présentait un bilan particulièrement accablant. Les Français ont montré leur volonté de la sanctionner en 2004 et en 2005 dans les urnes, et dans la rue en 2003 et 2006. De plus, le souvenir du 21 avril 2002 a incité à la participation massive et a fait jouer à plein le vote utile. Enfin, nous pouvions constater une droitisation de Nicolas Sarkozy dans les derniers mois de sa campagne…

Pourquoi ces atouts n’ont-ils pas joué à plein ? 

Nous avions ces atouts. Mais, comme dit l’Ancien Testament, «il est, ici bas, un temps pour tout : un temps pour l’action, un temps pour la réflexion». Jusqu’au 17 juin, nous devons uniquement nous préoccuper de la campagne pour les élections législatives. Ensuite, nous prendrons le temps de tirer le bilan et les enseignements de toute cette séquence électorale. C’est un appel au calme et à la mobilisation pour que le parti socialiste envoie un maximum de députés à l’Assemblée nationale.

Qui doit conduire la campagne législative ? 

C’est évidemment la direction du parti. François Hollande va proposer au conseil national qui se tiendra samedi matin une direction collégiale restreinte. Un groupe de sept à huit personnes issues du secrétariat national, qui en compte vingt-cinq. Le centre de gravité redevient le PS. La campagne présidentielle est terminée, Ségolène Royal a évidemment toute sa place dans ce collège.

Au-delà, quels enseignements tirer de cette défaite ? 

Il faut que le Parti socialiste cesse de se résigner à être un parti qui oscille autour de 25 % des suffrages des électeurs. La plupart de ses homologues européens atteignent par leurs propres forces au moins 35 % des voix dans les élections décisives. Je pense qu’il n’y aucune fatalité qui condamne le PS à rester à ce faible score, ce qui implique de conduire à l’intérieur du parti une véritable mutation, bien plus qu’une simple rénovation. La vie politique française entre dans une nouvelle phase de bipolarisation. D’un côté, une coalition de droite, dirigée par l’UMP et allant de l’UDF maintenue à Philippe de Villiers, constituera la nouvelle majorité présidentielle. De l’autre, une coalition de gauche, allant du PS aux Verts, au Parti Communiste, sans oublier les radicaux et José Bové, formera l’opposition. Ces coalitions seront solides seulement si le principal parti qui les structure assume pleinement ses fonctions et son identité.

Mais quelle est l’identité du Parti socialiste? 

Nous sommes depuis longtemps déjà un parti réformiste, qui défend les aspirations et les intérêts des salariés, dans leur diversité. Nous sommes pour une économie sociale de marché, régulée par la puissance publique et la négociation collective entre partenaires sociaux. La voie française a été présentée dans de nombreux ouvrages, le dernier en date étant celui de Lionel Jospin, «Comment je vois le monde.» Il faut se donner la peine de les lire…

La stratégie de rapprochement avec l’UDF et le centre a-t-elle un sens ? 

L’UDF s’est scindée en deux. Les élus et les notables ont rallié Sarkozy et formeront «l’UDF maintenue». François Bayrou va créer jeudi le mouvement des démocrates. On verra s’il reprend les propositions économiques et sociales de sa campagne. Son pari est osé, notre scrutin majoritaire à deux tours pousse à la bipolarisation et lamine le centre. Le plus probable c’est que le «MD» soit un petit parti, une force d’appoint et non le «parti central», pivot de toutes les recompositions qu’espère son fondateur. Le PS devra repenser ses alliances sur la base des orientations politiques des uns et des autres. Mais son problème principal problème n’est pas un problème d’alliance, c’est celui de sa transformation en un grand parti réformiste moderne capable de rassembler toute la gauche et au delà les hommes et les femmes de progrès.

Fabius : assumer une gauche décomplexée

Créé par le 08 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Projet politique

Peu populaire au sein du PS, l’ex-Premier ministre refuse une droitisation du parti.

Par Pascal VIROT

QUOTIDIEN LIBERATION : mardi 8 mai 2007

Laurent Fabius, 60 ans, ancien Premier ministre est député de Seine-Maritime.

Ses atouts 

Dès la défaite annoncée, Laurent Fabius a appuyé là où cela fait mal : «J’ai toujours dit que la victoire ne peut être que collective, que la gauche, c’est le « nous », ce n’est pas le « je » . » Histoire de dire que Ségolène Royal s’est trop affranchie des règles collectives du PS dans cette campagne. Mitterrandiste, l’ex-Premier ministre a érigé en loi d’airain les préceptes de son mentor : rassembler le PS, puis rassembler la gauche. Et non lorgner au centre. Prenant l’exemple de Nicolas Sarkozy qui a «décomplexé la droite» , il a demandé «que le même travail soit fait à gauche, c’est-à-dire qu’il faut à la fois que nous assumions nos valeurs de gauche pleinement (…) et que nous regardions le monde tel qu’il est. Ca ne veut pas dire droitiser la gauche . » Une charge, entre autres, contre la candidate. Hier, sur RTL, il a amendé ses critiques, pour ne pas insulter l’avenir : il a mis en garde contre les risques de divisions au PS avant les législatives, estimant que «l’erreur, ce serait de nous disputer entre nous» . Et concédant que Royal devait «faire partie de l’équipe de campagne, c’est bien le moins» .

Cet opposant à la Constitution européenne se verrait bien en fédérateur du non de gauche. Pour cela, sa recette est simple : «Il faut que la gauche soit plus percutante par rapport à la mondialisation financière, aux problèmes écologiques, aux questions de la solidarité, mais si la gauche devait se dire « on abandonne et maintenant, on va à droite », alors là on perdrait tout . » Une attitude qu’il avait essayé de mettre en avant lors de la primaire socialiste.

Ses handicaps 

Avec son profil d’ancien «plus jeune Premier ministre» , qui avait fait de «la modernisation» l’alpha et l’omega de sa politique lorsqu’il était à Matignon entre 1984 et 1986, Fabius pâtit toujours dans l’opinion publique d’une suspicion rarement démentie. Même lorsqu’il se jette dans la bataille du non européen. D’autant que son passage à Bercy, dans le gouvernement Jospin, à partir du printemps 2000 s’était résumé à des baisses d’impôts, pour démontrer que la gauche n’était plus, selon ses termes de l’été 1999, «étatolâtre» et «dépensophile» 

Qui plus est, il ne peut s’exonérer d’une certaine responsabilité : il a contribué à décrédibiliser les compétences de la candidate et s’est contenté de faire le service minimum durant la campagne. Le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a assuré que «le PS n’a pas fait suffisamment l’analyse de son échec de 2002. Tout le monde a une part de responsabilité, qu’il s’appelle Laurent Fabius ou Dominique Strauss-Kahn». Toujours la «collégialité» 

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