Bilan de la campagne présidentielle

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Attaque en règle édifiante de Claude Allègre dans Libé : à vous d’apprécier la méthode et le fond.

Créé par le 26 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche

Claude Allègre, fidèle de Jospin, critique François Hollande et Ségolène Royal :

«Le PS a fait de l’incompétence le gage de la démocratie»

Par Alain AUFFRAY

QUOTIDIEN : samedi 26 mai 2007

A plusieurs reprises, Claude Allègre, fidèle de Lionel Jospin, a été contacté à par Nicolas Sarkozy qui aurait souhaité le nommer dans le gouvernement Fillon. L’ancien ministre de l’Education nationale explique les raisons de son refus.

Que vous a proposé Nicolas Sarkozy ? 

Il m’a proposé d’être ministre. Le projet de réformer la recherche et l’enseignement supérieur français en y mettant des moyens importants, sur lesquels il s’est engagé, est pour moi fondamental pour l’avenir de notre pays. Ce projet doit dépasser les clivages politiques. Pourtant j’ai décliné l’offre. C’était une décision difficile. Il y a d’abord des réserves personnelles : je me suis beaucoup réinvesti dans des recherches que j’ai besoin de concrétiser. Mais il y a, sur le fond, une autre réserve : mes convictions de gauche étant intactes, je pouvais difficilement m’engager à être solidaire de l’ensemble de la politique gouvernementale. Cette politique, je ne la vois pas encore clairement. Même si Sarkozy a donné des garanties démocratiques.

Lesquelles ? 

Renforcer les droits de l’opposition parlementaire, lui confier la présidence de la commission des finances, l’associer aux nominations qui relèvent aujourd’hui du seul président, limiter à deux les mandats du Président. En s’engageant sur tous ces points, il démontrait au moins qu’il ne commençait pas une carrière de dictateur.

Où était, alors, le problème ?

Etre membre d’un gouvernement, c’est être solidaire. Or j’ai des interrogations sérieuses sur divers projets. Je n’ai pas envie de laisser démolir le code du travail même si, c’est clair, il faut le modifier largement. L’instauration de peines incompressibles me pose aussi problème, même si je comprends qu’on soit choqué par le laxisme de certains juges. Je n’exprime pas une hostilité de principe, je demande à voir… Il y a aussi de très bonnes choses dans le programme de Sarkozy : les heures supplémentaires exonérées de charges. Et ce grand ministère confié à Juppé. C’est un projet formidable que j’avais essayé de vendre à Jospin. Avec du courage et de l’imagination, il y a là un vivier d’un million d’emplois nouveaux ! Le ministère des Comptes de la nation, c’est aussi une bonne idée.

Sarkozy aurait aussi voulu vous confier une mission de conseil et de préparation de la réforme de l’Université. Pourquoi avoir refusé ? 

Pour réformer l’Université et la Recherche je lui ai dit qu’il fallait au préalable s’engager à augmenter les salaires des enseignants et élever de 10 % par an le budget. Il était prêt à signer, à l’écrire dans la lettre de mission. Je lui ai aussi expliqué que pour être efficace, il fallait un secrétariat d’Etat rattaché à François Fillon, qui connaît parfaitement ces questions. Il est capable d’arbitrer en trois minutes. Et la mission ne pouvait exister qu’en contrepoint d’une structure légère. Pour des raisons de quotas et d’équilibre politique, Sarkozy a décidé de créer un ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Dans ces conditions, il m’était difficile d’accepter une simple mission, même placée auprès de lui, car les interférences et conflits possibles étaient trop probables.

Les législatives s’annoncent calamiteuses pour le PS, cela vous réjouit-il ? 

Bien sûr que non ! Sarkozy lui-même a besoin d’une véritable opposition. Sinon, il finira par avoir des problèmes avec les extrémistes de sa majorité. Pour limiter la casse, il faut que le PS arrête avec l’opposition frontale pratiquée par François Hollande. Cela conduit à la catastrophe. Il faut que le PS ait le courage de dire : «Nous serons l’opposition, mais chaque fois que des projets seront bons pour la France, nous les voterons.»

Hollande a donc tout faux ? 

Hollande a été un ami. Mais là, je suis vraiment fâché contre lui. Il nous a pris pour des imbéciles. Il a accumulé les combines, pensant qu’il finirait par être désigné candidat. Il croyait que Royal allait s’arrêter. Elle n’a pas le talent nécessaire, mais une niaque pas possible. Mitterrand puis Jospin avaient su, avec les groupes d’experts, attirer des talents. Hollande, lui, a préféré s’entourer de magouilleurs incompétents. On reste confondus d’apprendre que le PS n’a rien demandé pour élaborer son programme à des gens comme Martin Hirsch, Jacques Attali, Hubert Védrine, Bernard Kouchner, Denis Olivennes et tant d’autres, tous membres du PS. Le parti a fait de l’incompétence le gage de la démocratie, Ségolène disant même : «Nous n’avons pas besoin d’experts !» Sarkozy a, lui, récupéré les compétences, en ayant le courage d’affronter ses partisans. Que Jean-Pierre Jouyet, le meilleur ami de Hollande soit passé chez Sarkozy, c’est symbolique.

Si les socialistes sont si nuls, pourquoi voter PS ? 

Ce ne sont pas les socialistes qui sont nuls, c’est la direction du PS. Avant le congrès du Mans, nous avons eu le plus faible secrétariat national de notre histoire. Mais il y a des députés, des maires qui font du très bon travail, qui défendent un idéal, des gens formidables. C’est cela le PS, pas les apparatchiks parisiens !

Que va-t-il selon vous se passer ? 

Ségolène Royal risque de prendre le leadership de la gauche. Elle va tenter de refaire une sorte de FGDS (1). La seule personnalité qui puisse lui résister aujourd’hui, c’est Bertrand Delanoë entouré de quelques jeunes comme Benoît Hamon, Stéphane Le Foll, Annick Lepetit, Clotilde Valter ou Harlem Désir. Il pourrait rénover le PS. Il a des convictions authentiquement socialistes mais aussi la compétence et le talent. Car la rénovation du PS, ce ne sont pas les vieux qui la feront. C’est aux jeunes de prendre la main.

Restez-vous au PS ? 

Je paie toujours mes cotisations. J’attends de voir ce qui va se passer. Si Bertrand Delanoë se lance…

(1) Leader de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste, François Mitterrand s’était porté candidat à la présidentielle de 1965, et rapproché du PCF.

Julien Dray ne veut pas « chercher de bouc-émissaire » en François Hollande

Créé par le 24 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle

PARIS (AP) – Le porte-parole du PS Julien Dray a appelé jeudi à ne pas « recommencer l’erreur » de chercher « un bouc émissaire » en François Hollande après l’échec du parti à la présidentielle, pointant des « erreurs collectives » et un « manque de cohésion ».

« Il ne faut pas recommencer l’erreur que nous avons commise en 2002. Si on cherche un bouc émissaire, on va trouver, ce sera facile », a-t-il estimé sur RMC-Info/BFM-TV. « Cela évite de remettre en cause des erreurs collectives que nous avons faites et un travail de fond, d’analyse qui n’a pas été poussé jusqu’au bout et que cette fois-ci, il faut faire ».

Le député de l’Essonne a refusé de s’associer aux critiques notamment de Manuel Valls contre le Premier secrétaire du PS, jugeant que « c’est trop facile de s’exonérer de ses propres responsabilités ». « Je ne m’exonère pas de mes propres responsabilités dans cet échec ».

« On a eu une droite complètement unie derrière son candidat et on n’a pas eu cette unité, cette cohésion, ce pack qu’il aurait fallu avoir, surtout dans une campagne aussi difficile », a-t-il analysé. « Face à un adversaire de talent extrêmement bien préparé (…), ce qui a manqué c’est cette cohésion idéologique entre nous ».

Ce proche de Ségolène Royal a avancé que « la force de Nicolas Sarkozy, c’est qu’il était le candidat et, en même temps, était le patron du parti. C’est lui qui faisait régner aussi une certaine discipline ».

Evoquant l’idée que le prochain Premier secrétaire du PS soit le candidat à la présidentielle, Julien Dray a répondu que « c’est une piste (à laquelle) il me parait nécessaire de réfléchir ».

« On a ouvert une procédure de désignation qui a été formidable, mais on a vu a posteriori les dégâts qu’elle a faits », a lancé le député socialiste qui n’a « pas l’ambition » de briguer le poste.

Quant aux possibles candidats, Julien Dray n’a pas voulu « rouvrir la boite à claques ». « On ne peut pas écarter du jour au lendemain ceux qui existent déjà, qui ont déjà été des prétendants » mais il « considère que Ségolène Royal représente un atout pour l’avenir ». AP

La stratégie mortifère des socialistes, par Michel Noblecourt

Créé par le 23 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Elections

Alerte rue de Solférino : à moins de trois semaines des élections législatives, les socialistes n’ont plus de boussole. Tout se passe comme si se déployait de fait une stratégie mortifère risquant, à l’arrivée, d’ajouter à leur défaite présidentielle une déroute législative. Depuis le 6 mai, l’enchaînement des faits est surréaliste. Le 15 mai, trois jours après un conseil national destiné à afficher l’unité mais n’arrivant pas à masquer les déchirements internes, le bureau national du Parti socialiste a appelé, « à l’unanimité », à un cessez-le-feu. La direction du PS a pris trois engagements, réitérés par François Hollande le 21 mai à Lyon : « remobiliser les troupes » et donc « éviter les petites phrases » ; aller aux législatives des 10 et 17 juin « avec l’objectif d’obtenir le maximum de députés et de conquérir la majorité à l’Assemblée nationale » ; dénoncer « avec force les débauchages en cours » de personnalités socialistes par Nicolas Sarkozy. Vaine parade. Le mal était déjà fait.

Depuis le 6 mai, et la défaite de Ségolène Royal, que la candidate n’a toujours pas reconnue, la guerre des chefs bat son plein. En public d’abord, en coulisses ensuite, les socialistes jouent chaque jour « règlement de comptes à OK Corral ». Mme Royal fustige le « manque de discipline au PS » et réclame la désignation du candidat à l’élection présidentielle de 2012 « dès le prochain congrès » (en principe en novembre 2008). Au risque de troubler ses amis par la dureté et l’impétuosité de son ton, Dominique Strauss-Kahn se déchaîne contre François Hollande, « principal responsable » de la défaite de 2007, brandit le spectre d’« un parti de vieux croûtons » et plaide, ici au diapason de Mme Royal, pour une rénovation autour d’un « socialisme du réel ».

Laurent Fabius, dont le courant n’a plus vraiment le vent en poupe, se moque de l’analyse de M. Hollande attribuant l’échec présidentiel à une droitisation de la société, jugée « très, très superficielle ». Mais, d’accord ici avec le premier secrétaire, il prône le rassemblement et qualifie la social-démocratie, que prétend incarner M. Strauss-Kahn, de « recette d’il y a trente ou cinquante ans ». Bertrand Delanoë parle de défaite collective et François Hollande conclut que le PS est « en ordre de marche »

Le bateau socialiste affronte la bourrasque avec des chefs qui se disputent le gouvernail face à un nouveau président qui cherche à le faire chavirer. L’ »ouverture » de M. Sarkozy est du même ordre que celle de François Mitterrand en 1988. Après sa réélection, l’ancien président avait fait entrer dans le gouvernement de Michel Rocard des ministres venus de l’UDF, de Michel Durafour à Jean-Marie Rausch, en passant par Jean-Pierre Soisson. Le second gouvernement Rocard comptait ainsi 23 non-socialistes sur 49 ministres. Aucun pacte n’avait été conclu entre le PS et l’UDF. La méthode avait consisté à « débaucher » des personnalités. La technique de M. Sarkozy est similaire, mais elle risque de faire plus mal. Elisabeth Guigou y voit « une manoeuvre qui vise purement et simplement à laminer la gauche » en juin. L’entrée de trois hommes de gauche dans le gouvernement de François Fillon déstabilise le PS. Eric Besson avait déjà renié son parti, y compris dans les meetings de l’UMP, et se trouve remercié pour services rendus. Longtemps ami du couple Royal-Hollande, formé comme eux à l’école de Jacques Delors, Jean-Pierre Jouyet s’était distingué – au nom des « Gracques », un groupe d’anciens haut fonctionnaires socialistes – en plaidant, comme M. Rocard et Bernard Kouchner, pour un rapprochement avec l’UDF, afin d’assurer… la victoire de la candidate du PS face à M. Sarkozy. Quant à M. Kouchner, s’il a toujours été en marge du PS, il s’est impliqué jusqu’au bout dans la campagne de Mme Royal et a bâti sa forte popularité sur son image de rénovateur potentiel du « logiciel » socialiste. Ainsi, même illustrée par des « débauchages » individuels, l’« ouverture » fait mal. Elle empêche le PS de faire campagne contre un gouvernement uniformément UMP et un Etat « monocolore ».

Pis encore : au moment où M. Hollande imagine, après les législatives, « des assises pour refonder un grand parti de la gauche », qui couvrirait l’espace « qui va de la gauche, sans aller jusqu’à l’extrême gauche, jusqu’au centre gauche ou au centre », ses partenaires lui filent entre les doigts. Du haut des 1,57 % de Dominique Voynet le 22 avril, les Verts, qui n’ont que trois sortants, refusent les 14 circonscriptions que voulait lui réserver le PS. Au nom de « la force communiste » (1,93 %), Marie-George Buffet décide de faire cavalier seul, comptant sur les désistements républicains du second tour pour garder un groupe à l’Assemblée nationale. Quant au Parti radical de gauche (PRG), l’allié fidèle auquel le PS a accordé 32 circonscriptions, il a des fourmis dans les jambes. Reçu par M. Sarkozy, Jean-Michel Baylet, son président, tourne la page de l’union de la gauche et rêve de constituer « une grande force centrale » en réunifiant le PRG et le Parti radical valoisien, associé à l’UMP. Rappelé à l’ordre par M. Hollande, M. Baylet s’est défendu d’avoir « changé de camp ». Mais les grandes manoeuvres radicales risquent de reprendre au lendemain du 17 juin.

AU MOINS « PERMETTRE UN ÉQUILIBRE »

En 2002, après le « séisme » du 21 avril, le PS, conduit à la bataille par M. Hollande, avait fait semblant de croire qu’il pouvait prendre sa revanche aux législatives, conquérir la majorité et imposer une nouvelle cohabitation malgré une inversion du calendrier – la présidentielle avant les législatives – voulue par Lionel Jospin pour l’éviter. Il s’était retrouvé avec 149 élus. Cette fois, il a du mal à entretenir la même illusion. « Je pense que les Français donneront une majorité à Nicolas Sarkozy », observait dès le 12 mai Bruno Le Roux, secrétaire national chargé des élections. Le PS, qui paraissait en ordre de marche avant la présidentielle, se mobilise aujourd’hui dans le désordre. Des candidats dissidents resurgissent, ce qui n’est jamais bon signe.

La plate-forme législative, élaborée à la va-vite, comme pour faire oublier le « pacte présidentiel » de Ségolène Royal, avec le slogan « La gauche qui agit, la gauche qui protège », invite les électeurs à « donner une force aux idées de progrès » et à élire « le plus grand nombre de députés socialistes » au moins pour « permettre un équilibre dans nos institutions ». Le PS joue petit bras, comme s’il avait intégré l’idée qu’un président de la République bien élu, et jouant de surcroît la carte de l’« ouverture », ne pouvait pas être désavoué, à travers une nouvelle cohabitation, cinq semaines plus tard. Cette stratégie mortifère, qui rendra toute rénovation encore plus douloureuse après les législatives, peut échouer. Les projections des sondages donnent entre 150 et 200 élus au PS, soit un gain éventuel de 50 sièges. Mais un tel résultat nécessiterait un sursaut qu’on ne voit guère poindre. Depuis le 6 mai, un vent de lourde défaite souffle avec persistance sur la rue de Solférino.

Michel Noblecourt

Article paru dans l’édition du Monde du 23.05.07.

Dans Le Nouvel Obs pour Claude Bartolone : Ségolène Royal a « fait le choix » de s’isoler

Créé par le 22 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche

La candidate à la présidentielle « n’a pas voulu associer tous les talents » du PS, déclare le député fabiusien, tandis que 31% des Français jugent que sa défaite est due au manque de soutien au sein du PS.

Ségolène Royal de retour au Conseil régional de Poitou-Charentes, le 21 mai à Poitiers

Ségolène Royal de retour au Conseil régional de Poitou-Charentes, le 21 mai à Poitiers

(c) AFP  

Ségolène Royal a-t-elle manqué de soutien à l’intérieur du Parti socialiste durant la campagne présidentielle? Ce n’est pas l’avis de Claude Bartolone, député PS de Seine-Saint-Denis proche de Laurent Fabius. C’est Ségolène Royal qui « n’a pas voulu associer tous les talents » du PS, a-t-il fait valoir mardi 22 mai, sur Canal+.
Selon un sondage LH2 publié dans Libération, une majorité de Français (31%) juge que la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle est due « principalement » au fait que le PS ne l’a pas assez soutenue pendant la campagne. Ils sont 66% à le penser parmi les sympathisants de gauche.
« Elle en a fait le choix »

Claude Bartolone a au contraire souligné que jamais les socialistes n’ont fait campagne « d’une manière aussi acharnée ». « Il n’y a jamais eu autant de réunions, autant de matériel de distribué, de participation », a-t-il ajouté.
Il faut « rendre à César ce qui est à César et à Ségolène ce qui est à Ségolène », a continué Claude Bartolone. Elle est « la seule qui n’a pas voulu associer à la campagne électorale tous les talents du Parti socialiste ». « Elle en a fait le choix (…) C’est Ségolène qui a préféré les laisser de côté », a-t-il dit.
Le député estime pour sa part que l’une des raisons de la défaite est que le PS « n’a pas assez centré la campagne sur la question sociale ».

Raisons multiples

Selon LH2, les Français estiment que la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle est due d’abord au fait que le Parti socialiste ne l’a pas assez soutenue pendant la campagne (31%).
Parmi les autres explications à cette défaite, les personnes interrogées citent également « le travail de Nicolas Sarkozy » et « le manque de renouvellement des idées de gauche » (14% chacune), ainsi que « les insuffisances du projet du PS » (13%).
En outre, 15% des Français attribuent cette défaite à la personnalité de la candidate et 9% à son programme. « Ségolène Royal est largement exonérée de l’échec de la présidentielle », analyse François Miquet-Marty, directeur des études politiques à LH2.

Celle qui représente le mieux la gauche

Par ailleurs, Ségolène Royal est la personnalité socialiste qui représente le mieux les valeurs de la gauche (41%) aux yeux des sympathisants de gauche, loin devant Dominique Strauss-Kahn (28%), selon ce sondage.
Sont ensuite cités Laurent Fabius, François Hollande et Arnaud Montebourg (7% chacun). 3% nomment une autre personnalité.

- Sondage réalisé du 11 au 19 mai par téléphone auprès d’un échantillon de 2.019 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée consultable à la commission des sondages.

Qui va garder les éléphants?

Créé par le 22 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections

En manque de stratégie, le Parti socialiste se cherche aussi un leader. Mardi, royalistes et fabiusiens se sont opposés avec virulence. «C’est évidemment elle le leader», a expliqué Vincent Peillon, ancien porte-parole de la candidate, qui a ajoute: «l’attente est vers Ségolène Royal». Le candidat dans la Somme peut s’appuyer sur une étude parue dans «Libération». Selon l’institut LH2, Ségolène Royal reste «la personnalité socialiste qui représente le mieux les valeurs de la gauche» pour 41 % des électeurs de ce bord (contre 28% à DSK et 7% à Fabius). 
 
Une défaite à cause des éléphants?
 
Une pilule qui ne passe pas vraiment chez les fabiusiens, qui, à défaut d’être populaire, entendaient bien représenter ces fameuses valeurs de gauche, contre un camp royaliste tenté par l’alliance avec le Modem de Bayrou.
 
Vincent Peillon enfonce le clou: «Un certain nombre de dirigeants n’arrivaient pas à accepter l’idée que ce soit Ségolène Royal qui les représente, mais en réalité, ce n’est pas seulement Ségolène Royal, c’est quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes». Il s’appuie là aussi sur l’étude LH2 selon laquelle la défaite de Ségolène Royal est due, pour près d’un sondé sur trois (31%), au fait que le Parti socialiste ne l’a pas assez soutenue pendant la campagne.
 
«Une gauche décomplexée»
 
Faux, répondent les Fabiusiens, Claude Bartolone en tête. Elle est «la seule qui n’a pas voulu associer à la campagne électorale tous les talents du Parti socialiste. C’est Ségolène qui a préféré les laisser de côté.»
 
Pendant ce temps-là, Laurent Fabius fait tout ce qu’il peut pour remonter la pente (et son sondage à 7%, à égalité avec Hollande et Montebourg). Il «plaide pour une gauche décomplexée, une gauche fidèle à ses valeurs qui sont fondamentales — égalité, solidarité, responsabilité — et en même temps, il faut qu’on adapte notre programme, nos propositions, à un monde qui a changé.»
 

Pierre Koetschet dans « 20 minutes »

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