Débats autour de la refondation de la gauche

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La crise de la Social-démocratie n’en finit pas, par Marie-Noëlle Lienemann

Créé par le 20 juin 2009 | Dans : Débats autour de la refondation de la gauche, Parti socialiste

Dernier avatar : la nouvelle configuration de feu « le groupe socialiste et social-démocrate » au Parlement européen qui s’appellera l’alliance des socialistes et démocrates européens, avec l’accueil en son sein des démocrates italiens qui n’ont rien à envier à notre Modem, coté centristes….

Mais ce qui me frappe est le chœur, quasi unanime désormais, des socialistes qui se penchent sur le cercueil de la Social-démocratie. Ces nouveaux convertis à la critique sont devenus amnésiques, oublient qu’ils en louaient, il y a quelques jours à peine, ses vertus, sa force, sa solidité et brandissait comme un argument massue, l’accord du PS avec les sociaux-démocrates autour du « Manifesto ».

Ce n’est pas faute de leur avoir dit que tout cela était improductif voir contre productif et qu’il valait mieux que le PS français assume une identité différente, qui retrouvait avec la crise toute son actualité, et un rôle de réorientation majeure de la gauche européenne.

Aveuglé, le PS avait déjà cru malin, dans sa nouvelle déclaration de principes, de consigner noir sur blanc une révérence appuyée au marché, espérant ainsi faire œuvre de rénovation en devenant «  social-démocrate ». C’était absurde et dangereux, d’autant que la crise était déjà émergente et aurait du pousser, au contraire, à réaffirmer nos fondamentaux, en les actualisant et en assumant l’indispensable prise en compte de l’écologie et du changement climatique traité à la marge sans grand sérieux.

Le déclin de la Social-démocratie, n’est pas un épiphénomène. Il y a des causes profondes et il était  prévisible depuis pas mal de temps. il ne s’arrêtera qu’avec des changements majeurs et en retrouvant le chemin des idées socialistes.

Le compromis social-démocrate repose sur un compromis entre le capital et le travail, qui a pu se nouer dans le cadre national. A partir du moment où les mouvements de capitaux deviennent libres, hors des frontières, les salariés voient leur rapport de force singulièrement s’affaiblir. Les négociations ne peuvent plus être équilibrées. Si de surcroît l’Etat n’intervient pas, d’abord par principe ensuite parce qu’il est délégitimé et dépossédé d’une part importante de ses pouvoirs par la mondialisation, alors la dégradation du modèle social devient inéluctable.

En second lieu, la plupart des dirigeants sociaux-démocrates européens ont fini par adopter la ligne blairiste et le néolibéralisme qui correspondaient si bien à leur stratégie de compromis chronique avec la droite dans des gouvernements de coalition. Avec la chute du mur de Berlin, leur posture d’entre-deux « ni pour le modèle américain, ni pour celui de l’URSS » ne pouvait suffire et ils ont très vite acter le triomphe du capitalisme financier transnational, la concurrence généralisée et tutti quanti. Il a fallu du temps mais depuis cette période, le décrochage avec les ouvriers, le monde du travail mais aussi les salariés et défenseurs des services publics s’est opéré, les couches populaires s’abstenant de plus en plus. Pendant un temps, les sociaux-démocrates se sont crus à l’abri des problèmes électoraux en comptant sur le vote des cadres, et des salariés du public. Mais la dégradation sociale qui les touchent de plus en plus, comme l’aspiration à une autre société les a fait déserté les partis sociaux démocrates au profit d’autres forces. On ne dira jamais assez comment les décisions du gouvernement Schröder ont cisaillé les jarrets de la social-démocratie allemande !!!

Le conformisme, l’absence et le refus de tout volontarisme, la théorisation du « pragmatisme » contre les idéologies et même les principes de la gauche, le détournement du projet européen en cheval de Troie de la mondialisation, tout cela achève le tableau et le désastre…

Alors si les socialistes français découvrent enfin cette réalité comme les anglo-saxons découvrent les vertus du modèle français, c’est tant mieux. Simplement, il faut qu’ils en tirent toutes les conséquences et en convainquent les français. Cela suppose de faire une analyse critique sérieuse, approfondie du passé, et de construire une réponse politique qui ne se contente pas de paroles réconfortantes sur nos intentions ! Premièrement commençons par réaffirmer que nous sommes socialistes et non sociaux démocrates. Les mots ont un sens !

Le blog de Marie-Noëlle Lienemann en date du 18/06/09

http://lienemann.typepad.fr/

Un pacte unitaire pour le peuple de gauche, par Robert Hue

Créé par le 18 juin 2009 | Dans : Débats autour de la refondation de la gauche, Gauche anti-libérale, Projet politique

Il y a quelques semaines, je soulignais dans ces mêmes colonnes « l’urgence d’une révolution progressiste ». Conviction, hélas renforcée par les résultats des élections européennes, si décevants pour les gauches françaises et européennes !

Ces résultats sont indiscutables : la gauche est dans l’impasse. Un PS qui peine à atteindre les 16 % et avec qui les écologistes font presque jeu égal ; un Front de gauche qui retrouve les résultats du PCF seul en 2004, et demeure en dessous de la liste Bouge l’Europe ! en 1999 ; un NPA, enfin, qui demeure au niveau de la LCR, alors qu’il affirmait dynamiser la « gauche de la gauche ». Et une abstention record qui culmine dans les quartiers populaires ; abstention qui ne témoigne pas seulement d’un désintérêt pour ce scrutin, mais d’un désamour qui peut dégénérer en divorce définitif, si nous ne parvenons pas à nous unir sur de nouvelles bases. Qui peut le souhaiter, sinon une droite moins unie et cohérente qu’il n’y paraît ? 

Le paradoxe est saisissant. D’un côté, la crise et ses affres, les mobilisations sociales, l’unité syndicale, la coalition exceptionnelle d’universitaires, de professionnels de santé, de salariés du service public ; de l’autre une gauche divisée, sans imagination, sans projet, malgré le dévouement de ses militantes et de ses militants qui se dépensent sans compter à chaque campagne.

Et face à ce paysage désenchanté, un pouvoir qui pavoise, louvoie, cajole, débauche, une droite autosatisfaite qui garde fermement son cap – au prix de l’excroissance d’un pouvoir personnel omniprésent, et de risques graves d’effilochement de la démocratie dans notre quotidien. Car ne nous trompons pas, M. Sarkozy sait ce qu’il veut au bout du compte : la déconstruction du corps social, en profitant de la crise.

Et pourtant ! L’époque nous est propice. La crise actuelle constitue de facto la critique la plus explicite et la moins contestable qui soit du capitalisme. Elle pourrait être pour la gauche l’opportunité de se redresser, de proposer, de canaliser en l’amplifiant la radicalité qui sourd de la colère des travailleurs précarisés, appauvris ou licenciés. En leur offrant une perspective : une alternative. Il est encore temps de le faire, mais à deux conditions : élaborer un programme à la fois audacieux et réaliste, concret et futuriste, définissant un nouveau modèle de développement ; se fédérer, ou se confédérer. Ce qui suppose que les stratèges de la « gauche de la gauche » – c’est-à-dire d’une gauche contre une autre ! – abandonnent leur doxa mortifère, et que le Parti socialiste renonce à sa tentation d’un hégémonisme irréaliste et étriqué.

Il est urgent que la gauche se sorte par et pour elle-même de cette impasse où elle s’est enfermée, et dont les premières victimes sont les chômeurs, les précaires, les salariés, les jeunes, le monde de la culture et de la création. A la place où je suis aujourd’hui, je m’y consacre activement.

J’ai plusieurs certitudes. D’abord, celle que seul, on ne peut rien. Ensuite, que la gauche « historique », celle des schémas du XIXe et du XXe siècle, est morte. Elle ne se réanimera qu’en se reconstruisant, en pratiquant une rupture nette avec les paradigmes qui ont nourri et nourrissent encore les querelles intestines et les sectarismes rouillés. Les partis et les mouvements politiques, existants ou qui tentent d’émerger avec la même verticalité solitaire sont d’ores et déjà condamnés. Aucun parti ne peut à lui tout seul être la force propulsive d’un progressisme des temps nouveaux, porté par une dynamique unitaire inédite.

Aucun état-major ne doit plus faire et défaire les coalitions au gré des résultats électoraux et des rapports de force internes. C’est dans les profondeurs de tous les partis de gauche que se cache un gisement militant intact, un immense potentiel de générosité et d’intelligence citoyenne. Démultiplié par l’engagement de millions de femmes et d’hommes qui cherchent un espace politique solidaire, efficace et durable, cela représente une force considérable. Il faut la mettre en mouvement, dans le respect du pluralisme, sans s’affronter aux appareils politiques mais en les dépassant par une dynamique unitaire et populaire.

Cette démarche nécessite des instruments adaptés. Les forces de gauche, écologistes, républicaines et progressistes ont besoin aujourd’hui d’un nouvel espace de débat, de dialogue, d’élaboration, d’action et d’organisation débouchant le plus rapidement possible sur quelque chose de neuf, tant dans la forme que sur le fond. Je propose donc la constitution d’un pacte commun reposant sur les principes d’une société de transformation progressiste, plutôt que sur des valeurs trop abstraites dont au bout du compte tout le monde se réclame à chaque échéance électorale.

« On connaît la chanson ! », gémiront les éternels résignés. « Et pourquoi pas un air nouveau plus entraînant ? », s’enthousiasmeront tous les autres. Le temps et la vie filent vite. Le danger est de laisser couler ce temps qui court, de laisser courir aussi les inégalités, se banaliser la précarité, s’étioler l’espoir – surtout chez les jeunes, les personnes les plus isolées, celles qui sont culturellement les moins bien armées. Au bout du compte, c’est la violence qui servira de langage et d’exutoire. N’attendons pas ce point de non-retour : « C’est l’attente quasi mystique d’une catastrophe libératrice qui dispense les hommes de préciser leur pensée, de déterminer leur idéal », écrivait Jaurès.

N’attendons pas. Précisons et déterminons. Avec toutes celles et tous ceux qui désirent ici et maintenant porter un souffle neuf et de la perspective à tous les niveaux de responsabilité politique, dans et avec la société civile, nous pouvons ensemble – sans tarder, dans des espaces unitaires hors des appareils – écrire les premières pages d’une nouvelle histoire. « Avec », et non plus « contre ».

C’est le sens de ce texte en forme d’appel à la construction d’un pacte unitaire dont le peuple de gauche et toutes les forces progressistes et écologistes ont un urgent besoin. J’y mettrai tout mon temps et mon énergie. Dans les prochains jours, avec d’autres hommes et femmes de gauche, un appel sera ouvert à toutes celles et à tous ceux qui veulent construire à travers le pays cette nouvelle dynamique unitaire et populaire.



Robert Hue est sénateur du Val-d’Oise, fondateur du Nouvel Espace progressiste.

Hammadi: « La gauche, ce n’est pas l’anti-droite »

Créé par le 16 juin 2009 | Dans : Débats autour de la refondation de la gauche, Parti socialiste

Propos recueillis par Maud PIERRON
leJDD.fr
du
Mardi 16 Juin 2009

  »Nous ne sommes ni crédible pour l’alternative ni pour l’opposition« . Après le revers européen, le constat de Razzy Hammadi est amer. Proche de Benoît Hamon, le jeune membre du bureau national appelle le PS « à se dépasser« . Pour y parvenir, il propose d’organiser des Etats généraux des territoires avec « les autres forces de gauche« . Pour montrer que le PS agit et préparer les régionales 2010.

Quelles leçons tirez-vous du scrutin européen?
La première des leçons, c’est qu’on n’a pas mobilisé les nôtres. La deuxième, c’est qu’on n’a pas réussi à développer un nouveau discours sur l’Europe. La troisième, fondamentale: nous n’apparaissons pas comme une force d’alternative ni comme une force de sanction contre le gouvernement. Nous ne sommes pas crédibles pour l’alternative ni pour l’opposition.

Comment en êtes-vous arrivé là?
Il y a une conjoncture liée au pouvoir sarkozyste, dont on n’a saisi ni la manière de gouverner, ni ce qui est la stratégie de communication redoutable en direction du grand public. On ne peut pas être simplement dans la réaction. On doit être dans la réactivité. Je pense aussi que le PS vit une crise morale, liée à la sociologie du parti: là où la droite à offert de nouveaux visage, nous on est enfermé dans nos mêmes schémas.

La faute à quoi? Au courant, comme le disent nombre de vos camarades?
Au PS, on est toujours dans des débats où on jauge l’autre à l’aune de son positionnement sur ‘il est plus ou moins à gauche que moi dans le parti’. Or les questions ne se posent pas ainsi, mais en termes de pragmatisme, de social et d’écologie. Un exemple: nous avons des présidents de Conseils régionaux, des maires de villes, qui ont mis sur la table un budget supplémentaire pour la relance liée à la crise. Au total, on atteint sans aucun doute le niveau des sommes mises par le gouvernement. On ne le dit pas assez. Si la droite avait le même nombre de régions (20) et de villes que nous, tout le monde le saurait et tout le monde saurait ce qu’elle fait. On n’arrive pas à incarner physiquement et socialement ce qui est partagé par le plus grand nombre: le quotidien. Nicolas Sarkozy va au Fouquet’s mais il donne le sentiment de parler comme l’homme de la rue, et se fait comprendre.

« Arrêter de parler du Modem mais parler à sa base« 

Quelle solutions prônez-vous pour sortir le PS de l’impasse actuelle?
Plus qu’une refondation, j’appelle à un dépassement. Je souhaite par-dessus tout discuter avec nos camarades du Front de gauche, des Verts, pour construire une alternative pour les régionales et les cantonales. J’appelle à des Etats généraux des territoires dès la rentrée, en interaction avec toutes les autres forces de gauche. C’est la première étape: construisons des projets pour les territoires, qui montrent concrètement qu’on est capable d’agir à gauche, indépendamment de ce que fait la droite. Oui, nous pouvons, par exemple, au niveau de nos 20 régions construire un plan climat coordonné. Ainsi, on arrivera à monter qu’on n’est pas simplement dans l’anti droite car la gauche ce n’est pas ça.

Vous parlez de partenaires de gauche. Avec le résultat des européennes, la question du Modem est enfin évacuée…
Cette question est un faux problème. Et on se caricature nous-même en la posant. Je connais des responsables départementaux du Modem qui rejoindront une plateforme alternative à la politique de Sarkozy car c’est ce qu’ils souhaitent, indépendamment de ce que voudra Bayrou. Le Modem explose là-dessus. Il faut arrêter de parler du Modem, il faut parler à sa base.

« Valls n’existe que parce qu’il a des mots durs pour son propre parti« 

D’autres, comme Gaëtan Gorce et Aurélie Filippetti souhaitent aussi des Etats généraux…
Je n’ai rien contre leur initiative mais si c’est pour qu’on s’enferme trois jours pour parler de nous-mêmes … Les gens ne veulent pas qu’on parle de notre nombril mais qu’on parle du leur. Non, il faut de Etats généraux des territoires, pour faire participer les citoyens sur ce que doit être le prochain programme des socialistes aux régionales, qu’on y implique l’ensemble des cadres associatifs et syndicaux, puis qu’on discute avec l’ensemble des partenaires de gauche, même s’ils ne sont pas avec nous au premier tour. Au moins on aura une logique lisible par tous, pour dire que si on se retrouve au second tour c’est sur la base d’une discussion entamée bien avant. J’évoquerai ce sujet lors du bureau national de ce soir.

C’est donc cela, « ouvrir portes et fenêtres », la nouvelle expression à la mode au PS?
Les premières portes et fenêtres à ouvrir, ce sont celles de nos têtes. La première refondation c’est celle qui doit avoir lieu dans nos têtes. On ne répond pas à la crise morale par des dispositifs politiques. On répond à cette crise en étant exemplaire. Il faut qu’on soit exemplaire sur notre manière de faire de la politique, sur la manière d’être unitaire, sur la manière d’entamer le débat. Nous sommes affaiblis. Nous ne devons donc laisser aucun des nôtres de côté.

Même Manuel Valls? Lui aussi, finalement, souhaite un dépassement du PS. D’une autre manière.
Le problème de Manuel c’est qu’il appelle sans cesse le PS à proposer, sauf que je n’ai jamais entendu une idée de sa part. Il ne vit que parce qu’il a des mots durs pour son propre parti. Moi j’ai envie qu’on existe parce qu’on contribue positivement à la force de gauche qu’est censée incarner le PS et son dépassement de demain avec l’ensemble des forces de gauche

Et quand Bertrand Delanoë évoque ses craintes de voir le PS sombrer dans les travers de la SFIO, ça vous parle?
Bon, là on est dans des analyses de surface. Moi je suis plutôt dans le concret. Quand on a quelque chose à dire, si ce n’est pas plus fort que le silence, il vaut mieux se taire, comme dit le poète.

Est-ce, à votre sens, l’une de des plus graves crises du PS?
Oui, c’est l’une des plus graves crises car on a du mal à poser le diagnostic. Ou plutôt parce que il n’y a pas deux personnes qui diront la même chose sur le diagnostic.

Le discours de Martine Aubry, devant le Conseil national, va dans le bon sens?
Je suis un peu resté sur ma faim, j’en attendais plus. Je ne pense pas que proposer des comités supplémentaires soit la réponse qu’attendent nos concitoyens. Il faut qu’on parvienne à faire fi de l’analyse de l’air du temps, et ne pas avoir de réponses temporaires qui souvent riment avec éphémère. On a des axes structurants qui doivent émailler les mois qui viennent. 1/ Les Etat généraux des territoires. 2/ Un Plan de renouvellement de nos cadres. 3/ La délimitation d’un champ de propositions qui font sens. 4/ Politiser davantage l’espace européen sur l’axe gauche-droite, amener un clivage. 5/Refonder notre communication, afin de ne plus suivre simplement le son et le bruit des médias ou l’extrême communication de Nicolas Sarkozy. On doit définir nous-mêmes des thèmes et enjeux sur lesquels ont dit: voilà nous nous exprimons, nous agissons.

C’est Lionel Jospin qui est responsable de l’incapacité persistante actuelle du Parti Socialiste à se régénérer, par Jean-Pierre Bernajuzan

Créé par le 14 juin 2009 | Dans : Débats autour de la refondation de la gauche, Parti socialiste, Projet politique

La politique du gouvernement Jospin était « fausse ».

Le 21 avril 2002, je n’ai pas voté pour Lionel Jospin. Je m’apprêtais bien sûr à voter pour lui au 2ème tour. Son élimination au 1er tour m’a complètement surpris et j’aurais voté pour lui dès le 1er tour si j’avais imaginé qu’il pouvait être éliminé. Je pense que mon comportement était très largement partagé. 

C’est donc involontairement que nous l’avons éliminé ; notre décision ne relevait d’une volonté délibérée de le sanctionner, mais simplement, inconsciemment, nous attendions autre chose que ce qu’il nous avait apporté pendant 5 ans.

Dès avant 1997, je savais que leur politique était « fausse ». Je précise : la vérité sert à appréhender le réel. Quand on se trompe, quand on s’illusionne, quand on ment ou quand on croit, le réel nous échappe et l’on demeure impuissant.

Je savais donc, avant le début du gouvernement Jospin que sa politique était « fausse », qu’elle ne permettrait pas de maîtriser le réel dans lequel nous vivions. Comme personne ne proposait la politique viable, « vraie » que j’attendais, j’ai quand même voté pour eux. Quand personne ne propose la politique que l’on attend, on vote pour son camp.

Je n’ai pas été déçu par Jospin dans son exercice du pouvoir, je n’attendais rien de lui (si l’on est déçu, c’est que l’on s’était fait des illusions). Sa politique était à côté de la plaque certes, mais j’ai apprécié sa façon de gouverner, ça nous changeait de Juppé. J’avais donc à son égard un à priori très favorable.

J’ai assisté à la mise en place de la RTT et, intrigué, je me demandais comment le gouvernement Jospin allait répondre à la demande du corps social de sécurité de l’emploi, face à la montée de la menace de la précarité, et sa conséquence, la désocialisation.

Au bout de quelque temps, je me suis rendu compte, incrédule, qu’il n’y répondait pas, et qu’il n’avait pas l’intention d’y répondre ! La RTT était donc mise en oeuvre - à la place - d’une réponse à la précarité montante. Je ne suis pas certain que cette décision ait été tout à fait inconsciente.

Pourquoi n’ont-ils pas apporté cette réponse ? Parce qu’ils ne la possédaient pas !

Mais nous, nous l’attendions cette réponse, nous l’attendons toujours, nous en avons besoin, nous en avons absolument besoin. Les autres partis non-plus n’ont pas la réponse, ni la droite, ni l’extrême-gauche, ni les écologistes. Les écologistes n’ont pas la capacité d’assumer une telle réponse : on ne leur demande pas.

On n’attend pas de l’extrême-gauche qu’elle apporte quelque solution que ce soit à quelque problème que ce soit. Non, sa fonction consiste à nous alerter sur l’état de souffrance, de désespérance, particulièrement des couches populaires. C’est une très utile fonction de thermomètre ou de baromètre.

La droite détourne la question de l’insécurité sociale vers l’insécurité civile ; mais elle, elle est dans son rôle, la question sociale n’est pas l’exigence première qu’on lui assigne.

La droite a détourné l’insécurité de l’emploi vers l’insécurité civile, tandis que la gauche l’a détourné vers la RTT… Et la précarité progresse et nous mine.

Si le parti dominant de la gauche ne résout pas la question de la sécurité de l’emploi, qui le fera ? Personne ! Si le PS n’est pas capable d’apporter cette réponse, il n’est pas digne d’être le parti dominant de la gauche. Cela ne signifie pas pour autant qu’un autre parti le soit.

S’il manque l’essentiel, tout le reste ne vaut rien

Au soir du 21 avril 2002, Lionel Jospin s’est en quelque sorte senti trahi, comme si notre approbation lui était due. Vexé, il a déserté le champ de bataille, abandonnant ses troupes.

C’est une curieuse conception de la démocratie où il dénie à ses électeurs le droit de ne pas être satisfaits de sa prestation. Cet épisode donne un éclairage cru sur l’enfermement mental dans lequel il vivait.

Le Parti Socialiste n’a jamais fait le point sur le vote du 21 avril 2002. On le comprend, il lui faudrait reconnaître la faillite totale des 5 années du gouvernement Jospin : oui, totale ! S’il manque l’essentiel, tout le reste ne vaut rien.

Pourquoi le PS ne peut-il admettre le désaveu que les électeurs lui a infligé ?

Il faut d’abord se rendre compte que c’est la fine fleur du PS qui était aux commandes, et qui se pensait à juste titre compétente, performante. Cette fine fleur : Jospin, Aubry, Strauss Khan, Fabius, Hollande, Allègre, plus Rocard, etc… , représente l’élite du parti et c’est cette élite qui a été désavouée… à juste titre. Si elle devait être remplacée, ce serait par des… sous-fifres !

Peut-on imaginer cette élite reconnaître ses erreurs et son insuffisance au profit de leurs camarades qu’ils estiment inférieurs ?

On l’a vu avec la candidature de Ségolène Royal, ils l’ont traitée comme si elle avait commis un crime de lèse-majesté. Rendez-vous compte : si elle réussissait où eux ont échoué ?

Les Verts veulent transformer leur succès aux Européennes pour les élections régionales

Créé par le 14 juin 2009 | Dans : Débats autour de la refondation de la gauche

Le conseil national interrégional de Verts, sorte de « parlement » de 120 membres élus, a adopté, samedi 13 juin, à l’unanimité une feuille de route jusqu’aux élections régionales pour « poursuivre le rassemblement » après le succès d’Europe Ecologie

Les élus ont adopté à l’unanimité une motion intitulée « poursuivre le rassemblement Europe Ecologie », six jours après le succès de la liste écologiste en France aux élections européennes (16,3%, 14 eurodéputés). Les trois figures de proue du mouvement — Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bové — étaient absentes pour des raisons personnelles, a dit la secrétaire nationale Cécile Duflot. Dans leur motion, les Verts prévoient pour les régionale de 2010 une campagne « autonome de listes de rassemblement des écologistes » après des « conventions régionales » ouvertes « aux acteurs sociaux ».

Auparavant, le 4 juillet les comités d’Europe Ecologie sont conviés à un rendez-vous « festif et militant ». Puis viendra la journée d’été « des Verts avec Europe Ecologie » des 20 au 23 août à Nîmes qui seront « l’occasion d’un approfondissement du rassemblement ouvert à tous les comités locaux d’Europe Ecologie ».

Ils ont aussi voté à une large majorité pour un boycott du Congrès du 22 juin et ont appelé à en faire autant les opposants à la révision constitutionnelle ayant permis au président de s’exprimer devant le parlement. Le président Nicolas Sarkozy doit user pour la première fois de sa nouvelle prérogative constitutionnelle – s’exprimer devant le Parlement – en présentant le 22 juin au Congrès à Versailles la politique qu’il entend mettre en oeuvre avec un gouvernement remanié.

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