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Créé par sr07 le 27 juil 2012 | Dans : Blog du Che, Economie
Jean-Pierre Chevènement (Mouvement républicain et citoyen) juge « capitale » la déclaration du président de la BCE, Mario Draghi, selon laquelle la banque est « prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro », mais à condition qu’elle soit « suivie d’effets ».
« La déclaration de M. Mario Draghi (…) est une déclaration capitale, si du moins elle est suivie d’effets », écrit le président d’honneur du MRC, dans une article mis sur sa newsletter datée de vendredi, et intitulée « Un tournant décisif dans la crise de l’euro ». Selon lui, « il ne suffira pas que la BCE (la Banque centrale européenne,ndlr) reprenne son programme de rachat d’obligations publiques sur les marchés secondaires. Il est nécessaire que la BCE puisse soutenir directement les interventions du mécanisme européen de stabilité quitte à procéder, tant que celui-ci n’existe pas, à des avances au fonds européen de stabilité financière (FESF) ». « Il est inenvisageable de pouvoir décourager la spéculation si la déclaration, encore très générale, de Mario Draghi, n’est pas assortie rapidement de décisions concrètes approuvées par les gouvernements, notamment allemand », ajoute M. Chevènement.
L’ancien ministre estime que c’est « à cette condition-là seulement »qu’ »on pourra considérer qu’un tournant, te que je le préconise depuis plusieurs années, a été franchi dans la crise de l’euro ».
« En adossant le MES (le mécanisme européen de stabilité, ndlr) à la BCE, comme François Hollande l’a plusieurs fois évoqué dans sa campagne présidentielle et avant le sommet européen du 29 juin, la zone euro peut s’acheter plusieurs années de répit, bien nécessaires pour remettre d’aplomb une monnaie unique dont les défauts de conception, perceptibles dès 1992, n’ont pas été, à ce jour, corrigés », conclut-il.
M. Draghi a déclaré jeudi à Londres que « la BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro. Et croyez-moi, ce sera suffisant ».
Cette déclaration a été saluée par les Bourses et le marché de la dette en Europe, où les taux d’emprunt à 10 ans de l’Espagne sont repassés sous la barre des 7%.
Créé par sr07 le 05 juil 2012 | Dans : Blog du Che, Economie, Pour une autre Europe
Monsieur le Premier ministre,
La France se trouve aujourd’hui dans une situation très difficile, dont sa désindustrialisation, continue depuis près de trois décennies, l’érosion de sa compétitivité et, enfin, un chômage frappant 10% de sa population active sont les symptômes les plus significatifs.
C’est pourquoi, comme les autres parlementaires du MRC, je soutiens l’effort nécessaire auquel appelle le gouvernement pour réorienter l’Europe et redresser l’appareil productif. A titre personnel, j’apprécie votre détermination : Un discours de vérité peut seul créer la confiance.
La situation dégradée de l’économie française n’est pas le fait du hasard. Elle résulte de choix de dérégulation effectués depuis vingt-cinq ans dans le cadre de l’Acte unique et constamment poursuivis sous l’impulsion de la Commission européenne.
Je n’ai pas besoin de rappeler le choix qui a été le mien en 1992 quant à la création d’une monnaie unique. Nous voyons aujourd’hui les effets négatifs d’un transfert de la souveraineté monétaire de dix-sept pays très différents par leurs structures, à une Banque Centrale aux statuts copiés sur ceux de la Bundesbank allemande.
C’est tout ce passif qu’il nous faut aujourd’hui remonter par un effort de dialogue et par la réunion de toutes les bonnes volontés : comment regagner les quinze à vingt points de compétitivité perdus par rapport à l’Allemagne depuis la création de la monnaie unique ? La dévaluation aujourd’hui n’est plus possible. Il faut donc retrouver des marges de manœuvre. Cela ne sera pas possible par une sorte de déflation interne. Il faudra aussi faire évoluer profondément les règles de la monnaie unique. C’est ce que le Président de la République a commencé à faire, au sommet européen des 28 et 29 juin derniers.
Créé par sr07 le 02 juil 2012 | Dans : Articles de fond, Economie, Pour une autre Europe
Créé par sr07 le 20 juin 2012 | Dans : Articles de fond, Economie
LE MONDE | 14.06.2012 à 14h08 •
Hollande vs Merkel ? Relance par la commande publique et l’émission de monnaie contre l’austérité ? C’est un dilemme mortel dont il faut sortir si on veut écrire un pacte de croissance mobilisateur pour tous les Européens. Pour cela, il faut reformuler la question. Il faut lier le défi immédiat de la sortie de crise et celui d’une mutation énergétique et industrielle qui fasse que notre développement ne soit plus assis sur l’accumulation de dettes écologiques.
L’injection de 1 000 milliards d’euros de crédit aux banques par la Banque centrale européenne (BCE) et les plans de sauvetage de la Grèce n’ont empêché ni la récession de l’Italie, ni les baisses cumulées de 5 % et 17 % du produit intérieur brut (PIB) en Espagne et en Grèce depuis 2008, ni la crise des banques espagnoles. C’est que les banques, en utilisant ces crédits pour purger les excès passés au lieu de financer le secteur privé, ont aggravé le marasme causé par les restrictions budgétaires, le chômage et les baisses de salaire réel.
Peut-on attendre des miracles de réformes structurelles ? Outre que leur contenu mérite d’être discuté, elles seront longues à déployer et ne sauraient inciter les entreprises à embaucher si les carnets de commandes se vident. L’austérité de croissance risque, comme les médecins de Molière, de faire mourir le patient par les saignées censées le guérir. Lire la suite »
Créé par sr07 le 18 juin 2012 | Dans : Blog du Che, Economie

Les concepteurs de la monnaie unique pensaient qu’avec le « pacte de stabilité », les économies finiraient par converger. Pari bien léger : l’expérience des unions monétaires a montré, soit qu’elles finissaient par exploser, faute de véritable unité politique (union latine, union scandinave), soit qu’elles renforçaient les inégalités de départ en polarisant la richesse et le sous-développement aux extrémités ; c’est le cas de la lire italienne creusant l’écart entre l’Italie du Nord et le Mezzogiorno, ou de l’unification monétaire allemande de 1990, faisant des Länder de l’Est une zone périphérique. Entre l’Allemagne et les pays du nord de la zone euro d’une part et les pays de la Méditerranée d’autre part, les écarts de compétitivité et de balances commerciales se sont creusés en dix ans.
L’Allemagne vise la compétitivité à l’échelle mondiale. La réponse de Mme Merkel à la crise de la zone euro est de vouloir mettre tout le monde en Europe à la diète. Mais ce faisant, elle ne programme que l’austérité à perte de vue. La récession qui s’ensuivrait se retournerait contre l’Allemagne. La paupérisation des Etats leur permettrait à peine d’exercer leurs fonctions régaliennes. La seule puissance subsistante serait celle des grands groupes industriels et financiers qui sont pour la plupart concentrés dans l’espace rhénan. Le « modèle allemand » ne peut être transféré au reste de l’Europe. L’Europe méditerranéenne ne se laissera pas transformer en un vaste Mezzogiorno. Revenons aux réalités : La Grèce n’est pas l’Allemagne, et la France non plus.
Il faut donc changer les règles de la monnaie unique. Et, en particulier, donner à la Banque Centrale la mission de garantir, bien plus que la stabilité monétaire, la stabilité financière du système. Il serait nécessaire d’adosser le MES (mécanisme européen de stabilité) à la Banque Centrale européenne. Comme le propose François Hollande, une très forte initiative de croissance doit être prise à l’échelle de l’Europe : plan d’investissement d’au moins 1000 milliards d’ici 2020 financé par l’emprunt, relance salariale là où c’est possible, action concertée des banques centrales à l’échelle mondiale pour soutenir la croissance. On ne peut fermer le robinet budgétaire que si on laisse couler le robinet monétaire.
Vous n’étiez pas pour le décollage de cet euro, mais maintenant qu’il est en vol, avez-vous dit, il faut tout faire pour qu’il ne s’écrase pas. A quelles conditions?
Il faudrait un « atterrissage en douceur ». La sagesse voudrait que nous revenions à terme à un euro « monnaie commune ». L’euro resterait la devise commune de tous les pays européens qui le souhaitent : ceux de la zone euro mais d’autres aussi, qui se sont tenus jusqu’ici à l’écart. L’euro vaudrait dans les transactions internationales et les monnaies nationales recréées ne seraient convertibles qu’en euros. Ce SME bis permettrait, à travers des parités négociées, de tenir compte des écarts de compétitivité qui se sont creusés. Cela dit, un tel projet raisonnable est sans doute optimiste…
La crise de l’euro peut s’expliquer par le fait que l’on a voulu politiser un outil économique – la monnaie – au mépris de la réalité des économies nationales. N’est-ce pas la même erreur que fait François Hollande en mettant en avant les Eurobonds, comme un élément de sortie de crise alors qu’ils impliquent un bond en avant fédéral, que la plupart des pays ne semblent pas décidés à accepter?
François Hollande a souhaité dépasser l’opposition du « oui » et du « non » (à Maastricht ou au TCE). Il faut convaincre les dirigeants européens que l’intérêt commun peut quelquefois consister à faire « marche arrière »…
La marche arrière n’existe pas dans la mécanique européenne…
C’est peut-être le moment d’innover : quand on a raté une bifurcation (entre la monnaie unique et la monnaie commune, par exemple) il vaut mieux y revenir. Le « droit à l’erreur » existe. On ne fera avancer l’Europe qu’en partant des réalités, c’est-à-dire des nations elles-mêmes. C’est pourquoi je ne suis pas partisan qu’on mette à la porte ni la Grèce ni l’Espagne qui sont l’une et l’autre deux grandes nations auxquelles l’Europe doit beaucoup. A court terme nous devons trouver des solutions qui nous donnent du temps : celui d’une réflexion collective sur l’Europe que nous voulons faire. Celle-ci, au XXIe siècle, est nécessaire au regard de la nouvelle bipolarité du monde entre la Chine et les Etats-Unis. Mais nous la ferons avec les nations, à leur rythme, c’est-à-dire à géométrie variable, et en l’ouvrant largement vers l’Est et vers le Sud. Non, l’Europe ne doit pas disparaître mais elle doit être construite sur des bases réalistes pour ne pas devenir une nouvelle « prison » des peuples.
Propos recueillis par Philippe Cohen et Eric Conan