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Il est urgent de mettre en œuvre une véritable pédagogie de la laïcité

Créé par le 20 déc 2010 | Dans : Articles de fond, Education

Pourquoi la laïcité républicaine éprouve-t-elle aujourd’hui tant de difficultés à se faire respecter dans les différents espaces publics ? Pourquoi notre République semble-t-elle désormais contrainte à garantir ce respect en multipliant les lois d’interdiction ? Pourquoi ce même respect de la laïcité doit-il être défendu par des décisions de justice, comme dans l’affaire récente de la crèche de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) ? La question de la laïcité ressemble de plus en plus à une nouvelle version de la « guerre des deux France ». L’Etat républicain semble en effet entraîné malgré lui dans une logique d’affrontement avec une forme de guérilla fondamentaliste qui pratique la provocation, le harcèlement, la pression diffuse et multiforme, en testant sans relâche les défenses de la laïcité.

Ce n’est pas l’ensemble des musulmans de France qui est entré dans cette contestation ouverte de la laïcité, mais une minorité active d’entre eux pour laquelle cette laïcité n’est qu’une idéologie concurrente de la leur, et contre laquelle, à ce titre, il leur paraît légitime de faire valoir leur droit à la différence.

Or, c’est bien là que le bât blesse. Là que la responsabilité de la République doit être désignée. Comment se fait-il qu’elle laisse se développer autant sur son territoire cette conviction que la laïcité n’est qu’une idéologie parmi d’autres ? Comment donc ceux qui nous gouvernent n’ont-ils pas prévu que dans une société de plus en plus multiculturelle, où prévalent l’affirmation de soi et la revendication de sa différence, le principe laïque rencontrerait des contestations toujours plus importantes ? Il aurait fallu renforcer dans des proportions considérables le travail d’explication des fondements de cette laïcité, et expliquer aussi qu’elle seule permet justement à une société multiculturelle de ne pas se diviser en communautés séparées. Mais comment faire comprendre que la laïcité n’est pas une vieille lune idéologique française, mais un principe universel de cohésion sociale, qui permet à tous de vivre ensemble au lieu de demeurer dans une simple relation de coexistence ?

La réponse légale ne suffit pas. Il faut une pédagogie de la laïcité, parce qu’il faut former des consciences laïques. Il faut que la laïcité devienne une vertu citoyenne en plus d’un principe politique – une vertu pour que le principe ait des chances de se faire valoir autrement que par la loi. En quel sens, cependant, entendre cette vertu ou conscience laïque ?

Se souvenir de ce qu’on appelle aussi « être laïque » est l’occasion de rappeler qu’avant d’être un principe politique, la laïcité est une « position de conscience » : est laïque la conscience critique ou conscience libre, c’est-à-dire capable de prendre la distance du doute et de la remise en question vis-à-vis de toutes les convictions, vérités, visions du monde, qui la sollicitent. En ce sens, Socrate était laïque, parce qu’il disait « je ne sais qu’une seule chose, c’est que je ne sais rien ». Descartes était laïque, parce que avant de dire « je pense, donc je suis », il disait « je doute, donc je suis ». Averroès (philosophe musulman 1126-1198) était laïque, parce que, dans son Traité décisif, il disait que la loi religieuse devait être soumise à l’examen de la raison. Lao-tseu était laïque, parce que le tao commence par dire qu’une voie de sagesse n’est jamais la Voie par excellence. La laïcité politique ou neutralité de l’Etat est simplement l’objectivation de cette position critique de la conscience qui est valorisée dans toutes les cultures pour sa capacité à se « neutraliser » elle-même afin d’interroger librement les vérités qui circulent parmi les hommes.

Or la situation que nous avons évoquée au départ est née de ce que la République n’a pas investi assez de moyens dans la formation de telles consciences laïques, c’est-à-dire critiques et libres. C’est la raison profonde pour laquelle l’Etat en est réduit à imposer la laïcité par la force de la loi et du tribunal. Le principe de laïcité est resté trop extérieur pour un certain nombre de consciences : il est demeuré une exigence abstraite et étrangère à l’univers mental et éthique de l’individu. Par conséquent, c’est cette relation d’extériorité entre le principe laïque et les consciences que nous devons travailler maintenant à réduire. Il faut que la laïcité soit comprise et admise par les individus, au lieu de leur être seulement imposée d’en haut.

C’est la nouvelle période historique dans laquelle doit entrer notre laïcité française. La période où le principe politique ferait l’objet d’une véritable intériorisation par les citoyens. Nous devons passer de l’âge politique à l’âge éthique de la laïcité – ce qui doit s’entendre bien entendu dans une logique de complémentarité entre les deux ; il ne s’agit pas de substituer l’éthique au politique. Quel est, en effet, le privilège de cette conscience laïque ?

Elle seule peut adhérer pleinement et d’elle-même au principe politique de laïcité. Car le principe politique hors d’elle rencontre le principe éthique en elle. Une conscience laïque comprend par elle-même, grâce à ce qu’elle est elle-même, que ce principe politique est la condition nécessaire du vivre ensemble. Il y a pour elle correspondance et harmonie entre la pratique de soi – la capacité à relativiser ses propres convictions – et la pratique sociale – le vivre-ensemble fondé sur le dialogue, le compromis, la capacité de comprendre que pour être compris d’autrui on ne peut pas laisser simplement libre cours à l’expression de sa propre identité.

Si notre République ne fait pas cet effort de former des consciences laïques, elle s’expose à rencontrer encore et encore le même adversaire, auquel elle donnera sans arrêt de nouvelles forces : en l’occurrence ce fondamentalisme islamique qui précisément ne veut pas négocier ses propres convictions, et qui les revendiquera de façon toujours plus radicale dès lors qu’il ne trouvera en face de lui que la réponse répressive. Mais la loi du plus fort n’est la loi que tant qu’on reste le plus fort, disait Pascal…

Si en France un effort de pédagogie laïque n’est pas conduit à la hauteur qui est aujourd’hui nécessaire, que peut-il se passer ? La pente naturelle des sociétés multiculturelles est de voir se former des communautés distinctes qui s’éloignent les unes des autres, et des consciences qui n’ont bientôt plus d’autre souci que d’affirmer leur propre différence.

Dans une telle société, l’exigence politique de laïcité risque de se heurter de plus en plus à l’incompréhension et à l’hostilité. Des individus qui n’auraient comme conscience de soi que le « droit à la différence » ne comprendraient plus du tout la loi laïque qui impose des limites à l’expression de ce droit, la jugeant absolument contraire à leur liberté. Le divorce latent entre la société multiculturelle et l’Etat laïque serait alors consommé.

Voilà à quoi nous expose le retard que nous prenons à former des consciences laïques. Un face-à-face ou dialogue de sourds aggravé entre l’Etat et les consciences. Et si ces consciences non laïques se multiplient comme elles le font actuellement faute de pédagogie, combien de temps encore la loi et le principe de l’Etat laïque auront-ils la force de s’imposer ? Combien de consciences en nombre suffisant continueront de la défendre en comprenant sa légitimité ?

Abdennour Bidar, professeur de philosophie à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes).

Article paru dans l’édition du Monde du 21/12/10

Dure loi du marché

Créé par le 30 nov 2010 | Dans : Economie, Education

 

Sud-Ouest du 30 novembre 2010 06h00 | Par Sylvie Melliès 

Bazas

« Montrer que la mondialisation peut faire sentir ses effets localement », tel était l’objectif de la réunion publique organisée par l’Agaureps-Prométhée, vendredi soir à Bazas. Le débat portait sur les soubresauts survenus à l’entreprise Fonmarty de Bazas.

Pour Francis Daspe qui introduisait la question, il s’agissait de « montrer les conséquences concrètes dans le quotidien d’une entreprise tout en expliquant les mécanismes de la mondialisation ». Le rachat de l’entreprise par un fonds d’investissement américain en 2005 a constitué un tournant radical qui a bouleversé le quotidien des salariés.

Philippe Petit, le délégué syndical CGT, en décrivait alors la dégradation des conditions de travail : « Horaires extensibles, pauses flexibles, intensification des cadences, recherche d’un profit maximal, pressions répétées s’accompagnant de vexations et de menaces, tout cela est devenu la norme d’une nouvelle gestion de management. Tout cela pour satisfaire un taux de profit à 15 % réclamé par les actionnaires. Un véritable climat de luttes des classes ! »

Une école à deux vitesses  

Le second débat portait sur l’école. Patrice Kadionik traçait le tableau de l’état du système éducatif français : « Les réformes actuelles transforment l’école de
la République en grand corps malade, saigné à blanc par des suppressions de postes, livré à une marchandisation croissante. »

Les interventions de l’assistance témoignaient que l’école ne pouvait fonctionner comme une entreprise ni être considérée comme une marchandise. « Sans quoi c’est une école à deux vitesses qui s’imposera ! »

Francis Daspe concluait les échanges nourris en établissant un parallèle entre les deux questions mises en débat : « Dans ces deux cas, on voit les dégâts occasionnés par la toute-puissance du marché, détruisant les services publics, démantelant la protection sociale et ignorant l’intérêt général. »

« Contrecarrer la dérive vers une école à deux vitesses », par Francis DASPE, chargé de l’enseignement au sein du parti de gauche

Créé par le 01 sept 2010 | Dans : Articles de fond, Education, Front de gauche

Des réformes s’abattent sans discontinuer depuis plusieurs années sur l’école de la République. Leurs détracteurs les qualifient, non sans arguments, de contre-réformes.

L’éducation subit en effet une offensive sans précédent de l’idéologie libérale. Pour donner un aperçu de la palette du libéralisme en action, citons la généralisation des principes de concurrence et d’autonomie, la destruction des statuts des personnels, les économies tous azimuts – dont les suppressions de postes ne sont que la partie émergée de l’iceberg -, l’introduction d’une gestion managériale, de programmes ne donnant qu’une vision parcellaire et idéologiquement orientée de la réalité. Il en résulte une attaque violente à l’encontre des valeurs républicaines fondatrices de l’institution scolaire. Les cadres nationaux sont peu à peu démantelés, la laïcité malmenée, la mixité sociale attaquée, avec notamment la suppression de la carte scolaire. Plus encore, les tentatives de criminalisation de la contestation écornent sérieusement la liberté d’expression, tandis que la promotion d’un esprit critique conforme aux impératifs d’une citoyenneté éclairée est ébréchée par le dogme libéral.

Cette logique, dont les buts restent largement inavoués, s’inscrit dans l’instauration d’une école à deux vitesses. Deux raisons principales expliquent cette volonté.

La première s’évertue à créer les conditions d’une marchandisation de l’école. L’éducation constitue en effet un marché aux potentialités gigantesques : les dépenses consenties dans le monde par les États sont estimées à près de 1 400 milliards d’euros, dont les trois quarts sont le fait des pays développés. En amont de la scolarité obligatoire, il s’agit de la mise en place des jardins d’éveil privés, au détriment de la scolarisation des 2 ans, en chute libre ; et, en aval, de briser le système public des qualifications professionnelles afin de faire des diplômes un produit de consommation ordinaire. Au cœur de la scolarité obligatoire, cela se traduit par les demandes croissantes de participation financière des familles (faisant douter de la réalité du principe de gratuité), par l’intrusion publicitaire au sein des établissements et la notion d’« investissement éducatif ». Au-delà d’un strict minimum qu’il incombe à un service public d’éducation réduit à la portion congrue de transmettre, les libéraux considèrent que l’usager en retirera un bénéfice individuel : l’obtention de connaissances et de diplômes ouvre la voie à un niveau de rémunération plus élevé. Par conséquent, il reviendrait à la famille, et non à la collectivité, de payer ce qui constitue en définitive un investissement pour l’avenir. C’est ainsi qu’il faut comprendre la pente vers des savoirs minimalistes et utilitaristes symbolisés par le socle commun au collège favorisant la prolifération des entreprises privées de soutien scolaire bénéficiant de surcroît d’avantages fiscaux.

La seconde vise à s’affranchir de l’impératif de mixité sociale, chargé de tous les maux par ceux qui ne l’ont jamais vraiment accepté. Pour ce faire, la double stratégie de la pénurie et du dénigrement est convoquée : pénurie en termes de moyens humains ou financiers, pour ensuite mettre en exergue les insuffisances du public afin de solliciter au final le privé.

Cinquante ans après le serment de Vincennes appelant à l’abrogation de la loi Debré de 1959 (qui fait office de véritable concordat sans en porter le nom), l’urgence est de consacrer l’effort de la nation à la reconstruction d’une école de l’égalité, de la solidarité et de l’émancipation : les fonds publics doivent aller exclusivement à l’école publique. La suppression des postes de Rased (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) dans le primaire illustre à la caricature le choix fait par ce gouvernement d’une école à deux vitesses. « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple », proclamait Danton. Le Parti de gauche fait sienne cette maxime, plaçant au cœur de son projet de transformation sociale la question éducative.

La sécurité passe par la lutte pour l’égalité

Créé par le 12 mar 2010 | Dans : Education, Front de gauche

Idées – Tribune libre – Histoire – Article paru le 12 mars 2010 dans l’Huma

tribunes & idées

La sécurité passe par la lutte pour l’égalité 

Par François Cocq, Secrétaire à l’Éducation du PG et candidat du Front de Gauche dans le Val-de-Marne,

et Francis Daspe, Secrétaire Général de l’Association pour la Gauche Républicaine et Sociale-Prométhée.

Quelles solutions contre la violence à l’école ? 

Les médias se sont fait l’écho récemment d’un brusque accès de violence dans les lycées de la région Île-de-France. Confrontées à cette urgence en pleine campagne des régionales, la droite et la ministre candidate Valérie Pécresse ont tenté d’instrumentaliser les faits. Pourtant, les deux versants symétriques de leur politique, dilatoire et sécuritaire, ne répondent pas à la gravité de la situation. La responsabilité des gouvernements de droite dans la dégradation constatée est accablante.

La convocation pour le mois d’avril d’états généraux portant sur la sécurité dans les établissements scolaires ne vise qu’à gagner du temps, à éluder les questions de fond. Les restrictions budgétaires, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, contribuent à la détérioration de la situation : les 50 000 suppressions de postes d’enseignants ces trois dernières années ne sont que la face émergée de l’iceberg. La stratégie des libéraux pour casser le service public d’éducation : organiser la pénurie pour convaincre de la nécessité d’une contre-réforme favorisant invariablement l’ouverture au secteur marchand. Tout en supprimant des postes d’enseignants, le duo Chatel-Pécresse diminue le nombre de places offertes au concours de recrutement pour le public mais double les postes à pourvoir au Capep (le Capes de l’enseignement privé) pour les épreuves 2010. Édifiant ! Le scrutin régional doit être l’occasion de rappeler, notamment à travers la question de la formation professionnelle et de la fin des subventions facultatives octroyées aux lycées privés, la validité du principe : fonds publics à école publique.

Le salut ne saurait venir de l’empilement des lois sécuritaires substituant policiers ou caméras aux personnels de surveillance : la présence de personnels formés, si elle ne résoudra pas tout, peut contribuer à remédier à quelques-uns des dysfonctionnements. Mais c’est aussi la perception même de l’école qu’il faut faire évoluer si l’on souhaite qu’elle se « résanctuarise de l’intérieur ». Elle doit redevenir un lieu de mixité sociale construisant l’égalité entre élèves. Au lieu de cela, la droite trace la voie à une école à deux vitesses : suppression de la carte scolaire, autonomie institutionnalisant la mise en concurrence des établissements. C’est à l’inverse le double objectif d’émancipation individuelle et collective que l’école doit se fixer. Construction du citoyen et qualifications professionnelles sont les deux faces d’une même libération de l’individu.

Le respect de la sécurité dans les établissements ne peut enfin se concevoir sans un minimum de sérénité garanti aux enseignants. Les attaques répétées contre leurs statuts s’inscrivent bien dans une volonté d’instaurer un mode de gestion managérial visant à faire plier la « forteresse enseignante ». Les tentatives d’abrogation ou de contournement des décrets de 1950 et la loi sur la mobilité des fonctionnaires déjà à l’œuvre dans l’académie de Créteil cherchent à supprimer des postes en réduisant les filières et en changeant les matières enseignées ! L’appel à des personnels précaires comme les vacataires, phénomène renforcé par la réforme dite de « mastérisation » de la formation des enseignants, accentue la tendance. Un enseignant précaire ou fragilisé devient facilement un enseignant en difficulté : les victimes en sont aussi les élèves. Difficile dans ces conditions de parler de sécurité ! D’autant que cette dérive sécuritaire s’accompagne d’un vent mauvais d’atteinte aux libertés, comme en témoigne la criminalisation croissante de l’action syndicale.  Les stigmatisations exprimées par le duo Claude Allègre et Ségolène Royal avaient enclenché chez les enseignants un sentiment d’abandon. Il grandit. Comment pourrait-il en être autrement quand le droit de retrait (qui autorise le salarié à cesser le travail en cas de danger grave et imminent) est assimilé comme au lycée Chérioux à Thiais à un fait de grève, ou quand les enseignants sont, en cas d’incident, abandonnés par leurs autorités hiérarchiques ?

Les réponses gouvernementales ne se situent pas à la hauteur des enjeux. La grève d’aujourd’hui doit être l’occasion de contrecarrer ces dérives, comme le scrutin régional dans deux jours. Ou l’art de relier les messages de la rue et des urnes pour faire face à ces politiques toujours plus inégalitaires. 

Le chômage, banni des cours d’économie de seconde ?

Créé par le 27 jan 2010 | Dans : Education

Les nouveaux programmes, selon l’association des profs de SES, évacuent les questions de société, comme le pouvoir d’achat ou le chômage.

Par MARIE PIQUEMAL dans Libé du 26/01/10

Déjà, les professeurs de Sciences économiques et sociales (SES) sortaient perdants de la réforme du lycée, qui commence à se mettre en place à la rentrée 2010. Le volume horaire n’y est pas. L’option de trois heures hebdomadaires en classe de seconde disparaît. A la place, les élèves auront, au choix, une heure trente de SES ou de «Principes généraux de l’économie et de la gestion», une nouvelle matière.

Deuxième nouvelle : les nouveaux programmes de l’option SES évacueraient purement et simplement la plupart des questions de société. Et en premier lieu, le chapitre consacré au chômage et aux problèmes liés à l’emploi. L’information, révélée par Rue89, n’a pas été confirmée par le ministère de l’Education qui insiste ce mardi soir : «Il est prématuré de parler des nouveaux programmes. Rien n’a été arrêté, nous en sommes encore à l’étape de la préparation.»

«J’aimerais bien que ce soit vrai… Mais les nouveaux programmes ont déjà été transmis aux éditeurs», assure Sylvain David, président de l’association des professeurs de SES (Apses). Il fait partie du groupe d’experts qui a travaillé sur les nouveaux programmes, aux côtés notamment des économistes Philippe Martin et Christian de Boissieu. «On s’est réuni trois fois. Les discussions ont chaque fois été constructives… Mais, au final, les choix que nous avons fait n’ont pas été repris par le cabinet du ministère», explique-t-il. Exemple type : la notion d’élasticité des prix. «On était tous d’accord pour considérer que ce concept, abstrait et technique, n’était pas nécessaire pour une première approche de l’économie en seconde.» Il a finalement été retenu dans le chapitre 1, intitulé «ménages et consommation».

Adieu l’ethnologie, bonjour l’épargne

Egalement sur le point de tomber dans les oubliettes, les inégalités sur le revenu, l’investissement… Pas question non plus d’aborder le thème de l’entreprise, en parlant d’innovation ou de la distinction entre chiffre d’affaires et profit. Les élèves découvriront à la place «les joies des constructions des courbes de coûts», de l’épargne ou de «la construction du prix d’équilibre», détaille l’association dans son communiqué.

Quant à la sociologie et l’ethnologie (avec entre autres la notion de la famille, dans le programme actuel), elles sont reléguées à la toute fin du programme – étant précisé dans la maquette que l’enseignant devra traiter «au moins les 10 premières questions». «Le ministère a pris soin de nous laisser aucune marge de manœuvre, se désole Sylvain David. J’ai demandé à ce que, dans chaque thème du programme, on ait le choix entre plusieurs entrées… Refus net.»

En lutte depuis des années pour défendre leur discipline dans sa globalité (sciences économiques ET sociales), les profs sont appelés à se mobiliser une nouvelle fois. Dans la rue, samedi prochain, avec l’ensemble des enseignants. L’association entend ensuite présenter un «programme alternatif». Et si, le ministère s’entête, ils lanceront un appel à «la désobéissance citoyenne», appelant les profs à ne pas respecter les programmes.

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