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Les enseignants se mobilisent pour tenter de faire plier Xavier Darcos

Créé par le 14 mai 2008 | Dans : Education, Santé-social-logement

La participation des enseignants à la journée intersyndicale d’action dans la fonction publique pour la défense de l’emploi et des retraites, jeudi 15 mai, s’annonce massive. Les enseignants protestent contre la suppression de 11 200 postes à la rentrée et la politique éducative du gouvernement. Le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, a fait savoir qu’il attendait en moyenne 63 % de grévistes dans les écoles. Aucune prévision pour le secondaire n’avait encore été rendue publique, mercredi matin, mais les chiffres devraient être élevés.

Que vaudront-ils ? La participation aux grèves dans l’éducation suscite les mêmes controverses que l’affluence aux manifestations. Les estimations du ministère et des syndicats varient parfois du simple au double. La querelle de chiffres est ancienne.

Le 20 mars 2007, lors d’une journée d’action contre le décret réformant les obligations de service des enseignants, la participation des professeurs à ce mouvement avait été évaluée à 17 % par le ministère, à 38 % par le SNES-FSU. Le 24 janvier, date d’une précédente journée de grève dans l’éducation, les syndicats annonçaient 53 % de grévistes dans le primaire et 55 % dans le secondaire. L’estimation du gouvernement était de 38,5 % dans le primaire et 35 % dans le secondaire. Interrogé sur cet écart, le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, avait alors promis de donner « à l’unité près le nombre de grévistes » après recension des retenues sur salaires. « On verra, évidemment, que les vrais chiffres sont ceux du ministère », avait ajouté M. Darcos.

Ces « vrais chiffres », rendus publics le 22 mars, sont en deçà des estimations initiales : 29 % de grévistes dans le primaire et 21 % dans le secondaire. « Les retenues sur salaires sont l’indicateur le plus précis et le plus performant du nombre effectif de grévistes », indique-t-on à la direction générale de l’enseignement scolaire. Les syndicats ont immédiatement objecté que le ministère calculait la proportion de grévistes en fonction de l’effectif total, et non des seuls enseignants qui devaient faire cours le jour de la grève. « Tous les enseignants en collèges et lycées n’ont pas cours le jeudi, sans compter les congés maladie, les gens partis en voyage scolaire, etc. », a fait valoir Roland Hubert, secrétaire général du SNES-FSU (majoritaire).

RETENUES SUR SALAIRES

En publiant ces chiffres, M. Darcos a voulu démontrer que les syndicats mobilisent moins qu’ils le prétendent. Plusieurs raisons expliquent toutefois une partie de l’écart constaté, à commencer par la rigueur des retenues sur salaires. La loi prévoit que l’absence de « service fait » donne lieu par journée à une retenue d’un trentième du traitement mensuel de l’enseignant. Il suffit d’une seule heure de grève sur ses obligations de service pour qu’un enseignant se voie retirer une journée de salaire. Dans une profession dont Nicolas Sarkozy lui-même dénonce l’insuffisante rémunération, on peut penser que 30 % de grévistes effectifs portent le message d’une proportion plus grande de personnels « sympathisants ».

Face au « tout ou rien » des retenues sur salaires, il arrive que les grévistes déclarés établissent entre eux une sorte de roulement, d’une journée d’action à l’autre. Pour la même raison, d’autres enseignants peuvent être favorables au mouvement sans y participer formellement. Dans le secondaire, les professeurs qui ne sont pas de service le jour de la grève évitent, sauf zèle militant, de perdre une journée de salaire.

Cet argument ne tient pas pour le primaire, où les professeurs travaillent tous les jours. D’autres raisons sont avancées. Même le plus militant des syndiqués ne fera pas grève s’il accompagne une classe de neige. Il faut également tenir compte des temps partiels ou des périodes de formation.

Les jours de grève représentent une économie substantielle de masse salariale. Treize millions d’euros – 6 dans le primaire et 7 dans le second degré – ont été réalisés le 24 janvier. Dans le primaire, cette somme a été partiellement utilisée pour expérimenter le service minimum d’accueil, qui est financé par les retenues sur salaire. Le ministère espère que 2 300 communes joueront le jeu le 15 mai, contre 2 023 en janvier. Sur ce point comme sur d’autres, M. Darcos entend montrer qu’il peut bousculer les syndicats.

Luc Cédelle et Catherine Rollot

N.B :

20 mars 2007. Grève dans le secondaire contre le décret sur les obligations de service des enseignants.

18 octobre. Première grève (peu suivie) visant notamment les 11 200 suppressions de postes prévues à la rentrée 2008.

20 novembre. Mobilisation unitaire massive. La FSU annonce « plus de 50 % de grévistes ».

24 janvier 2008. Journée d’action de la fonction publique. Expérimentation du « service minimum d’accueil » à l’école.

18 mars. Grève dans le second degré à l’appel d’une intersyndicale FSU, SUD-Education, CGT et FO.

15 avril. Grève dans les académies de Paris, Créteil, Versailles et Bordeaux.

Abécédaire de la colère des fonctionnaires

Baisse des effectifs et recours au privé mobilisent la fonction publique.

LAURE EQUY

QUOTIDIEN LIBERATION : jeudi 15 mai 2008

Il y a fort à parier que la suggestion osée hier par André Santini, secrétaire d’Etat à la Fonction publique, de mettre «des brassards à la japonaise» plutôt que de faire grève, hérisse les fonctionnaires mobilisés pour la défense des services publics. Outre les réductions d’effectifs, d’autres réformes en cours (projet de loi sur la mobilité, retraites, etc) alimentent le malaise et l’inquiétude au sein de la fonction publique.

Armée. Pas question de grève chez les militaires. Mais l’inquiétude est grande. Car le gouvernement ne cache pas qu’il entend tailler dans le vif. Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), le regroupement des implantations militaires autour de 90 «bases de défense» a été décidé. Le plan de restructuration des armées qui pourrait être annoncé le 19 mai entraînerait la suppression d’une trentaine de garnisons et de plus d’une dizaine de régiments d’ici 2012.

Contrats. Le Livre blanc sur la fonction publique, remis mi-avril, suggère notamment de «professionnaliser le recours aux agents contractuels dans la fonction publique» et de «définir des règles claires de recours à des agents contractuels ou à des agents titulaires».

Douanes. L’intersyndicale des douanes (CFDT-CGT-FO-Solidaires) appelle à une grève «reconductible» à compter d’aujourd’hui contre un plan de réforme du dédouanement (service chargé des produits hors UE) qui pourrait entraîner, selon eux, de 1 000 à 2 000 suppressions d’emploi.

Fusion de corps. Le Livre blanc recommande de remplacer les 700 corps de la fonction publique d’Etat par une cinquantaine de familles de métiers, regroupées en sept filières : administration générale, financière et fiscale, sociale, éducation et recherche, culture, technique et sécurité.

Hôpitaux. Les syndicats CGT et FO de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) appellent à participer à la journée de grève. En tête des revendications, la question des retraites et le refus de l’allongement de la durée de cotisation à quarante et un ans et le «maintien des garanties statutaires actuelles».

Intérim. Prévu dans le projet de loi sur la mobilité adopté au Sénat fin avril (et qui doit venir devant l’Assemblée nationale au mois de juin), le recours à l’intérim, déjà pratiqué dans l’hôpital public, pourrait être autorisé dans toute la fonction publique. Les administrations pourraient puiser dans le vivier intérimaire pour un remplacement, une vacance temporaire d’emploi, un accroissement ponctuel d’activité ou un besoin saisonnier. Aprement discuté lors du passage du texte au Sénat, ce point a été encadré avec des précisions sur la durée des contrats mais continue de crisper les syndicats. Contre-feu hier de Santini : l’introduction de l’intérim «est une opportunité, pas une obligation.»

Mobilité. Le projet de loi sur la mobilité vise à faciliter le passage entre les fonctions publiques ou du public au privé : droit au départ, cumul de temps partiels, intérim, réorientation professionnelle en cas d’emploi supprimé. Parallèlement, cinq décrets parus en avril instituent «une indemnité de départ volontaire» ou, dans le cadre d’une mobilité fonctionnelle ou géographique imposée, une «indemnité temporaire de mobilité».

Pénitentiaire. La CGT pénitentiaire appelle aussi à se joindre à la mobilisation. Dans sa ligne de mire : la RGPP, dont les premiers effets seraient, selon la CGT, la «fermeture des tribunaux, la suppression de certaines directions d’administration, la fermeture de l’hôpital de Fresnes, le développement du partenariat public-privé».

Rémunération au mérite. Autre suggestion du Livre blanc, l’introduction du mérite dans la rémunération, via des entretiens «périodiques» d’évaluation remplaçant la notation actuelle. La part de l’avancement automatique serait réduite au profit de la part liée à l’emploi occupé et à la performance.

Suppression de postes. C’est le principal mot d’ordre de la mobilisation : protester contre le non-remplacement, à partir de 2009, d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Le budget 2008 prévoit déjà 22 900 suppressions de postes, dont 11 200 dans l’enseignement, 35 000 sont déjà annoncées pour 2009 dans le cadre de la RGPP.

De la lettre aux éducateurs au rapport Pochard : la stratégie du décalage entre propos, intentions et actes, par Mathieu Dumoulin

Créé par le 06 avr 2008 | Dans : Education

Lettre aux éducateurs adressée à la rentrée, rapport de la commission Pochard rendu public en janvier, préparation de la rentrée 2008 avec l’attribution dans les établissements de dotations horaires globales réduites à la portion congrue, Nicolas Sarkozy dévoile dès la première année scolaire de sa présidence sa stratégie de démantèlement de notre système éducatif public, laïque et gratuit.

Médiatiquement et politiquement, le début de l’année scolaire fut marqué par la publication de la lettre du Président de la République aux éducateurs. Affectant d’afficher une conception équilibrée de l’éducation, rejetant d’un même geste le retour à une instruction d’un autre temps et l’éducation centrée sur l’enfant, ce texte peut faire illusion. Mais derrière cette rhétorique, se dessine le projet quinquennal de la majorité présidentielle porté par une vision libérale de l’école. Après un catalogue des difficultés du système éducatif auquel nous pourrions éventuellement souscrire (« l’autorité des maîtres […] ébranlée », « la culture commune […] effritée », « l’inégalité devant le savoir et devant la culture […] accrue », « les chances de promotion sociale […] réduites ») apparaît ce qui semble aujourd’hui être considéré comme la mission première de l’école : assurer l’acquisition des compétences réclamées par le MEDEF en relevant « le défi de l’économie de la connaissance et de la révolution de l’information ». L’ambition affichée dans ce texte pour des savoirs complets ne doit pas cacher l’asservissement promis de l’école au patronat.

Notons que dans les établissements scolaires, la communauté éducative semble se limiter aux seuls enseignants livrés à eux-mêmes, laissant planer un doute sur le devenir des personnels d’orientation, de vie scolaire, les personnels sociaux et de santé, dont l’intégration au système éducatif assure cohésion et cohérence.

Seules les responsabilités des enseignants, parents et élèves permettraient d’expliquer les échecs de l’école ou les réussites individuelles. Jamais ne sont évoquées les difficultés sociales et territoriales. Exclure l’école des réalités sociales qui l’entourent permet d’une part d’avorter le débat de transformation sociale pourtant nécessaire aujourd’hui et d’autre part de sacrifier sur l’autel du libéralisme le service public d’éducation. C’est en effet en culpabilisant et stigmatisant les enseignants que le Président annonce des réformes qui préfigurent les conclusions de la commission Pochard. On peut sans difficulté découvrir dans ces publications un postulat commun : l’amélioration de la qualité du système éducatif français s’accompagne de la destruction des cadres nationaux et de la baisse de la quantité, que ce soit de personnels avec les diminutions de postes, des diplômes avec la généralisation des bac pro en 3 ans au dépens de la filière BEP 2 ans – Bac pro 2 ans et des savoirs avec le socle commun des connaissances et des compétences.

En quelques lignes apparemment noyées au milieu d’envolées lyriques ponctuant ses propos, le Président présente le plus parfait bréviaire libéral en annonçant rapidement la suppression de la carte scolaire, l’autonomie des établissements ainsi que l’éclatement des statuts des enseignants assimilés à un « carcan ». Ces mesures, développées par la commission Pochard, ôteront le caractère national à l’éducation.

L’abandon de la carte scolaire est censé améliorer la mixité sociale dans les établissements en supprimant le brassage social et territorial institutionnalisé. Elle permettra en réalité d’initier le processus d’autonomisation des établissements, chacun pouvant choisir les élèves dignes de le fréquenter (du moins ceux dont la réputation leur permet d’être sélectifs) ou au contraire recueillir les élèves jugés indésirables ailleurs. A la ségrégation territoriale et sociale s’ajoute une méritocratie biaisée dont la finalité est de priver de leurs meilleurs éléments les établissements souffrant déjà de difficultés. Libre choix sera également laissé aux établissements dans leur projet et leur organisation.

Le cadre national du savoir commun minimal assuré par les programmes disparaît également au profit de la seule acquisition d’un socle commun dépouillé qui n’a rien à voir avec un nécessaire et salutaire recentrage sur les apprentissages fondamentaux. Les savoirs exigeants, professés à tous les jeunes résidant sur notre territoire et pensés comme porteurs de promotion sociale, sont abandonnés au bénéfice d’un minimum de connaissances et de compétences nécessaires à une utilisation professionnelle stricte dans une visée utilitariste. Deux types d’enseignements seraient ainsi assurés : un minimum pour tous avec moins d’heures de cours, un enseignement de valeur ambitieux et exigeant pour les élèves des « bons » établissements, ceux pouvant se vanter de mériter de « bons » élèves.

Le livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant (autre nom du rapport Pochard) explicite les attaques lancées dans la lettre aux éducateurs contre les statuts des enseignants, définis nationalement, qui restent un des seuls freins à l’autonomie totale des établissements, fin libérale promise au service public d’éducation à la française. Dans la lettre aux éducateurs, le Président s’adressant aux enseignants promet : « vous serez mieux rémunérés, mieux considérés et à rebours de l’égalitarisme qui a trop longtemps prévalu, vous gagnerez plus, vous progresserez plus rapidement si vous choisissez de travailler et de vous investir davantage ». Au-delà de l’injure qui est faite aux professeurs jugés actuellement peu consciencieux, ceci annonce le délitement des statuts auxquels sont attachés les enseignants si on considère la victoire syndicale du printemps 2007 conduisant à abroger le décret de Robien.  

La mise à mal des statuts passe par l’individualisation et la contractualisation. Le rôle accru du chef d’établissement, pressenti comme responsable de la dimension pédagogique de l’évaluation par exemple, pèsera sur la rémunération et l’évolution de carrière des enseignants. Ainsi les réponses aux revendications portant sur l’évolution du pouvoir d’achat sont déconnectées de la politique salariale. Les propositions affichées d’introduire des primes à la performance et au mérite, de compenser des missions non statutaires par des indemnités ou encore de recourir massivement aux heures supplémentaires sont de fausses solutions. Il suffira de biaiser les indicateurs pour ne plus être performant ; il suffira d’élargir les missions des enseignants pour que les tâches non statutaires le deviennent subitement ; il suffira d’augmenter le temps de travail ou d’annualiser le service des enseignants pour que certaines heures ne soient plus supplémentaires. Rappelons avec force que la question du pouvoir d’achat des fonctionnaires ne peut être dissociée de la revalorisation du point d’indice.

Les heures supplémentaires sont au centre des préoccupations actuelles des établissements. Le ministère compense la suppression d’un grand nombre de postes d’enseignants en transformant une partie des heures postes en heures supplémentaires. Ainsi les établissements reçoivent actuellement des dotations globales horaires dans lesquelles les heures supplémentaires apparaissent massivement. Sur des heures postes interviennent des enseignants titulaires de l’établissement ou des enseignants titulaires remplaçants. Sur des heures supplémentaires ne peuvent intervenir que des enseignants titulaires de l’établissement dont les services dépassent les maxima définis par les statuts ou des enseignants précaires recrutés par contrat. Par l’importance du nombre d’heures supplémentaires ne pouvant être assurées par des titulaires, le ministère impose de fait le recours à des enseignants précaires au statut de vacataire. Le ministre affiche le peu d’intérêt qu’il porte à l’enseignement de qualité assuré par des professeurs recrutés sur des concours nationaux et prouve son attachement à la précarité qui assure des conditions de travail inadmissibles. Rien ici ne concourt à la revalorisation de la fonction enseignante pourtant proclamée !

Le rapport Pochard colle à cette actualité en préconisant d’autres voies d’accès à l’enseignement que le concours national. La certification est une des pistes évoquées. Les étudiants titulaires d’un master pourront être recrutés pour assurer des fonctions d’enseignant. La généralisation du contrat comme référentiel de recrutement enterrera le concours dont l’organisation est jugée trop coûteuse et qui reste un rempart à la casse des statuts et du service public d’enseignement.

La marque de fabrique du nouveau Président de la République réside sans aucun doute dans le décalage abyssal existant entre les propos (exprimés), les intentions (souvent masquées) et les mesures (suggérées à la hussarde). Le traitement réservée à la laïcité en offre un des exemples les plus éclairants : alors que les propos utilisés dans la lettre pouvaient apparaître comme rassurants pour la laïcité, ils avaient été très vite invalidés, pour qui aurait été abusé en dépit de penchants communautaristes ou d’accointances douteuses pourtant de notoriété publique, par le fameux discours du Latran dans lequel était théorisée la prétendue supériorité du prêtre sur l’instituteur, puis par celui de Ryad, véritable ode au sentiment religieux. Les paroles n’engagent décidément que ceux qui y croient ou qui veulent bien y croire…

Mathieu DUMOULIN

Membre de l’AGAUREPS-Prométhée

(Association pour la Gauche Républicaine et Sociale – Prométhée)

Avril 2008

www.agaureps.net

Grève dans les collèges et lycées notamment contre la suppression de postes

Créé par le 18 mar 2008 | Dans : Education

Les enseignants et autres personnels des collèges et lycées publics sont appelés à la grève par une intersyndicale, mardi 18 mars,  pour protester contre les restrictions budgétaires, la réforme de l’enseignement professionnel et le rapport Pochard sur la condition enseignante.

Mercredi, ce sont les professeurs des écoles qui sont appelés, par le SNUipp-FSU (majoritaire) à « une journée nationale d’action » (manifestations, distributions de tracts, simulacres de classes des années 1950, mais pas d’appel à la grève), pour « protester contre les mauvais choix ministériels » faits pour l’école.

Mardi, « nous attendons 30 à 35 % de grévistes », a déclaré lundi à l’AFP Claudie Martens, cosecrétaire générale du Snes-FSU (majoritaire dans le second degré), à l’origine de cet appel, avec la CGT, FO et Sud (minoritaires). Des manifestations et des rassemblements devant les rectorats et les inspections académiques sont prévus en province. A Paris, un cortège partira à 14 h de la place de la République en direction de Bastille.

L’appel n’est pas suivi, au niveau national, par le Sgen-CFDT (2ème dans les collèges-lycées) – en revanche sa section locale parisienne sera dans la manifestation – ni par le Snalc-Csen (3ème). En outre, contrairement aux précédentes journées de grève (20 novembre, 24 janvier), le mouvement ne s’inscrit pas dans une journée d’action plus large de la fonction publique.

Le mot d’ordre pourrait cependant être bien suivi localement, dans la mesure où chaque établissement scolaire a désormais pris connaissance des suppressions de postes qui l’attendent pour la rentrée prochaine, et qui se compte parfois en plusieurs dizaines sur une seule cité scolaire.

« 80 000 SUPPRESSIONS D’EMPLOIS PROGRAMMÉES »

Ces derniers jours, de nombreux mouvements de protestation ont éclaté, en région parisienne – Yvelines, Seine-et-Marne, Val-de-Marne – mais aussi dans l’Hérault, à Roanne (Loire), Toulouse, Lille…

Au total, 11 200 postes dont 8 830 dans les collèges et lycées publics disparaîtront à la rentrée, et selon le SNES, « 80 000 suppressions d’emplois sont programmées » d’ici à 2012 dans l’Education, motif principal du mouvement de mardi. Selon l’intersyndicale, cela « met en péril l’organisation des enseignements » et « dégrade les conditions de travail des personnels et des élèves ».

Elle craint de surcroît, au travers du rapport Pochard sur la condition enseignante, que la « revalorisation » promise par le candidat Nicolas Sarkozy en campagne se traduise en réalité par la polyvalence des enseignants et la refonte de l’organisation de leur temps de travail, ce qui serait « porteur de dangers pour les statuts et les missions des enseignants ». Ce rapport a été remis début février au ministre de l’éducation, lequel doit annoncer ses décisions sur ce sujet en avril-mai.

Les organisations syndicales, soutenues par parents d’élèves et lycéens, entendent par ailleurs « rappeler (…) leur refus de la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans ». Une réforme en cours de ces derniers, doit aboutir à la rentrée 2009 à une formation en trois ans au lieu de quatre actuellement, par le biais et la suppression de certains BEP selon les secteurs d’activité.

Le 24 janvier, journée d’action qui avait également concerné les écoles primaires et à laquelle appelaient la quasi-totalité des syndicats, les grévistes étaient entre 34,21 % selon le ministère et 54 % selon les syndicats.

AFP- Le Monde

Vers la civilisation du désespoir, par Hayat DHALFA et François COCQ

Créé par le 24 fév 2008 | Dans : Education, Gouvernement

Hayat DHALFA et François COCQ sont candidats du MARS-Cauche Républicaine sur des listes de rassemblement de la Gauche à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et à Champigny-sur-Marne (Val de Marne).

Le 4 février, Xavier Darcos, Ministre de l’Education Nationale, se voyait remettre le rapport Pochard. Quatre jours plus tard, Nicolas Sarkozy présentait son plan banlieue. Difficile de ne pas faire le rapprochement entre deux « ambitions » qui en réalité, derrière le verbe, n’apportent aucune réponse concrète aux situations difficiles que connaissent les quartiers populaires. Pire, un pas de plus  a été fait pour les stigmatiser.

            En tant que jeunes acteurs de ces quartiers, engagés aussi dans la vie publique pour y réimplanter l’égalité républicaine à laquelle nous avons droit, nous nous devons de dénoncer avec force la supercherie de cet énième projet.

            Retrouvant les accents lyriques de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy nous avait promis un plan Marshall pour la banlieue. Le résultat est à la hauteur du Président de la République : là où les Américains affectaient 1% de leur PIB à la reconstruction de l’Europe, la France n’en sacrifierait pas le vingtième pour ses quartiers populaires ! Une fois de plus, l’argument fallacieux des caisses vides a bon dos, quand 15 milliards d’euros ont été distribués aux 10 % les plus riches il y a à peine six mois. Il est certain que c’est là une affaire de choix politiques. Et on voit bien dans quel sens vont ceux du Président.

            Au delà, c’est l’ambition générale de son plan qu’il nous faut contester. On a beau défendre l’idéal républicain, nous ne pouvons nous satisfaire de l’idée simpliste que la méritocratie permettrait à elle seule de réhabiliter ces quartiers. De telles propositions induisent en effet que la vie des habitants des quartiers populaires relèverait d’un choix et qu’il ne tiendrait qu’à eux de s’en sortir. C’est bien connu si chômage il y a c’est la faute… des chômeurs, qui seraient autant de « glandouilleurs » ! Des propos de comptoirs au plus haut niveau de l’Etat qui évitent de dresser le constat d’une situation sociale dégradée et de la panne de l’ascenseur social. Résultat : la grande majorité des jeunes se voit une fois encore non seulement abandonnée, mais aussi mise à l’index et même spoliée de ce à quoi elle avait jusqu’ici droit. Car parallèlement à ce plan « anti-glandouille » les services publics continuent à baisser pavillon, victimes à la fois d’une politique de privatisation continue, et de suppression de postes. Et ce ne sont pas les 4000 policiers embauchés qui inverseront ce désengagement de l’Etat dans ces quartiers.

            L’hypocrisie est à son comble quand le meilleur plan « anti-glandouille » qui soit, l’Ecole, voit dans le même temps ses missions modifiées, ses moyens diminués, ses ambitions révisées à la baisse. A la rentrée 2008, ce seront près de 1400 postes d’enseignants qui seront supprimés en région parisienne. La disparition de 80 000 emplois est même programmée dans l’Education Nationale pour la période 2009 et 2012. Les Dotations Horaires Globales (DHG) pour assurer les enseignements l’an prochain qui arrivent actuellement dans les établissements sont drastiquement à la baisse. Conséquences immédiates : suppression d’options, de modules, groupes de langue à 35 élèves, dégradation de la qualité des enseignements…

            Cette politique globale d’éducation, déclinée au niveau des établissements des quartiers populaires, se traduira à la rentrée prochaine par une diminution du nombre d’heures par élève dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP) ! Par souci d’économies, les bacs professionnels s’effectueront en trois ans et non plus quatre, au détriment bien sûr des enseignements. Les horaires élèves pourront également à terme être définis en partie localement, ce qui conduira à réduire l’enseignement dans les quartiers populaire au seul socle commun de connaissance. Une éducation au rabais en somme, qui limitera encore plus les possibilités de s’émanciper et de s’extraire de sa condition. En d’autres temps, certains auraient appelé cela une politique de classe. En tous les cas bien éloignée de la mission d’une Education Nationale.

            Dans la même logique hypocrite, le Président prévoit dans son plan des aides pour les créations d’entreprises, laissant à penser que c’est là l’horizon le plus réaliste pour les jeunes des quartiers populaires.  Il s’agit surtout d’un moyen habile pour éviter de poser la question du statut du salarié, dans un contexte où la part des salaires diminue au profit du capital. Car ce sont justement la dégradation du pouvoir d’achat, le chômage, la précarité qui touchent de plein fouet cette jeunesse et expliquent en priorité les problèmes des quartiers. Autant de terrains propices à toutes les formes d’exclusion, sociales et raciales notamment, que l’on y rencontre plus encore qu’ailleurs.

            Pour masquer sa volonté de déconstruire le lien social et de mettre au pas les quartiers populaires, Nicolas Sarkozy et son gouvernement affichent l’écran de fumée d’un plan qui mise sur la responsabilité individuelle faute de moyens financiers. Celui-ci ne résiste pourtant pas au constat du terrain. La banlieue ne saurait être l’alibi à l’affermissement de sa vision libérale des choses. Si ces quartiers doivent relever de choix politiques, ceux-ci doivent promouvoir l’égalité, l’émancipation, la sécurité, la capacité à vivre ensemble au travers d’une laïcité réaffirmée. Car ce sont les seuls viables pour leurs habitants.

François COCQ, Hayat DHALFA

Février 2008

www.agaureps.net

Grosse charrette à l’académie de la Réunion

Créé par le 18 fév 2008 | Dans : Education

Laurent DECLOITRE

QUOTIDIEN LIBERATION : lundi 18 février 2008

Un «tsunami social» vient de balayer l’académie de la Réunion, pour reprendre l’expression d’un syndicaliste. A la trappe depuis le 1er février, les 420 contrats d’accompagnement dans l’emploi (CAE) et contrats d’avenir (CAV) jusque-là affectés à des tâches administratives et de vie scolaire dans les collèges et lycées. Une autre charrette de 100 autres agents va suivre. Sans compter les 250 techniciens, ouvriers et agents de service (TOS) qui ont, eux aussi, perdu leur emploi dans les établissements scolaires au début du mois. Un cyclone. Que vont devenir tous ces précaires ? Comment leur absence sera-t-elle gérée ?

Le recteur Paul Canioni a promis qu’au final, «seulement» 300 emplois relevant de l’Education nationale ne seront pas renouvelés. Les chefs d’établissement ont été invités à embaucher des remplaçants pour une durée de six mois.

Des parents d’élèves et des enseignants ont refusé de procéder à ce recrutement ultralight. C’est le cas au lycée du Verger, où le conseil d’administration a voté non au remplacement des 5 agents par 2 précaires. «On refuse ce détricotage systématique de la fonction publique», justifie Philippe Bannet, de la FCPE. Maxence de La Grange, le proviseur, dit «comprendre» cette position, même s’il doit réduire la plage horaire de l’accueil. A la Réunion, on compte «pratiquement autant de précaires que de titulaires», sur les tâches administratives et scolaires dans les collèges et lycées ! «Leur suppression pose d’énormes problèmes de fonctionnement», constate Jean-François Riahle, secrétaire académique du SE-Unsa.

A Mille-Roche, le plus grand collège de France avec 1 440 élèves, les enseignants se sont mis en grève. Là, 6 agents et 4 TOS, qui travaillaient au secrétariat, à la surveillance et à la cantine, se sont retrouvés à la rue. Même si une partie des postes sont reconduits, les personnels en fin de contrat, eux, se retrouvent au chômage.

Concours. Henri était agent de sécurité depuis 1993 au collège Titan. Il a cumulé 18 contrats et tenté à 7 reprises des concours pour être titularisé. En vain. «On n’a eu aucune formation», regrette le père de famille qui se dit «très mal, déprimé». Après quatre ans au lycée Jean-Joly comme secrétaire du principal adjoint, Reine-Claude Lony a également été remerciée. «Dégoûtée», cette dynamique mère célibataire de 40 ans s’inquiète pour «les factures et les traites de la voiture»… D’autres, comme Pascaline Lartin, sont «en sursis», leur contrat arrivant à expiration à la fin de l’année scolaire. Tous ne croient guère à la cellule de reclassement du rectorat.

Pneus. Aussi, les chômeurs de l’Education nationale multiplient les actions coup de poing : sous-préfecture investie, pneus brûlés devant le rectorat… Martin Hirsch, qui assistait, la semaine dernière, à un Grenelle de l’insertion à Saint-Denis, ne pouvait pas ne pas faire un geste. Le haut-commissaire aux Solidarités actives a proposé que les TOS employés par la région et le Département bénéficient d’un contrat unique d’insertion «à titre dérogatoire». Quant aux fins de contrats de l’académie, leur sort sera examiné «au cas par cas et au fil de l’eau»

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