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Vous avez dit théâtre militant ? Comme c’est étrange…

Créé par le 22 jan 2008 | Dans : Education

Publications . Deux livres consacrés au théâtre et au spectacle militants des années soixante à quatre-vingt pour comprendre ces esthétiques de la résistance.

Une histoire du spectacle militant (1966-1981), sous la direction de Christian Biet et d’Olivier Neveux. Éditions L’Entretemps, 460 pages, 30 euros. Théâtres en lutte, d’Olivier Neveux.Éditions La Découverte, 319 pages, 23 euros.

En 1998 paraît un ouvrage passionnant de Marco Consolini intitulé Théâtre populaire – 1953-1964 – Histoire d’une revue engagée (Éditions IMEC), qui retrace les dix années d’existence de cette revue, animée par Roland Barthes et Bernard Dort entre autres. On y croise des figures emblématiques du théâtre d’alors : Brecht, Planchon, Vilar mais aussi Jeanne Laurent. Se dessine l’ébauche d’un théâtre public et décentralisé qui poursuit l’idée du théâtre populaire défendue par Vilar. Les deux ouvrages d’Olivier Neveux (avec Christian Biet), maître de conférence à Strasbourg II, éclairent les vingt années qui suivirent, à travers le prisme du théâtre militant, et, pour le coup, jettent comme un pont entre ces deux histoires. L’histoire ne s’arrête pas à l’avènement de la gauche au pouvoir. Celle-ci n’est pas encore écrite qu’elle commence à se déliter, faute, il faut bien se l’avouer, de projet politique innovant. Olivier Neveux ne se défausse pas qui, dans son introduction, estime qu’« après la longue restauration esthétique des années 1980 – lorsque art et politique étaient sciemment désolidarisés – mais aussi suspecte, resurgissent dans le champ théâtral des injonctions à la politique ».

d’armand gatti à kateb yacine

Sur fond de trame chronologique, il se dessine une histoire du théâtre militant et politique faite d’engagements, de ruptures, de tentatives pour dire le monde ou plutôt le refus du monde capitaliste, de l’impérialisme, du colonialisme. On y croise les figures de Kateb Yacine, d’Armand Gatti, d’André Benedetto, d’Augusto Boal (fondateur du Théâtre de l’Opprimé), de Dario Fo, mais aussi des compagnies, le Théâtre de l’Aquarium, le Théâtre du Levant, Troupe Z, Al Assifa, les Mirabelles, le Théâtre de la Carriera… Certains dénoncent l’impérialisme américain (Napalm, de Benedetto, V comme Vietnam, de Gatti, l’Homme aux sandales de caoutchouc, de Yacine) ; d’autres s’inscrivent dans les luttes contre le colonialisme ou pour le combat émancipateur des femmes, des homosexuels… Mai 68, Lip, la création est au coeur des luttes sociales et donne naissance, à chaque fois, à un théâtre de la contestation, un théâtre qui ne prône pas une seule et unique esthétique, un théâtre pétri de contradictions formelles comme politiques.

une nouvelle approche critique

Cette approche, cette analyse, cette volonté d’étudier l’histoire du théâtre militant, dans ces deux ouvrages, ont ceci d’impertinent qu’elles ne pleurent pas sur un passé révolu mais éclairent sous un autre angle notre théâtre contemporain qui, jusqu’à il y a peu, s’indignait que l’on puisse se revendiquer d’un théâtre « politique » ou « militant », deux termes aussitôt voués aux gémonies. Attitude qui va de pair avec, au mieux l’ignorance, au pire le mépris à l’égard de l’éducation populaire. On peut aussi citer le travail du Groupov, et l’accueil indifférent voire glacial de la critique à Avignon en 2005 lors de la présentation d’Anathème.

Deux ouvrages, avec celui de Jean-Pierre Siméon (lire ci-dessous), précieux qui renouent avec une lecture critique de la création théâtrale (et du cinéma). Indispensable pour comprendre notre – présent.

Marie-José Sirach dans l’Huma

Promouvoir les lettres, arts et sciences humaines

Créé par le 13 jan 2008 | Dans : Articles de fond, Education

Tribune libre dans l’Huma

Appel (*)

Le dispositif institutionnel mis en place récemment dans le cadre de la recherche, de l’enseignement et de la création en France suscite réflexion et nécessite des rééquilibrages plus favorables à l’intérêt général. En effet, la loi sur la recherche votée en 2006, à l’origine des pôles de compétitivité, de même que la loi sur les libertés et responsabilités des universités (LRU) adoptée en 2007 ont des conséquences préjudiciables pour l’avenir des disciplines littéraires, linguistiques, artistiques, de la philosophie et des sciences humaines. Avec cette nouvelle législation, l’accroissement de la collaboration des universités et des entreprises, en particulier par la médiation de l’Agence nationale de la recherche (ANR), crée une concurrence excessive entre universités, sur le critère principal de la rentabilité. À la suite de la réforme drastique du statut d’intermittent du spectacle, la quasi-exclusion de ce dispositif des disciplines et filières précitées conduirait à une catastrophe d’ordre culturel, scientifique, artistique, social…

D’ores et déjà, la baisse des effectifs dans les universités de lettres, arts et sciences humaines est alarmante ; à cet égard, il est important d’en soutenir l’exercice : création de pôles régionaux de recherche à caractère socioculturel, maintien des diplômes nationaux, des préparations aux concours nationaux de recrutement (CAPES, agrégation…), des masters dans tous les établissements, meilleure articulation entre classes préparatoires et licences, amélioration des débouchés professionnels des diplômés… Tout cela ne pourra se faire à moyens constants, l’insuffisance des budgets des UFR concernées étant une cause essentielle de leur manque d’attrait. Comment ne pas voir que la revalorisation des formations universitaires en lettres, arts et SHS s’impose pour intéresser de plus nombreux lycéens à choisir la série L des lycées ?

En effet, le rapport de l’Inspection générale de l’éducation nationale (IGEN), Évaluation des mesures prises pour revaloriser la filière littéraire, publié en 2006, met en garde sur la menace de disparition de cette filière : rappelons que le public, comme dans le supérieur, en est majoritairement féminin, par conséquent vulnérabilisé. Dans le même temps, un discours largement médiatisé relègue le français, discipline pourtant fondamentale, à l’enseignement de la lecture et de l’écriture à l’école primaire, à la lutte contre l’illettrisme… Cette situation est d’autant plus préoccupante que, confronté à la crise des valeurs sociales et juvéniles dans le contexte de la mondialisation, le système scolaire doit renforcer, comme l’indique la dernière loi d’orientation, l’éducation à la citoyenneté, celle-ci étant l’une des missions de l’enseignement du français.

Pour la sauvegarde de la filière L, l’une des propositions de l’IGEN réside dans la création de cinq dominantes : littératures et civilisations, arts et culture, communication et maîtrise des langages, sciences humaines, institutions et droit. Parmi ces dominantes, les trois premières sont des spécialités académiques du français et des lettres : cette clarification permet de cultiver des liens précieux entre enseignements supérieur et secondaire dans ces disciplines et d’ouvrir, ce faisant, la filière L au monde de l’intellect et des métiers. Cela dit, la réhabilitation de cette filière et au-delà de l’enseignement du français présuppose une plus grande harmonisation de la formation des maîtres, dans les trois domaines des lettres (lettres anciennes, françaises et francophones), des sciences du langage et des arts, ces deux dernières spécialités étant nécessaires à la maîtrise des composantes communicationnelles et culturelles des enseignements. À l’instar du statut tripartite des lettres classiques (français-latin-grec), les spécialités précitées doivent être intégrées au statut des lettres modernes. Concernant les sciences humaines, ce domaine de savoir devrait être partagé par plusieurs disciplines (lettres, philosophie, histoire-géographie, sciences économiques et sociales…), en particulier pour optimiser les TPE (Travaux personnels encadrés). Quant au FLE (français langue étrangère), il doit bénéficier d’un véritable statut professionnel pour favoriser tant l’intégration des populations immigrées que le rayonnement du français dans le monde. Enfin, pour la mise en pratique de cette politique éducative, l’on peut prendre exemple sur la création des IREM (Instituts de recherche sur l’enseignement des mathématiques), acteur notable de la pérennisation d’un pôle scientifique de qualité (filière S).

Dans cette perspective, nous appelons à la rédaction d’un manifeste qui médiatise la réflexion spécifique des littéraires, linguistes, artistes, philosophes et spécialistes des sciences humaines sur « l’économie de la connaissance », ce concept ambigu ayant été promu par le Conseil européen de Lisbonne (mars 2000) et étant à l’origine des involutions actuelles. Et nous demandons que soit négociée avec tous les acteurs du système éducatif une autre réforme de l’université et de l’école, qui fasse droit à leurs missions essentielles, désintéressées et universelles, d’élaboration et de transmission des savoirs et des cultures.

Dans le cadre du débat sur la LRU, nous invitons enfin universitaires, enseignants, étudiants, parents d’élèves… à se mobiliser sur ces questions fondamentales de citoyenneté qui engagent notre avenir.

(*) Premiers signataires : Edgar Morin, Michel Cazenave, Anne Brenon, Philippe Corcuff, Jacqueline Martin, Frédéric Sawicki, Régine Tassi, Michel Ducom, Anne-Marie Garat, François Taillandier, Marlaine Cacouault-Bidault, Emmanuel Barot, Jean-Claude Lebrun, Martine Boudet… www.sauvonsluniversite.com/spip.php ?article150

Liste complète des signataires et contact : promofs.lettres@gmail.com (collectif « Promotion du français et des lettres »).

Les collèges et lycées publics perdront 8.830 postes de professeurs en 2008

Créé par le 20 déc 2007 | Dans : Education, Gouvernement

Les collèges et lycées publics, notamment ceux des académies de Lille, Créteil et Versailles, perdront 8.830 postes équivalents temps plein d’enseignants à la rentrée 2008, selon le projet ministériel de carte scolaire, dont l’AFP a obtenu copie mercredi.

En revanche, 700 créations de postes sont prévues pour l’école primaire et 300 pour les infirmières scolaires.

Ces 8.830 suppressions nettes en collèges-lycées font partie des 11.200 prévues dans la loi de finances 2008 adoptée dans la nuit de mardi à mercredi, les autres, soit environ une sur cinq, étant pour l’essentiel à la charge de l’enseignement privé sous contrat.

Ce document préparatoire sera examiné vendredi par le comité technique paritaire mixte (CTPM), puis les répartitions des créations-suppressions par académies seront transmises aux recteurs, à charge pour eux d’opérer la répartition par département, puis par établissement.

Heures supplémentaires

Dans le détail, 1.500 postes sont supprimés au titre de la baisse des effectifs d’élèves dans le second degré (environ 34.000, essentiellement au lycée) et 1.700 au titre de la «rationalisation des moyens» (disciplines en surnombre notamment).

Par ailleurs, 3.500 équivalents temps plein (18 heures devant les élèves pour un certifié, 15 pour un agrégé) sont «transformés» en 63.000 heures supplémentaires revalorisées et défiscalisées.

Enfin, 2.130 enseignants partant à la retraite ne seront pas remplacés par le biais d’une diminution de plus de 4.000 postes aux concours de recrutement. Son concours en poche, un jeune professeur stagiaire n’effectue en effet que 8 heures devant élèves.

La répartition par académie de la suppression des stagiaires ne figure pas dans le document préparatoire, le ministère n’ayant pas encore affiché le nombre de postes aux concours pour la session qui commence fin janvier.

S’ajoutent 400 suppressions de postes administratifs et 300 de surveillants (MI-SE).

Toujours dans le second degré, 6.000 assistants pédagogiques (non statutaires) supplémentaires assureront plusieurs heures par semaine d’«accompagnement éducatif» auprès des élèves de collèges, dont 1.000 dès janvier dans l’éducation prioritaire.

Après les municipales

Comme en 2007, l’académie de Lille est la plus touchée en valeur absolue avec en tout 687 suppressions de postes (sur 27.000 enseignants), sans compter donc les emplois de stagiaires. Juste derrière, Créteil perd 637 postes (sur 29.000), puis Versailles (578 postes en moins sur 34.600).

En proportion, l’académie d’Amiens perd près de 2% de ses effectifs enseignants, de même que la Martinique.

A l’inverse, les académies de Montpellier, Toulouse, Corse et Guadeloupe sont relativement épargnées.

Du côté du primaire, «il a été décidé qu’aucune académie ne connaîtrait de retrait de moyens à la rentrée scolaire 2008», précise le ministère dans le document, en raison des augmentations d’effectifs élèves (17.000 enfants supplémentaires attendus).

Au grand dam des syndicats, les rectorats ont reçu la consigne de Xavier Darcos de n’entamer les concertations avec les mairies sur les créations-suppressions de classes sur le terrain qu’après les élections municipales de mars.

 

20Minutes.fr, éditions du 19/12/2007 – 20h18

La radicalisation, tronc commun des grévistes

Créé par le 17 nov 2007 | Dans : Education

Des nombreuses facs et les AG des cheminots restent mobilisés. En attendant mardi.

VÉRONIQUE SOULÉ

QUOTIDIEN LIBERATION : samedi 17 novembre 2007

Au cœur du mouvement de protestation étudiant, il y a la loi Pécresse, dite loi LRU (sur les libertés et responsabilités des universités). Votée par les parlementaires dès juillet et promulguée le 10 août, c’était l’une des priorités de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, les plus radicaux des étudiants, – autour de SUD ou de la coordination –, réclament son abrogation, estimant qu’elle signe la fin du service public d’enseignement. L’Unef reconnaît, elle, qu’une réforme de l’université est indispensable mais que cette loi est mauvaise. Tous se retrouvent autour de grandes inquiétudes que le gouvernement juge infondées. Revue des cinq craintes les plus discutées dans les assemblées générales.

LE DÉSENGAGEMENT DE L’ETAT

Ce que dit la loi. Toutes les universités auront acquis d’ici cinq ans leur autonomie et géreront leur budget. Les présidents deviennent les véritables patrons, avec des pouvoirs renforcés – droit de veto sur les nominations, distribution de primes, etc. Le conseil d’administration est resserré (le poids des élus, notamment étudiants, diminue) et il peut créer des fondations afin d’attirer des capitaux privés. L’Etat prévoit des exemptions fiscales pour le mécénat.

Ce que craignent les protestataires. Ils estiment qu’avec des universités autonomes et recourant aux fonds privés, l’Etat en profitera pour se retirer. Alors que pour remédier à la grande misère des universités, il devrait faire le contraire. La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, le conteste : avec 1 milliard d’euros supplémentaires pour l’université dans le budget 2008, l’Etat n’a jamais fait un tel effort. Faux répliquent les étudiants : l’essentiel va à des crédits d’impôts, des retards de paiements, des investissements dans l’immobilier. De plus, aucun poste n’est créé alors qu’il en faudrait pour lutter contre l’échec en licence (40 % au cours des deux premières années).

DAVANTAGE DE SÉLECTION

Ce que dit la loi. La LRU rend obligatoire l’orientation active, testée à la va-vite cette année: chaque bachelier devra déposer un dossier de pré-inscription dans la fac où il postule et recevra une réponse argumentée, l’encourageant ou non à s’inscrire.

Pour les protestataires, cela conduit droit à une sélection, rêve non avoué des grandes universités qui, à l’instar de Paris-Dauphine, ne voudraient prendre que les meilleurs. Mais alors que la France manque de diplômés du supérieur, ce serait un pas en arrière. L’orientation active aggravera en outre les inégalités sociales : les étudiants défavorisés seront plus impressionnés que les autres par un avis négatif et risquent d’abandonner.

LA HAUSSE DES FRAIS D’INSCRIPTION

Ce que dit la loi. Il est inscrit dans une loi plus ancienne que l’Etat fixe le montant des droits d’inscription. La LRU stipule que le recteur devra veiller à ce que les universités ne demandent pas de rallonges aux étudiants (chaque année l’Unef fait la liste des universités qui abusent).

Pour les protestataires, c’est une déduction logique : les universités, lâchées par l’Etat, chercheront de nouvelles recettes propres du côté des étudiants.

LA SUPPRESSION DE FILIÈRES

Ce que dit la loi. Rien.

Côtés protestataires, il s’agit d’une interprétation. Dans les AG, les étudiants prédisent que «l’an prochain, le département de philo sera fermé car il n’intéresse pas les entreprises». Les facultés mobilisées sont d’ailleurs pour l’essentiel celles de sciences humaines et de langues, filières «non rentables» où la peur du chômage est la plus grande. Au ministère, on répond que les directions d’université répartiront elles-mêmes les fonds alloués par le privé.

Derrière cette crainte, il y a aussi le refus de la professionnalisation des filières, des licences pros trop liées aux besoins du marché, et la volonté de défendre une université lieu de transmission du savoir.

L’UNIVERSITÉ À DEUX VITESSES

Ce que dit la loi. Elle ne fait pas de distinctions entre campus. Au contraire : sous la pression notamment de l’Unef, l’autonomie qui devait être optionnelle sera finalement dévolue à toutes les universités.

Pour les protestataires, la différence qui existe déjà entre une grande université parisienne et une petite de province risque de se creuser. Les grandes vont en effet se réunir dans de puissants Pres (pôles de recherche et d’enseignement supérieur) où la recherche de pointe va se concentrer et où les capitaux afflueront. Les petites feront de l’enseignement avec des cursus plus courts et de la recherche appliquée.

Un mouvement qui s’étend

Créé par le 16 nov 2007 | Dans : Education

QUOTIDIEN LIBERATION : vendredi 16 novembre 2007

La mobilisation contre la loi Pécresse s’est étendue hier : 46 sites universitaires étaient perturbés, dont 30 bloqués à des degrés divers. Six sites ont été fermés par les administrations. Tours, une des premières facultés mobilisées, a voté en faveur de l’accueil ce week-end de la troisième coordination nationale étudiante, composée de représentants des universités mobilisées. A l’appel d’une intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche, un rassemblement est prévu aujourd’hui à Paris devant l’Assemblée nationale au moment du vote du budget 2008.

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