Elections

Articles archivés

A gauche : campagne de gesticulation ou capacité de projection ?

Créé par le 23 mai 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections

S’il n’est, en soi, pas malsain de s’interroger à gauche sur les raisons d’un échec, les socialistes auraient sans doute à faire preuve de plus de sérénité. Dans une chorale sans chef d’orchestre qui tourne au tintamarre on n’entend plus que des voix discordantes. Le pire effet pour des citoyens aterrés qui voient se profiler les vieilles rancoeurs et les ambitions mal dissimulées derrière des arguments souvent creux. Un peu facile les critiques en tous genres et ad hominem, qui éludent peut être la seule question qui vaille : en quoi, la gauche dans son ensemble n’a -t-elle voulu ou su se faire entendre des Français pour incarner une alternative crédible au néolibéralisme, machine à produire de l’inégalité et à détruire les solidarités ? Si la réponse était simple et purement conjoncturelle, cela se saurait déjà. Parce qu’elle appelle une réflexion nourrie des différents apports d’une gauche pluraliste, il faut de la méthode, de la discipline et aussi beaucoup d’audace. Tout le contraire d’une approche vindicative qui désigne les boucs émissaires avant même de s’intéresser au fond. Et d’abord à la question idéologique tant il apparaît nécessaire de comprendre cette déroute culturelle d’une gauche complexée de sa double affiliation républicaine et socialiste. Faute d’avoir gagné la batailles des idées dans les années 80, nous avons renoncé à notre projet avec les conséquences que l’on sait sur la crise idéologique durable de la gauche. Les clefs de la conquête des pouvoirs ne résident-elles pas d’abord dans la capacité d’articuler la défense d’un projet avec les valeurs qui lui donnent sens ?

Car c’est bien à la façon d’un Jaurès qu’il appartient aujourd’hui aux progressistes de relever les défis républicains. Ces défis appellent bien sûr des réponses programmatiques et d’abord sur la question sociale. Sur ce plan, en dépit d’insuffisances et parfois d’incohérences, nous ne partons pas de rien. Et la gauche dans cette campagne législative devrait faire prévaloir ses réponses en critiquant de pied ferme la logique inégalitaire de la droite. Ces défis relèvent aussi d’une reconquête de l’hégémonie culturelle. Gramsci évoquait autour des années 30, la nécessaire guerre de positions idéologiques, à l’intérieur de la société civile, qu’il différenciait de l’attaque frontale contre l’Etat bourgeois. Comme le rappelait récemment sur son blog, Jean Pierre Chevènement, citant Jaurès, « l’Etat exprime un rapport de force entre les classes ». Et la question, n’en déplaise aux schémas de l’extrême-gauche, n’est plus aujourd’hui celle de la prise du Palais d’hiver mais celle d’incarner l’intérêt général. Jean Pierre Chevènement nous dit avec raison que « le projet de M. Sarkozy ne se réfère à l’intérêt général que dans le cadre d’une mondialisation financière dont il accepte de jouer le jeu, s’étant déjà lié les mains en renonçant à vouloir modifier les statuts de la Banque Centrale européenne. Or, l’intérêt général ne saurait se dissocier des intérêts à long terme du monde du travail »… « Entre les intérêts du monde du travail et ceux des multinationales (ou, si l’on veut être plus rigoureux, du capital financier mondialisé), je ne vois que trop bien le rapport de forces que le gouvernement de M. Sarkozy établira. Plutôt que de « jouer le jeu », il faudra plus que jamais peser pour changer la règle du jeu. C’est ce que nous essaierons de faire dans les temps à venir. »

Quand Jean Pierre Chevènement aborde avec lucidité les vraies questions il nous ramène sans doute au seul combat essentiel : celui du camp républicain et progressiste qui doit s’affirmer avec force et détermination pour rassembler et entraîner.

Xavier DUMOULIN

La stratégie mortifère des socialistes, par Michel Noblecourt

Créé par le 23 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Elections

Alerte rue de Solférino : à moins de trois semaines des élections législatives, les socialistes n’ont plus de boussole. Tout se passe comme si se déployait de fait une stratégie mortifère risquant, à l’arrivée, d’ajouter à leur défaite présidentielle une déroute législative. Depuis le 6 mai, l’enchaînement des faits est surréaliste. Le 15 mai, trois jours après un conseil national destiné à afficher l’unité mais n’arrivant pas à masquer les déchirements internes, le bureau national du Parti socialiste a appelé, « à l’unanimité », à un cessez-le-feu. La direction du PS a pris trois engagements, réitérés par François Hollande le 21 mai à Lyon : « remobiliser les troupes » et donc « éviter les petites phrases » ; aller aux législatives des 10 et 17 juin « avec l’objectif d’obtenir le maximum de députés et de conquérir la majorité à l’Assemblée nationale » ; dénoncer « avec force les débauchages en cours » de personnalités socialistes par Nicolas Sarkozy. Vaine parade. Le mal était déjà fait.

Depuis le 6 mai, et la défaite de Ségolène Royal, que la candidate n’a toujours pas reconnue, la guerre des chefs bat son plein. En public d’abord, en coulisses ensuite, les socialistes jouent chaque jour « règlement de comptes à OK Corral ». Mme Royal fustige le « manque de discipline au PS » et réclame la désignation du candidat à l’élection présidentielle de 2012 « dès le prochain congrès » (en principe en novembre 2008). Au risque de troubler ses amis par la dureté et l’impétuosité de son ton, Dominique Strauss-Kahn se déchaîne contre François Hollande, « principal responsable » de la défaite de 2007, brandit le spectre d’« un parti de vieux croûtons » et plaide, ici au diapason de Mme Royal, pour une rénovation autour d’un « socialisme du réel ».

Laurent Fabius, dont le courant n’a plus vraiment le vent en poupe, se moque de l’analyse de M. Hollande attribuant l’échec présidentiel à une droitisation de la société, jugée « très, très superficielle ». Mais, d’accord ici avec le premier secrétaire, il prône le rassemblement et qualifie la social-démocratie, que prétend incarner M. Strauss-Kahn, de « recette d’il y a trente ou cinquante ans ». Bertrand Delanoë parle de défaite collective et François Hollande conclut que le PS est « en ordre de marche »

Le bateau socialiste affronte la bourrasque avec des chefs qui se disputent le gouvernail face à un nouveau président qui cherche à le faire chavirer. L’ »ouverture » de M. Sarkozy est du même ordre que celle de François Mitterrand en 1988. Après sa réélection, l’ancien président avait fait entrer dans le gouvernement de Michel Rocard des ministres venus de l’UDF, de Michel Durafour à Jean-Marie Rausch, en passant par Jean-Pierre Soisson. Le second gouvernement Rocard comptait ainsi 23 non-socialistes sur 49 ministres. Aucun pacte n’avait été conclu entre le PS et l’UDF. La méthode avait consisté à « débaucher » des personnalités. La technique de M. Sarkozy est similaire, mais elle risque de faire plus mal. Elisabeth Guigou y voit « une manoeuvre qui vise purement et simplement à laminer la gauche » en juin. L’entrée de trois hommes de gauche dans le gouvernement de François Fillon déstabilise le PS. Eric Besson avait déjà renié son parti, y compris dans les meetings de l’UMP, et se trouve remercié pour services rendus. Longtemps ami du couple Royal-Hollande, formé comme eux à l’école de Jacques Delors, Jean-Pierre Jouyet s’était distingué – au nom des « Gracques », un groupe d’anciens haut fonctionnaires socialistes – en plaidant, comme M. Rocard et Bernard Kouchner, pour un rapprochement avec l’UDF, afin d’assurer… la victoire de la candidate du PS face à M. Sarkozy. Quant à M. Kouchner, s’il a toujours été en marge du PS, il s’est impliqué jusqu’au bout dans la campagne de Mme Royal et a bâti sa forte popularité sur son image de rénovateur potentiel du « logiciel » socialiste. Ainsi, même illustrée par des « débauchages » individuels, l’« ouverture » fait mal. Elle empêche le PS de faire campagne contre un gouvernement uniformément UMP et un Etat « monocolore ».

Pis encore : au moment où M. Hollande imagine, après les législatives, « des assises pour refonder un grand parti de la gauche », qui couvrirait l’espace « qui va de la gauche, sans aller jusqu’à l’extrême gauche, jusqu’au centre gauche ou au centre », ses partenaires lui filent entre les doigts. Du haut des 1,57 % de Dominique Voynet le 22 avril, les Verts, qui n’ont que trois sortants, refusent les 14 circonscriptions que voulait lui réserver le PS. Au nom de « la force communiste » (1,93 %), Marie-George Buffet décide de faire cavalier seul, comptant sur les désistements républicains du second tour pour garder un groupe à l’Assemblée nationale. Quant au Parti radical de gauche (PRG), l’allié fidèle auquel le PS a accordé 32 circonscriptions, il a des fourmis dans les jambes. Reçu par M. Sarkozy, Jean-Michel Baylet, son président, tourne la page de l’union de la gauche et rêve de constituer « une grande force centrale » en réunifiant le PRG et le Parti radical valoisien, associé à l’UMP. Rappelé à l’ordre par M. Hollande, M. Baylet s’est défendu d’avoir « changé de camp ». Mais les grandes manoeuvres radicales risquent de reprendre au lendemain du 17 juin.

AU MOINS « PERMETTRE UN ÉQUILIBRE »

En 2002, après le « séisme » du 21 avril, le PS, conduit à la bataille par M. Hollande, avait fait semblant de croire qu’il pouvait prendre sa revanche aux législatives, conquérir la majorité et imposer une nouvelle cohabitation malgré une inversion du calendrier – la présidentielle avant les législatives – voulue par Lionel Jospin pour l’éviter. Il s’était retrouvé avec 149 élus. Cette fois, il a du mal à entretenir la même illusion. « Je pense que les Français donneront une majorité à Nicolas Sarkozy », observait dès le 12 mai Bruno Le Roux, secrétaire national chargé des élections. Le PS, qui paraissait en ordre de marche avant la présidentielle, se mobilise aujourd’hui dans le désordre. Des candidats dissidents resurgissent, ce qui n’est jamais bon signe.

La plate-forme législative, élaborée à la va-vite, comme pour faire oublier le « pacte présidentiel » de Ségolène Royal, avec le slogan « La gauche qui agit, la gauche qui protège », invite les électeurs à « donner une force aux idées de progrès » et à élire « le plus grand nombre de députés socialistes » au moins pour « permettre un équilibre dans nos institutions ». Le PS joue petit bras, comme s’il avait intégré l’idée qu’un président de la République bien élu, et jouant de surcroît la carte de l’« ouverture », ne pouvait pas être désavoué, à travers une nouvelle cohabitation, cinq semaines plus tard. Cette stratégie mortifère, qui rendra toute rénovation encore plus douloureuse après les législatives, peut échouer. Les projections des sondages donnent entre 150 et 200 élus au PS, soit un gain éventuel de 50 sièges. Mais un tel résultat nécessiterait un sursaut qu’on ne voit guère poindre. Depuis le 6 mai, un vent de lourde défaite souffle avec persistance sur la rue de Solférino.

Michel Noblecourt

Article paru dans l’édition du Monde du 23.05.07.

A Bezons, le PS mise sur la diversité

Créé par le 23 mai 2007 | Dans : Elections

Son candidat, d’origine maghrébine, a débarqué en février.

Par Matthieu ECOIFFIER

QUOTIDIEN : mercredi 23 mai 2007

Ce serait le symbole du renouveau socialiste. Hier soir, François Hollande était à Bezons (Val-d’Oise) pour soutenir son ami Faouzi Lamdaoui aux législatives. Un candidat quadragénaire et d’origine maghrébine. «Ce serait un paradoxe qu’il y ait une femme ministre issue de l’immigration et aucun député de l’UMP issu de l’immigration. Si on veut la diversité au Parlement, il vaut mieux voter pour la gauche, pas pour la droite», a martelé le premier secrétaire du PS dès son arrivée au meeting, en compagnie de jeunes camarades, dont Razzye Hammadi, le président MJS.

Secrétaire national à l’Egalité des chances, Faouzi Lamdaoui a débarqué en février dans la circonscription d’Argenteuil-Bezons (la cinquième du Val-d’Oise), là où Sarkozy a traité les jeunes de «racailles» en mai 2005, sans jamais oser y revenir. A la présidentielle, Ségolène Royal a totalisé près de 58 % sur ces terres. De quoi espérer menacer Georges Mothron, le député UMP sortant ? «Certes, Faouzi est un parachuté de la diversité. Mais sur une circonscription gagnable. Quand Hollande le fait venir dans le 95, ce n’est pas pour le signe, mais pour devenir député de la République. Dans les autres partis, les parachutés sont Blancs et ils ont 60 ans. Bien sûr, à terme, on aimerait des candidats issus de nos territoires», note Nabil, un jeune militant du MJS. «Les petits jeunes qui voient Faouzi faire campagne se disent que c’est possible, il s’est bien ancré dans les quartiers , ajoute Paul, un militant. On se bat contre la résignation face à des jeunes qui se disent : « Y’a Sarkozy, c’est fini. »» 

Localement, Lamdaoui ne fait pas l’unanimité au sein d’un PS divisé : «Je suis venue car je suis  obligée , raconte une vieille militante bezonaise. Hollande est sympa, mais il nous a balancé un nul ! On a organisé un pot pour lui avec treize personnes, et il nous a posé un lapin ! Sans s’excuser. Et il ne dit rien d’innovant et de concret sur nos vrais besoins, sur le logement.» Lamdaoui, costume rayé et lunettes demi-lunes, balaie ces réticences : «J’ai rassemblé le PS, fait du porte-à-porte. Je ne suis pas un parachuté mais un enfant de la France. Il ne faut pas un visa pour venir à Argenteuil», argue-t-il. Cette circonscription a le coeur qui bat à gauche, on doit la gagner.» 

A la tribune, devant deux cents personnes et quelques drapeaux brandis par les tout neufs «JAB» (Jeunes d’Argenteuil et de Bezons), Lamdaoui tape sur le bilan de Mothron, député-maire d’Argenteuil qui a voté «toutes les lois iniques et antisociales» depuis cinq ans. Sans emporter la salle. Pour Razzye Hammadi, «il va falloir réveiller les Français, car le somnifère UMP a bien fonctionné». Même à Argenteuil ?

Ségolène Royal se fait désirer pour conduire la campagne

Créé par le 23 mai 2007 | Dans : Battre campagne, Elections, Ségolène Royal

Très attendue, elle ne participera à aucun meeting avant mardi.

Par David REVAULT D’ALLONNES

QUOTIDIEN : mercredi 23 mai 2007

Où est Ségolène Royal ? Pas encore en campagne pour les législatives, en tout cas. Après son retour de Djerba, en Tunisie, dimanche, et ses retrouvailles avec la commission permanente du conseil régional de Poitou-Charentes, lundi, la finaliste de la présidentielle a planché, hier, sur son agenda. Lequel ne la verra pas, du moins pas dans l’immédiat, descendre dans l’arène électorale. Alors que ses prochains jours devraient être consacrés à des rencontres «privées», indique son entourage, sa première sortie d’importance en vue des législatives pourrait donc être «le premier grand meeting de campagne» organisé mardi prochain au zénith de Paris, a annoncé hier le député européen Benoît Hamon, «où l’on retrouvera l’ensemble de la famille socialiste» . Sauf Dominique Strauss-Kahn, déjà pris ce soir-là par un engagement à Garges (Val-d’Oise). Hier, à la sortie du bureau national du PS, Benoît Hamon assurait néanmoins que Ségolène Royal serait «une des actrices évidentes de premier plan»,  «un des premiers rôles» de cette campagne. Alors que François Rebsamen, son ex-codirecteur de campagne, voyait en elle «un des facteurs déclenchant de la mobilisation dont on a besoin» 

Tempo. Pour l’heure, pourtant, les socialistes, de Ségolène Royal, ne voient rien venir. «Il faut qu’elle s’y mette , estime un partisan de DSK. Elle n’est pas dans le tempo.» «On ne sait rien de ce qu’elle va faire , glisse un fabiusien. Si j’ai un conseil à lui donner, c’est de participer à fond à cette campagne.» Une discrétion d’autant plus déroutante que, quelques minutes tout juste après l’annonce des résultats du second tour, la candidate défaite dévoilait très explicitement son jeu : «Quelque chose s’est levé et ne s’arrêtera pas. J’ai donné toutes mes forces et je continue avec vous et près de vous.» Avant d’annoncer quelques jours plus tard, «disponible et très présente» , tout à la fois son intention de ne pas se représenter à la députation et sa volonté de s’ «engager pleinement dans la campagne des législatives. Je croule sous les demandes…» Et de dessiner les contours de son nouveau statut : «Je crois que je suis regardée dans l’opinion comme une des leaders de l’opposition.» 

Comment expliquer une telle réduction de voilure ? «Elle revient dans le réel, et se demande, sans courant constitué ni logistique, comment faire pour revenir , juge un député. Et elle s’aperçoit qu’on risque de prendre une pâtée aux législatives, avec une difficulté stratégique : doit-elle se porter à la tête d’une telle campagne, au risque de se brûler ?» Ses proches, eux, nient en bloc tout «utilitarisme rationnel. Ce n’est pas fondé sur une appréciation tactico-tactique. Beaucoup de candidats lui demandent des mots manuscrits, des photos, des visites : des ségolistes de la première heure, des strausskahniens, des fabiusiens… Elle ne pourra aller partout. Mais il y a des choix de fidélité, des gens à défendre». Royal, qui aurait reçu cent cinquante invitations ­ DSK, hier, répliquait en en affichant deux cents ­ne devrait commencer à les honorer que la semaine prochaine. Le manque pour créer le désir ?

Précipitation.  «Elle ne sera pas absente du rendez-vous, assure son ex-porte-parole Vincent Peillon. Le vide de la campagne qu’on a connu ces derniers jours ne peut pas être rempli par les autres. La question n’est pas aujourd’hui de savoir où sont Emmanuelli, Peillon ou Fabius mais où est Ségolène Royal. C’est elle que les gens attendent. Si elle entre en campagne, ça va changer les choses.» En attendant, elle ne sera pas au meeting de Bordeaux, ce soir, aux côtés du premier secrétaire François Hollande et du Vert Noël Mamère. Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn non plus, déjà retenus alors qu’était monté dimanche, «dans la précipitation» selon un socialiste, ce meeting de lancement de campagne.

Qui va garder les éléphants?

Créé par le 22 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections

En manque de stratégie, le Parti socialiste se cherche aussi un leader. Mardi, royalistes et fabiusiens se sont opposés avec virulence. «C’est évidemment elle le leader», a expliqué Vincent Peillon, ancien porte-parole de la candidate, qui a ajoute: «l’attente est vers Ségolène Royal». Le candidat dans la Somme peut s’appuyer sur une étude parue dans «Libération». Selon l’institut LH2, Ségolène Royal reste «la personnalité socialiste qui représente le mieux les valeurs de la gauche» pour 41 % des électeurs de ce bord (contre 28% à DSK et 7% à Fabius). 
 
Une défaite à cause des éléphants?
 
Une pilule qui ne passe pas vraiment chez les fabiusiens, qui, à défaut d’être populaire, entendaient bien représenter ces fameuses valeurs de gauche, contre un camp royaliste tenté par l’alliance avec le Modem de Bayrou.
 
Vincent Peillon enfonce le clou: «Un certain nombre de dirigeants n’arrivaient pas à accepter l’idée que ce soit Ségolène Royal qui les représente, mais en réalité, ce n’est pas seulement Ségolène Royal, c’est quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes». Il s’appuie là aussi sur l’étude LH2 selon laquelle la défaite de Ségolène Royal est due, pour près d’un sondé sur trois (31%), au fait que le Parti socialiste ne l’a pas assez soutenue pendant la campagne.
 
«Une gauche décomplexée»
 
Faux, répondent les Fabiusiens, Claude Bartolone en tête. Elle est «la seule qui n’a pas voulu associer à la campagne électorale tous les talents du Parti socialiste. C’est Ségolène qui a préféré les laisser de côté.»
 
Pendant ce temps-là, Laurent Fabius fait tout ce qu’il peut pour remonter la pente (et son sondage à 7%, à égalité avec Hollande et Montebourg). Il «plaide pour une gauche décomplexée, une gauche fidèle à ses valeurs qui sont fondamentales — égalité, solidarité, responsabilité — et en même temps, il faut qu’on adapte notre programme, nos propositions, à un monde qui a changé.»
 

Pierre Koetschet dans « 20 minutes »

1...4041424344...48

Nouveau regard, nouvelle Ec... |
democratia |
Mers El-Kébir Franc-Tireur |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les emprunts russes
| mouvement de soutien "waaxu...
| HYPERDEMOCRACY