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Une confrontation électorale difficile, une gauche à refonder et Ségolène en majesté

Créé par le 22 mai 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections, Projet politique, Ségolène Royal

Les paradoxes du temps présent devraient inciter à plus de prudence et de modération dans les jugements à l’emporte-pièce qui fusent de tous côtés. Oubliant sans doute l’esprit de fraternité sinon de camaraderie, des ambitions exacerbées continuent de polluer le débat dans cette phase électorale. Celle-ci appelle pourtant un large rassemblement de la gauche pour résister à l’hégémonie de la droite. Les propos de tel ancien président de l’Assemblée Nationale, à l’ambition contrariée, ont ainsi suscité hier encore la juste réaction du président du groupe parlementaire socialiste de cette assemblée. L’unité reste la première exigence au service d’un combat commun. Ensemble le MRC et le PS ont conclu un accord d’autant plus actuel qu’il servit  à l’adoption du pacte présidentiel de Ségolène Royal. Il appartient aux candidats socialistes er républicains de traduire dans leur campagne les axes forts de ce contrat de législature.

Notre candidate garde toute la confiance des sympathisans de gauche. Ceux-ci qui souhaitent sa présence dans la campagne ne sont pas dupes des enjeux cachés des rivalités des personnes et des ambitions. Il faut se garder de stigmatiser les points de vue et préférer les questionnements sereins pour des échanges féconds.

Privilégier le fond à la forme suppose ainsi de prendre le temps de la définition d’un projet avant de parler alliances ou contours d’un  rassemblement partisan. Et ceci s’applique d’abord aux tentatives de raccrocher coûte que coûte les wagons avec un centre qui ferait basculer l’axe stratégique et programmatique à droite. La refondation de la gauche n’a pas d’autre ambition que celle de permettre la constitution d’un pôle de rassemblement offrant une vraie alternative sociale et républicaine au néolibéralisme. Ce sera la tâche qui suivra les législatives. Son enjeu est, bien au delà des ambitions personnelles, d’abord celui du devenir de la France et des Français mais aussi celui de l’Europe et de ses peuples. Il ne s’agit pas d’accomoder un discours mais de prolonger l’entreprise de reconstruction des fondements programmatiques et culturels pour rassembler la gauche et les Français qui veulent l’unité et semblent refuser le grand écart entre le verbe et l’action.

Xavier DUMOULIN

Royal, Battue mais toujours gagnante

Créé par le 22 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections, Projet politique, Ségolène Royal

L’ex-candidate «représente le mieux les valeurs de gauche» pour 41 % des sympathisants, qui souhaitent que le PS s’allie à la fois avec le Modem de Bayrou et la LCR de Besancenot.

Par Jean-Dominique MERCHET

QUOTIDIEN : mardi 22 mai 2007

Le «peuple de gauche» aime encore Ségolène Royal. Notre «Baromètre populaire»-LH2 réalisé pour Libération auprès des sympathisants de gauche l’indique clairement : la défaite à la présidentielle n’a pas porté un coup politique fatal à Ségolène Royal. Forte des 16,8 millions de voix qui se sont portées sur son nom, l’ex-candidate reste «la personnalité socialiste qui représente le mieux les valeurs de la gauche» pour 41 % des électeurs de ce bord.

Pas assez soutenue. Elle devance largement son seul véritable rival, Dominique Strauss-Kahn, qui ne recueille que 28 %. Cet écart est encore plus important chez les électeurs socialistes (47 % contre 30 %) et dans les catégories populaires (43 % contre 25 %), ce qui constitue deux bons points pour elle dans la bataille interne qui s’annonce au PS. Les autres personnalités citées (Fabius, Hollande, Montebourg) ne font que de la figuration avec un score de 7 %.

Si Ségolène Royal reste populaire à gauche, c’est essentiellement parce que son camp ne lui fait pas porter la responsabilité personnelle de l’échec du 6 mai. Interrogés sur les causes de la défaite, les sympathisants de gauche citent en premier «le fait que le Parti socialiste n’ait pas assez soutenu Ségolène Royal» (66 %), puis «le travail de Nicolas Sarkozy» (51 %) et «le manque de renouvellement des idées de gauche» (50 %). Ce qui relève de la responsabilité directe de la candidate est nettement moins cité, que ce soit sa personnalité (35 %) ou son programme (30 %). Autre atout dans le jeu de Ségolène Royal, les sympathisants PS sont encore plus nombreux à penser de la sorte : 71 % incriminent le manque de soutien de leur parti. En revanche, les classes populaires sont plus sévères que l’ensemble de la gauche sur le programme de la candidate : 42 % des ouvriers et employés lui attribuent la responsabilité de la défaite. «Ségolène Royal est pour une large part  dédouanée de l’échec de la présidentielle», constate François Miquet-Marty, directeur des études politiques de l’institut LH2.

Avec un tel capital, l’ancienne candidate est donc bien placée pour peser sur les orientations futures du PS. A cet égard, 37 % des sympathisants de gauche souhaitent que le PS «prenne plus clairement une orientation sociale-démocrate», alors qu’ils ne sont que 14 % ­ et à peine 7 % chez les ouvriers-employés ­ à préférer «une orientation antilibérale». Les autres (45 %) souhaitent que le PS «rassemble ces deux sensibilités». 

Infréquentable. En terme d’alliances, les sympathisants de gauche sont très oecuméniques. Ils veulent que le PS s’allie avec les Verts (87 %), le Mouvement démocrate de François Bayrou (64 %), la LCR d’Olivier Besancenot (59 %), le Parti communiste (55 %), le Parti radical de gauche (54 %) et le MRC de Jean-Pierre Chevènement (51%). La possibilité d’une alliance avec François Bayrou est largement approuvée.

Avant le premier tour, l’ex-candidat UDF était dénoncé par les dirigeants du PS comme un homme de droite infréquentable. Là encore, la main tendue par Ségolène Royal entre les deux tours est légitimée dans l’opinion de gauche. Sans que celle-ci ne rejette pour autant la perspective d’une alliance avec le trotskiste Olivier Besancenot. «Les sympathisants de gauche aspirent à une gauche fédérée autour d’un Parti socialiste plus ouvert», affirme François Miquet-Marty. Le politologue diagnostique un «désir d’ouverture» qui s’explique par un «triple contexte» : la nécessité pour la gauche de reconstruire une stratégie de victoire, la faiblesse électorale des partenaires historiques du PS et «le succès de la thématique de l’ouverture illustrée par les positionnements de François Bayrou et de Nicolas Sarkozy». 

Dans l’opinion de gauche, un schéma semble ainsi se dessiner : Ségolène Royal à la tête d’une alliance allant de Bayrou à Besancenot. Un scénario sans doute plus facile pour elle que de prendre la tête d’un PS allant de Dominique Strauss-Kahn à Laurent Fabius.

Retour à la base pour l’ex-candidate

Créé par le 22 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections, Ségolène Royal

De retour de Djerba, elle s’interroge sur sa participation aux législatives.

Par David REVAULT D’ALLONNES

QUOTIDIEN LIBERATION : mardi 22 mai 2007

«L e travail continue, tout simplement.» Après «quelques jours de repos bien mérités» avec ses enfants à Djerba (Tunisie), Ségolène Royal a de nouveau goûté, hier, aux joies simples de la commission permanente du conseil régional de Poitou-Charentes. Avec, toujours, le même allant : «J’ai fait une bonne coupure. Mais quand on a la passion de la politique, on ne coupe jamais vraiment.» Reste encore à déterminer quelle forme prendra précisément cette continuité. Et, au-delà, comment la finaliste de la compétition présidentielle entend faire fructifier le capital politique thésaurisé.

Déferlante rose. La question vaut d’abord pour la campagne des législatives, dans laquelle, soucieuse de se montrer «disponible et très présente», Ségolène Royal entendait s’ «engager pleinement». L’équilibre, néanmoins, s’avère délicat : s’impliquer pour ne pas perdre en visibilité. Sans pour autant jouer le premier rôle d’un scénario électoral qui ne s’annonce pas franchement comme une déferlante rose. Hier, Royal n’avait toujours «rien à l’agenda», selon son entourage. Elle devait commencer à plancher ce matin sur son programme. Notamment sur son éventuelle participation au meeting de lancement de campagne, demain à Bordeaux, et sur la réponse à donner aux quelque 150 invitations lancées par des candidats. «Elle est demandée partout, vante son ancien codirecteur de campagne, Jean-Louis Bianco. Elle est la seule à incarner un véritable espoir pour 2012…» 

Cet enthousiasme ne semble guère partagé au-delà des rangs de ses partisans. Et la cote sondagière de Royal, qui sort peu écornée de la défaite (lire ci-dessus), n’y change rien : «Pour pas mal de socialistes, cette campagne a été vécue comme un cauchemar, estime un candidat aux législatives. Pas sûr que tout le monde veuille repartir comme en 14, en désignant le candidat selon les sondages. Au début, elle n’avait pas de passif. Là, elle en a un.» Et le fait qu’elle prenne explicitement date, voici dix jours dans les couloirs du conseil national, pour le prochain congrès et la présidentielle de 2012, n’a guère été apprécié. «C’est toujours le même scénario : l’opinion contre le parti, juge un parlementaire. Sauf qu’au lendemain des législatives, on jouera nous aussi l’opinion, en la prenant à témoin des défaillances de la candidate. C’est une des leçons qu’on a retenues : on ne se laissera pas avoir de la même manière…» 

L’entourage de Royal, lui, défend l’initiative : «C’était attendu par beaucoup de militants qui avaient besoin d’être rassurés sur le fait qu’elle souhaitait être candidate.» Et, sur l’épineuse question du congrès et de la candidature 2012, son staff se montre «partisan d’aller assez vite. Il faut qu’il y ait une clarification des méthodes sur la rénovation et la désignation. On ne peut rester neuf mois dans cette incertitude, au risque de laisser la place à des petites manoeuvres d’appareil». Quant à l’incertitude mathématique du rapport de forces interne, elle n’a pas égratigné la confiance de l’équipe Royal : «Je ne sais pas s’il viendra tout seul, ou s’il faudra l’arracher, mais il va y avoir un congrès, résume Patrick Mennucci. Et si elle a besoin d’avoir la main pour rénover, on gagnera très largement.» «Au moins 70 % des voix», veut croire un autre proche.

Hasardeuse. Jamais à court d’innovation, les royalistes ont même imaginé, pour leur championne, d’autres positions que celle du premier secrétaire. Une présidence du parti, distincte du premier secrétariat, et qui abriterait son «candidat naturel». Voire une «présidence d’une fédération de la gauche», nettement plus hasardeuse au vu de l’état de cette dernière… Plusieurs hypothèses pour une issue unique : «Au PS, on ne peut pas diriger par procuration, estime Patrick Mennucci. Il faut qu’elle vise le poste le plus haut.» 

Jean-Marc Ayrault répond aux critiques de Raymond Forni à l’égard de François Hollande

Créé par le 21 mai 2007 | Dans : Elections

Comment réagissez-vous aux propos de Raymond Forni contre François Hollande, à l’heure où le PS cherche à se rassembler pour les élections législatives ?

En ce moment, François Hollande mouille la chemise pour le Parti socialiste. Il me paraît plus opportun de l’aider que de le critiquer. Les enjeux du scrutin à venir sont fondamentaux : la droite veut obtenir un maximum de sièges à l’Assemblée – peut-être quatre cents – et le rôle du PS est de chercher à établir un contre-pouvoir.

Cela risque d’être difficile avec un « pôle de gauche » au sein du gouvernement ?

Nous devons penser à la gauche, qui cherche à avancer, ainsi qu’aux 17 millions d’électeurs de Ségolène Royal. Le temps n’est pas aux manœuvres stériles, nous devons rassembler nos forces en vue de ce difficile combat.

Ce qui veut dire que la parole sera libérée à gauche seulement après les élections législatives ?

Le temps de l’analyse viendra. Nous avons évidemment un gros travail à faire pour expliquer les raisons de notre défaite. Mais ce travail doit être collectif, il ne doit pas se limiter à des prises de position individuelles. Il doit porter sur le fond, ce qui ne doit pas se traduire par des formules sans intérêt. Ce que je dis à Raymond Forni, c’est que plus l’on est responsable, plus l’on se doit d’être exemplaire.

Propos recueillis par Benoît Vitkine

Le PS lance sa campagne législative mercredi à Bordeaux

Créé par le 21 mai 2007 | Dans : Elections

PARIS (Reuters) – Le Parti socialiste tiendra son premier meeting national de la campagne pour les élections législatives mercredi à 19h au Palais des congrès de Bordeaux.

Deux autres meetings nationaux seront organisés avant le premier tour, le 10 juin, l’un dans le Nord-Pas-de-Calais et l’autre en région parisienne, a-t-on précisé au PS.

François Hollande, premier secrétaire du PS, et des candidats de la région seront présents au meeting de Bordeaux, auquel assistera « probablement » le député des Verts Noël Mamère, a-t-on ajouté.

D’ici là, François Hollande se rendra mardi à Argenteuil (Val-d’Oise) pour une réunion publique de soutien à Faouzi Lamdaoui, candidat socialiste aux législatives.

Le PS tiendra un point de presse mardi à 18h30 après la réunion de son bureau national et un point de presse quotidien à partir de mercredi, à 11h, au siège du parti.

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