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Quand Hollande temporise, Strauss-Kahn tempête

Créé par le 15 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections

Alors qu’au PS on renvoie les débats à l’après-législatives, DSK vide son sac.

Par Paul QUINIO

QUOTIDIEN : mardi 15 mai 2007

Le samedi, c’est accalmie. Mais dès le lundi, c’est reparti. Ainsi va la vie au PS une semaine après la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle. Lors de leur conseil national à la Mutualité ce week-end, les socialistes ont cherché à différer l’heure des règlements de comptes pour ne pas compromettre leur campagne législative. Jean-Luc Mélenchon ayant trouvé la meilleure formule pour résumer la situation : «Le silence serait édifiant, le débat déchirant… Va trouver ta voie entre les deux.» 

Dominique Strauss-Kahn a manifestement trouvé la sienne. Sur la bretelle d’accès vers la grande explication depuis le dimanche 6 mai 20 heures, il roule depuis hier matin pied au plancher sur l’autoroute de la colère. L’ancien ministre de l’Economie a ainsi affirmé que François Hollande était «le principal responsable» de l’échec. Le PS, «depuis 2002, a été incapable de se renouveler», a-t-il dit sur RMC et BFM TV, ajoutant que «depuis des années, on ne tranche rien». Et de conclure : «On est tous responsables à la mesure des responsabilités qu’on a exercées. [...] Plus la responsabilité est grande, plus on est responsable.» 

«Analyse inverse». Malgré les conseils de modération émis par certains de ses amis, qui depuis une semaine lui font remonter le désarroi des militants PS après ses premières attaques contre Royal et Hollande, DSK persiste dans l’affirmation haut et fort de ses critiques. «Il en a marre d’entendre que ce n’est jamais le moment, qu’il y a les législatives qui approchent, après ce sera les municipales, et pourquoi pas les cantonales après !» indique son entourage. Un responsable «dskiste» explique même que le député du Val-d’Oise «fait l’analyse inverse» que celle développée par la plupart des ténors du PS samedi : «Il considère que c’est justement parce qu’on retourne devant les électeurs qu’il faut dire qu’on a compris ce qui s’est passé.» 

Au-delà de cette explication, les amis de Dominique Strauss-Kahn n’ont pas apprécié samedi «le numéro de claquettes» de l’ex-candidate, «qui s’est barrée sans écouter les discours des autres», excepté celui de Hollande. Ni qu’elle tienne, toujours selon un proche de DSK, «un discours à la tribune et un autre devant les journalistes», notamment sur l’accélération du calendrier de désignation du futur candidat pour 2012. Une proposition qui «n’a pas de sens», a d’ailleurs répliqué Strauss-Kahn.

«Ras le bol». Autre motif du courroux de l’ancien candidat à la candidature, «l’absence de discussion collective» autour de l’organisation «d’assises pour refonder un grand parti de gauche», confirmée dimanche soir sur France 3 par François Hollande. «C’est un aveu. [...] Cela veut dire qu’on n’est plus un grand parti de la gauche», a déploré hier Dominique Strauss-Kahn en dénonçant «la tendance à fuir, dans des manoeuvres institutionnelles, la réalité». Un de ses lieutenants se montre encore plus clair : «On en a ras le bol d’être pris en otage de la guerre entre Ségolène Royal et François Hollande ! Il veut des assises pour éviter qu’elle prenne trop tôt le leadership. Elle veut nous utiliser pour lui couper l’herbe sous le pied. On va où comme ça ?» 

Du côté de François Hollande, on se borne à constater cette montée au créneau de Strauss-Kahn. «Il faut penser aux 540 candidats qui vont se battre dans les circonscriptions», explique Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, pour justifier que le travail de «refondation et de réflexion stratégique» soit remis à plus tard. Et d’évoquer la perspective «d’un an de travail à mener». 

Hier soir, Laurent Fabius a appelé les dirigeants socialistes à «se ressaisir», estimant «désolant» le spectacle de leurs divisions. Interrogé sur France Inter, il a mis Hollande et DSK dans le même panier que Royal : «Vous entendez l’un dire que l’on va faire un autre parti» (Hollande), «un autre dire que ça fait dix ans qu’on n’a fait que des bêtises» (DSK), et «une autre voix dire que le problème est de désigner tout de suite» le candidat à la présidentielle de 2012. Fabius ou l’art de faire d’une pierre trois coups…

Le PS se remet en ordre de bataille interne

Créé par le 14 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections

Premier conseil national d’après défaite, samedi à la Mutualité, à Paris.

Par David REVAULT D’ALLONNES

QUOTIDIEN LIBERATION : lundi 14 mai 2007

«C hut !» Les socialistes aiguisent leurs arguments et leurs appétits, et n’ont plus à la bouche que «la rénovation» , laquelle, en grande partie, s’apparente d’abord à une destitution, celle du premier secrétaire. Et repositionnent leurs écuries sur la ligne de départ de la compétition interne. Mais l’essentiel, pour l’heure, est ailleurs : dans leurs mandats parlementaires dont ils craignent de se voir déposséder, au cours de ce qui pourrait constituer un revers législatif d’importance. Alors, «chut!» comme les en a adjurés Vincent Peillon, ex-porte-parole de la candidate, à la tribune du premier conseil national d’après défaite, samedi à la Mutualité : «Il y a un impératif : silence.» 

Un peu plus tard, Jean-Luc Mélenchon, tenant d’une ligne de gauche, résumait le caractère quelque peu schizophrénique de l’exercice : «Le silence serait édifiant, le débat déchirant… Va trouver ta voie entre les deux.» Et c’est précisément le tour de force qu’ont réussi les dirigeants du PS, laissant, de manière plus ou moins feutrée, s’exprimer ambitions et ressentiments. Tout en s’évitant un dévastateur procès à ciel ouvert quant aux responsabilités de l’échec présidentiel. François Hollande, à l’issue des débats, n’a pas manqué de saluer la prouesse : «Les socialistes ont été exemplaires dans leur capacité à débattre, à maîtriser une déception et une tristesse…» 

Accueil moqueur. Tout avait commencé par des draps à fleurs. Ceux brandis en face de la Mutualité par une vingtaine de supporteurs de Ségolène Royal, dont son fils Thomas Hollande, où l’on pouvait lire : «Gloire à nos dirigeants qui font bloc derrière Ségolène !» Agit’prop’ dans la plus pure tradition nord-coréenne, transports d’allégresse façon mouvement raélien ou ironie mordante ? Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, quoi qu’il en soit, font l’objet d’un accueil moqueur : «Merci, Laurent !»  «Merci, Dominique !» Ségolène Royal et François Hollande, arrivés de concert, sont plus cordialement salués.

Et voilà la candidate battue qui, à la tribune, ouvre le bal. Remercie le parti, fait rare, et «tous les élus», se pose en rappelant qu’elle a été «désignée par 60 % des militants», avant de capitaliser «17 millions de voix», un score qui, selon elle, «contient des perspectives d’avenir». Puis elle prononce, grande première, le mot «défaite». Mais c’est pour corriger le tir : «J’entends ici où là des interprétations de la défaite. Certaines justes, d’autres dérisoires, d’autres inutilement blessantes.» Et de plaider pour une «désignation plus tôt avant le combat pour ne pas laisser un certain nombre de séquelles» , afin d’éviter «l’utilisation du combat interne par la droite» . Au premier rang, les battus de la primaire, Laurent Fabius et DSK, apprécient.

C’est ensuite au tour de François Hollande de replacer, avec un incontestable métier, le couvercle de la responsabilité sur la marmite des règlements de compte : «Notre premier devoir, c’est d’abord de comprendre, mais surtout d’agir et de préparer l’avenir.» Le patron du parti n’entend pas déposer le bilan. Du moins, pas tout de suite : «J’assume le mien, et je ne fais pas ici comme si rien ne s’était passé. Chacun en prendra sa part. Mais je suggère que cet exercice-là soit reporté.» Une sorte de remise de dette, donc, qu’en une métaphore ménagère, François Hollande résume : «Tout sera mis sur la table. Mais veillons à avoir une table, et à ne pas la renverser…» A peine a-t-il conclu que Ségolène Royal file, vidant en quelques secondes la tribune de presse. Non sans prendre le temps de, longuement, préciser face aux journalistes sa propre analyse : «A droite, la discipline a été sans faille. De mon côté, tous les matins, en ouvrant le journal, je me demandais quel socialiste allait porter une critique sur ce que je disais…» 

Comme pendant sa campagne, il y a la «Ségolène» de la tribune, et la «Royal» des couloirs, nettement plus explicite. Au point de commencer à dévoiler son jeu : «Par rapport à la discipline dont a fait preuve l’UMP, à toute épreuve, il faudra réformer en profondeur le calendrier», dit-elle, préconisant «que notre prochain, ou notre prochaine candidate, soit rapidement désigné après les législatives» de juin. Soit dès «le prochain congrès, quand la date sera fixée…» Ségolène Royal, qui vient de renoncer à la députation, ambitionnerait-elle de prendre, d’un coup d’un seul, le leadership et le parti ? Un proche, fin connaisseur des équilibres partisans, veut y croire : «Quand elle le voudra, elle l’aura…» 

Sondage. Ainsi pris par surprise, et à revers, ses camarades, pourtant, ne l’entendent pas ainsi. A commencer par Dominique Strauss-Kahn, considéré par les Français, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche (1), comme la personnalité «la plus capable de rénover le PS», avec 39 % contre 37 % à Ségolène Royal (cette dernière arrivant en revanche largement en tête, avec 58 %, chez les sympathisants PS, devant un DSK à 27 %). «Je crois que le temps de la présidentielle est derrière nous, et le temps des présidentiables aussi. Il reviendra, et ce n’est pas nécessaire qu’il revienne immédiatement», a expliqué Dominique Strauss-Kahn.

Même ligne de défense sur l’aile gauche, où Laurent Fabius estime que «pour le moment, ce sont les législatives, et c’est à cela qu’il faut se consacrer, et pas à des arrière-pensées». Et où Benoît Hamon, proche d’Henri Emmanuelli, tempête : «Le PS, ce n’est pas une UMP de gauche. Il est invraisemblable que pour certains, l’affaire se résume à une question d’agenda et de désignation du candidat.» Bref, comme le résumait François Hollande, «les socialistes sont en ordre de bataille [...] rassemblés dans un dispositif ordonné et coordonné». Le premier secrétaire, qui a confié à des représentants de la jeune génération le soin de tenir les points de presse de campagne, a pour sa part prestement évacué la question du «calendrier» : «Au lendemain des législatives, nous aurons un conseil national pour décider du rythme, des étapes. Pour le moment, rien n’a été fixé.» Et n’était-ce pas là l’essentiel ?

(1) Sondage réalisé par téléphone les 10 et 11 mai auprès d’un échantillon de 965 personnes.

Royal, « un leader pas tout à fait comme les autres », selon Chevènement

Créé par le 13 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections, Le Che, Ségolène Royal

PARIS (AP) – Ségolène Royal ne pouvait pas faire en cinq mois de campagne ce qui aurait dû être fait depuis 15 ans au Parti socialiste, a estimé dimanche Jean-Pierre Chevènement en relevant que la candidate malheureuse à la présidentielle n’était « pas une dirigeante comme les autres ». Selon lui, le PS peut avoir à la fois un secrétaire général et un « leader charismatique ».

« Il n’y a pas de courage à accabler aujourd’hui Ségolène Royal de critiques qu’on ferait bien quelquefois de s’appliquer à soi-même », a déclaré le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) lors du « Grand Jury » RTL- »Le Figaro »-LCI.

« Vous ne pouvez pas faire en cinq mois ce qui aurait dû être fait depuis 15 ans », a ajouté Jean-Pierre Chevènement qui soutenait la candidate socialiste durant sa campagne. « Il y a eu une réflexion chez beaucoup de socialistes, mais il n’y a pas eu une réflexion collective suffisamment profonde ».

Il lui semble « que Ségolène Royal a acquis un certain nombre de titres, 17 millions même, qui sont les suffrages des Français, pour être un leader pas tout à fait comme les autres. Mais il y a aussi d’autres responsables qui doivent pouvoir jouer leur rôle ».

« Nous n’avons pas de trop de tous les talents », a considéré l’ancien ministre. Assurant qu’il ne contestait pas la légitimité du premier secrétaire François Hollande, il a noté: « le parti peut avoir un secrétaire général, c’était le cas de Paul Faure, et puis un leader charismatique, c’était Léon Blum ».

Alors que Ségolène Royal a souhaité que le futur candidat socialiste à l’Elysée soit désigné lors du premier congrès après les législatives, Jean-Pierre Chevènement a jugé que « la priorité, c’est une refondation de la gauche ».

« Mais je pense qu’il serait judicieux en effet de désigner assez longtemps à l’avance -enfin, d’ici 2012 nous avons un peu de temps- le candidat », a poursuivi le président d’honneur du MRC. « Pour moi, ça doit venir après l’acte de refondation mais ça peut arriver en même temps ». AP

Jean Pierre Chevènement, invité de RTL et LCI dimanche soir, aborde de nombreux sujets dont celui de la refondation républicaine

Créé par le 13 mai 2007 | Dans : Bilan de la campagne présidentielle, Blog du Che, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections, Projet politique, Ségolène Royal

Le président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen était l’invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche soir. Une semaine après la défaite de Ségolène Royal, dont il était membre de l’équipe de campagne, il livre ses sentiments sur le nouveau président. Mais ses pensées vont aussi aux futures législatives.

Haro sur Sarkozy

« Bonapartiste », « brutal », « nerveux », « ultralibéral »… Sur le fond comme sur la forme, Nicolas Sarkozy n’a pas les faveurs de Jean-Pierre Chevènement. Rien de nouveau pour ainsi dire. Seul « l’habileté » de Nicolas Sarkozy est reconnu par le président d’honneur du MRC et encore n’est-ce pas là le compliment le plus profond.« C’est au pied du mur qu’on voit le maçon »  a-t-il tout juste concédé, affirmant vouloir attendre les premières actions du président et juger sur pièce. « Mais je suis inquiet », par exemple sur l’Europe et alors que Nicolas Sarkozy n’envisage pas de faire passer un nouveau texte constitutionnel devant les Français via un referendum.Pour autant, et malgré ses craintes, Jean-Pierre Chevènement a dénoncé les mouvements violents dans les rues et a jugé « inopportuns » les appels à manifester, notamment des étudiants. Il préfère « s’ancrer dans les valeurs républicaines » et construire une opposition passant par le vote : « ce que les urnes ont fait, les urnes peuvent le défaire », a-t-il expliqué.

Quant à la formation du gouvernement et l’ouverture à gauche, l’ancien ministre de l’Intérieur montre un réel détachement relativisant les approches d’Hubert Védrine et de Claude Allègre.

Royal sauvée face au PS

Sur la défaite de Ségolène Royal, Jean-Pierre Chevènement a cherché à positiver en voyant dans le vote en faveur de la socialiste l’adhésion de « la force du travail » et des jeunes chez lesquels elle a obtenu la majorité. En somme, faisant un parallèle avec l’élection de 1974, il veut y voir d’abord la création d’une « dynamique ».

Cela ne le dispense pas d’apporter certaines explications à l’échec. Il a très clairement attaqué l’attitude des « éléphants » du parti et leur faible mobilisation derrière la candidate. Il y voit leur incapacité à suivre la voie ouverte par Ségolène Royal. Car Jean-Pierre Chevènement veut croire à la nouveauté incarnée par la socialiste et défend sa campagne et ses idées, par exemple sur les 35 heures ou les régimes spéciaux. « Je ne suis pas de ceux qui vont l’accabler », a-t-il résumé.

Mais il souligne « les démons » de la gauche notamment « un laxisme » sur les questions de sécurité, de régularisation des sans-papiers, des rapports aux symboles de la nation. Même ton sur les sujets économiques et le place du « mérite et du talent » dans la société. Car Jean-Pierre Chevènement reste assez critique sur le fond. Illustration des divergences de vues qui règnent encore et toujours à gauche. Pour répondre à ces constats, il appelle de ses voeux la formation d’un grand parti « républicain » de gauche réunissant « tous les talents ». Et pour porter cette refondation de la gauche, il n’en voit qu’une : Ségolène Royal.

A.B.

Le PS cherche l’unité

Créé par le 13 mai 2007 | Dans : Battre campagne, Bilan de la campagne présidentielle, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections

Par Grégory BLACHIER
leJDD.fr (avec Reuters)

Le Parti socialiste tient ce samedi un Conseil national pour préparer les élections législatives. Si l’heure est officiellement au rassemblement pour éviter un naufrage électoral après la défaite de Ségolène Royal à la presidentielle, cette réunion au sommet prépare aussi le futur d’un parti qui va devoir se rénover et s’extirper des ambitions individuelles qui le minent depuis 2002.

La Mutualité. En un lieu tient le principe auquel les socialistes doivent s’attacher, ce samedi, lors du Conseil national. Réunis dans cette salle parisienne connue pour les rassemblements politiques, les membres du Parti socialiste veulent oublier momentanément leurs divisions pour préparer les législatives. Au cours de la journée, ils doivent entériner leur programme et arrêter la liste des candidats aux élections qui détermineront l’envergure de leur force d’opposition, après la victoire incontestée de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, et le sillon creusé au centre par François Bayrou. Dès son arrivée à la Mutualité, Ségolène Royal, qui a renoncé au siège de députée qu’elle occupait depuis 1988 au profit de sa présidence de région (Poitou-Charentes), a souhaité qu’il n’y ait « pas de débats inutiles (…) qui pourraient entraîner des difficultés ou freiner le mouvement positif, essentiel, indispensable, pour gagner le plus grand nombre de circonscriptions« . Le mot d’ordre est donc, au moins jusqu’au 17 juin, au collectif, afin que la défaite présidentielle ne mue pas en déroute aux législatives. « Aujourd’hui, les enjeux ne sont pas des enjeux personnels« , a martelé la candidate battue dans la course à l’Elysée, ajoutant que c’est le premier secrétaire qui conduira la mobilisation.« Disponible« 

Arrivés ensemble, la candidate et le premier secrétaire, en l’occurrence son compagnon François Hollande, ont découvert une manifestation de soutien organisée par des militants de la Ségosphère et de Désirs d’avenir, deux sites internet pour un message qui, lui aussi, paraît de plus en plus virtuel : « Gloire à nos dirigeants qui font bloc avec Ségolène« . Illusoire car ce Conseil national, s’il devra donc être le théâtre d’un rassemblement, semble surtout être la dernière étape avant l’entrée en guerre des chefs. Toute trompe dehors, les « éléphants » socialistes ont commencé, dès dimanche, à se disputer le leadership de la rénovation d’un parti qui aura pâti de ses divisions et de l’indépendance peu appréciée de la candidate. Trois minutes après les résultats, Dominique Strauss-Kahn, battu par Ségolène Royal lors de la primaire socialiste, se disait, oeil sévère et ton grave à l’appui, « disponible » pour mener la rénovation sociale-démocrate, un mot employé par Royal vendredi… Samedi matin, il ne s’est pas exprimé en arrivant à la Mutualité.

« Plus de nous, moins de je« 

Le troisième concurrent de la primaire, Laurent Fabius, s’est en revanche confié. L’ancien ministre des Finances, désormais tenant d’un PS ancré à gauche, a plaidé lui aussi pour le rassemblement. « Il faut que l’on pratique un peu plus le ‘nous’ et un peu moins le ‘je’« , a-t-il préconisé, insistant par l’image sur le danger d’une ouverture au centre : « Nous devons évidemment être ouverts à tous ceux qui veulent nous rejoindre mais si vous appuyez à la fois dans une voiture sur la pédale droite et la pédale gauche, en général ça donne peu de résultats« . Dans Libération de samedi, il disait déjà que « la situation exige notre unité« , tempérant en apparence ses propres ambitions en donnant à Ségolène Royal « le rôle d’une importante responsable socialiste » mais plaidant pour un PS « modernisé et non pas droitisé« . Dans le quotidien, l’eurodéputé Vincent Peillon, soutien de Royal et cofondateur du nouveau Parti socialiste, souhaitait simplement que les socialistes s’attachent à « se rassembler et relancer une dynamique pour les législatives« .

Face aux défis de la division et à la lutte d’influence qui attend le PS après les législatives, ces élections, qui devraient être au centre du Conseil national, paraissent à la fois primordiales et futiles. Primordiales parce qu’un score trop faible réduirait la voilure du parti à l’Assemblée, et exacerberait les ambitions personnelles, d’autant que le PS, plutôt pessimiste, redoute le spectre de 1993, et ses 67 fauteuils parlementaires seulement, contre 141 aujourd’hui. Futiles, parce qu’à ce jour, personne ne semble se soucier des listes, alors que les dirigeants devront tout de même procéder à quelques arbitrages, au risque de provoquer des dissidences. Plutôt qu’un principe, la Mutualité n’est encore qu’un lieu pour les socialistes.

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