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Le PCF veut tout mettre sur la table

Créé par le 20 juin 2007 | Dans : Débats autour de la refondation de la gauche, Elections

Le bol d’air des législatives permet aux communistes d’aborder leur congrès extraordinaire plus sereinement.

Ce résultat « nous donne des responsabilités », déclarait dès dimanche soir Marie-George Buffet en se projetant immédiatement dans l’après-élections. Selon elle, il s’agit pour le PCF et pour toute la gauche de faire barrage, à l’Assemblée nationale, à la politique antisociale de la droite, mais aussi de « créer les conditions d’un réveil de la gauche ». Si la secrétaire nationale du PCF a pu se féliciter du « très beau résultat » de son parti, ce n’est donc pas pour rendre moins pressantes les questions qui, au lendemain de la présidentielle marquée par le score le plus bas du parti dans cette élection, avaient mené à la convocation d’un congrès extraordinaire. Mais avec 18 députés élus dans les circonscriptions métropolitaines, un résultat nettement au-dessus de la fourchette de 5 à 15, donnée par les sondeurs, le PCF dément tous ceux qui spéculaient déjà sur sa mort et aborde certainement plus sereinement le travail de fond qu’il s’est fixé pour les mois qui viennent.

Le premier tour des législatives, et les 4,7 % réalisés par l’ensemble des candidats communistes, signalait un sursaut par rapport à la présidentielle. Le PCF a néanmoins perdu alors trois députés, deux au profit du Parti socialiste, à Marseille et à Aubervilliers-La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, un autre dans l’Isère à la suite de la division des communistes eux-mêmes qui avaient deux candidats concurrents. Au deuxième tour le PCF est partie prenante du redressement de toute la gauche et apparaît très rassembleur. Partout ses candidats réunissent plus de suffrages que l’ensemble des voix de gauche du premier tour, parfois beaucoup plus (5 %, 6 %), une capacité de rassemblement qui n’est pas démentie dans l’Hérault avec la perte du siège de François Liberti (le candidat de l’UMP a été élu grâce à un très bon report de voix du FN qui, contrairement à la fois précédente, n’a pas provoqué de triangulaire). Et des progrès, parfois spectaculaires, des candidats du PCF ont pu être enregistrés. Ainsi le président de l’Association nationale des élus communistes et républicains, André Chassaigne, qui avait au premier tour doublé son score de 2002, est réélu avec 65,90 % des voix contre 51,3 % en 2002. Il dépasse de près de 10 points le total des voix de gauche du premier tour.

Au total, autant de circonscriptions que lors des législatives précédentes mettent cette fois le PCF à plus de 5 %. Pour Michel Laurent, en charge des fédérations à la direction du Parti, « le paysage ne change pas par rapport à 2002. Le PCF garde une implantation nationale, mais des faiblesses se confirment quand le seuil de crédibilité n’est pas atteint ». Selon lui, il apparaît que les bons résultats et les progrès sont directement liés à l’activité de terrain, à la présence de candidats implantés de longue date, qu’ils soient soutenus par le PCF seul ou par le PCF et des collectifs antilibéraux. « Ce deuxième tour des législatives donne de l’air mais il ne faudrait surtout pas en tirer la conclusion qu’il n’y a pas de problème pour la gauche, et, dans la gauche, pas de problème pour le PCF », estime-t-il.

Le second tour a surpris dans tous les camps. Il marque aussi le fait que, lorsque la gauche réussit à être un peu plus audible sur les questions sociales, elle peut être plus forte, retrouver une assise dans les quartiers populaires, chez les jeunes. Quels sont les ressorts de ces mobilisations ou de ces démobilisations ? Quel projet de transformation sociale construire ? Avec quelle gauche ? Avec quelle place, quel rôle des communistes ? L’idée communiste a-t-elle un sens au XXIe siècle ? Les militants communistes ont décidé, avec leur congrès

extraordinaire, de mettre toutes ces questions en débat dans leur parti et dans la société. Et l’enchaînement des événements des derniers mois, l’expérience de ces élections ont fait monter, à tous les niveaux du PCF, la détermination à écarter toutes les classifications préétablies pour donner toutes leurs chances à une réflexion de fond et à l’élaboration de réponses efficace. Huistes, majoritaires, refondateurs, orthodoxes…, les observateurs qui en resteraient là risquent fort dans ces conditions de perdre le fil du débat.

Dans l’Humanité, Jacqueline Sellem

Dans l’Huma : « Une forte opposition de gauche »

Créé par le 20 juin 2007 | Dans : Elections

Les menaces antisociales du pouvoir, franchise médicale ou hausse de la TVA ont mobilisé des millions d’électeurs. La droite a la majorité mais la « vague bleue » est endiguée.

Le tsunami sarkozyen, que laissait craindre le premier tour des élections législatives s’est heurté à de premières digues. La vague bleue n’a pas emporté l’hémicycle. Hier soir l’UMP était creditée de moins de 310 députés, un nombre important mais inférieur à la place du parti de la droite dans l’Assemblée sortante : 359 sièges. Le parti socialiste, d’un peu plus de 200 élus (149 dans l’Assemblée de 2002) Dix neuf communistes ou apparentés sont élus, dont une à La Réunion. Par ailleurs, le Nouveau centre (pro UMP) était crédité de 22 sièges, le Modem de François Bayrou, et les Verts, quatre chacun.

un sursaut des électeurs

35,2 millions d’électeurs étaient appelés à départager les 933 candidats restés en lice dans les 467 circonscriptions (sur 577) qui n’avaient pas été pourvues le dimanche précédent Ce seond tour allait-il connaître un afflux d’électeurs ? La gauche l’espérait, qui avait appelé tout au long de la semaine les hommes et les femmes ayant boudé les urnes au premier tour, à se mobiliser pour empêcher Nicolas Sarkozy de disposer des pleins pouvoirs. Un mois après une élection présidentielle marquée par une participation électorale de 84 %, le premier tour du scrutin législatif, le 10 juin, remportait un bien triste record : le plus faible taux de votants de toute la Vème république. De nombreux jeunes, des primo-votants, issus des familles et des quartiers populaires, ne s’étaient pas déplacés estimant, sous le choc de l’élection présidentielle, qu’avec la victoire de Sarkozy, il n’y avait plus rien à faire au niveau parlementaire. Allaient-ils revenir vers les urnes alors que se profilait la menace d’une « majorité écrasante », que François Fillon réclamait de ses voeux dans tous ses meetings, condamnant d’avance toute existence de « contre-pouvoir » ?La participation au scrutin n’a pas véritablement bougé L’abstention est demeurée très forte : entre 39,2 et 39, 7 %, dans l’étiage du premier tour : 39,58 %. Mais sous cette apparente stabilité, on note des mouvements internes. Des présidents de bureaux de vote observaient dès les premières heures de la matinée le retour d’abstentionnistes du premier tour. En revanche, des électeurs du 10 juin se sont faits attendre toute la journée… Pourquoi ce croisement ?

le refus d’une chambre bleue

Les projets antisociaux du gouvernement, qui doivent être présentés aux députés dès cet été, ont suffisamment inquiété les électeurs pour qu’ils ne laissent pas se former une « Chambre introuvable » chargée d’enregistrer l’arsemal de contre-réformes visant le droit du travail et la justice fiscale. Nicolas Sarkozy s’était posé en « candidat de la France qui souffre », en « porte-parole du peuple ». A peine est-il élu que sont annoncés en rafale une taxe sur les soins médicaux qui frappe du même taux le riche et le pauvre, une augmentation de 5 points de la TVA pour financer les allègements des cotisations patronales. Pas question d’augmenter le SMIC, assène le nouveau premier ministre. Mais pas question non de retarder l’instauration du bouclier fiscal qui annihile de fait l’ISF. La mise en place concrête de « la France d’après » rend plus indispensable l’existence d’une opposition de gauche forte, c’est ce qu’ont signifié les électeurs au nouvel exécutif. Sans doute également, des électeurs de Nicolas Sarkozy, certains que celui-ci disposerait d’une majorité, ne se sont pas pressés d’aller soutenir des mesures qu’ils réprouvent. Plus de 60 % des Français, sont selon les sondages effectués la semaine dernière hostiles à la franchise médicale et la hausse de la TVA ; qui ont joué un rôle d’éveilleur de conscience.Nicolas Sarkozy a subi un premier revers. La majorité parlementaire, certes confortable, est moins large que la précédente issue des élections de 2002. La défaite d’Alain Juppé, dans la ville de Bordeaux dont il est le maire, est un coup dur pour le gouvernement. L’ex « meilleur d’entre nous » comme l’appelait affectueusement Jacques Chirac, finalement rallié à Sarkozy, quitte son ministère surmédiarisé de l’écologie et du développement durable, des transports et de l’énergie. Dans une moindre mesure, l’échec d’Arno Klarsfeld, le conseiller du président sur les sans-papiers est tout un symbolique.

un groupe communiste

Si le parti socialiste occupe numériquement la première place au sein de l’opposition parlementaire, la gauche sera représentée dans sa diversité. Les communistes obtiennent des résultats bien supérieur à ceux que pronostiquaient nombre de ces contempteurs qui les avait déjà enterrés. La grande majorité des députés sortants sont réelus, en France métropolitaine et à la Réunion (avec le beau succès d’Huguette Bello, du PCR). Ils obtiennent des résultats supérieurs à 2002. Un deuxième siège est remporté en Seine-Maritime par Jean-Paul Lecoq.

Les candidats communistes présents au second tour ont rassemblé largement, recueillant plus que le total des voix des partis de gauche au premier tour Avec la constitution d’un groupe communiste, le monde du travail disposera aujourd’hui comme hier d’un outil pour se défendre.

Marie-George Buffet n’a pas écarté la possibilité pour des députés de gauche non-inscrits de rejoindre le groupe communiste. Interrogé sur France 2 sur la situation des quatre députés Verts, Noël Mamère a évoqué pour sa part la possibilité de siéger avec d’autres forces de gauche « dans un groupe autaunome du PS ».

Jean-Paul Piérot

Le PRG, radicalement de gauche

Créé par le 20 juin 2007 | Dans : Elections

 Par Gilbert LAVAL

QUOTIDIEN : mercredi 20 juin 2007

Le tout était de considérer la moitié pleine du verre. Devant le bureau national du PRG, hier, le président Jean-Michel Baylet a pu se féliciter de l’élection de trois nouveaux radicaux de gauche à l’Assemblée nationale. Même s’il en a perdu autant dimanche dernier, stabilisant à neuf élus ses troupes parlementaires. Les battus, Roger-Gérard Schwartzenberg, François Huwart et Emile Zuccarelli, sont trois élus qui ont pu, un moment, soupçonner Baylet d’être tenté par les sirènes du nouvel occupant de l’Elysée. Lequel Baylet a rappelé «l’ancrage à gauche» du PRG. Preuve de ce positionnement, aucun radical de gauche ne s’est rallié. Même pas lui, pourtant sollicité hier matin encore, à l’en croire, par Nicolas Sarkozy lui-même. L’objectif consiste désormais en la création d’un groupe parlementaire du type de celui composé avec les Verts et les chevènementistes en 1997. Le mot d’ordre est aussi passé de refuser tout contact politique avec les amis de François Bayrou.

Rose en deçà des faubourgs, bleu au-delà

Créé par le 20 juin 2007 | Dans : Elections

La carte montre non seulement la mémoire politique des deux camps, mais aussi leur avenir.

Par Jacques LEVY

QUOTIDIEN LIBERATION : mercredi 20 juin 2007

JACQUES LEVY, géographe, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris.

Au-delà de la conjoncture spécifique de la dernière campagne législative, les résultats de celle-là montrent une poursuite de la translation géographique de la gauche commencée il y a vingt-cinq ans. Au premier coup d’oeil sur la carte ci-contre, on peut avoir l’impression d’une certaine stabilité. Les anciennes régions d’industrie lourde du Nord et de l’Est, les vieilles terres républicaines du nord et de l’ouest du Massif central et de la Gascogne apportent toujours leurs voix à la gauche et répondent même davantage présentes qu’à la récente élection présidentielle. Elles sont rejointes par une Bretagne ­ Loire-Atlantique comprise ­ encore disputée, mais où la majorité des circonscriptions a basculé à gauche. Inversement, le Midi s’ancre davantage à droite, l’essai de Nicolas Sarkozy étant transformé : une part importante de l’électorat du Front national a été récupérée. Ainsi, un continuum de droite apparaît de l’Ouest intérieur à l’Alsace, en passant par un Bassin parisien plus nettement orienté vers l’UMP que précédemment, grâce au report des voix de l’extrême droite.

Décalage. Au-delà de ces nouvelles réalités régionales, le phénomène le plus remarquable, cependant, c’est la confirmation d’un processus commencé en 1986 et qui s’était clairement manifesté aux deux tours de la présidentielle. Les grandes villes poursuivent leur «décalage» par rapport à leurs périphéries péri ou hypo-urbaines. Le PS a progressé dans presque tous les centres des grandes villes, notamment à Paris, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Grenoble et Tours. Des personnalités UMP y ont subi des défaites d’autant plus humiliantes que ces circonscriptions avaient toujours voté à droite depuis 1988, ce que montre la carte. Le PS se tient bien aussi là où il détient la mairie ­ comme à Lille, Nantes, Montpellier, Dijon, Tours, Le Mans, Clermont-Ferrand, Angers ou Cherbourg. Toulouse, Bordeaux et Caen deviennent des objectifs raisonnables pour la gauche aux municipales de l’année prochaine. C’est enfin à Strasbourg que la gauche obtient son unique siège en Alsace. Seules Marseille, Toulon et Nice font, une fois de plus, exception.

A chaque fois, comme c’est le cas en Ile-de-France, les zones centrales offrent à la gauche ses meilleurs succès tandis que le vote des banlieues est mitigé et que le périurbain penche lourdement à droite, tant à l’Est qu’à l’Ouest. Or, dans les centres, la société urbaine se caractérise par un niveau de mixité sociale important et une forte présence de groupes sociaux exerçant des professions intellectuelles. Le vote change, car les électeurs et les lieux changent.

Superposition. Deux cartes sont donc superposées : celle qui, comme toujours aux législatives, constitue une mémoire de la géographie politique ; et celle qui annonce des potentiels et des tendances, entrouvrant la porte à une réinvention de la gauche. L’affaiblissement des protestataires d’extrême gauche libère du maximalisme redistributif, corporatiste et étatique, dans ses variantes communiste ou social-démocrate. Le désamour de l’électorat face aux tentations intégristes et sectaires des Verts suggère aussi que le développement durable ne doit pas être confondu avec la décroissance. Enfin, que le Modem de François Bayrou ait réussi à se faire une place inédite entre les deux grandes forces doit être pris au sérieux.

L’opposition gauche/droite n’a d’avenir que si elle a un sens contemporain, et non comme une rente politique perpétuelle qu’on sortirait en cas de besoin pour rameuter les foules. Pour se refonder, la gauche doit d’abord solder la part conservatrice de l’héritage du mouvement ouvrier et assumer la complémentarité de ce qui, dans la vieille gauche et la vieille droite, est présenté comme contradictoire : ordre et justice, liberté et responsabilité, innovation et solidarité, identités et cosmopolitisme. Les contradictions de la droite sont aussi celles de la société française : la peur de la ville, de l’Europe et du monde fait courir le risque d’un blocage. Il est bien improbable, toutefois, qu’il suffise à la gauche d’attendre les faux pas de l’adversaire pour se refaire une santé. Entre 2002 et 2007, les dirigeants socialistes ont voulu croire à cette formule paresseuse. Ils en ont été punis. Ce n’est pas grâce à leurs arguments mais malgré leurs cafouillages que quelque chose s’est passé au second tour. Ce que peuvent faire les socialistes : écouter une société d’individus en mouvement.

Les lieutenants de DSK et de Fabius font le procès du couple Royal-Hollande

Créé par le 19 juin 2007 | Dans : Débats autour de la refondation de la gauche, Elections, Projet politique

Le droit d’inventaire est ouvert au Parti socialiste. Dès le lendemain du second tour des législatives, Julien Dray, proche de Ségolène Royal, a tenté de préempter l’exercice. « Il ne faudrait pas que ce résultat serve à nouveau d’alibi pour que rien ne bouge au PS ou que rien ne change », car, expliquait sur Europe 1 le député de l’Essonne, le parti ne peut s’exonérer d’un « devoir d’inventaire ». Trop tard. Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, et Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis, ouvrent le bal.

Principaux lieutenants des ex-rivaux de Mme Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, ils publient en même temps un livre pour soutenir tous deux la même thèse : l’élection présidentielle n’aurait jamais dû échapper à la gauche. Dans Parti pris (Plon), à paraître jeudi 20 juin, M. Cambadélis compare la victoire de Nicolas Sarkozy à un « hold-up ». « La gauche dominait, il était « battable« , écrit-il, candidat sortant d’une majorité désavouée par la rue et les urnes, sur une ligne très à droite avec un profil inquiétant. » « Tout y était, affirme de son côté M. Bartolone dans L’Election imperdable (L’Archipel), à paraître le 21 juin. Douze ans de Chirac, l’usure du pouvoir, la dette, Sarkozy et les banlieues, sa personnalité, les défaites aux cantonales, aux régionales, aux européennes… »

« PERSONNE N’EST CAPABLE D’ANALYSER »

 

Les deux récits ont un autre point commun. Avant que la séparation entre François Hollande et Ségolène Royal ne soit rendue publique, tous deux dressent le procès du couple et décrivent un parti entravé par leurs tourments. « Que n’a-t-on sous-entendu dans les couloirs de Solférino, rapporte le strauss-kahnien. Tels des enfants inquiets des disputes de papa-maman, on ne parlait que de ça. Ils n’étaient plus ensemble. Ils étaient revenus ensemble. Ils allaient être ensemble. Un confident du couple nous déclara un jour, les joues empourprées : ‘Cet été, ils se sont beaucoup rapprochés’ (…). Mais comment peut-on croire que les deux ne communiquent pas ? Suffisamment pour monter une SCI sur l’ensemble de leurs biens immobiliers. Alors comment en serait-il autrement pour la politique ? »

Le fabiusien n’est pas en reste. « Les relations personnelles de Ségolène et François, c’est le triangle des Bermudes, écrit-il. Tout le monde préfère faire un détour de peur d’y disparaître ! Cette part d’ombre qu’ils ont maintenue sur leurs rapports depuis la désignation de l’un et pas de l’autre, a certainement eu un impact sur la campagne. Mais personne n’est capable de le comprendre et de l’analyser. » Tous deux accusent le premier secrétaire du PS d’avoir privilégié ses propres ambitions présidentielles en jouant de l’hypothèse de la candidature de son ex-compagne contre les autres, avant de se retrouver lui-même dans le rôle de « l’arroseur arrosé » (Bartolone). « François Hollande terminera cette traque (…) la veille du dépôt des candidatures par une phrase dont DSK n’est toujours pas revenu : ‘Si je te demande de te retirer pour éviter Ségolène Royal ? Tu me réponds évidemment non ?’ Et sans laisser répondre, poursuit : « Dommââââge ! »" (Cambadélis).

« GAUCHE SENTIMENTALE »

 

Le député de Paris, déjà auteur de L’Etrange échec (Plon) paru en 2002 et qui se fait une spécialité, désormais, de chroniquer les défaites, cible tout particulièrement le premier secrétaire, avec lequel il entretient une inimitié de longue date. Le portrait qu’il en fait est féroce - « il se vit comme un bouchon insubmersible dans l’océan » -, au point d’affirmer que « François Hollande n’ignorait rien » de la relation, familière, entre Nicolas Sarkozy et l’ex-socialiste Eric Besson. « Il la trouvait même utile et la tolérait. Eric Besson agent de liaison ‘à l’insu de son plein gré ?’ On comprend pourquoi François Hollande se précipite ‘pour lui garder toute son amitié !’ »

Claude Bartolone vise davantage Ségolène Royal dont il a fait partie, l’espace de quelques mois, de l’équipe de campagne pour la communication, en « pièce rapportée ». Pour lui, l’ex-candidate a multiplié les erreurs à force de taper sur les éléphants et d’improviser, donnant un « côté désaxé à sa campagne ». « Ségolène, dit-il, c’est ce que j’appellerais la gauche sentimentale. En tout cas, elle a réuni des ‘foules sentimentales’, mais pas une force électorale capable de nous mener à la victoire. » Indulgents vis-à-vis de leurs propres mentors, DSK et Fabius, les deux auteurs rouvrent une plaie. Les royalistes auront en effet beau jeu de dénoncer, à nouveau, le manque de solidarité et les « trahisons » subies par l’ex-candidate.

Le procès de la campagne commence, avant la refondation.

Isabelle Mandraud

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