Elections

Articles archivés

Remobilisation à gauche, abstention à droite : les clés du second tour

Créé par le 19 juin 2007 | Dans : Elections, Non classé

Comment, en une semaine, sommes-nous passés d’une large victoire prévue pour la droite à un reflux marquant un coup d’arrêt aux succès électoraux de Nicolas Sarkozy et de l’UMP aux trois précédents scrutins ? Le tout avec un niveau d’abstention de second tour équivalent à celui du premier.

La première explication tient au bon report des électeurs du MoDem sur les candidats de gauche. Le MoDem, vidé de sa substance par le ralliement des ex-UDF à la majorité présidentielle, s’est retrouvé déporté électoralement vers la gauche. Ses électeurs se seraient reportés à 55 % sur les candidats de gauche au second tour, contre 28 % sur ceux de droite, d’après le sondage post-électoral de CSA. Dans de nombreuses circonscriptions emblématiques, ces électeurs ont permis l’élection de députés de gauche ou défait certaines figures de droite.

Ces transferts de voix n’expliquent cependant pas tout. L’émergence du thème de la TVA sociale dans la campagne de l’entre-deux-tours et son exploitation par la gauche, est mise en avant dans les discours des analystes et des hommes politiques pour tenter d’expliquer ce vote surprise. Mais, au niveau national, nul sursaut de participation n’est venu répondre à l’appel des ténors socialistes. C’est donc vers une analyse électorale plus détaillée de l’abstention, au niveau des circonscriptions, qu’il convient de se tourner.
 
La première hypothèse consiste à penser que les 467 circonscriptions ayant voté au second tour (celles qui n’avaient pas élu leur député au premier) étaient plus abstentionnistes le 10 juin. La stabilité globale cacherait alors une augmentation en trompe-l’œil dans les circonscriptions en ballottage. Après vérification, l’hypothèse ne tient pas. La participation dans les seules circonscriptions ayant voté au second tour s’élevait à 39,3 % lors du premier, soit un niveau parfaitement comparable au score national (39,6 %).

REMOBILISATION DE LA GAUCHE

 
La seconde hypothèse, plus probante, consiste à vérifier la mobilisation différentielle entre les circonscriptions où la gauche l’a emporté au soir du second tour par rapport à celles où la droite a gagné. Dans les 220 circonscriptions où la gauche (PS, Verts, divers gauche et PC) a gagné en duel (hormis deux circonscriptions où un candidat restait seul en lice), la participation s’est élevée en moyenne à 61,5 %. Celle-ci n’était que de 58,9 % dans les 245 circonscriptions enlevées par la droite au second tour. Un écart de 2,6 points non négligeable, lorsque certains duels se sont joués à quelques centaines de voix. Au total, ce sont plus de 75 000 votants supplémentaires qui se sont déplacés au second tour par rapport au premier dans les circonscriptions gagnées par la gauche, contre 240 000 voix perdues dans celles de droite.

C’est ce mécanisme de légère remobilisation qui a profité par exemple à Arnaud Montebourg en Haute-Saône, à Jérôme Cahuz dans le Lot-et-Garonne, à Michel Vuilqué dans les Ardennes, à Jean-Louis Bianco dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Michel Delebarre dans le Nord ou à Marylise Le Branchu dans le Finistère. Ces territoires enregistrent un sursaut de participation de 2 de 5 points. Dans ce sursaut différentiel réside donc une première partie du mystère de l’abstention. La gauche s’est remobilisée entre les deux tours ; la droite s’est démobilisée.

Parmi les votants supplémentaires dans les circonscriptions de gauche, on ne trouve sans doute pas uniquement des électeurs de l’opposition. De même, dans celles de droite, les abstentionnistes « partis à la pêche » ne sont pas tous des électeurs de la majorité, mais la corrélation est certainement élevée. TVA sociale ou pas, la mobilisation de la gauche est une réalité.

A cela s’ajoute une autre explication qui illustre en partie la théorie de l’électeur « stratège » , formulée par les politologues Philippe Habert et Alain Lancelot. La gauche s’est d’autant plus mobilisée que le duel s’annonçait incertain. C’est dans les circonscriptions où l’opposition l’a emporté avec moins de cinq points d’écart que les électeurs se sont les plus mobilisés : 63,2 % de participation dans les 46 circonscriptions gagnées par la gauche avec moins de 5 points d’avance sur la droite contre 60,2 % dans les circonscriptions gagnées avec 10 points d’avance ou plus. C’est ce mécanisme qui a participé à la victoire de Michel Sapin dans l’Indre ou de Pierre Moscovici dans le Doubs.

Le phénomène est inversement accentué de l’autre côté de l’échiquier : 57 % de participation seulement dans les 119 circonscriptions où la droite l’a emporté avec plus de 10 points d’avance. Et pas de mobilisation dans les duels serré. C’est en particulier ce qui a laissé Alain Juppé défait. L’annonce d’une chambre bleu horizon a conforté des électeurs de droite dans l’abstention. La démobilisation de la droite a été d’autant plus forte que la victoire annoncée était large.

Ainsi, pour ces élections atypiques, la gauche a bien remobilisé ses électeurs. Ses supporters se sont déplacés là où les combats étaient perçus comme les plus difficiles. A l’inverse, la droite a vu une partie de ses électeurs croire en une victoire jouée d’avance et ne pas se déplacer. Au final, les deux camps se sont tous trouvés surpris. Pas dans le même sens.

Philippe Chriqui pour Le Monde.fr

Les députés PS choisiront leur président lundi prochain

Créé par le 19 juin 2007 | Dans : Elections

PARIS (AP) – Les députés socialistes éliront leur président lundi prochain, a-t-on appris mardi auprès du service de presse du groupe. Le sortant Jean-Marc Ayrault, en poste depuis presque dix ans, est candidat à sa propre succession.

Parmi les autres candidats en lice, les noms de Laurent Fabius, de son lieutenant Claude Bartolone, du jospiniste Jean Glavany, d’Henri Emmanuelli et d’Arnaud Montebourg sont fréquemment évoqués. Le Premier secrétaire du PS François Hollande avait indiqué lundi qu’il ne serait pas candidat à ce poste, ni à la présidence de la commission des Finances.

Lundi prochain, les députés PS désigneront dans la foulée leur candidat pour les fauteuils de président, vice-présidents et questeur de l’Assemblée nationale, ainsi que leur prétendant pour la présidence de la commission des Finances, qui sera confiée à un membre de l’opposition.

Le groupe socialiste compte 187 élus, selon le groupe, à l’issue du second tour des législatives de dimanche. Il pourrait monter à 206 membres en ajoutant des députés radicaux de gauche et divers gauche, si ceux-ci décidaient de s’apparenter. AP

Le cofondateur du PS en 1971 démissionne de la mairie de Belfort.

Créé par le 19 juin 2007 | Dans : Elections, Le Che

Pour Libé : Chevènement battu et abattu

Par Pascal VIROT

QUOTIDIEN LIBERATION : mardi 19 juin 2007

La fin d’une époque, l’épilogue d’un long parcours ? En remettant hier sa démission de maire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement s’apprête à clore un chapitre de l’histoire socialiste. Sèchement battu dimanche (il ne recueille que 45,5 % des voix) alors qu’il tentait de récupérer sa circonscription de Belfort perdue il y a cinq ans, le «Che», plusieurs fois ministre depuis 1981, a décidé de se mettre en retrait. Le «miraculé de la République» n’a pas été celui des urnes, mais entend bel et bien, du haut de son expérience, contribuer à la rénovation de la gauche.

Cofondateur du PS au congrès d’Epinay, en 1971, au côté de François Mitterrand, il nourrira la ligne «de gauche» prônée par le futur chef de l’Etat. Ainsi, en 1972, il rédige le programme du PS, le fameux «Changer la vie». L’année suivante, il gagne la circonscription de Belfort et prend la mairie en 1983. Au PS, son parcours sera fait d’incessantes séparations et de retrouvailles avec Mitterrand. Dès la présidentielle de 1981, Chevènement inaugure une longue série de postes ministériels régulièrement quittés pour cause de démission : en 1983, au moment du tournant de la rigueur (avec le célèbre : «Un ministre, ça ferme sa gueule, si ça veut l’ouvrir, ça démissionne» ), en 1990, en désaccord avec la guerre du Golfe, et en 2000, en raison de divergences sur la Corse.

Dès 1993, il s’éloigne du PS, voulant garder une ligne «républicaine» et souverainiste, ce qui le conduit à créer le MDC (Mouvement des citoyens), puis le MRC (Mouvement républicain et citoyen). C’est tout naturellement qu’il entend incarner cette tradition socialiste lors de la présidentielle de 2002. Ses déclarations assassines contre son ex-Premier ministre lui sont reprochées par les socialistes, qui l’accusent d’avoir fait chuter Jospin dès le premier tour.

Chevènement commence alors une vie de nomade de la politique, ne se ressaisissant qu’en 2006 lorsque Ségolène Royal fait appel à lui. Chevènement, 68 ans, jouera franc jeu et s’impliquera avec force dans la campagne de la socialiste. Vainement, donc.

Les socialistes à la conquête des centres-ville

Créé par le 19 juin 2007 | Dans : Elections

A neuf mois des municipales, le bon report des voix centristes pose au PS la question des alliances.

Par Gilbert LAVAL (de notre correspondant à Toulouse)

QUOTIDIEN LIBERATION : mardi 19 juin 2007

Bordeaux, Toulouse, Lyon, Strasbourg, Paris, mais aussi Rouen, Caen, Nantes, Grenoble… dans une Assemblée nationale dominée par la droite, la liste des villes, grandes, moyennes ou plus modestes, qui ont donné dimanche leurs voix aux candidats du Parti socialiste est longue. Certes, certaines de ces circonscriptions étaient déjà à gauche, ou s’étaient choisies, par le passé, un ou une député(e) de gauche. Pourtant, les résultats du second tour des législatives ont confirmé les enseignements du second tour de la présidentielle : les centres-ville penchent pour les socialistes, quand le milieu rural reste ancré à droite. Les victoires spectaculaires de candidates du PS à Bordeaux et Toulouse en témoignent, confortant un lent grignotage entamé il y a une bonne décennie et mettant définitivement fin à la réalité électorale des Trente Glorieuses, quand les centres-ville, habités par les notables et les professions libérales, votaient à droite. Aujourd’hui, ces mêmes lieux désignent des élus PS. Le 6 mai, Ségolène Royal était, malgré sa défaite, arrivée en tête devant Nicolas Sarkozy.

Il serait pour autant réducteur de faire des centres des assemblées de bobos de gauche opposés aux périphéries optant désormais pour la droite. Le scrutin de dimanche a également montré que la gauche recueillait encore ­ malgré une abstention massive ­ des voix populaires, comme en témoigne la réélection de la plupart des élus socialistes et communistes en Seine-Saint-Denis. Mais le nombre de circonscriptions des villes gagnées par la gauche est trop massif pour ne pas constituer un élément constitutif du nouveau paysage.

Ce ne sera probablement pas sans conséquences sur les municipales de mars 2008. Confronté à l’effondrement des Verts ­ qui ne doivent leur survie parlementaire qu’à l’absence de candidats PS dans les quatre circonscriptions où ils ont obtenu des élus ­, le PS va devoir se trouver de nouveaux alliés. A lui de savoir s’il entend les chercher du côté du Modem de François Bayrou quand une bonne partie des électeurs du parti centriste ne se sont, semble-t-il, pas fait prier pour apporter leurs voix orphelines à la gauche. Déjà, à Lyon, Gérard Collomb n’a pas semblé fermer la porte à cette hypothèse. Quelle que soit la réponse qui lui sera apportée, la question se posera aussi à Paris où, malgré le joli succès de Sandrine Mazetier contre Arno Klarsfeld dans la 8e circonscription, la bataille municipale sera rude.

Le résultat des municipales tient, en partie, dans les résultats des deux derniers scrutins. Selon toutes probabilités, les négociations préalables aux alliances aussi.

N.G.

Bordeaux

Un nouveau visage électoral

Ambiance pesante et mines graves autour d’Alain Juppé. Hier matin, à Bordeaux, le maire inaugure Vinexpo , le salon international du vin et des spiritueux. Il ne restera pas une minute de plus que nécessaire. Visage tendu, mâchoires crispées, le discours est court et formel, devant une salle quasiment vide. Pas un mot sur sa défaite de la veille, ni sur son avenir politique. Mais face aux journalistes qui le pressent, il craque douloureusement : «Vous aimeriez bien que ça aille très, très mal.» Sourire grinçant : «Si je pouvais crever, vous seriez contents.» En une soirée, tout a changé. A la tribune, la ministre de l’Agriculture, Christine Lagarde, s’adresse à lui par un «cher Alain Juppé». Discrètement dans la salle, l’attaché de presse demande aux journalistes de rayer le «monsieur le ministre d’Etat» prévu dans le discours initial.

Alain Juppé devrait réunir demain sa majorité municipale afin de «décider ensemble de ce qu’il convient de faire». Il laisse donc planer le doute sur son avenir à Bordeaux. Encore mal remis du revers électoral, ses proches osent à peine y croire. «Choqué et blessé», Hugues Martin, le premier adjoint et suppléant aux législatives, affirme qu’ «à l’unanimité, l’équipe souhaite que le maire reste à son poste». Dominique Ducassou, adjoint à la culture, le répète : «Nous ferons tout pour qu’il ne démissionne pas. Bordeaux a besoin d’Alain Juppé.» Pourtant, c’est l’intéressé lui-même qui a joué sur le registre affectif au long de la campagne. «Tout peut continuer ou tout peut s’arrêter», dramatisait-il.

Le très bon score de la gauche à la présidentielle (54,66 % des voix dans la 2e circonscription) avait déjà laissé supposer un changement du visage électoral de la ville. Mais Juppé, réélu au premier tour à la mairie en octobre dernier, comptait sur l’estime personnelle des Bordelais pour l’emporter. Malgré une avance de douze points au premier tour, il chute pour 670 voix, faute du moindre désistement en sa faveur. Car c’est la grande nouveauté à Bordeaux : le centre n’est désormais plus inféodé à l’UMP. Un certain nombre des voix de Ludovic Guinard, candidat du Modem, sont allées combler le manque à gagner de la socialiste Michèle Delaunay. Une nouvelle donne qui pourrait chambouler l’équilibre des forces pour les prochaines municipales de 2008, et ouvrir la voie à des jeux d’alliances inédits.

D’ici là, c’est le socialiste Alain Rousset qui donnera le tempo. Elu dimanche dans la 7e circonscription, et soumis au cumul des mandats, il a désormais un mois pour renoncer à la présidence de région,ou à celle de la Communauté urbaine (CUB). Il avait paru jusqu’ici plus attaché à la région, mais cette percée surprise de la gauche, dans une circonscription tenue depuis soixante ans par la droite, pourrait modifier ses priorités.

Laure Espieu (à Bordeaux)

Paris

La «cerise sur le gâteau»

Dans la capitale, la gauche fait un carton inédit. Avec une circonscription ravie à la droite ­ soit treize députés sur vingt et un ­ et des scores en nette progression pour les candidats PS et Verts, Bertrand Delanoë peut se déclarer «pleinement heureux que la gauche soit largement majoritaire» dans son fief. Les législatives n’ont pas fait «vaciller sur son socle de certitudes et d’arrogances la statue du maire de Paris» comme l’espérait Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie de Paris.

Au contraire. A huit mois des municipales, la victoire de la socialiste Sandrine Mazetier (55,85 %) sur l’avocat sarkozyste Arno Klarsfeld dans le XIIe arrondissement, à droite depuis 1958, est de bon augure. Pour pouvoir l’emporter en mars 2008, il faut gagner cet arrondissement qui donne dix conseillers municipaux. Même si, dans ce cas précis, la campagne de Klarsfeld a beaucoup aidé sa rivale : «L’électorat de droite a été déboussolé par cette candidature très exotique. Il ne faut pas avoir de grands névrosés comme candidats», ironise un élu parisien.

Ce treizième député, c’est la «cerise sur le gâteau», explique pour sa part Patrick Bloche, patron de la fédération PS, qui vante l’exception socialiste parisienne : «Non seulement la plupart de nos députés sortants sont réélus avec des scores de plus de 60 % jamais vus à Paris, mais on atteint trois objectifs importants en terme d’image : deux des quatre députés Verts à l’Assemblée sont des élus parisiens, on a doublé le nombre de nos femmes députées [de deux à quatre]. Et nous sommes les seuls à avoir une élue de la diversité avec George Pau-Langevin.» 

Ce bon résultat s’inscrit dans une progression constante de la gauche dans la capitale, passée de neuf députés en 1997 à douze en 2002. Des électeurs parisiens qui ont placé Ségolène Royal au coude à coude avec Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle. Les deux candidats verts, Yves Cochet et Martine Billard, bénéficient de ce microclimat parisien . «Les Verts, qu’on disait ratatinés et honnis par la population, n’ont pas été sanctionnés pour leur politique des transports», trompette Denis Baupin, qui conduira la liste autonome des écologistes aux municipales «afin que les parisiens disent quelle dose d’écologie ils veulent». 

Mais quid du vote Modem ? Dimanche, les candidats éliminés au premier tour n’ont donné pour consigne que de favoriser le «pluralisme» . A première vue, les électeurs bayrouistes se sont massivement reportés sur la gauche. Aux municipales, les bayrouistes devront confirmer leurs penchants : «L’heure de vérité va sonner pour le Modem, car, au second tour, le mode de scrutin prévoit la fusion des listes», rappelle Denis Baupin.

MATTHIEU ECOIFFIER

Lyon

Le Modem au centre

des convoitises

Le temps a tourné brutalement à Lyon. Au soir du premier tour, Dominique Perben pensait l’horizon dégagé. L’UMP menait dans les quatre circonscriptions de la ville, avec partout plus de 40 % des suffrages. L’UDF avait par ailleurs perdu sa seule députée, Anne-Marie Comparini, ce qui réjouissait l’ex-ministre des Transports, qui n’admet pas que les centristes conservent des prétentions d’indépendance et flirtent régulièrement avec Gérard Collomb, maire socialiste de la ville. «Les résultats prouvent que ces rapprochements ne marchent pas», estimait Perben.

Huit jours plus tard et contre toute attente, l’UMP a laissé en route deux de ses quatre députés. Jean-Michel Dubernard et Emmanuel Hamelin ont été battus par deux des principaux adjoints de Gérard Collomb. Deux députés de gauche, cela ne s’était plus vu à Lyon depuis 1981. Dimanche soir, Dominique Perben admettait que ce second tour compliquait son approche des municipales.

Selon les projections de Gérard Collomb, les résultats de dimanche lui permettraient de conserver la mairie avec trois conseillers de plus que la droite. «Pour nous, ce type de calcul n’est pas d’actualité», réagit un proche de Perben, qui ajoute : «Trois conseillers d’avance, pour un maire sortant, c’est peu.» Mais c’est beaucoup pour la gauche à Lyon, ville que la droite n’avait perdue en 2001 qu’à cause de ses divisions.

Depuis, la situation s’est un peu décantée. Ainsi, les partisans de Charles Millon sont rentrés dans le rang. Reste le cas des centristes, qui espéraient, avant les législatives, présenter une liste autonome pour la mairie. «La perte d’Anne-Marie Comparini, douloureuse humainement, complique la situation politique», concède Michel Mercier, patron départemental de Modem. Mais l’électorat centriste, souligne-t-il, «représente encore 14 % à Lyon». Un potentiel qu’UMP et PS vont se disputer. Dimanche soir, Collomb s’est inscrit en premier sur le carnet de bal de Michel Mercier. «Les centristes, glisse-t-il , ont un avenir dans cette ville s’ils acceptent de se rapprocher des socialistes rénovés.» 

OLIVIER BERTRAND (à Lyon)

Toulouse

La vague rose balaie l’héritage Baudis

La vague bleue menaçait les positions socialistes à Toulouse. C’est finalement une vague scélérate rose qui a emporté le peu que la majorité y comptait encore. Il y a huit circonscriptions en Haute-Garonne, dont six concernant Toulouse même. Au regard des résultats du premier tour, l’UMP pouvait espérer conserver celle où se présentait le maire, Jean-Luc Moudenc, la 1re, et celle arrachée à la gauche en 2002, la 4e. Qui plus est, l’abstention massive, à plus de 40 %, promettait des jours difficiles aux sortants PS de la 2e et de la 6e. Ainsi, les électeurs du quartier populaire du Mirail, qui avaient voté à 60 % pour Ségolène Royal le 6 mai, avaient laissé, le 10 juin, une candidate UMP arriver en tête.

Le PS toulousain n’y croyait plus. Mais l’électorat de gauche s’est remobilisé. La socialiste Catherine Lemorton l’a emporté sur Jean-Luc Moudenc avec 54,55 % des voix. Martine Martinel a blackboulé l’adjoint UMP de la ville, Jean Diebold à 56,52 %. Dans la 6e enfin, l’UMP Françoise de Veyrinas, autre adjointe au maire, a dévissé à moins de 45 %. C’est la grande leçon de ce scrutin sur les bords de la Garonne : Françoise de Veyrinas, Jean-Luc Moudenc et Jean Diebold, trois représentants du centrisme à la mode Baudis au conseil municipal, ont été poussés dehors par les centristes à la mode Bayrou. La figure de Dominique Baudis sur leurs documents de campagne n’y a pas suffi. Ils ont été identifiés comme de purs tenants de la majorité de Sarkozy.

Le maire, Jean-Luc Moudenc, 46 ans, a encore bon espoir d’emporter les municipales l’an prochain, mais il pourrait ne pas se presser de repartir avec ces deux adjoints, déboulonnés quoique baudisiens. Plus que le grand chelem du PS en Haute-Garonne, la tripotée encaissée par l’UMP marque surtout le début de la fin de la marque Baudis sur la droite toulousaine.

Malgré l’élection de 107 députées, l’Assemblée nationale reste très masculine

Créé par le 18 juin 2007 | Dans : Elections

La nouvelle Assemblée nationale comptera 107 femmes. Encore insuffisant pour atteindre la parité parfaite, le chiffre est néanmoins significatif : 76 femmes siégeaient dans l’Assemblée sortante. La France passe du 86e au 58e rang mondial des pays représentés par des femmes au sein de leur Parlement, entre le Venezuela et le Nicaragua. Et reste en queue de peloton dans l’Union européenne : elle est en 15e position, derrière la Lettonie, la Pologne, le Portugal et l’Estonie.

61 femmes ont été élues à gauche dont 49 pour le PS, et 46 à droite, dont 45 pour l’UMP. Elles n’étaient que 12,3 % dans l’Assemblée sortante et seront 18,5 % dans l’Hémicycle pour la prochaine législature.

NOUVELLES ÉLUES

Depuis la loi sur la parité de 2000, les partis sont tenus de présenter autant de candidates que de candidats aux élections législatives, obligation qu’aucun des grands partis ne respecte totalement. Le PS avait placé plus de 45 % de candidates sur ses listes, alors que l’UMP était nettement en dessous de l’objectif des 30 %.

Pour ce scrutin, on comptait 41,6 % de candidates, à peine mieux qu’en 2002 (38, 9%). Des 3 177 femmes candidates, sur un total de 7 639 postulants, la grande majorité n’a pas franchi le seuil du premier tour, puisque 2 860 ont été battues. Parmi les 107 élues, près de la moitié (48) découvriront le Palais Bourbon. Trente de ces nouvelles élues sont des socialistes et treize appartiennent à l’UMP.

Le bon résultat du PS s’est accompagné des victoires emblématiques de plusieurs candidates : celle de Michèle Delaunay, tombeuse d’Alain Juppé à Bordeaux, ou encore de Sandrine Mazetier, qui a remporté la 8e circonscription de Paris face à Arno Klarsfeld. Parmi les victoires notables, celle d’Aurélie Filipetti, proche de Ségolène Royal, en Moselle, ou encore celle de Delphine Batho, dans les Deux-Sèvres. A noter également l’élection inattendue de Catherine Lemorton (PS), qui a défait le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, dans la 1re circonscription de Haute-Garonne. Enfin, la Guyane sera représentée uniquement par des femmes dans l’Hémicycle : Christiane Taubira, réélue dimanche et Chantal Berthelot (PSG) qui a battu l’ancien ministre Léon Bertrand.

1...45678...48

Nouveau regard, nouvelle Ec... |
democratia |
Mers El-Kébir Franc-Tireur |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les emprunts russes
| mouvement de soutien "waaxu...
| HYPERDEMOCRACY