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Gauche d’opposition sur le blog d’Eric Dupin

Créé par le 17 juin 2007 | Dans : Elections

Article d’Eric Dupin sur son blog http://ericdupin.blogs.com/

La gauche s’est spectaculairement redressée au second tour des élections législatives. Le premier tour lui interdisait la victoire. Il pouvait même lui faire craindre une sévère déroute. La gauche, qui a fini par trouver un thème de campagne efficace avec la polémique sur la TVA sociale, a réussi à conjurer ce sort grâce à une mobilisation de ses troupes qui avaient souvent boudé les isoloirs le 10 juin.

Loin du tsunami bleu parfois prédit, la nouvelle Assemblée nationale sera sensiblement moins orientée à droite que la sortante. Les premières estimations attribuent à la droite de 320 à 380 sièges, soit moins qu’en 2002 (394). La gauche devrait obtenir entre 190 et 230 députés contre 162 il y a cinq ans. La victoire de la majorité présidentielle est nette, mais la correction d’un tour à l’autre est d’une ampleur assez rare dans l’histoire électorale.

Les présidentielles et législatives de ce printemps 2007 forment une seule et même séquence électorale. La sélection des députés n’a pas seulement confirmé le choix du président de la République. La dynamique des deux tours de ces scrutins fait apparaître une ressemblance frappante entre les deux scrutins. Au premier tour, les Français se sont très clairement prononcés en faveur de la droite. L’avance de Nicolas Sarkozy sur Ségolène Royal, le 22 avril, annonçait sa prochaine élection à la tête de l’Etat. Le beau score de l’UMP, le 10 juin, garantissait de même la reconduction d’une majorité de droite à l’Assemblée nationale.

Les seconds tours n’ont pas contredit les premiers. Mais ils les ont ajustés chacun à sa manière. Lors de la bataille présidentielle, la candidate socialiste a réussi, au prix d’un grand écart stratégique, à éviter que la dynamique qui portait le candidat de l’UMP ne creuse trop l’écart. Alors que les dernières enquêtes d’opinion attribuait à celui-ci quelques 55% des intentions de vote, Royal a rassemblé 47% des suffrages exprimés. Ce simple écart lui a permis de se présenter, au soir de la défaite, avec le sourire des jours de victoire. Un scénario analogue s’est joué ce dimanche. Promis à une inéluctable défaite, la gauche a trouvé au fond des urnes le réconfort d’une sanction plus douce que prévue.

L’opposition a visiblement profité d’un certain sursaut civique. Le taux d’abstention (39-40% contre 39,6% au premier tour) n’est stable qu’en apparence. En réalité, la participation électorale a progressé d’un dimanche à l’autre : les circonscriptions qui votaient à nouveau sont, en effet, plus abstentionnistes que la moyenne. Il semble que l’électorat de gauche s’est mobilisé grâce au tour plus offensif pris par la campagne du PS dans l’entre-deux-tours. La polémique sur l’instauration d’une TVA sociale a fourni un thème simple et efficace à l’opposition. La perspective d’une augmentation de la fiscalité indirecte a, semble-t-il, également indisposé une fraction de l’électorat de droite. Celle-ci a pu être tentée par l’abstention dés lors que la victoire de son camp était considérée comme acquise…

L’électorat tend de plus en plus à se conformer au modèle de « l’électeur stratège » avancé dans les années quatre-vingt-dix par les politologues Philippe Habert et Alain Lancelot. Dégagé des déterminants sociologiques, ce nouvel électeur se détermine sur la base d’un calcul rationnel et individualiste. Il soupèse les enjeux, analyse l’offre politique et choisit en prenant en considération les rapports de forces probables tels que l’indiquent les sondages. C’est pourquoi il corrige parfois certaines tendances qui peuvent lui sembler excessives. Plus la victoire de la droite était donnée pour certaine et plus ce type d’électeurs était incité à voter pour l’opposition.

Sans l’ombre d’un doute, les Français souhaitaient donner au nouveau chef de l’Etat les moyens de mettre en œuvre son programme. Simultanément, ils ne voulaient pas lui donner un chèque en blanc. Le projet de TVA sociale a pu être lu comme l’exemple même de la mesure à la fois dangereuse et peu réfléchie. Les enquêtes préélectorale d’Ipsos montraient qu’un même sondé pouvait souhaiter l’élection d’une majorité de droite au Palais Bourbon et voter pour un candidat de gauche. Au bout du compte, l’argument d’un équilibre des pouvoirs semble avoir porté.

La gauche confirme ainsi son statut assez particulier. Les Français ne souhaitent pas lui confier le pouvoir. Depuis vingt ans, ce camp ne l’a emporté qu’une seule fois lors d’un scrutin décisif : dans le contexte très particulier de la dissolution de 1997 où la droite était plombée par l’impopularité du gouvernement d’Alain Juppé. La gauche a été battue, au cours de cette période, en 1993, 1995, 2002 et 2007. Tout se passe néanmoins comme si les Français attribuaient à la gauche un vrai statut d’opposition. On se souvient de ses brillants succès électoraux aux régionales et aux européennes de 2004 sur fond d’impopularité du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. La relative bonne tenue du PS et de ses alliés à ce second tour d’élections législatives s’inscrit dans la même logique d’honorable opposant. La gauche se contentera-t-elle d’une telle fonction ?

Article publié dans les premières éditions du Figaro du 18 juin 2007.

Sursaut du PS qui entre dans une zone de turbulences

Créé par le 17 juin 2007 | Dans : Elections

PARIS (Reuters) – Six semaines après la défaite de Ségolène Royal à l’élection présidentielle, le Parti socialiste a réalisé un bon score aux législatives, renforçant contre toute attente sa présence à l’Assemblée nationale.

Malgré une participation aussi faible qu’au premier tour, le PS et ses alliés devraient s’attribuer entre 206 et 212 sièges, selon les projections, contre 148 dans la chambre sortante.

En 1997, 241 députés socialistes avaient fait leur entrée au Palais-Bourbon à la faveur de la dissolution prononcée par Jacques Chirac.

Plus qu’un sursaut des abstentionnistes, les principaux dirigeants socialistes ont mis cette défaite moins sévère qu’annoncée par les sondages sur le compte de leur campagne unitaire contre le projet de « TVA sociale » du gouvernement.

Une mesure qui leur a permis de mettre en sourdine les divergences internes – ravivées en début de semaine par la nouvelle main tendue de Ségolène Royal à François Bayrou.

« La vague bleue annoncée qui devait déferler n’a donc pas eu lieu », s’est félicité le premier secrétaire du PS, François Hollande, évoquant un résultat électoral supérieur de 25% par rapport aux législatives de 2002.

Laurent Fabius a salué un « rebond spectaculaire » du PS et de la gauche. Au soir du premier tour, l’ancien Premier ministre socialiste s’était opposé au ministre de l’Economie, Jean-Louis Borloo, sur les projets qu’il qualifiait de « cachés » de la majorité présidentielle en matière de fiscalité.

Pour Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius réélu en Seine-Saint-Denis, une trentaine de candidats PS « peuvent envoyer des fleurs à Fabius. Il les a sauvés! ».

LES « SEGOLENISTES » ELUS

Contrairement à ce qu’elle avait fait au soir du premier tour le 10 juin, où elle avait pris la parole quelques minutes après François Hollande rue de Solférino – donnant l’image d’un parti à deux têtes – Ségolène Royal s’est exprimée dimanche à Melle, au coeur de la circonscription des Deux-Sèvres dont elle était député depuis 1998 et où elle ne se représentait pas.

La présidente de la région Poitou-Charentes qui se voit en première opposante à Nicolas Sarkozy a tracé « la nouvelle frontière de la gauche », identifiant quatre thèmes de travail pour l’opposition (« travail pour tous », lutte contre le réchauffement climatique, invention de nouvelles relations Nord-Sud et diminution de la dette – un thème cher à l’électorat centriste).

La plupart des proches de l’ancienne candidate à l’Elysée ont sauvé leur siège alors qu’ils étaient en mauvaise posture au soir du premier tour, notamment Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire), Jean-Louis Bianco (Alpes-de-Haute-Provence) ou encore Julien Dray (Essonne). Le nombre de « Ségolénistes » est un enjeu crucial pour peser au sein du futur groupe parlementaire.

Après ce marathon électoral qui se termine mieux qu’ils ne l’avaient craint, les socialistes ouvriront samedi le chantier de la refondation avec leur Conseil national – le parlement du parti – sur fond de bataille pour le leadership du parti.

ROYAL ATTAQUEE

François Hollande a confirmé sur TF1 qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat lors du congrès de 2008 mais souligné qu’il resterait à la tête du PS jusqu’à cette date.

Officiellement, le Conseil national devait entamer l’examen des causes de l’échec du 6 mai. La réunion devrait surtout être l’occasion pour le premier secrétaire de présenter un calendrier de travail pour les mois à venir, comprenant notamment la date du prochain congrès ainsi que des « signes du renouvellement », a-t-on appris dans son entourage.

Jack Lang, réélu dans le Pas-de-Calais, a rouvert les hostilités en dénonçant les « luttes fratricides » de ces dernières semaines. « La politique réclame de la part de ses dirigeants un peu de dignité et de noblesse », a intimé l’ancien ministre de la Culture.

« Le débat doit commencer tout de suite. Mais débat ne veut pas dire division », a temporisé Dominique Strauss-Kahn sur France 2, confortablement réélu dans le Val-d’Oise.

Pour Marie-Noëlle Lienemann, l’un des piliers de la gauche du PS, le PS doit désormais s’interroger sur le « décalage » entre la défaite présidentielle et le score de dimanche. La bonne tenue de la gauche est selon elle la preuve que « quand on joue collectif, la gauche est capable de se redresser » – une critique à peine voilée adressée à Ségolène Royal.

Benoît Hamon, l’un des tenants du Nouveau parti socialiste, est sur la même longueur d’ondes. « On peut dire merci à Fabius d’avoir levé le lièvre de la TVA sociale, merci à Hollande d’avoir mis le parti en ordre de bataille sur ce thème et on se souviendra longtemps de ceux qui parlaient d’autre chose », a déclaré de son côté à Reuters Benoît Hamon.

Laurent Fabius souhaite « la refondation » du PS « sur les bases d’une gauche moderne »

Créé par le 17 juin 2007 | Dans : Elections

 PARIS (AP) – Le socialiste Laurent Fabius a appelé dimanche soir à « la refondation sur les bases d’une gauche moderne, d’une gauche ouverte au monde ». Le député de Seine-Maritime a été réélu dans la 4e circonscription de Seine-Maritime avec 67,54% des suffrages exprimés.

« Ce que j’ai entendu tout au long de cette campagne », a-t-il rappelé sur France-2, « c’est: soyez combatif et soyez unis ». Le candidat malchanceux à la primaire socialiste a dénoncé les propos du socialiste Gaëtan Gorce qui a souhaité la démission rapide de François Hollande. « Je ne tire pas exactement cette conséquence », a souligné le député de Seine-Maritime.

« Il va falloir refonder le Parti socialiste à partir des enseignements tirés des présidentielles et des législatives », a expliqué Laurent Fabius. « Il est clair que la refondation doit se faire sur des bases d’une gauche moderne, d’une gauche ouverte au monde et qui sait faire la différence par rapport à la droite sur le terrain économique et sociale ». AP

Législatives: les projections en sièges à 22h30, selon CSA

Créé par le 17 juin 2007 | Dans : Elections

PARIS (AP) – Voici les projections en sièges fournies dimanche à 22h30 par l’institut CSA pour France-3:

PCF: 18

PS-PRG-MRC: 212

Verts: 4

MoDem: 4

Nouveau centre: 20

UMP: 311

Divers droite: 6

MPF: 2

AP

Premières réactions sur le blog citoyen avant l’annonce des résultats

Créé par le 17 juin 2007 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin, Débats autour de la refondation de la gauche, Elections

Avec un taux de participation à peine plus élevé qu’au premier tour, il est hélas permis de considérer que la tendance du premier tour se confirme et que la droite rafle la mise. L’espoir d’un sursaut citoyen semble bien improbable. On peut donc craindre le pire pour nos candidats qui, partout en France, avaient fort à faire pour remonter la pente. Cette situation résulte de la victoire idéologique et de l’habileté politique d’une droite hégémonique soutenue sans réserve par la finance et les médias. Cette défaite est aussi celle des gauches désunies, incapables de relever les défis républicains, sociaux, européens et internationaux de cette dernière période faste aux entreprises du CAC 40 et plus que jamais dure aux faibles. La gauche ne doit plus accepter de se laisser désarmer par une droite qui n’hésite pas à se revendiquer de valeurs dont elle pervertit le sens tout en promouvant sans complexe des idées nauséabondes qui dressent contre elles deux France, idées trouvant leur source dans l’exaltation des mécanismes du néolibéralisme et du triomphe du marché.

Ce soir de défaite, nous restons particulièrement attentifs aux résultats locaux dans l’espoir de voir quelques grandes figures échapper à la débacle pour préserver la voix d’une gauche digne de son nom et largement à reconstruire. Mais, à la recherche d’une nouvelle voie s’émancipant des pesanteurs du modèle néolibéral et du capitalisme financier, c’est avec les citoyens, le monde du travail et la jeunesse qu’il faut à présent oeuvrer de toutes nos forces en se méfiant de toute allégeance susceptible de capter cette démarche unitaire pour la déprécier à des fins strictement politiciennes. Il nous faut du courage dans ces moments d’annonces de tristes résultats, parsemés, nous l’espérons, de quelques exceptions qui n’en seront que plus remarquables.

XD

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