environnement

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Intervention de Christian Hutin, député du Nord et vice-président du MRC, à la tribune de l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi santé, mardi 31 mars 2015.

Créé par le 01 avr 2015 | Dans : environnement, Santé-social-logement

Christian Hutin  

Madame la ministre, je n’ai pas écrit de discours, car je souhaitais rebondir sur les propos liminaires que vous avez tenus cet après-midi en présentant votre projet de loi.  
Certains articles sont peut-être estompés par certains autres, plus catégoriels. Vous avez ainsi déclaré que le lien entre la santé et l’environnement était un élément essentiel de la santé publique du XXIe siècle et je souscris à ce jugement. Or, personne ne parle de l’article 10, alors que tout le monde parlait, la semaine dernière, de la pollution par les particules fines. Je me suis intéressé à ce sujet, ou du moins ai-je milité sur ces questions – j’ai en effet été président, pendant cinq ou six ans, de la fédération nationale des associations de surveillances de la qualité de l’air. Nous avions alors donné l’alerte – un peu dans le désert, à l’époque – quant au risque sanitaire lié à ces particules fines. Et voilà que sont enfin inscrites dans la loi une information obligatoire de nos concitoyens et une possibilité réelle de connaître les risques pour la santé. C’est là un point essentiel dont personne ne parle.  

Je souligne à ce propos l’importance des associations de surveillance de la qualité de l’air, qui coûtent très peu cher, car elles sont essentiellement composées de volontaires, et qui méritent d’être soutenues par votre ministère.  
J’évoquerai en deuxième lieu l’article suivant, consacré à l’amiante au titre des risques sanitaires liés à l’environnement. Comme beaucoup de nos collègues, je suis particulièrement sensible à la situation des victimes de l’amiante et au fait que certains de nos concitoyens aient travaillé dans des milieux amiantés et en soient morts. Il faut maintenant s’occuper des suites de cette situation, ainsi que des difficultés et des risques que peut présenter aujourd’hui le désamiantage pour les travailleurs qui s’y emploient. L’article 11 reprend cette considération essentielle, dont bien peu de gens parlent.  
Mon troisième point sera un petit coup de colère envers le président de la commission des finances, à propos d’un amendement sur lequel, madame la ministre, nous avons travaillé avec votre ministère et vos collaborateurs et qui était porté depuis des années par les associations de victimes de l’amiante : alors que le malade de l’amiante voit son état reconnu par la caisse d’assurance-maladie sans qu’une deuxième analyse par le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante – le FIVA – soit nécessaire, les familles subissent, si le malade est décédé, une double peine, car elles doivent faire procéder à un double examen, par la caisse et par le FIVA.  
L’amendement visait simplement à simplifier les choses : face au drame moral que représente cette situation anxiogène, il nous semblait essentiel que les veuves et les familles des personnes décédées n’aient besoin que d’un seul avis, immédiat et légitime. C’était là une vieille revendication, que vous avez acceptée et soutenue, mais qui n’a pas été acceptée par le président de la commission des finances. C’est incroyable, car cette mesure n’entraînait pas de dépenses supplémentaires, mais au contraire plutôt des économies.  
Le président de la commission des finances a déclaré que mon amendement n’était pas recevable. Or, il n’est économiquement pas dangereux, et même plutôt intéressant, car la suppression d’une double instruction se traduit par une économie de temps et d’argent. Je souhaiterais donc, madame la ministre, que vous repreniez cet amendement lors de la discussion des articles. Je pense que vous donnerez ce signe important pour les victimes de l’amiante, en particulier pour les veuves, et que l’ensemble de nos collègues, sur tous les bancs, en seront d’accord, car il s’agit d’un amendement de bon sens et d’une marque de respect envers les victimes de l’amiante.

Schiste: « la France est bénie des dieux »

Créé par le 10 nov 2012 | Dans : Economie, environnement, Parti socialiste

lefigaro.fr Publié le 10/11/2012

Dans un entretien, publié ce samedi sur le site internet du journal Le Monde, Michel Rocard affirme qu’en Europe, la France « serait au gaz de schiste ce que le Qatar est au pétrole ». Interrogé sur le choix du gouvernement de ne pas retenir la proposition de Louis Gallois sur la relance des recherches dans le gaz de schiste, Michel Rocard assure que « la France est bénie des dieux ». « Peut-on s’en priver ? Je ne le crois pas ». « Sur ce sujet, étant très écolo, je me suis longtemps abstenu. Mais je n’ai rien lu qui soit complètement convaincant. On a un réflexe fantasmé un peu du même type que face aux OGM. Quand on sait que le gaz de Lacq était extrait par fracturation hydraulique sans dégâts sur place, on s’interroge », affirme-t-il.

Egalement interrogé sur le pacte de compétitivité du gouvernement, ce dernier assure que l’effort fiscal de 20 milliards d’euros est « l’une des plus grosses frappes conjoncturelles des gouvernements de la République française qu’on ait vu faire depuis des décennies. C’est à la fois courageux et pertinent ». Sur la hausse de la TVA, Michel Rocard assure que « mieux vaut partager la charge entre les ménages pour contribuer à remettre notre système productif en route ».

Sur l’objectif de déficit à 3% du PIB l’an prochain, Michel Rocard est plus prudent: « il vaut mieux payer ce que l’on peut de ses dettes mais que la dépense publique est l’un des moteurs de l’activité. La freiner trop pousse à la récession. La brutalité des 3 % peut être dangereuse ». « Il y a de toute façon une bataille pour l’Europe dans les règles actuelles, 3 % compris. Puis il faudra mener et gagner une deuxième bataille de doctrine économique, sur ‘comment vivre avec de la dette sans entrer en récession’ », ajoute-t-il.

Et d’ajouter que « la relance européenne ne peut partir qu’avec les Allemands ».

Nucléaire : non à l’idéologie de la peur !

Créé par le 21 nov 2011 | Dans : Blog du Che, Economie, environnement, Le Che

Point de vue | LEMONDE | 21.11.11 | par Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, candidat à la présidentielle de 2012

Si je sais gré à François Hollande d’avoir tenu bon sur la poursuite de la construction du réacteur EPR de Flamanville qui conditionne les exportations françaises vers la Grande-Bretagne, la Chine, l’Inde, etc., comment ne pas s’alarmer de la volonté des Verts de condamner l’usine de retraitement de la Hague, la fabrication du combustible mox nécessaire à nos réacteurs et de fermer le laboratoire de stockage des déchets retraités de Bure, etc. La logique des Verts est claire : c’est la « sortie du nucléaire ». C’est le triomphe du dogmatisme. Mais quelle cohérence y a-t-il à vouloir, en pleine crise, fermer vingt-quatre réacteurs qui marchent, bref à se priver du tiers de notre potentiel de production électrique ?

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Nucléaire : Montebourg, Rocard et Chevènement soutiennent Hollande

Créé par le 15 nov 2011 | Dans : Battre campagne, Economie, environnement

LEMONDE.FR | 14.11.11 |

Plusieurs personnalités de gauche, telles Arnaud Montebourg ou Michel Rocard, ont affirmé lundi 14 novembre soutenir la position de François Hollande sur le nucléaire, au moment où les négociations entre le PS et les écologistes sur un éventuel contrat de gouvernement et un accord électoral pour les législatives sont au point mort.

Les discussions bloquent toujours sur l’avenir du chantier de la centrale nucléaire EPR de Flamanville (Manche). Les écologistes ont présenté l’abandon de cette centrale nucléaire de troisième génération, dont la construction en cours est émaillée de problèmes et de retards, comme un point non négociable. Les négociations doivent en principe s’achever la semaine prochaine.

>> Lire le zoom : Les vicissitudes de l’EPR, réacteur nucléaire de « 3e génération »

Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Ecologie – Les Verts (EELV), a notamment assuré dimanche sur France 5 que son parti, qui mène actuellement des négociations difficiles avec le Parti socialiste, était prêt à « n’avoir aucun député » plutôt que de « renier ses convictions », notamment sur le nucléaire.

Mais le camp Hollande donne l’impression de ne pas vouloir lâcher du lest. « Nous ferons Flamanville, c’est une décision de François Hollande, c’est un acte de fermeté, c’est une position de principe, à condition bien sûr qu’il n’y ait pas de problème de sécurité », a répété lundi sur France 2, Pierre Moscovici, un des principaux lieutenants du candidat PS à la présidentielle.

ROCARD : « RETROUVER SUR LE NUCLÉAIRE DE LA SÉRÉNITÉ »

Face aux exigences des écologistes, Michel Rocard a apporté son soutien à M. Hollande. L’ancien premier ministre socialiste a estimé dimanche, lors de l’émission « Internationales », diffusée sur TV5-Monde et RFI en partenariat avec Le Monde, que « vouloir attenter au nucléaire est une folie ».

« Je souhaite profondément que les Verts comprennent : nous sommes entrés dans le pic pétrolier, dans 7 ou 8 ans, il y aura une diminution frénétique » des ressources pétrolières, a mis en garde M. Rocard. « Le charbon tue beaucoup plus de gens », a-t-il affirmé, ajoutant que « le nucléaire est beaucoup moins dangereux que l’on ne le saurait ». « Il nous faut retrouver sur le nucléaire de la sérénité », a fait valoir l’ancien premier ministre.

MONTEBOURG : NE PAS « ARRÊTER UN CHANTIER OÙ ON A DÉJÀ DÉPENSÉ QUELQUES MILLIARDS »

Le troisème homme de la primaire socialiste, Arnaud Montebourg a également jugé lundi que M. Hollande avait raison de ne pas céder face aux écologistes sur l’EPR. Estimant que l’engagement du député de Corrèze de réduire la part du nucléaire dans l’énergie électrique en France de 75 % à 50 % en 2025 « est déjà considérable », M. Montebourg a déclaré sur France Inter : « Arrêter un chantier où on a déjà dépensé quelques milliards, c’est de la destruction de valeur. »

À l’origine, la construction de l’EPR, devait durer de 2007 à 2012. En fait, la mise en service de la centrale devrait être effectif en 2016. EDF avait prévu un coût de 3,3 milliards d’euros mais la note s’élève déjà à près de 6 milliards à l’heure actuelle.

CHEVÈNEMENT : « EN RESTANT FERME, HOLLANDE ACQUIERT UNE STATURE DE PRÉSIDENTIABLE »

Jean-Pierre Chevènement, candidat du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) en 2012, a également félicité François Hollande pour sa fermeté face aux écologistes sur le dossier nucléaire.

« J’observe que sur un point, la poursuite des travaux de l’EPR, François Hollande a tenu un propos clair et ferme. Et je pense qu’en restant ferme, il acquiert quelque chose qui le rapproche d’une stature de présidentiable », a déclaré M. Chevènement au cours de l’émission « Radio France politique ».

Le nucléaire, « c’est un atout de premier ordre pour l’industrie française, c’est un secteur public, qui procure quand même 140 000 emplois », a-t-il dit. « Nous n’avons pas investi dans le nucléaire 500 milliards d’euros depuis un demi-siècle pour les voir partir en fumée alors que nous sommes confrontés à une crise d’une ampleur sans précédent depuis 1945 ! » a-t-il ajouté.

L’ancien ministre a même jugé que M. Hollande avait déjà fait trop de concessions sur l’atome. « Moi je n’ai pas été d’accord avec l’idée de réduire de 75 % à 50 % la part de l’électricité nucléaire en France », a-t-il souligné.

Nucléaire : Montebourg, Rocard et Chevènement soutiennent Hollande  dans Battre campagne Y2ZmNmE4ODI1ZTI3ZjYmb2Y9MA==Alexandre Lemarié, avec AFP

Pourquoi la gauche française doit soutenir l’énergie nucléaire

Créé par le 30 juil 2011 | Dans : Articles de fond, environnement

Par David Spector Professeur associé à l’Ecole d’économie de Paris

Les Allemands sont des gens sérieux. C’est ce que nous enseignent les publicités pour les voitures, les films de guerre, et leur grammaire compliquée. Et la droite allemande, c’est encore plus sérieux. Donc si la droite allemande a décidé de sortir du nucléaire, il faut sortir du nucléaire. Cet argument paraît-il faible ? C’est pourtant le plus convaincant de tous ceux qui sont avancés pour réclamer la sortie du nucléaire. Examinons les autres.

Premier argument, la sécurité. La catastrophe de Fukushima révélerait l’inéluctabilité d’un accident nucléaire grave en Europe dans les décennies à venir. En réalité, la conclusion inverse s’impose. La centrale de Fukushima avait été conçue pour résister à un tremblement de terre mais pas à un tsunami. Comme prévu, elle a résisté au tremblement de terre et pas au tsunami. Une fois un risque identifié, on sait donc le traiter. En Europe occidentale, les risques naturels sont moins aigus qu’au Japon, les autorités de sûreté sont plus indépendantes et aucun accident grave n’est à déplorer après quatre décennies de déploiement massif du nucléaire. Surtout, la sécurité ne cesse de s’améliorer et les réacteurs construits actuellement n’ont rien à voir avec ceux de Fukushima, vieux de quarante ans. D’où un paradoxe : les adversaires du nucléaire préconisent de continuer pour une quinzaine d’années l’exploitation des centrales actuelles mais s’opposent à leur remplacement ultérieur par des centrales de troisième génération, beaucoup plus sûres. Difficile d’y comprendre quelque chose.

Deuxième argument : le nucléaire entraverait le développement des énergies renouvelables et donc la sauvegarde de la planète. Rien n’est plus faux. Actuellement, les énergies renouvelables ne peuvent pas se substituer au nucléaire à cause de leur coût mais surtout du caractère intermittent de leur production, défaut rédhibitoire puisqu’on ne peut pas stocker l’électricité. Ces limites seront sans doute surmontées un jour et il faut encourager les efforts en ce sens.

Mais pour le moment, ce qui se substitue au nucléaire, c’est la combustion de ressources fossiles (gaz, charbon, pétrole), émettrice de CO2. Or d’après les spécialistes du climat (et les écologistes !), il est urgent de lutter dès maintenant contre les émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi il faut développer à la fois le nucléaire et les énergies renouvelables. Pour que l’argument des antinucléaires soit pertinent, il faudrait supposer une percée technique beaucoup plus rapide qu’il n’est communément attendu dans le domaine des énergies renouvelables. Mais on bute alors sur un second paradoxe : pourquoi une telle confiance dans le progrès technique quand il s’agit d’énergies renouvelables et en même temps une telle défiance quand il s’agit de sécurité nucléaire ?

En outre, les grands pays émergents comme la Chine et l’Inde refusent les contraintes susceptibles de freiner leur décollage économique. Le développement de l’électricité nucléaire est la principale contribution qu’ils acceptent d’apporter à l’effort commun de réduction des émissions. Sortir du nucléaire, c’est sortir la moitié de l’humanité de la lutte contre le réchauffement.

Troisième argument, le risque d’un décrochage industriel de la France dans le secteur des énergies renouvelables. Mais l’opposition entre nucléaire et renouvelable est infondée, comme le montre la présence d’Areva dans ces deux domaines. Par ailleurs, les marchés en cause sont mondiaux. De même que des entreprises chinoises vendent des panneaux photovoltaïques aux pays développés, la part que prendront les entreprises françaises dans l’essor du renouvelable ne dépend pas du mixte énergétique choisi en France. Et celui-ci peut de toute façon faire une large place à la fois aux énergies renouvelables et au nucléaire.

Pour des raisons électorales, le Parti socialiste est en train de céder à contrecœur à la démagogie antinucléaire. Ce changement de cap est d’autant plus triste que l’énergie nucléaire est profondément de gauche. Elle a créé des milliers d’emplois d’ouvriers qualifiés et bien payés. Préfère-t-on le gaz de Poutine ou le charbon dont l’extraction tue chaque année de nombreux mineurs par accident ou maladie ? Surtout, l’industrie nucléaire française est le meilleur exemple d’une politique industrielle réussie – il n’y en a pas tant. Elle illustre ce que peut accomplir un Etat stratège doté d’une vision à long terme dont est dépourvu le marché livré à lui-même.

En toute logique, le soutien au nucléaire, énergie écologique et de gauche, devrait être le ciment d’une alliance entre verts et socialistes.

Auteur de :«Electricité : faut-il désespérer du marché ?» Editions rue d’Ulm.

Tribune dans Libé du 28/07/2011

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